Alors que plus de 90% des français sont mécontents de François Hollande, le prix nobel d’économie Paul Krugman prédit que « l’Europe va aller mal pendant de longues années »

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C’est assurément un record historique que François Hollande est en train de battre, sans précédent dans l’histoire de toutes les républiques. Il est en train de créer une sorte d’union nationale contre lui.

En effet, selon un sondage publié par le Figaro :

– 92% des Français jugent désormais que le bilan de François Hollande, à mi-mandat, n’est pas satisfaisant, contre 7% qui le jugent « tout à fait satisfaisant ou plutôt satisfaisant ».

– 96% estiment qu’il n’a pas tenu ses promesses électorales, contre 3% qui estiment qu’il les a tenues ; et 79% pensent qu’il ne les tiendra pas jusqu’à la fin de son mandat.

– 70% trouvent que la situation s’est dégradée depuis l’élection de Hollande, contre 3% qui trouvent qu’elle s’est améliorée.


Ce sondage doit bien entendu être interprété avec les réserves d’usage, comme tous les sondages. Il n’en demeure pas moins qu’il traduit assez fidèlement l’atmosphère irréelle dans laquelle s’enfonce la France.

Car ce qui se cache derrière ce désaveu sans précédent, ce ne sont pas seulement le rejet quasi-unanime d’une politique, ni même la rancœur d’avoir été escroqué par des promesses mensongères.
C’est aussi, et peut-être avant tout, le mépris absolu qu’éprouvent désormais la quasi-unanimité de nos concitoyens pour cet homme.

De mémoire, je pense que l’on n’a jamais connu une telle unanimité dans le rejet depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale.

De Gaulle, Pompidou, Giscard, Mitterrand, Chirac, et même Sarkozy !, ont fait l’objet de critiques très sévères lorsqu’ils étaient en fonction. Ils ont suscité l’antipathie, et même l’exécration, dans une partie de l’opinion publique.

Mais, même aux pires moments de leur impopularité, il s’est toujours trouvé, en gros, près de la moitié des Français pour soutenir ardemment Charles de Gaulle (il a démissionné le 28 avril 1969 parce qu’il n’avait obtenu que 47,6% des voix au référendum de la veille), 40% des Français pour soutenir Pompidou, 35% pour soutenir Giscard, 30% pour soutenir Mitterrand, 25% pour soutenir Chirac et 20% pour soutenir Sarkozy. Avec Hollande, on est tombé en-dessous de 10%, sinon même de 5% !

Ce qui accentue encore la gravité de la situation, c’est que nul ne voit comment le locataire de l’Élysée pourrait redresser la situation.

D’une part parce que François Hollande n’a ni la carrure intellectuelle et morale de la fonction qu’il occupe, ni le courage et la hauteur de vue qui lui donneraient l’idée de faire un véritable coup d’éclat pour renverser sérieusement le cours des choses. Il applique, en élève laborieux, les instructions que lui donnent ses commanditaires de Washington et de Bruxelles et il croit qu’il va donner le change et se rendre populaire parce qu’il joue les potaches dans la cour de récré. Il rend insipide, inaudible, insupportable tout ce qu’il touche. Les rares fois où il se hasarde à vouloir donner de lui l’image d’un homme d’État se traduisent invariablement par des déclarations pataudes de matamore qui font hausser les épaules de tout le monde, et même de ses derniers soutiens.

D’autre part parce que François Hollande n’est qu’une marionnette sans aucune marge de manœuvre. La politique qu’il va suivre jusqu’en 2017, nous la connaissons déjà. Elle est écrite par Washington, par la Commission européenne et par la Banque centrale européenne. Au fond, François Hollande ne sert à rien d’autre qu’à permettre aux grands médias d’essayer de faire croire aux Français que la politique qu’il mène serait la sienne et qu’elle pourrait être changée s’ils élisaient Sarkozy ou Juppé en 2017.

C’est à ce mensonge suprême, et à cela seulement, que sert ce pion de l’oligarchie euro-atlantiste.


Seulement voilà. 2017, c’est dans deux ans et demi. Et la situation catastrophique de la zone euro et de la France ne va faire qu’empirer.

Ce n’est pas seulement l’UPR qui le dit, depuis des années. Après tant d’autres, c’est le « Prix Nobel » d’économie américain Paul Krugman, que l’on sait très critique de l’euro depuis sa création, qui vient de lancer une nouvelle et terrible mise en garde depuis Tokyo.

Regrettant de constater que « l’Occident n’a rien appris des erreurs de gouvernance japonaises », le célèbre économiste a déclaré que « l’Europe dans son ensemble n’est pas encore totalement en déflation, mais elle suit exactement les pas du Japon dans cette direction. Il sera désormais très difficile d’empêcher la chute dans ce piège ». Et de poursuivre : « Toutefois, [ la Banque centrale du Japon ] n’a jamais fait quelque chose d’aussi incroyablement inadaptée que la BCE qui, en 2011, a décidé d’augmenter ses taux d’intérêt ».

Dénonçant les « brutales politiques d’austérité » mises en place dans plusieurs pays de l’Union, à un moment où seule la dépense publique, conjuguée à des politiques monétaires audacieuses, aurait pu sauver l’activité et enrayer la spirale déflationniste, Paul Krugman a conclu que « l’Europe va dès lors aller mal pendant de longues années ».


C’est dans cette perspective d’un désastre économique et social encore pire qui arrive que François Hollande entame la deuxième partie de son mandat, avec plus de 90% de Français mécontents.

Jusqu’à quand cela va-t-il durer ?

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