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Les responsables de l’UPR

Monsieur Laurent DAURÉ

Responsable des publications

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Originaire d’Angoulême en Charente, j’habite à Paris depuis le début des années 2000. Journaliste, j’écris sur la politique, le cinéma et les médias. Je m’intéresse beaucoup à la philosophie des sciences, à l’épistémologie et à la logique, que j’ai étudiées à l’université. Très attaché au rationalisme et à la méthode scientifique, j’estime que la recherche de la vérité – quel que soit le domaine – exige de cultiver un souci de rigueur, de précision et de clarté, et bien sûr de porter une attention méticuleuse aux faits.

Cette exigence intellectuelle, voire morale, devrait s’appliquer à la politique, que les dirigeants ont avilie à coups de marketing, de « com’ » et de rhétorique enjôleuse. Les médias dominants portent aussi une lourde responsabilité dans la dégradation de la vie publique, préférant les jeux aux enjeux, la fabrication du consentement à l’information honnête. Soucieux de ne jamais aller à l’encontre de l’intérêt des industriels qui les détiennent ou pèsent fortement sur leur ligne éditoriale (dans le cas du service « public » de l’audiovisuel), ils sont un élément-clé du dispositif qui vise à sanctuariser l’ordre établi, bien souvent au corps défendant des journalistes « de base ».

Qu’il s’agisse de questions économiques, sociales, géopolitiques, etc., c’est le flou, l’erreur ou l’anecdotique qui domine dans les médias et partis installés. Le sujet de l’Union européenne est particulièrement générateur de propagande et de fausses évidences. Il n’est pas rare que l’écœurement face aux slogans creux et aux tactiques de manipulation de l’opinion alimente la volonté de s’engager.

Le constat de la faiblesse argumentative des discours officiels a grandement contribué à mon éveil politique. Je me suis aperçu par ailleurs qu’il y avait une forte corrélation entre la fausseté des raisonnements et la soumission aux puissances d’argent. Comme il est impossible de justifier rationnellement des dominations illégitimes, ceux qui ont la charge de faire accepter le monde tel qu’il va recourent à la tromperie, voire à l’intimidation. Il n’est pas acceptable que notre République soit ainsi sous l’empire non seulement des intérêts d’une oligarchie transnationale mais aussi de l’irrationalité et de la sophistique.

C’est à l’occasion du référendum de 2005 que j’ai mesuré à quel point la « construction européenne » nous était imposée – par un complexe politico-médiatique au service des possédants – comme s’il s’agissait d’un dogme religieux, d’un Bien indiscutable. Toute idée politique devrait pouvoir être débattue ; or, s’il est permis de critiquer marginalement le processus d’unification continentale, il semble interdit de contester le bien-fondé de son principe même.

J’ai pris conscience que l’Union européenne était en fait nocive dans tous les domaines, qu’elle détruisait la souveraineté populaire et la démocratie, condamnant la France au régime néolibéral, synonyme d’augmentation des inégalités économiques et sociales, de destruction de l’industrie, de l’agriculture et des services publics, etc. Je me suis alors intéressé de près à l’actualité européenne et j’ai écrit avec un ami plusieurs articles, d’une part sur la façon scandaleuse dont le traité de Lisbonne a été ratifié en 2008, piétinant le verdict du peuple français, d’autre part sur le coup de force antidémocratique qui a été utilisé en 2009 pour contraindre les Irlandais à approuver un texte qu’ils avaient rejeté l’année précédente.

Le besoin de m’engager politiquement s’est imposé à moi peu à peu. J’ai été déçu par le milieu « souverainiste », à mes yeux trop réactionnaire et chauvin – pour moi la raison doit toujours primer la nation –, et qui, nonobstant ses appels rituels au rassemblement « au-dessus du clivage droite-gauche », se range in fine à droite sur les questions économiques, sociales et sociétales. Du reste, à droite comme à gauche, les mouvements eurocritiques ne font plus guère illusion qu’auprès de ceux qui veulent bien se laisser mener dans une impasse. On s’y paie de mots et d’envolées lyriques en prétendant défendre l’indépendance et la souveraineté françaises mais on s’y refuse toujours à exiger la chose la plus radicale (c’est-à-dire à la racine), la prémisse qui doit être impérativement satisfaite pour qu’une autre politique soit possible : la sortie de l’Union européenne et de l’euro.

Un autre sujet a nourri ma soif d’implication : la politique étrangère des puissances occidentales et les « guerres humanitaires » que celle-ci génère. J’ai été profondément révolté par les agressions néocoloniales commises par les États-Unis sur l’Irak et l’Afghanistan (puis plus tard sur la Libye et la Syrie, avec la participation active de la France). Toute personne soucieuse de justice et perméable à l’empathie doit « faire la guerre à la guerre » ; le rôle de notre pays devrait être de désamorcer les tensions – souvent délibérément entretenues – par la diplomatie et la défense du droit international.

Il faut en terminer avec le « droit d’ingérence » que s’arrogent les forts sur les faibles (l’inverse ne se produit jamais) et combattre la funeste théorie du « choc des civilisations ». La France doit donc sortir de l’OTAN et se désolidariser de la politique impérialiste et belliqueuse des États-Unis, afin d’être une puissance d’équilibre au service de la paix et de la coopération internationale.

En mai 2009, j’ai assisté à une conférence de François Asselineau organisée par l’association Les Amis du Monde diplomatique. La clarté et la pertinence de ses idées m’ont immédiatement enthousiasmé. De retour chez moi, j’ai lu la Charte fondatrice de l’UPR. Je l’ai relue quelques jours plus tard et, convaincu, j’ai décidé d’adhérer. Depuis je ne cesse de me dire que j’ai fait le bon choix ; la justesse des analyses et des propositions de l’UPR, le refus de l’ambiguïté et des arrangements politicards et la probité qui animent ce parti m’incitent à l’aider à se développer et à faire entendre davantage sa voix unique.

À mon sens, dans le contexte historique actuel, seul un mouvement comme celui-ci peut rassembler une majorité de Français sur l’essentiel, ou plutôt sur ce qui précède et permet l’essentiel : le rétablissement de la souveraineté populaire et de l’indépendance nationale – c’est-à-dire de la démocratie – étant un prérequis incontournable si l’on veut sortir des rails de l’ordre établi. Je considère également que l’État-nation demeure jusqu’à preuve du contraire le cadre optimal, à la fois pour l’exercice de la démocratie et la réalisation de conquêtes sociales. C’est pourquoi il me semble que militer pour la sortie de l’UE et œuvrer (efficacement) en faveur d’une politique progressiste et égalitaire sont deux choses non seulement compatibles, mais indissociables.

Pour toutes ces raisons, je participe volontiers au rassemblement – forcément temporaire – au-dessus du clivage droite-gauche que propose l’UPR, sans oublier les objectifs politiques supérieurs auxquels je souscris : justice sociale, égalité de condition (et pas seulement en droit), sortie du capitalisme, progrès et humanisme (en suivant l’héritage des Lumières), promotion de la science et de ses valeurs culturelles, dissolution de toutes les autorités et hiérarchies injustifiables rationnellement, liberté d’expression totale, développement des arts dans un esprit démocratique et émancipateur. En m’engageant au sein de l’UPR, je ne mets pas de côté cet horizon, je pense au contraire m’en rapprocher ; d’ailleurs rien n’empêche de s’impliquer parallèlement dans des organisations qui poursuivent ces idéaux.

Cheminer un temps avec François Asselineau ne me pose aucun problème tant que lui comme les autres adhérents (et donc moi aussi...) respectent la Charte de l’UPR et ne cherchent pas à mettre le parti au service d’intérêts particuliers. Il me semblerait injuste et même irresponsable de refuser cette cohabitation provisoire mais nécessaire en arguant du parcours politique antérieur d’un homme qui, rompant avec ses engagements passés à droite – une fois n’est pas coutume, car c’est souvent l’inverse qui se produit –, a eu le courage et la lucidité de fonder, à partir de presque rien, le parti de large rassemblement dont la France avait besoin pour sortir du carcan euro-atlantiste.

Quand notre mission collective sera accomplie, c’est-à-dire quand la démocratie aura été (r)établie, nous pourrons redéployer pleinement nos divergences idéologiques et nous affronter dans un cadre politique fécond, cadre dans lequel la gauche véritable aura enfin la possibilité de sortir de l’impuissance qu’elle a contribué à s’imposer. Alors, le peuple français, souverain, décidera par lui-même quel chemin il souhaite suivre.

Laurent Dauré

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