L’UPR fait-elle de « l’anti-américanisme primaire » ?

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En famille, le président George W. Bush pose la main gauche sur l’épaule de Nicolas Sarkozy et le regarde avec un air d’une insupportable condescendance. En se présentant devant les caméras comme si le président de la République française était un gamin qu’il faut encourager, le président américain a voulu signifier aux yeux du monde qui commande vraiment en France.

Il est maintenant de coutume dans les médias aux ordres, comme dans les milieux politiques français en décomposition, d’accuser systématiquement « d’anti-américanisme » – et même plus fréquemment « d’anti-américanisme primaire » – quiconque critique la politique extérieure des États-Unis d’Amérique et met en lumière les conséquences néfastes de cette politique sur l’indépendance des autres peuples du monde, à commencer par celle du peuple français.

Qu’est-ce que l’anti-américanisme ?

C’est par exemple ce reproche « d’anti-américanisme primaire » que M. Julien Devèze, secrétaire national du « Nouveau Centre », fit à François Asselineau, président de l’UPR, lors d’un débat sur Radio Divergence FM le 17 janvier 2011.

Curieusement, ceux qui n’ont que l’expression « anti-américanisme primaire » à la bouche, ne se demandent jamais :

– si les nombreux Américains qui critiquent la politique d’ingérence et d’hégémonie mondiale de leur propre gouvernement font également de « l’anti-américanisme primaire »,

– s’il est vraiment normal que le budget de la « défense » américaine soit égal à quelque 50 % de l’ensemble des dépenses militaires mondiales, c’est-à-dire que les États-Unis d’Amérique dépensent chaque année en armement à peu près autant à eux seuls que les 195 autres États du monde réunis,

– si cette « bienveillante hégémonie » américaine sur une bonne partie de la planète, qu’il est si malséant de critiquer dans les médias français, ne porte pas tort à la souveraineté des différentes nations qui sont sous l’influence étatsunienne (ou sous sa menace),

– et donc si cette politique extérieure américaine, caractérisée par des ingérences permanentes dans les affaires des autres États du monde, n’est pas, elle, « anti-française », ou « anti-russe », « anti-chinoise », « anti-cubaine », « anti-vénézuélienne », « anti-péruvienne », « anti-iranienne », « anti-irakienne », « anti-tunisienne », « anti-égyptienne », « anti-ivoirienne », etc…

En bref, ceux qui se récrient en taxant « d’anti-américanisme primaire » quiconque critique les ingérences du gouvernement américain contre la souveraineté de la France, par l’Union européenne et l’OTAN interposées, ne se demandent jamais si les Américains ne feraient pas, quant à eux, de « l’anti-francisme primaire ».

Ceux qui dénoncent « l’anti-américanisme primaire » sont d’ailleurs incapables de nous expliquer ce que serait un « anti-américanisme secondaire » ou « tertiaire ». En réalité, ils s’insurgent contre toute marque « d’anti-américanisme » et, au fond, contre l’idée même que l’on puisse s’opposer au dessein impérial américain.

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Même en France et sur le perron de l’Élysée, le président américain trouve encore le moyen de poser la main sur l’épaule de son rejeton, façon de dire devant les caméras « C’EST MOI QUI L’AIT FAIT ROI ! »

En quoi l’UPR serait-elle anti-américaine ?

Ceux qui critiquent l’UPR comme souffrant « d’anti-américanisme primaire » devraient auparavant se poser les quelques questions simples suivantes :

Notre mouvement préconise-t-il que la France déclare la guerre aux États-Unis d’Amérique ?

La réponse est non.

Voulons-nous soumettre politiquement, économiquement ou culturellement (ou de quelque autre façon) les États-Unis d’Amérique ?

La réponse est non.

Préconisons-nous l’installation de bases militaires françaises en territoire américain ?

La réponse est non.

De la même façon que les États-Unis ont exigé que l’Union européenne s’élargisse aux nouveaux pays de l’Est (Pologne, Hongrie, République Tchèque, Slovaquie, Bulgarie, Roumanie, etc.), et exigent qu’elle fasse prochainement entrer la Turquie, la Croatie, la Macédoine, etc., exigeons-nous que le Mexique, Cuba, le Honduras, le Costa Rica, la Jamaïque, le Belize, le Guatemala, le Venezuela, etc., deviennent les 51ème, 52ème, 53ème, 54ème, 55ème, 56ème, 57ème, 58ème États des États-Unis d’Amérique ?

La réponse est non.

Avons-nous pour objectif que la France développe des actions visant à faire adopter par les États-Unis d’Amérique les normes comptables, les règles économiques ou sociales françaises, etc. ?

La réponse est non.

Prétendons-nous fonder notre prospérité sur un système financier international d’une injustice sans précédent historique, avec une monnaie de singe comme le dollar américain qui ne vaut virtuellement plus rien et qui sert pourtant à financer le train de vie des États-Unis d’Amérique sur le dos des autres pays du monde ?

La réponse est non.

Exigeons-nous que les États-Unis d’Amérique adoptent le système français de retraite par répartition et le principe du service public à la française ?

La réponse est non.

Souhaitons-nous inonder les salles de cinéma américaines, les chaînes de télévision et de radio américaines, le marché américain des CD et des DVD, de plus de 90 % de films et de chansons français ?

La réponse est non.

Souhaitons-nous que des services de renseignements français aillent dans les banlieues américaines faire du prosélytisme sur la laïcité à la française ?

La réponse est non.

Souhaitons-nous que le président de la République française, lorsqu’il rencontre son homologue américain devant les caméras, pose cavalièrement sa main sur l’épaule du président des États-Unis d’Amérique pour montrer qui commande à l’autre ?

La réponse est non.

En bref, l’UPR a-t-elle pour objectif de promouvoir une France qui s’ingèrerait dans les affaires intérieures des États-Unis d’Amérique ou qui pourrait nuire à sa souveraineté et faire du tort au peuple américain ?

La réponse est encore non.

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Encore et toujours la patte du président américain sur l’épaule du président français. Imagine-t-on pareille humiliation délibérée avec Charles de Gaulle ?

Conclusion

Accuser l’UPR de faire de « l’anti-américanisme » est donc tout simplement infondé dans les faits. Ceux qui nous reprochent d’être « anti-américains » ne nous reprochent en réalité qu’une chose : c’est que nous refusons de nous soumettre à l’Empire qui veut dominer la France.

Le goût pour la vassalité de certaines élites françaises est hélas une figure classique de notre histoire nationale. On l’appela à la Renaissance le « parti bourguignon », sous Louis xiv le « parti ultramontain », sous la Révolution le « parti des émigrés », puis au xixe siècle le « parti de l’étranger », et dans les années 1940 le « parti des collaborationnistes ». De nos jours, il s’appelle le « parti des européens convaincus » : il traque sans relâche tout « anti-américanisme primaire » et ricane grassement dès que l’on ose affirmer que les Français doivent restaurer leur liberté et leur indépendance nationale.

Heureusement, notre histoire nous enseigne comment cela se termine : à toutes les époques, même lorsque la France semblait vouée à être rayée de la carte, le « parti de l’étranger » a toujours fini dans la honte et l’ignominie, et les Français ont toujours bel et bien reconquis leur liberté et leur indépendance nationale.

Si un nombre croissant de Français rallient l’UPR, c’est parce qu’ils ont compris que c’est comme cela, aussi, que s’achèvera la carrière du « parti des européens convaincus ».

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Le président de la République française vu par un caricaturiste britannique du journal Guardian.