Sortez les sortants : En Grèce aussi… mais surtout pas question de sortir de l’UE !

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COMME EN FRANCE, LE SYSTÈME EURO-ATLANTISTE PEUT ESPÉRER SURVIVRE EN GRÈCE GRÂCE A L’IRRUPTION OPPORTUNE DE DEUX PARTIS EXTRÉMISTES ANTAGONISTES : AUBE DORÉE ET SYRIZA VONT BLOQUER LA SCÈNE POLITIQUE AU PROFIT DE CE QU’ILS PRÉTENDENT COMBATTRE…

Pendant que le PS est en train d’installer des écrans géants Place de la Bastille (aux frais du contribuable) pour essayer de nous refaire le coup d’un nouveau 10 mai 1981, les Français seraient avisés de regarder ce qui se passe en Grèce au même moment, où viennent de se clore les élections législatives.

Je rappelle que la Grèce était dirigée depuis novembre 2011 par un « dictateur », M. Papademos, jamais élu mais sélectionné par la Commission européenne et Goldman Sachs pour « dicter » au peuple grec la politique de destruction totale de son pays pour renflouer des banques.

Ce dictateur était soutenu par la coalition des deux « grands partis » du pays, comparable à l’UMPS français :
– d’une part le Pasok, parti socialiste, allié du PS français dans « l’Internationale Socialiste »
– d’autre part la Nouvelle Démocratie (ND – droite), l’UMP locale.

Les résultats des élections législatives grecques d’aujourd’hui se soldent par 2 résultats essentiels :

1)- la coalition « UMPS » PASOK/ND subit une déroute électorale en voyant son score divisé par deux en 3 ans : les 2 grands partis avaient recueilli à eux deux 77,4 % des voix en 2009, ils n’en recueillent plus que 31 à 37% des voix selon les sondages sortie des urnes.

2)- deux partis extrémistes sont les grands gagnants du scrutin :

– d’une part le parti de gauche Syriza, équivalent d’un Mélenchon grec, qui récolterait le score sans précédent de 15,5 à 18,5% des voix.
SYRIZA fait partie du « Parti de la gauche européenne », un « parti politique se veut anti-capitaliste, et se prononce pour une autre Europe et pour donner un autre contenu à l’Union européenne » [sic] (cf. http://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_de_la_gauche_europ%C3%A9enne)

– d’autre part un nouveau croquemitaine d’extrême-droite, équivalent du FN français, baptisé AUBE DORÉE (Chrysi Avyi en grec), qui récolterait entre 6 et 8 % des voix.
Ce parti d’extrême droite, aux slogans xénophobes, souverainistes, racistes, natalistes, a entre autres pour slogan « la Grèce aux Grecs» et veut à la fois effacer la dette du pays et expulser les immigrés, tout en faisant usage d’une symbolique plus ou moins ouvertement néonazie (saluts fascistes, croix gammées stylisées, publications sur et nombreux articles et photographies concernant des organisations ou des personnalités liées au Troisième Reich, comme les SS ou Magda Goebbels, etc.).
Selon l’article de Wikipedia en anglais qui lui est consacré, AUBE DORÉE aurait des liens plus ou moins avérés avec la police grecque.
http://en.wikipedia.org/wiki/Golden_Dawn_%28Greece%29
On notera que ce mouvement, pas plus que SYRIZA, ne propose de sortir de l’UE…

CONCLUSION

La dépêche ci-jointe indique que, « s’il se confirmait, cet effondrement de la coalition PASOK/ND rendrait quasi impossible la formation d’un gouvernement de coalition par ces deux partis pour poursuivre la politique de rigueur dictée par l’UE et le FMI », ce qui « risque de remettre en cause les efforts de redressement du pays au sein de l’euro ».

C’est aller un peu vite en besogne.

Car s’il est un fait que la situation politique grecque va se retrouver plus inextricable que jamais, il faut aussi comprendre que la poussée concomitante d’une extrême-droite néo-nazie alter-européiste et d’une gauche radicale, également alter-européiste, plonge la Grèce dans un schéma « à la française ». Pour la bonne raison qu’il est absolument hors de question que les deux partis extrémistes s’entendent.

Comme en France avec le FN et le Front de Gauche, le résultat concret de l’existence de AUBE DORÉE et de SYRIZIA est donc de scinder les opposants au système en deux camps irréconciliables… pour le plus grand profit du système qu’ils prétendent tous les deux combattre !

Cela ressemble tellement à la situation française que l’on pourrait même se demander si certains « think-tanks » ne l’ont pas fait exprès….

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