Hubris et Némésis : L’ancien géant américain Kodak est en faillite

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Pour tous ceux qui ont connu le XXe siècle, le capitalisme mondial était dominé par quelques très grandes firmes américaines qui semblaient aussi solides et à l’épreuve du temps que les grandes pyramides d’Égypte : General Motors, Chrysler, IBM, Lehman Brothers, Kodak, etc.

 Le XXIe siècle est en train de mettre à bas, inexorablement, tous ces anciens fleurons de Wall street. Après les faillites (qui semblaient inimaginables) de General Motors, Chrysler, IBM, Lehman Brothers, c’est aujourd’hui celle de l’ancien géant de la photographie mondiale Kodak qui défraye la chronique.

Ces entreprises ont été victimes de leur propre succès, de leur arrogance, de la certitude qu’elles avaient que rien ni personne ne pourrait jamais leur contester la suprématie mondiale. Elles ont raté le coche des nouvelles technologies, elles n’ont pas su répondre à la montée en puissance de la concurrence asiatique, elles se sont enfermées dans une position dominatrice et méprisante, elles ont négligé tous les signaux inquiétants qui apparaissaient.

Ce n’est pas seulement un symbole de l’effondrement industriel américain, c’est aussi un symbole de l’effondrement des États-Unis eux-mêmes.

Car cette ivresse de toute-puissance, ce mépris de la réalité, ce refus de voir les évolutions qui menacent leur suprématie ne sont pas seulement le fait des grandes entreprises américaines. Ils constituent aussi le soubassement mental des élites dirigeantes politiques et médiatiques américaines : elles croient qu’elles vont pouvoir continuer impunément la mise sous tutelle de la planète entière à leur profit, en usant de techniques de plus en plus manipulatoires et totalitaires.

 

Elles ne voient pas que partout à travers le monde le « rêve américain » fait de moins en moins rêver. Elles ne comprennent pas que les peuples du monde rejettent de plus en plus cet impérialisme américain qui se présente sous la forme hideuse de l’argent-roi, de l’insolence, du mensonge et de la tyrannie.

CONCLUSION : HUBRIS ET NÉMÉSIS, L’ORGUEIL EST TOUJOURS PUNI

Les Grecs anciens avaient inventé les notions d’Hubris et de Némésis, pour décrire ce qu’ils estimaient être une vérité éternelle : le châtiment inéluctable de l’orgueil et du mépris.

L’Hubris était la folie de l’orgueil et de la démesure qui saisit parfois les hommes. Elle comprenait la folie du pouvoir, mais aussi la violence faite sur autrui, le mépris et les comportements outrageants, les agressions sexuelles et le vol de propriété publique ou sacrée.

Cette maladie mentale et comportementale finissait toujours par être punie par la némésis, mot qui signifie « vengeance », « justice », « indignation » et « destruction ».

Némésis est la punition fatale qui attend toujours les hommes qui sont victimes de l’Hubris.

 

Hérodote l’indique clairement dans un passage significatif : « Regarde les animaux qui sont d’une taille exceptionnelle : le ciel les foudroie et ne les laisse pas jouir de leur supériorité ; mais les petits n’excitent point sa jalousie. Regarde les maisons les plus hautes, et les arbres aussi : sur eux descend la foudre, car le ciel rabaisse toujours ce qui dépasse la mesure. » [source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Hybris]

Les Grecs anciens – qui ont été les inventeurs de la démocratie – avaient ainsi élaboré une morale de la mesure, de la modération, du respect et de la sobriété. Leur idéal éthique était celui de l’adage « pan metron », qui signifie littéralement « de la mesure en toute chose », ou encore « jamais trop » ou « toujours assez ».

Les États-Unis d’Amérique, tout comme leur colonie baptisée « Union européenne », s’enfoncent depuis au moins deux décennies dans la folie de l’hubris : ivresse du pouvoir sans freins, démesure d’une cupidité sans limites, mépris des peuples et de leur intelligence, outrages contre le droit, la liberté,  la vérité et la justice, viol des âmes et manipulation des consciences, arrogance permanente…

Or la Némésis a commencé à frapper. Elle détruit inexorablement les économies et les industries d’Amérique et d’Europe. Elle détruit les tissus économiques et sociaux. Et elle finira par détruire tout l’édifice de l’empire euro-atlantiste.

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