L’euro est un échec : Le curieux changement de ton de Laurent Joffrin sur France Info

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Un certain nombre d’auditeurs du débat des éditorialistes, diffusé le 7 février 2013 au matin sur France Info, ont pu être surpris par le changement de ton très notable de Laurent Joffrin.

Ce journaliste très connu, qui a dirigé la rédaction du Nouvel Observateur, puis qui a été directeur de publication de Libération de 2006 à 2011, et que l’on connaissait jusqu’à présent comme un européiste obéissant, a mis les pieds dans le plat d’une façon très inaccoutumée.

Citations

« Le peule anglais ne veut pas de l’Europe […]. Le référendum prévu dans 2 ans, devrait avoir lieu tout de suite. » 

« Les efforts financiers qu’on a faits en France, qui sont douloureux, ont été entièrement mangés en une semaine par la hausse de l’euro. À quoi ça sert de faire des efforts d’austérité si l’euro est trop fort ? » 

« Vous plaidez pour une politique qui a créé 30 millions de chômeurs en Europe. Il faut juger sur les résultats et pas sur les intentions. Le résultat c’est qu’on a 30 millions de chômeurs. C’est un échec. »

 

LA CRISE DE L’EURO CONTINUE DE PROGRESSER SOUTERRAINEMENT ET DE RONGER LES ÉCONOMIES ET LES SOCIÉTÉS D’EUROPE

À quoi est due une soudaine pareille liberté de ton sur France Info, au pays des médias ultra-verrouillés ?

Peut-être au fait que Laurent Joffrin, qui a 60 ans et dont la carrière journalistique est derrière lui, a peut-être moins envie de servir docilement le système ? Rappelons qu’il était membre du Club « Le Siècle » mais qu’il en a démissionné avec fracas en mai 2011, en l’accusant d’être une nouvelle oligarchie, complètement coupée des réalités.

En tout cas, la nouvelle liberté de ton de Laurent Joffrin témoigne du fait que de nombreux journalistes sérieux – même s’ils n’osent pas le dire – savent pertinemment que la crise de l’euro couve toujours, comme le feu sous la cendre. La situation est extraordinairement grave financièrement, terrifiante socialement, et instable politiquement en Grèce, à Chypre, en Italie, en Espagne, au Portugal, et aussi de plus en plus en France.

Quant au bobard de la « prochaine reprise », il a fait « pschiitttt » pour la énième fois ce 7 février lorsque le communiqué officiel de la BCE, publié à 14h40, a révélé que la minuscule reprise économique annoncée n’aurait pas lieu comme promis. La prétendue embellie est maintenant anticipée officiellement non plus « au cours du second semestre », mais « en fin d’année ».

Bien entendu, la BCE nous informera dans le courant de l’été prochain que cette Arlésienne de la reprise économique n’aura en fait pas lieu avant la mi-2014. En janvier 2014, elle sera reportée à l’automne 2014, puis au début 2015, et ainsi de suite pour 2015, 2016, etc.

Ce sketch sinistre dure, année après année, depuis 1999. Mais le soudain éclat de Laurent Joffrin montre que ce sketch ne fait plus rire grand-monde, et que le verrouillage européiste a de plus en plus de difficulté à maintenir la chape de plomb.

Les événements confortent ainsi toujours plus les analyses et les propositions de l’UPR. C’est une tragédie pour la France, mais c’est un atout décisif pour le développement de notre mouvement.