François Asselineau invité du Forum-Débat de BEUR FM le 15 novembre 2012

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Invités du Forum-Débat de Abdelkrim BRANINE sur Beur FM

François ASSELINEAU : Président de l’Union Populaire Républicaine
Jean-Richer SULZER : Conseiller régional Front National
Yann BROSSAT : Conseiller de Paris PCF – Front de gauche
Pierre-Yves BOURNAZEL : Conseiller de Paris – Conseiller régional – Secrétaire national de l’UMP

Le débat portait sur l’actualité et tout spécialement sur le Rapport de la « Commission de rénovation  et de déontologie de la vie publique » – dit « Rapport JOSPIN »- qui vient d’être remis officiellement au président de la République.

 

LES 3 CONFIRMATIONS FOURNIES PAR L’ÉMISSION DE BEUR FM DU 15 NOVEMBRE 2012

  • 1°) LUTTE OUVRIÈRE ET LE PS AUX ABONNÉS ABSENTS,
  • 2°) L’UMP ET LE FDG MANIFESTEMENT INQUIETS DEVANT L’UPR,
  • 3°) LE FRONT NATIONAL NE VEUT PAS SORTIR DE L’UE

L’émission de Beur FM d’hier 15 novembre nous a apporté plusieurs confirmations importantes.

1°) LUTTE OUVRIÈRE ET LE PS AUX ABONNÉS ABSENTS

Comme le journaliste nous l’a expliqué hors antenne, le PS, qui avait été invité, n’a « trouvé personne » pour participer à ce débat.

Par ailleurs, et comme chacun a pu le constater, Mme Nathalie ARTHAUD (Lutte Ouvrière) s’est décommandée in extremis.

L’excuse qu’elle a fournie quelques minutes avant le début de l’émission est qu’elle était bloquée dans des embouteillages.

Il est vrai que la circulation parisienne était particulièrement mauvaise hier soir.

Cependant, il faut savoir que c’est à la demande expresse de Mme ARTHAUD que l’émission du journaliste Abdelkrim BRANINE avait été déplacée de mercredi 14 à jeudi 15, la porte-parole de LO ayant fait savoir qu’elle avait une obligation le mercredi (c’est la raison pour laquelle nous avions dû nous-mêmes modifier la date annoncée).

Dans ces conditions, la moindre des politesses aurait été qu’elle prenne une marge de temps suffisante pour s’assurer d’être présente à cette émission, spécialement déplacée pour convenir à son agenda.

En outre, l’émission ne durait pas 10 minutes mais 1H30. Mme ARTHAUD aurait donc fort bien pu arriver avec 20 minutes de retard. La probabilité qu’il s’agisse donc d’un faux-fuyant est donc presque certaine.

Cela rappelle :

  • - M. Alain Minc, qui s’était « souvenu » quelques heures auparavant qu’il avait une réunion urgente en Espagne qui l’empêchait de participer à l’émission « Ce Soir ou Jamais » de Frédéric Taddeï sur France 3 à laquelle j’étais convié le 2 octobre dernier ;
  • - M. Jean-Yves Le Hyaric (Front de Gauche), qui s’était « souvenu » quelques heures auparavant qu’il avait une réunion urgente du Parlement européen à Bruxelles qui l’empêchait de participer au Forum démocratique organisé à Paris le 10 octobre dernier ;
  • - Mme Marie-Françoise Bechtel (MRC), qui s’était « souvenue » quelques heures auparavant qu’elle avait une réunion de commission à l’Assemblée nationale qui l’empêchait également de participer au Forum démocratique organisé à Paris le 10 octobre dernier.

Quoi qu’il en soit, nous retiendrons de cette péripétie d’hier que Mme Nathale ARTHAUD est soit une lâche soit une malpolie.

2°) L’UMP ET LE FDG MANIFESTEMENT INQUIETS DEVANT L’UPR

L’écoute de l’émission permet de relever que les deux représentants de l’UMP et du Front de Gauche ont systématiquement éludé mes analyses et mes interventions.

Pour ceux qui ont assisté à l’émission en direct sur le plateau (notamment Erick Mary et Patrick Dhondt de l’UPR qui m’accompagnaient), il est apparu de façon flagrante que les deux intéressés étaient manifestement désarçonnés par mes arguments, et manifestement inquiets devant la progression de l’UPR.

Car l’un et l’autre me connaissent parfaitement (M. Yann Brossat m’a déjà été opposé sur Beur FM il y a un mois et M. Bournazel, qui m’a connu lorsque j’étais moi-même au Conseil de Paris, est l’un des experts de la scène politique à l’UMP).

Hors antenne, après l’émission, l’un et l’autre se sont d’ailleurs éclipsés en quelques secondes. Il n’avaient à l’évidence pas envie de prolonger une émission qui leur fut assurément pénible, et où ils commirent l’erreur énorme de s’invectiver en se reprochant mutuellement à l’antenne leurs avantages matériels et financiers d’élus locaux….

3°) LE FRONT NATIONAL NE VEUT PAS SORTIR DE L’UE

Cette algarade assez nauséabonde entre le représentant de l’UMP et celui du Front de Gauche a permis au représentant du Front National, M. Jean-Richard Sulzer, de faire quelques sorties non dénuées d’humour.

Mais ce qui a été le plus intéressant, avec ce dernier, a été de mesurer à quel point le FN est confus sur l’euro et sur l’UE.En début d’émission, M. Sulzer a ainsi glissé, brièvement, que le FN voulait sortir de l’UE. Mais ce point a été ensuite totalement démenti par l’intéressé lui-même, à l’antenne et hors antenne.

À l’issue de l’émission, comme il n’a pas filé à l’anglaise comme les représentants de l’UMP et du FDG, j’ai pu  m’entretenir pendant une bonne demi-heure avec lui, et en présence d’Erick Mary et de Patrick Dhondt de l’UPR. Cet entretien était d’autant plus intéressant que M. Sulzer n’est pas seulement professeur d’économie et conseiller régional du FN dans le Nord-Pas de Calais, mais aussi le conseiller de Mme Le Pen pour les questions économiques et monétaires.

Or, nous avons tous les trois pu entendre de la bouche même de M. Sulzer que :

1)- en effet, le FN ne propose pas de sortir de l’UE.

Le FN propose une « Autre Europe », une « Europe des nations » allant « de Brest à Brest Litovsk » [sic]. (Je rappelle que Brest-Litovsk est une ville de Biélorussie, mais je pense que mon interlocuteur la situait de façon erronée en Russie).

En outre, M. Sulzer nous a assuré qu’il était en faveur d’une « Europe-civilisation » qu’il fallait défendre contre ceux qui la menacent (en gros : les immigrés du sud).

Comme je lui demandais comment il allait faire pour que ce nébuleux projet du FN soit accepté par les 26 autres États-membres de l’UE et par les États-Unis, M. Sulzer a botté en touche en lançant des rodomontades du type « nous l’imposerons », exactement de la même veine que celles sorties par le FDG ou par DLR. C’est la rhétorique habituelle du Café du Commerce : « IL Y A QU’À, IL FAUT QU’ON…»…

Tous ces propos ont confirmé, une nouvelle fois, que le FN est bien un parti alter-européiste comme tous les autres opposants pour rire (FDG, EELV, LO, NPA, MRC, DLR, etc.).

  • Comme le FDG, EELV, LO, le NPA, le MRC et DLR, le FN élude la question décisive de notre souveraineté et de notre indépendance nationale.
  • Comme le FDG, EELV, LO, le NPA, le MRC et DLR, le FN préfère lancer à la volée des slogans ronflants et dépourvus de toute application concrète, puisque ces propositions floues ne peuvent pas être mises en oeuvre sans l’accord unanime des 26 autres États-membres de l’UE et par les États-Unis. Accord unanime dont les 55 ans écoulés depuis le traité de Rome ont montré qu’il était radicalement et totalement impossible à obtenir puisqu’il fait abstraction de la divergence irréductible des intérêts nationaux.
  • Comme le FDG, EELV, LO, le NPA, le MRC et DLR, le FN utilise les propositions bidons de réforme de l’Europe qu’il lance pour justifier son refus de sortir de l’UE.
  • Comme le FDG, EELV, LO, le NPA, le MRC et DLR, le FN agit donc très concrètement pour maintenir la France dans la structure qui est en train de la détruire et de détruire en même temps notre niveau de vie, nos acquis sociaux, notre patrimoine national, etc.

 2)- le FN veut transformer l’euro en « monnaie commune ».

Outre que mon interlocuteur m’a donné le sentiment de ne pas bien maîtriser ce qu’est techniquement l’euro (ce qui est quand même fâcheux compte tenu du rôle qu’il jour auprès de Mme Le Pen), sa position est qu’il faut « transformer l’euro en monnaie commune », c’est-à-dire en revenir au système de taux de change flottants mais encadrés du « serpent monétaire » des années 70-80, autour d’un cours pivot appelé « ECU » et que l’on appellerait « euro ».

Comme je lui demandais comment il comptait mettre en œuvre cette idée alors qu’il n’y a aucune disposition légale qui le permette dans les traités européens créant l’euro, M. Sulzer a répondu par la pirouette déjà utilisée par Mme Le Pen pendant la campagne présidentielle, à savoir que « de toute façon, l’euro va éclater ».

Enfin, il a précisé qu’à son avis, « on ne peut pas proposer aux Français de sortir de l’euro parce que cela leur fait peur ». [sic]

CONCLUSION 

Très concrètement, l’émission d’hier a une nouvelle fois confirmé que le FN, comme DLR, refuse donc de proposer aux Français la sortie de l’UE et de l’euro, laquelle ne peut juridiquement et pratiquement se faire que par l’article 50 du TUE et la sortie de l’UE.

Toutes ces réponses de M. Sulzer, comme celles de M. Dupont-Aignan entendues lors du Forum démocratique du 10 octobre dernier, me font penser à ce qu’aurait été le sort de la France en 1945 si Charles de Gaulle était resté en France en 1940 et s’était contenté de proposer une « Autre Europe », une « Europe hitlérienne des nations ».

Imagine-ton le fondateur de la France Libre ne pas appeler à combattre frontalement l’Allemagne, et préférer glisser en confidence, et d’un air entendu, que « de toute façon, le IIIe Reich va éclater » et que « on ne peut pas proposer aux Français d’entrer en Résistance parce que cela leur fait peur » ?

Non, on ne l’imagine pas.

Parce qu’alors de Gaulle se serait appelé Pétain.

François ASSELINEAU