Scandale du G30 : Mario DRAGHI et Jean-Claude TRICHET sont bien des marionnettes de la Fondation Rockefeller

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MARIO DRAGHI ET JEAN-CLAUDE TRICHET SONT BIEN DES MARIONNETTES DE LA FONDATION ROCKEFELLER, DES BANQUIERS D’AFFAIRES, ET DES SERVICES AMÉRICAINS.

=> L’ARTICLE 282 DU TFUE DÉMASQUÉ : L’EURO ET LA BANQUE CENTRALE EUROPÉENNE NE SONT « INDÉPENDANTS » QUE D’UNE SEULE CHOSE : DU SUFFRAGE UNIVERSEL.

L’Observatoire de « Corporate Europe », qui est une association citoyenne qui traque le poids des lobbys dans l’Union européenne, a accusé en juin dernier Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne (BCE), de ne pas être « totalement indépendant », en raison de son appartenance au G30, think tank qui regroupe des dirigeants du secteur financier public et privé.

Une plainte pour conflit d’intérêts aurait ainsi été déposée.

Cette information n’est connue qu’aujourd’hui, 31 juillet, par une dépêche de l’agence Reuters qui précise que le comité de surveillance interne de l’Union européenne aurait ouvert une enquête.

Mais cette information a été démentie par l’AFP, qui relaie les propos de Gundi Gadesmann, la porte-parole du « médiateur » de l’UE. Cette dernière a déploré une « dramatisation de cette affaire » deux jours avant une importante réunion du conseil des gouverneurs de la BCE et a indiqué qu’« aucune enquête n’a été ouverte ».

Elle a simplement précisé : « Nous avons reçu une plainte et avons envoyé une lettre à la BCE. Maintenant nous attendons une réponse. La BCE a jusqu’à la fin octobre pour répondre. »

[Source : http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/07/31/mario-draghi-vise-par-une-enquete-de-l-union-europeenne_1740506_3234.html ]

DÉCRYPTAGE

Pour décrypter cette affaire, il est utile de préciser quels sont les acteurs en cause.

LE GROUPE DES TRENTE

Le Groupe des Trente (« Group of Thirty », ou « G30 ») est un « think tank » situé à Washington, D.C. qui constitue un organisme de pilotage, aussi discret que majeur, de la politique financière mondiale.

Pour les lecteurs qui ne sont pas rebutés par les textes en anglais, je conseille plutôt de consulter la notice de Wikipedia consacrée au « Groupe des Trente » :
http://en.wikipedia.org/wiki/Group_of_Thirty

Cette notice dresse notamment la liste des membres éminents de ce lobby ultra-puissant.
Cette notice est plus précise et détaillée que la notice en français : http://fr.wikipedia.org/wiki/Group_of_Thirty

Comme on le verra, l’actuel président du Groupe des 30 est le Français Jean-Claude Trichet, ancien président de la BCE et gouverneur « honoraire » de la Banque de France.

Conformément à toute sa carrière passée, cet homme sert donc une nouvelle fois de marionnette pour cacher la forêt des intérêts puissants qui agissent discrètement derrière.

Examinons-les.

LA FONDATION ROCKEFELLER

Comme l’indique la notice précédente, le Groupe des 30 a été fondé en 1978 à l’initiative de la Fondation Rockefeller.

Je renvoie tous ceux qui souhaiteraient se rafraîchir la mémoire sur la Fondation Rockefeller à la notice en anglais :
http://en.wikipedia.org/wiki/Rockefeller_Foundation

La notice en français est très fallacieuse car elle gomme le financement par la Fondation Rockefeller de think-tanks politiques, financiers et géopolitiques très puissants et totalement inféodés aux États-Unis d’Amérique.

En particulier, il est utile de prendre connaissance (ou se remémorer) les think tanks suivants, financés par la Fondation Rockefeller :

– le Council on Foreign Relations (CFR) http://fr.wikipedia.org/wiki/Council_on_Foreign_Relations

– la Brookings Institution
http://en.wikipedia.org/wiki/Brookings_Institution

QUI FINANCE LE « GROUPE DES TRENTE » ? 

Il suffit d’aller sur le site Internet du Groupe des Trente pour obtenir la liste des généreux mécènes : http://www.group30.org/contributors.shtml

Les lecteurs pourront ainsi découvrir, parmi ces pourvoyeurs de fonds, la présence notamment :

=> de quelques banques centrales

Les banques e France, de Chine, de l’Inde, d’Australie, etc., mais curieusement pas de la Federal Reserve Board américaine ni de la Bundesbank allemande

=> de nombreuses banques commerciales privées

ou grands conglomérats financiers privés, à commencer par Citicorp

=> de banques d’affaires privées américaines telles que :

– Goldman Sachs
– JPMorgan Chase
– Morgan Stanley

Est-il utile de les présenter ?

Il faut y ajouter des fonds d’investissements tels que Caxton Associates, très important « hedge fund » (fonds spéculatif de gestion alternative) situé à New York et dont les actifs sont actuellement supérieurs à 10 Md USD
http://en.wikipedia.org/wiki/Caxton_Associates

=> de quelques particuliers fortunés, tous Américains :

– Peter Roth : Américain, ancien président de Fox et actuellement PDG de Warner Brothers Television.

– Thomas Russo : Américain, ancien vice-président de Lehman Brothers
– Roger Ferguson : Américain, ancien vice-président de la Federal Reserve de 1999 à 2006
http://en.wikipedia.org/wiki/Roger_W._Ferguson,_Jr.

=> de « fondations », essentiellement américaines, qui sont le paravent habituel des services officiels ou secrets américains :

Sans les citer toutes, je retiendrais notamment :

– Brown Brothers Harriman & Co.

Société créée par William Averell Harriman (1891 – 1986), fils de magnats des chemins de fer.

Harriman fut l’envoyé du président Roosevelt comme émissaire spécial en Europe, et assista en août 1941 à la conférence de l’Atlantique. Plus tard, il fut nommé secrétaire au Commerce sous le président Harry Truman de 1946 à 1948. Il fut envoyé à Téhéran en juillet 1951 comme médiateur entre la Perse et le Royaume-Uni après la nationalisation de l’Anglo-Iranian Oil Company.

Avec de l’argent de son père, Harriman fonda la banque W.A. Harriman & Co en 1922. Il fut rejoint par son frère E Roland Harriman et l’affaire changea son nom en Harriman Brothers & Co. Cette société fusionna en 1931 avec Brown Bros. & Co. pour donner la société Brown Brothers Harriman & Co.

Parmi les employés notables de cette société figure notamment Prescott Bush (le grand-père de l’ancien président des États-Unis George W. Bush et arrière-grand-père de l’ancien président des États-Unis George W. Bush ), qui fut aussi employé à la Union Banking Corporation (UBC), entreprise fermée en 1943 par le gouvernement américain pour commerce avec l’ennemi (cf. Trading with the Enemy Act).
http://fr.wikipedia.org/wiki/William_Averell_Harriman

=> La Kauffman Foundation

Fondation américaine située à Kansas City, et défendant le monde de l’entreprise
http://en.wikipedia.org/wiki/Ewing_Marion_Kauffman_Foundation

=> Soros Fund Management/Open Society Institute

C’est la fameuse Fondation du milliardaire George Soros, dont le rôle central en ex-Yougoslavie (contre Milosevic) et dans les « révolutions de couleur » en Géorgie, Ukraine, Kirgizistan, Liban, etc. est désormais bien établi :
http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volutions_de_couleur

Pour George Soros, les lecteurs pourront aussi lire avec intérêt :
http://www.voltairenet.org/George-Soros-speculateur-et

=> Sullivan and Cromwell

C’est le cabinet d’avocats américain historiquement très lié à la CIA puisque c’est là que travaillait Alan Welsh Dulles, le fondateur et directeur de la centrale de renseignements américaine :
http://en.wikipedia.org/wiki/Allen_Welsh_Dulles

=> La Whitehead Foundation : sans doute un faux nez de la CIA

La Whitehead Foundation a été créée en 1981 par John C. Whitehead, ancien dirigeant de Goldman Sachs, et Secrétaire d’État adjoint dans l’administration Reagan.
http://www.sourcewatch.org/index.php?title=Whitehead_Foundation

Bien qu’elle ne semble pas avoir de site internet, on sait que la Whitehead Foundation a accordé des subventions à :

– la National Endowment for Democracy, dont les liens avec la CIA sont un secret de Polichinelle :
http://fr.wikipedia.org/wiki/National_Endowment_for_Democracy

– Partners for Democratic Change du Center for Public Integrity.

L’action de ces structures est très voisine de celle de la Fondation George Soros citée ci-dessus.

L’EURO ET LA BANQUE CENTRALE EUROPÉENNE NE SONT « INDÉPENDANTS » QUE DU SUFFRAGE UNIVERSEL.

La plainte déposée par l’Organisation citoyenne « Corporate Europe » n’aboutira
évidemment à rien, comme la porte-parole du « médiateur » l’a laissé entendre à l’AFP.
Peut-être M. Draghi décidera-t-il, par décence, de faire retirer son nom et sa photo des membres du Groupe des Trente : http://www.group30.org/members.shtml

Mais, quand bien même le ferait-il que cela ne changerait rien du tout à la situation. Rien n’empêchera M. Draghi de continuer à fréquenter les mêmes cercles de pouvoir que ceux que le Groupe des Trente fait apparaître au grand jour, et d’en recevoir les « conseils pressants » nécessaires.

La plainte de « Corporate Europe » ne sert cependant pas à rien.

Elle a le mérite d’attirer l’attention sur les véritables réseaux d’influence qui dirigent l’euro et la Banque Centrale Européenne, de façon aveuglante, contre les intérêts, d’ailleurs divergents, des peuples européens.

C’est une nouvelle confirmation de ce que je ne cesse d’expliquer pour ma part depuis des années. À savoir que la création de prétendues « autorités indépendantes », qui a été présentée depuis une trentaine d’années aux opinions publiques du monde occidental le comme le fin du fin de la démocratie, en est au contraire le plus exact opposé.

Car il n’y a pas « d’indépendance » en l’air, dans le vide, et dans l’absolu. Cela n’existe pas, car tout être ou toute organisation dépend toujours de l’environnement dans lequel il, ou elle, évolue.

Dès lors, transformer des organismes publics, soumis à l’autorité de l’État, en « autorités indépendantes », ce n’est nullement les rendre plus démocratiques. C’est au contraire les soustraire aux autorités élues par le suffrage universel, et laisser ainsi les mains totalement libres à une toute petite et très puissante oligarchie financière pour influer et piloter cette prétendue « autorité indépendante ».

L’appartenance de MM. Draghi et Trichet au Groupe des 30, créé par la Fondation Rockefeller et piloté par les services officiels et secrets américains, n’est que la confirmation de cette analyse. Elle révèle le cynisme terrible qui se cache derrière l’alinéa 3 de l’article 282 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, qui précise les attributions et pouvoirs de la BCE :

——————— ARTICLE 282 DU TFUE ——————-

3. La Banque centrale européenne a la personnalité juridique. Elle est seule habilitée à autoriser l’émission de l’euro. Elle est INDÉPENDANTE dans l’exercice de ses pouvoirs et dans la gestion de ses finances. Les institutions, organes et organismes de l’Union ainsi que les gouvernements des États membres respectent cette INDÉPENDANCE.

Oh oui, certes ! La BCE agit de façon « indépendante » par rapport à ce que souhaitent les Français, les Grecs, les Allemands, les Espagnols, les Italiens, les Néerlandais. Elle n’a aucune instruction à recevoir des peuples, aucun compte à leur rendre, et ses dirigeants sont inamovibles. La BCE n’est ainsi « indépendante » que du suffrage universel.

Elle est en revanche sous la « dépendance » complète de la Fondation Rockefeller, de Goldman Sachs et des banques d’affaires américaines, des hedge funs anglo-saxons, et des services officiels et secrets américains.

CONCLUSION : IL FAUT EN SORTIR !

L’univers feutré et puissant que nous révèle cette affaire prouve une nouvelle fois l’énormité du mensonge des dirigeants politiques alter-européistes français.

Pendant le temps d’une campagne électorale seulement, ils osent promettre aux électeurs qu’ils vont réformer la « gouvernance » de l’euro. Mais, outre que le mot « gouvernance » n’a aucun sens précis, ils savent parfaitement qu’ils ne pourront rien changer du tout puisque l’euro et la BCE sont totalement « indépendants » du suffrage universel, et totalement « dépendants » de la Fondation Rockefeller et de Goldman Sachs.

Leurs promesses sont donc d’un cynisme révoltant puisqu’elles ne visent qu’à duper les électeurs.

Le sentiment de révolte devrait légitimement être plus grand encore parmi les électeurs de gauche que parmi ceux de droite. Car les forces auxquelles l’euro et la BCE obéissent sont justement les forces les plus à droite que l’on puisse imaginer.

C’est pourquoi, lorsque M. Hollande promet une nouvelle fois, comme aujourd’hui 31 juillet, de « tout faire pour sauver l’euro » avec M. Monti (ancien de Goldman Sachs), ou lorsque M. Mélenchon affirme que ceux qui veulent sortir de l’euro sont des « maréchalistes », ils ne font pas seulement que mentir de façon éhontée.

Ils font quelque chose de beaucoup plus grave encore : ils trahissent de façon inconcevable la confiance que portent en eux les milieux populaires, qui sont dépourvus des moyens de comprendre de qui se passe vraiment. Or, tirer profit de la crédulité et de l’ignorance des faibles pour les duper et leur faire accepter le contraire même de ce qu’ils veulent, c’est à mon sens l’un des plus grands péchés que l’on puisse commettre.

Pour rendre leur démocratie et leur dignité aux Français, et notamment aux plus humbles d’entre eux, il est grand temps que toutes les consciences se lèvent pour dénoncer ces ignobles tours de passe-passe des dirigeants politiques français, au premier rang desquels ceux qui se prétendent « de gauche ».

Il est grand temps de se mobiliser pour sortir enfin de l’UE et de l’euro.

François ASSELINEAU