20 Septembre 2012 : un double anniversaire, l’un heureux et l’autre malheureux

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UN ANNIVERSAIRE HEUREUX : LE 220ème ANNIVERSAIRE DE LA BATAILLE DE VALMY

La bataille de Valmy est la première victoire décisive de l’armée de France pendant les guerres de la Révolution française ayant suivi le renversement de la monarchie des Bourbons.

Elle eut lieu le 20 Septembre 1792, lorsque l’armée sous commandement prussien du duc de Brunswick essaya de marcher sur Paris, suite à l’arrestation de Louis XVI et de la famille royale le 10 août 1792 (je renvoie ici à l’article que j’avais écrit le 10 août dernier : https://www.upr.fr/actualite/france/10-aout-1792-peuple-democratie-paris).

Cette armée de l’Europe coalisée et de nobles français émigrés voulait châtier le peuple français, libérer Louis XVI et le rétablir sur son trône.

Mais le sort des armes en décida autrement : à la surprise générale, les généraux français Kellermann et Dumouriez réussirent à stopper l’avancée prussienne près du village de Valmy situé de nos jours en Champagne-Ardenne.

Statue de Kellermann, sur le champ de la bataille de Valmy

 Kellermann passa pour le sauveur de la patrie. 80 000 ennemis, qui avaient marché comme en triomphe, reculèrent. Les conséquences de cette bataille furent l’évacuation du territoire français par l’armée coalisée le 22 octobre suivant.

En ces premiers mois des guerres de la Révolution, cette victoire du jeune gouvernement révolutionnaire à Valmy devint une victoire psychologique décisive pour la Révolution et ses partisans. L’issue de la bataille fut considérée comme « miraculeuse » et fut même présentée comme une « défaite décisive » de l’armée prussienne (ce qui était factuellement excessif mais psychologiquement exact).

Un peuple uni pour sa libération nationale ne peut être vaincu par l’Europe coalisée.

L’armée française constituée des « Soldats de l’An II », c’est-à-dire de gens du peuple, et très inexpérimentée, battit ainsi des soldats aguerris et disciplinés. Le monde découvrit alors que le courage et le patriotisme peuvent rendre redoutable une telle armée de libération nationale.

La bataille de Valmy est donc à l’origine de l’idée révolutionnaire du citoyen en arme, idée qui fonda le principe de la conscription (ou service militaire).

21 septembre 1792 : l’abolition de la monarchie et la proclamation de la République française stupéfient l’Europe 

Le lendemain de la bataille, le 21 septembre 1792, la nouvelle de la victoire parvint à Paris. Assurée de la sauvegarde du pays, sûre de sa force, la Convention nationale proclama alors l’abolition de la royauté et l’avènement de la République française.

Cette nouvelle stupéfia l’Europe entière :

a)– d’une part parce que les observateurs des autres pays d’Europe avaient considéré jusqu’alors comme évident que les révolutionnaires français seraient balayés par les troupes coalisées européennes à la première escarmouche,

b)– d’autre part parce qu’ils ne pouvaient pas imaginer que le pays le plus grand et le plus peuplé d’Europe – la France, surnommée ensuite la « Grande Nation » – puisse devenir une république. Car la république était un régime politique que l’on considérait ne pouvoir s’appliquer qu’à de petits territoires peu peuples (républiques de Florence ou de Venise par exemple).

Le célèbre Goethe, poète, romancier et dramaturge allemand, également scientifique, qui participa à la bataille de Valmy (il avait alors 43 ans) aux côtés du duc de Saxe-Weimar, aurait prononcé, le soir de la bataille, ces mots prophétiques :

« D’aujourd’hui et de ce lieu date une ère nouvelle dans l’histoire du monde ». 

Que cette citation soit vraie ou apocryphe, elle n’en est pas moins juste : en permettant à la Révolution française de s’établir durablement, la bataille de Valmy, dont nous fêtons aujourd’hui le 220ème anniversaire, est considérée à juste titre comme l’une des batailles les plus décisives de l’Histoire de France et de l’histoire du monde.

UN ANNIVERSAIRE MALHEUREUX : LE 20ème ANNIVERSAIRE DU RÉFÉRENDUM SUR LE TRAITÉ DE MAASTRICHT CRÉANT L’UNION EUROPÉENNE ET L’EURO

En contrepoint exact de la date précédente, le 20 septembre 1992 restera dans notre histoire nationale comme une date funeste. Celle où le peuple français décida par référendum de ratifier le traité de Maastricht.

Ce vote positif :

– fut adopté sur le fil du rasoir et à une majorité très relative : 51% de Oui, 49% de Non, 30,3% d’abstention, et 3,4% de suffrages blancs et nuls. Ce qui signifie que seuls 32,97% des électeurs inscrits votèrent Oui à l’Union européenne et à l’euro.

– résulta d’une mise en condition psychologique digne d’un pays totalitaire, puisque tous les grands médias et tous les journalistes prirent ouvertement position pour le Oui, en vampirisant les ondes à leur profit, et en organisant des « débats » non pas entre partisans du Oui et partisans du Non, mais entre responsables de droite partisans du Oui et responsables de gauche… partisans du Oui également !

– fut décidé sur la foi de promesses mirobolantes quant au fait que l’euro apporterait le plein emploi et l’enrichissement de tous !

Affiche du Parti Socialiste pour appeler à voter Oui au traité de Maastricht le 20 septembre 1992. De nature xénophobe et même vaguement raciste, cette affiche témoigne du bobard monumental que le PS, comme les autres partisans du Oui, assénèrent aux Francias, en osant notamment affirmer que le traité de Maastricht permettrait de combattre l’influence américaine (et accessoirement japonaise) ! Vingt ans après, chacun peut constater que ce traité a au contraire entraîné la France dans la voie de la soumission de plus en plus complète à l’empire américano-atlantiste.

Abusé par une classe politique, droite et gauche confondue, qui a trahi les principes de souveraineté et d’indépendance nationales, et manipulé de façon éhontée par des grands médias à la solde des intérêts euro-atlantistes, le peuple français est entré, le 20 septembre 1992, dans la voie exactement inverse de celle, glorieuse, dans laquelle il s’était engagé le 20 septembre 1792.

Le Temps, qui révèle tout, est en train de dévoiler, inexorablement, que le choix d’il y a 220 ans était le bon. 

Et que celui d’il y a 20 ans était le mauvais.

François ASSELINEAU
20 septembre 2012
 EN CE 220ème ANNIVERSAIRE DE LA BATAILLE DE VALMY, SOYEZ, VOUS AUSSI, À LA HAUTEUR DE NOTRE HISTOIRE.REJOIGNEZ LE NOMBRE GRANDISSANT DE NOS ADHÉRENTS. VOTRE ADHÉSION À L’UPR EST IMPORTANTE. CAR PLUS NOUS SERONS NOMBREUX ET PLUS NOUS CONTRAINDRONS LES MÉDIAS À NOUS DONNER LA PAROLE .

 

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