Le traité de Maastricht n’est qu’un chiffon de papier pour les gogos

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Ce qui se passe actuellement au Liban – et l’incapacité de « l’Europe » à peser sur le cours des événements – sont instructifs, une fois encore, de ce que la construction européenne n’est rien d’autre qu’une gigantesque manipulation conçue par les Américains.

Ce qui se passe nous révèle aussi, une fois encore, que le traité de Maastricht, n’est en réalité qu’un chiffon de papier qui n’a pas plus de valeur que ce que les États lui donnent. Dès que des intérêts supérieurs sont en jeu, chacun s’asseoit sur ce traité maudit.

Comme l’indique la dépêche AFP en annexe, tout le monde ou presque était d’accord pour exiger une cessation « immédiate » des hostilités : le secrétaire-général de l’Onu Kofi Annan, le Premier ministre libanais Fouad Siniora, la Russie, tous les pays arabes et la majorité des pays européens présents.

Oui mais voilà : alors que des centaines de civils innocents – dont de nombreux enfants – meurent sous les bombardements, les États-Unis ont osé s’opposer à cette simple demande d’un arrêt immédiat des hostilités.

Dans ce soutien aveugle et inconditionnel à la politique du gouvernement israélien, les USA sont presque complètement isolés.

Pas tout à fait cependant. Car la Grande Bretagne les a soutenus, faisant ainsi voler en éclats toute perspective de position commune de l’UE. On remarque d’ailleurs que l’atlantiste Solana, qui représentait l’UE, semble être resté muet comme une carpe.

Or, en refusant de demander un arrêt immédiat des hostilités au Liban, et donc en se désolidarisant de la majorité des États-membres de l’UE qui souhaitaient cette position, la Grande Bretagne a violé expressément :

a) d’abord l’ article J.1 – alinea 4 du traité de Maastricht, qui stipule :

« Les États membres appuient activement et sans réserve la politique extérieure et de sécurité de l’Union dans un esprit de loyauté et de solidarité mutuelle. Ils s’abstiennent de toute action contraire aux intérêts de l’Union ou susceptible de nuire à son efficacité en tant que force cohérente dans les relations internationales. Le Conseil veille au respect de ces principes ».

b) ensuite l’ article J.2- alinea 3. du même traité de Maastricht :

« Les États membres coordonnent leur action au sein des organisations internationales et lors des conférences internationales. Ils défendent dans ces enceintes les positions communes ».

c) enfin l’ article J.5 – alinea 4., toujours du même traité de Maastricht :

« Les États membres qui sont aussi membres du Conseil de sécurité des Nations unies se concerteront et tiendront les autres États membres pleinement informés. Les États membres qui sont membres permanents du Conseil de sécurité veilleront, dans l’exercice de leurs fonctions, à défendre les positions et l’intérêt de l’Union, sans préjudice des responsabilités qui leur incombent en vertu des dispositions de la Charte des Nations unies ».

Conclusion

1) On a eu confirmation aujourd’hui de ce que l’on savait déjà dans les chancelleries et ce sur quoi la presse française garde naturellement un silence presque absolu. A savoir que Tony Blair et la Grande Bretagne se sont alignés à 100% derrière les États-Unis et Israël, et se sont totalement désolidarisés de la majorité des États-membres de l’UE.

2) Personne ne vous le dira, mais, tout problème moral ou éthique mis à part, la position britannique viole le traité de Maastricht et prouve une nouvelle fois que celui-ci est un attrape-gogos.

3) Cela montre à quel point NOUS AVONS LE DROIT DE REMETTRE EN CAUSE CE TRAITE BIDON. Puisque les États le violent impunément, les peuples ont le droit de s’en débarrasser. En particulier l’euro, la BCE, la libre circulation des capitaux et des travailleurs, tout cela n’a ni plus, ni moins de valeur que la PESC. PESC que la Grande Bretagne vient de violer de façon outrageante aujourd’hui même.

Comme disait Charles de Gaulle : « les traités, c’est comme les roses et les jeunes filles. Ça dure ce que ça dure…. »

 

François Asselineau, Conseiller de Paris

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