Formidable poussée anti-européenne aux élections italiennes – Débâcle en vue pour Mario Monti

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À 18H00 ce 25 février 2013, les premiers résultats des élections italiennes semblent indiquer un bouleversement complet des pronostics et tous confirment le raz-de-marée électoral contre Mario Monti :

  • 1°)- à la Chambre des députés, la coalition de gauche emmenée par le dirigeant du Parti démocrate (PD) Pier Luigi Bersani arriverait en 1ère position, avec 34,5% des votes, devançant la coalition de droite de Silvio Berlusconi donnée à 29%. La gauche aurait ainsi la majorité absolue des sièges à la Chambre des députés, dont le système électoral donne une prime à la coalition arrivée en tête.
  • 2°)- mais au Sénat c’est la coalition de droite emmenée par Silvio Berlusconi qui pourrait arriver devant la gauche, selon deux premières projections d’instituts de sondages. C’est du moins ce qu’indiquaient en milieu d’après-midi l’Institut Tecne pour la chaîne Sky, selon lequel la droite aurait 31,9% et la gauche 28,7%. L’Institut Piepoli pour la RAI donnait 31% à la droite contre 29,5% à la gauche.
  • 3°)- cependant, les tout derniers sondages et projections font état d’une très forte poussée du vote anti-européen : le parti de l’ex-comique Beppe Grillo, le Mouvement cinq étoiles (M5S), obtiendrait près de 20% des voix à la Chambre des députés. Plus spectaculaire encore, il deviendrait le premier parti au Sénat avec 25,1% des voix, devant le Parti démocrate, principal mouvement de la gauche italienne donné à 25%, suivi du Peuple de la liberté (PDL) de Silvio Berlusconi, crédité de 22,7%.
  • 4°)- Dans tous les cas, tous les instituts de sondage « sortie des urnes » convergent pour annoncer une débâcle historique à  la coalition centriste emmenée par le chef du gouvernement sortant Mario Monti, qui n’obtiendrait même pas 10% des suffrages. Rappelons que Mario Monti, qui n’avait jamais été élu à l’issue d’une consultation du peuple italien, n’exerçait les fonctions de Président du Conseil que sous l’effet des pressions de Goldman Sachs, de la BCE et de la Commission européenne.
  • 5°)- La perspective de majorités opposées à la Chambre et au Sénat, que personne n’avait prévue, alimente brutalement les craintes des marchés financiers, qui redoutent plus que tout une instabilité gouvernementale dans la troisième économie de la zone euro, en récession et affligée d’une dette colossale (plus de 120% du PIB). La Bourse de Milan est d’ailleurs tombée dans le rouge (-0,10%) aussitôt après la publication de projections favorables à la droite au Sénat, qui sont venues contredire de premiers sondages donnant la gauche victorieuse dans les deux chambres.

Preuve au passage que les marchés financiers préfèrent… la gauche !

  • 6°)- Cette perspective de majorités opposées à la Chambre et au Sénat est un nouveau et intéressant symptôme de ce que, en Italie comme en France et partout en Europe, les mots « droite » et « gauche » ne veulent plus rien dire en termes politiques aux yeux d’une part grandissante des électeurs.

Les élections entre « bonnet blanc » et « blanc bonnet » finissent par devenir totalement aléatoires et par se solder, de façon asymptotique, par un 50/50 qui débouche sur ce type de situations inextricables.

CONCLUSION PROVISOIRE

À titre d’anecdote, je crois utile de suggérer à mes lecteurs deux lectures :

1°)- d’une part l’analyse que j’avais faite, le 10 décembre 2012, des futures élections italiennes, à partir d’un excellent article d’Ambrose Evans-Pritchard du Daily Telegraph

Comme les lecteurs pourront le constater, mon analyse est parfaitement confirmée par les événements de ce 25 février 2013. J’y évoquais d’ailleurs la poussée du Mouvement 5 étoiles de Beppe Grillo, un mouvement qui n’est pas sans présenter quelques points communs avec l’UPR, sans en avoir hélas le sérieux et le professionnalisme.

http://www.upr.fr/wp-content/uploads/kalins-pdf/singles/les-2-problemes-italie-monnaie.pdf

 2°)- d’autre part  un article mémorable du journal euro-atlantiste Le Monde du 29 décembre dernier, qui pronostiquait… le décollage électoral de Mario Monti !

Dans cette « analyse » puant la désinformation à plein nez, le « journaliste » assurait à ses lecteurs que :

- « l’entrée en politique du Professore [Monti], applaudie par le patronat, l’Église et les milieux d’affaires, modifie son image »

- « Selon les sondages, la « marque Monti » apporterait une nette plus-value aux partis qui se réclament de son action. Trop petits pour espérer avoir une représentation à la Chambre ou au Sénat, après le scrutin du 24 et 25 février, en raison des seuils de barrage, ils peuvent – coalisés par le chef du gouvernement sortant – espérer obtenir suffisamment de sièges pour devenir incontournables dans le choix du futur président du conseil. Les enquêtes d’opinions évoquent un score possible de 20 % des suffrages. »

[Source : http://www.lemonde.fr/international/article/2012/12/29/m-monti-se-lance-dans-la-bataille-electorale-a-la-tete-d-une-coalition-de-centre-droit_1811374_3210.html]

Malgré la désinformation euro-atlantiste habituelle du journal Le Monde, les Italiens viennent de chasser Mario Monti comme un malpropre.

Quoi qu’il en soit, les résultats électoraux italiens de ce jour, qui demandent bien entendu à être confirmés, indiquent d’ores et déjà des tendances lourdes qui ne peuvent que nous réjouir.

Pays après pays, élection après élection, il se confirme à travers toute l’Europe que nous assistons à un grand réveil des peuples et de la démocratie et que la dictature euro-atlantiste prend l’eau de toute part.

Toutes les analyses de l’UPR se confirment donc encore une fois. Je ne peux que m’en réjouir pour tous les peuples d’Europe et pour la France.