Pourquoi l’UPR participe-t-elle aux élections européennes, alors qu’elle milite pour se libérer de l’Union européenne ?

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De prime abord, il paraît effectivement absurde de se présenter à l’élection de l’institution que l’on combat. D’autant plus que le Parlement européen n’a que très peu de pouvoir.

Néanmoins, un parti politique est fait pour se présenter aux élections, afin de se faire connaître. Sinon, il ne constitue qu’une association de personnes formant un cercle de réflexion, ou « think thank », pour faire vivre un courant de pensée.

Notre choix n’est pas sans précédent :
– Danton lui-même participa aux élections du Tiers état aux États Généraux de 1789 dans le district parisien des Cordeliers. Robespierre fut élu, le 26 avril 1789, par l’assemblée électorale d’Artois, parmi les huit députés du Tiers aux États Généraux de 1789. Cela n’empêcha ni l’un de l’autre de soutenir la chute de la monarchie le 10 août 1792 et de devenir d’ardents républicains.
– créé au Congrès de Tours de 1920 par une scission de la SFIO, le Parti communiste français (PCF) a participé continuellement depuis lors aux élections pour développer sa notoriété, alors même qu’il dénonçait la « démocratie bourgeoise ». Par ailleurs, le programme officiel de PCF prônait l’instauration de la « dictature du prolétariat », jusqu’à l’abandon de cette notion lors de son 22e Congrès de 1976.

Cela lui aura servi, puisqu’il obtenait régulièrement des scores supérieurs à 20 %. Il aura gagné une influence considérable sur la scène politique française. C’est selon ce même principe que l’UPR veut se présenter aux élections européennes, pour augmenter sa notoriété et pour détruire l’Union européenne de l’intérieur.

Les élections européennes sont en effet les seules élections nationales au cours desquelles les Français réfléchissent aux enjeux européens, c’est-à-dire aux enjeux décisifs sur lesquels se focalise l’UPR depuis sa création. C’est évidemment lors des élections européennes que les analyses et les propositions de l’UPR peuvent recueillir des voix, et non pas lors des élections municipales !

L’exemple du Britannique Nigel Farage, avec son parti UKIP, actuellement « le Parti du Brexit » (ou Brexit Party), a réussi une percée aux élections européennes de 2009, et encore plus en 2014 puis en 2019, au Royaume-Uni. Cela prouve que les élections européennes sont les SEULES élections qui peuvent offrir une tribune et une notoriété internationales à une force politique anti-européenne entièrement nouvelle, dont le programme consiste à proposer aux électeurs de sortir de l’UE.

Par ailleurs, si l’UPR n’est pas présente aux élections européennes, de nombreux électeurs qui ont envie de voter contre la construction européenne seraient inévitablement tentés de voter pour les partis leurres habituels, dont les programmes « alter-européistes » et les positionnements extrémistes sont sciemment médiatisés par l’oligarchie afin de pourrir tout débat de fond : RN (ex-FN), DLR, FI, NPA, LO…

Le RN (ex-FN) a des députés européens depuis… 35 ANS ! M. Le Pen est en effet député européen depuis 35 ans (1984-2019), et, au cours de ce tiers de siècle, il n’y a jamais pris la parole pour dire, ne serait-ce que le millième des critiques de fond contre la « construction européenne » dont le député britannique Nigel Farage et ses colistiers se sont fait une spécialité. Idem pour M. Gollnisch qui est député européen depuis 30 ANS (1989 – 2019) et Mme Le Pen qui est député européenne depuis 15 ANS (2004 – 2019).

Grâce au relais de ces interventions régulières par Internet, M. Farage et ses colistiers ont profondément fait évoluer la prise de conscience de centaines de milliers de personnes à travers l’Europe sur la nocivité intrinsèque de la construction européenne. M. Le Pen, M. Gollnisch et Mme Le Pen n’ont, quant à eux, à peu près rien fait d’autre que… d’empocher en silence leur paye de député européen !

Aux élections européennes de juin 2009, l’UPR ne comptait qu’une centaine d’adhérents et ne pouvait donc pas envisager sérieusement de présenter des listes. De façon logique et conséquente, nous avions alors appelé à l’abstention, comme nous le faisons lorsque nous ne pouvons pas être présents nous-mêmes à une élection.

L’UPR a noté avec plaisir et intérêt, lors du Colloque de l’EPAM à Athènes, que les autres partis en Europe qui ressemblent à l’UPR ont également décidé – pour les mêmes raisons que nous – de se présenter aux élections européennes de 2014 : tel sera le cas de l’EPAM en Grèce, de l’IPU en Finlande et du Mouvement pour le Bien Commun en Italie.

La participation de l’UPR à aux élections européennes a ainsi concrètement  pour objectifs :

— de porter la voix du Frexit au cœur du Parlement européen et dénoncera la dictature qui ne dit pas son nom qu’est l’Union européenne, le tout devant les caméras dans l’hémicycle, comme l’avait fait Nigel Farage pour le Brexit ;

— de permettre à UPR TV de produire et de diffuser des reportages sur les coulisses de l’UE et ce qu’il se passe au Parlement européen ;

— de permettre à l’UPR d’obtenir des députés pour remplir davantage les critères du CSA qui permettraient au Frexit d’être représenté dans les médias ;

— de faire un vote contestataire à Macron, qui est pour l’UE ;

— de donner accès aux remboursements des frais de campagne, qui est autant d’argent qui pourra être réinvesti pour le fonctionnement et le développement de l’UPR ;

— de créer une caisse de solidarité gérée par l’UPR, financée sur une part des revenus de la députation. Cette caisse servira à soutenir des causes justes, par exemple en contribuant aux frais d’avocats de Gilets Jaunes mutilés.

En d’autres termes, il faut utiliser toutes les possibilités de combattre un système politique, y compris celles qu’il propose.

N’est-ce pas d’ailleurs la stratégie des européistes qui ont investi les élections nationales et les rouages de l’État dans le seul but de détruire de l’intérieur la République française ?

Il ne s’agit pas d’exagération : l’objectif de dissoudre les États nations est désormais explicite chez les dirigeants de EELV, comme l’a révélé Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale d’EELV, lors de l’émission de télévision « Mots croisés » présentée par Yves Calvi sur France 2 le 9 décembre 2013.
Source : http://www.dailymotion.com/video/x18gniq_emmanuelle-cosse-eelv-pour-la-dissolution-de-la-france-et-des-nations-d-europe_news

En renversant l’argumentaire, on peut dire que puisque les européistes participent aux élections nationales pour détruire de l’intérieur la République française, l’UPR doit participer aux élections européennes pour détruire de l’intérieur la prétendue « construction européenne ».

En conclusion, si nos adhérents et nos sympathisants souhaitent voter en masse pour l’UPR – et forcer ainsi les médias à parler de nous et à nous ouvrir leurs antennes – il est de la plus haute importance qu’ils vérifient tous s’ils sont bien inscrits sur la liste électorale de leur commune de résidence.

Pour en savoir plus :

Échanges de questions-réponses dédiée à cette question, et réalisée par UPR TV le 5 mars 2019 :
https://www.youtube.com/watch?v=WirSkSQUI_s

Intervention de François Asselineau devant les étudiants de HEC le 23 mars 2019 :
https://www.youtube.com/watch?v=oVhfSm-4hm0

Intervention de François Asselineau sur Le Média en juin 2018 :
https://youtu.be/s3fGgx_dyCk?t=6114

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