Après le Royaume-Uni, c’est au tour de la Hongrie d’envisager publiquement de sortir de l’UE

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L’Union européenne prend eau de toutes parts : après le Royaume-Uni, c’est au tour de la Hongrie d’envisager publiquement de sortir de l’UE (et de l’OTAN)

Tel est du moins ce que vient de déclarer le président du parlement hongrois en personne, Laszlo Kövér, qui a précisé : « si Bruxelles nous dicte comment gouverner le pays, il s’assimilera à Moscou avant la chute du régime en 1989 ».

Laszlo Kövér est l’un des principaux dirigeants hongrois actuels (en photo ici).

Laszlo Kövér

Il a été l’un des membres fondateur du Fidesz-Union civique hongroise, parti de droite majoritaire au pouvoir, dont est issu l’actuel Premier ministre Viktor Orban. Élu et réélu constamment député depuis 1990, il a été chargé des services de renseignement dans le premier gouvernement Orbán en 1998, jusqu’à ce qu’il soit élu président du Fidesz en 2000.

Élu président de l’Assemblée nationale de Hongrie le 22 juillet 2010, il a assumé l’intérim de la charge de président de la République du 2 avril 2012 au 10 mai 2012. En 2014, il a été réélu président de la Diète (Parlement) pour la durée de la 7e législature, tout en restant très proche des services de sécurité hongrois.

Autant dire que les propos de Laszlo Kövér ne sont pas à prendre à la légère.

Même si la sortie de la Hongrie de l’UE et de l’OTAN n’est sans doute pas pour demain, la Voix de la Russie cite d’ailleurs une analyse intéressante de Iouri Bondarenko, directeur du Centre russo-polonais « Dialogue et Concorde », qui va dans le même sens que Laszlo Kövér. Il estime que le « divorce » que la Hongrie est en train de consommer avec l’UE et l’OTAN, est inévitable et il le dit en ces termes :

« Je crois que la Hongrie finira par se retirer de l’UE de son plein gré ou y sera contrainte. Je ne peux rien dire au sujet de sa participation à l’OTAN parce que cela dépend de l’évolution de la situation en Ukraine mais son retrait de l’Alliance n’est pas à exclure non plus. C’est que la classe politique hongroise est déterminée à défendre les intérêts nationaux qui vont à l’encontre de ceux de Bruxelles. »

On croirait presque lire la Charte de l’UPR qui date d’il y a 7 ans et demi…

Il me semble utile de rappeler ici que le peuple hongrois – dont la langue et les origines sont si différentes de tous ses voisins – a toujours été très jaloux de son indépendance nationale.

Ce n’est pas un hasard si c’est dans la capitale hongroise, Budapest, qu’éclata en 1956 la plus violente insurrection populaire contre la domination soviétique.

Ce n’est pas non plus un hasard si c’est aussi en Hongrie que commença le début du démantèlement du rideau de fer : à Sopron, à la frontière entre la Hongrie et la province autrichienne du Burgenland. Ce démantèlement produisit une réaction en chaîne : il provoqua de proche en proche le démantèlement de tout le rideau de fer, depuis la Baltique jusqu’à la Yougoslavie, puis l’effondrement de toutes les « démocraties populaires », puis l’effondrement de l’URSS elle-même. Le château de cartes de la « construction du socialisme » mit deux ans et demi pour s’écrouler en totalité.

C’est dire si ce qui se passe en Hongrie doit être surveillé de près, même si les grands médias français gardent bien entendu le silence. Les événements hongrois sont suivis dans tous les pays de l’est car l’on n’ignore pas que la Hongrie, située au barycentre de l’Europe centrale et orientale, possède historiquement un potentiel de déflagration des empires…

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