== COMMUNIQUÉ DE PRESSE == Bilan de la visite de François Asselineau en Nouvelle-Calédonie (du 23 septembre au 6 octobre 2018).

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François Asselineau invité de la radio indépendantiste Radio Djido à Nouméa le 5 octobre 2018

 

François Asselineau, président-fondateur de l’Union populaire républicaine (UPR), a quitté la Nouvelle-Calédonie au terme d’un déplacement de quinze jours (du 23 septembre au 6 octobre 2018). Ce séjour, très inhabituellement long pour un responsable politique national, lui a permis de rencontrer de nombreux acteurs de la vie politique et économique du territoire et de se forger une opinion personnelle sur son évolution.

Aucun des dix autres candidats à l’élection présidentielle de 2017 n’en a fait autant, alors que se jouent, non seulement l’avenir de nos compatriotes calédoniens mais aussi la présence de la France dans le Pacifique sud-ouest.

François Asselineau a tout d’abord retrouvé avec plaisir la Nouvelle-Calédonie dont il était tombé amoureux lors de ses précédents séjours : en 1982 lorsqu’il y était venu comme touriste, puis en 1987 en tant qu’inspecteur des finances chargé d’une mission d’enquête sur l’Adraf (Agence de développement rural et d’aménagement foncier).

Il a constaté que des progrès spectaculaires et incontestables ont été réalisés en trente ans, en termes d’investissements publics comme de rééquilibrage entre les provinces. Même si beaucoup reste encore à faire, il lui est apparu que la Nouvelle-Calédonie a évolué dans un sens très positif, et que le climat général y est bien plus apaisé que lors de la signature des accords de Nouméa et de la poignée de main entre Jacques Lafleur et Jean-Marie Tjibaou, ces deux hommes-clés que François Asselineau avait eu l’occasion de rencontrer à l’époque.

Au cours de son séjour, François Asselineau s’est entretenu de façon approfondie à Nouméa avec :

  • M. Thierry Lataste, Haut-Commissaire de la République, qui l’a reçu très aimablement à sa résidence en tant qu’ancien candidat à l’élection présidentielle ;
  • des dirigeants de plusieurs mouvements politiques (M. Santa, Mme Backès, M. Loueckhote), consulaires (chambre d’agriculture à La Foa) ou associatifs (Mme Cornaille) ;
  • des compatriotes calédoniens lors des 3 conférences publiques qu’il a tenues (deux conférences à Nouméa qui ont attiré plus de 80 personnes à chaque fois) ;

Il est ensuite allé passer 3 jours dans les îles Loyauté (un jour dans chaque île) et 3 jours sur la Grande Terre (côtes ouest et est). Au-delà des paysages magnifiques qu’il a pu admirer, il a rencontré élus et population de toutes sensibilités.

Le président de la province des îles (M. Neko Hnepeune), le maire de Lifou et le 1er adjoint au maire d’Ouvéa, tous trois indépendantistes, l’ont reçu très cordialement. Ils ont pu échanger en toute franchise leurs points de vue divergents sur l’avenir de la Nouvelle-Calédonie, ce qui fut fort instructif et intéressant.

Il en a été de même au gite Nekeweta à la Roche Percée, lors d’un dîner républicain où François Asselineau a pu échanger avec les membres du collectif Guaro, comme à l’espace Au-Pitiri à Koné lors d’une conférence sur l’avenir de la Nouvelle-Calédonie qui a attiré près d’une vingtaine de compatriotes de la zone VKP.

Ce fut un réel plaisir pour le président de l’UPR de se rendre à Pouembout puis à Touho pour rencontrer les deux maires (MM. Roby Courtot, non indépendantiste, et Alphonse Poinine, indépendantiste) qui lui avaient accordé leur parrainage dans une démarche républicaine pour qu’il puisse se présenter à l’élection présidentielle de 2017.

Pour les remercier de leur geste, François Asselineau a remis à chacun des deux maires un jeune olivier à planter, en expliquant que ce symbole revêtait une triple signification :

  • un symbole monétaire et politique : le rameau d’olivier, qui était gravé sur la face pile de la pièce de 1 franc abandonné en 2002 (que l’UPR veut réintroduire pour remplacer l’euro), est devenu le symbole de l’UPR,
  • un symbole de longévité, l’olivier étant l’arbre qui vit le plus longtemps au monde, parfois plusieurs millénaires,
  • un symbole de paix : c’est le rameau de la colombe qui signifie à Noé la fin du déluge.

Très sensibles à ce cadeau triplement symbolique, les deux maires ont tous les deux choisi de planter le jeune plant d’olivier dans la cour de leur école maternelle en construction dans chacune des deux municipalités.

 

François Asselineau remet un plant d’olivier à Roby Courtot, maire anti-indépendantiste de Pouembout, sur la côte ouest de la Grande Terre.  Très heureux de ce symbole de paix, le maire qui a parrainé le président de l’UPR pour l’élection présidentielle de 2017 lui annonce aussitôt qu’il plantera le jeune arbre devant la future école maternelle de Pouembout, actuellement en construction, comme symbole de paix et de réconciliation entre tous les Calédoniens, quelle que soit leur couleur de peau.

 

Un moment particulièrement émouvant et chaleureux : François Asselineau remet un plant d’olivier à Alphonse Poinine, maire indépendantiste de Touho, lequel lui remet en échange un « casse-tête » fabriqué par l’un de ses amis Kanaks ayant voyagé dans la plupart des pays du Pacifique sud (Samoa occidentales et américaines, Royaume de Tonga, Fidji, Vanuatu, Papouasie Nouvelle Guinée, Australie, Nouvelle-Zélande…). Le maire de Touho indique au président de l’UPR que ce casse-tête kanak est ainsi « rempli de l’âme de l’Océanie » et qu’il lui appartient désormais de la conserver.

 

François Asselineau a également trouvé très agréable et intéressant de rencontrer le maire de Kouaoua, M. Alcide Ponga, de sensibilité non indépendantiste.

Le président de l’UPR a par ailleurs été interrogé par tous les médias du territoire sans exception (audiovisuel et presse écrite), quelle que soit leur ligne éditoriale et politique, et s’est félicité de l’objectivité et du grand professionnalisme de tous les journalistes rencontrés.

Le président de l’UPR a en revanche pris note, avec regret, que ni le président du gouvernement M. Philippe Germain, ni le président du Congrès M. Gael Yanno, ni le président de la Province Sud M. Philippe Michel, ni le Président de la Province Nord M. Paul Néaoutyine n’ont répondu à sa demande d’audience. Et qu’il en a été de même des leaders indépendantistes M. Daniel Goa, président de l’Union Calédonienne et porte-parole du FLNKS et de M. Mapou, représentant de l’UNI.

À l’issue de son séjour, François Asselineau a tenu une dernière réunion publique dans laquelle il a formulé des pistes pour la Nouvelle-Calédonie de demain et des recommandations à ses compatriotes calédoniens qu’ils soient kanaks ou non–kanaks pour la consultation du 4 novembre.

Le président de l’UPR leur a redit de ne pas commettre l’erreur tragique de voter oui à l’indépendance, qui plongerait le territoire dans une impasse catastrophique, du fait de l’inévitable et rapide désengagement financier de la métropole, alors qu’elle assure actuellement plus de 70% des recettes de son budget.

Les seules conséquences possibles du choix de l’indépendance d’avec la France seraient une grave déstabilisation politique et sociale, le départ de nombreux fonctionnaires métropolitains qui contribuent grandement à l’économie du pays, un appauvrissement rapide des populations et l’arrivée d’une nouvelle forme de dépendance, avec les deux grandes puissances régionales que sont l’Australie et la Chine.

Les Calédoniens ont aujourd’hui « le beurre et l’argent du beurre », à savoir une large autonomie et la France qui assure financièrement les débuts comme les fins de mois. Qu’ils ne scient pas la branche sur laquelle ils sont assis !

Les nombreuses rencontres que François Asselineau a pu nouer au cours de son séjour l’ont d’ailleurs convaincu que l’aspiration à « l’indépendance » :

  • ne recoupe pas la distinction entre les communautés kanak et non-kanak. Non seulement, les communautés wallisiennes, tahitiennes, vietnamiennes, sont très majoritairement anti-indépendantistes, mais il existe aussi une part substantielle (quoique minoritaire) de Kanaks qui refusent aussi l’indépendance.

 

  • s’interprète moins comme une volonté de rompre les liens, vieux de 165 ans, entre la Nouvelle-Calédonie et la France, que comme un refus du modèle occidental ultra-libéral qui nie les considérations culturelles kanakes, et océaniennes plus généralement. La coutume et la vie tribale en autarcie sont très difficilement compatibles avec un développement économique où la croissance est reine, tout comme la liberté d’entreprendre est peu conciliable avec une législation venue d’ailleurs.

 

  • se comprend aussi comme la manifestation de l’exaspération provoquée par une forme d’effacement des valeurs républicaines, auquel la France consent devant certaines coteries au pouvoir en Nouvelle-Calédonie. Certains dirigeants politiques très bien identifiés, mais aussi des patrons de grandes sociétés et administrations locales, sont sévèrement critiqués, à la fois par les « broussards » caldoches et par les kanaks, pour leurs choix contraires à l’intérêt général, notamment sur les questions environnementales, ainsi que pour la fuite des capitaux issus du travail des Calédoniens ou tirés des richesses naturelles du pays.
    Il semble ainsi que l’aspiration indépendantiste est bien davantage un vote contre cette situation injuste, supportée depuis des décennies, qu’un réel refus de la France.  

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Sur le plan institutionnel, François Asselineau estime qu’il serait important qu’après la consultation du 4 novembre, la Nouvelle-Calédonie adopte un statut pérenne, permettant de s’orienter pacifiquement et durablement vers la construction du pays et le vivre ensemble.

Il est à cet égard nécessaire et urgent de revoir le problème du corps électoral restreint pour les élections provinciales car il n’est pas supportable qu’autant d’électeurs (plus de 30 000 !) soient privés du droit de vote pour ces élections. Comment parler d’une Calédonie ensemble dans ces conditions ? Les questions de la clé de répartition entre les provinces et du découpage des circonscriptions pour les élections législatives et sénatoriales devront être revues et tranchées dans le sens de la justice et d’un meilleur équilibre entre les communautés.

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Sur le plan économique, le président de l’UPR juge que le projet « d’axe indo-pacifique allant de Paris à Nouméa et Papeete via New Delhi et Canberra » qu’Emmanuel Macron est venu exposer à Nouméa en mai dernier, est aussi ronflant qu’absurde et vide de contenu.  Il ne s’est d’ailleurs rien passé du tout en la matière au cours des cinq mois écoulés depuis l’énoncé de ces balivernes grandiloquentes.

François Asselineau conseille à Emmanuel Macron d’être plus sérieux, quand il parle de l’avenir de la Nouvelle-Calédonie comme lorsqu’il parle de tout autre sujet.

Le président de l’UPR estime que cet avenir calédonien passe d’abord par la promotion de l’agriculture durable et de l’aquaculture, visant à une auto-suffisance alimentaire, pour limiter autant que possible les importations, qui provoquent le chômage et sont une des causes de la vie chère. Il convient aussi de développer des produits locaux à la forte valeur ajoutée tels que le miel, la vanille, les fruits de la passion, les litchis, les huiles essentielles comme l’essence de niaouli par exemple, facilement exportables car de faible poids et de forte valeur ajoutée.

La Nouvelle-Calédonie a évidemment aussi des atouts à utiliser dans le tourisme, mais ce secteur doit être surveillé pour concilier l’entrée de devises et le respect de l’environnement naturel et humain. Rechercher la croissance par une offre haut de gamme positionnée sur l’écotourisme plutôt que par du volume est probablement la piste à privilégier.

Enfin, la Nouvelle-Calédonie, par son environnement et son climat idylliques, constitue un endroit rêvé pour favoriser l’essor du secteur quaternaire et des industries de l’immatériel, notamment avec les techniques de l’informatique et du numérique, qui se jouent des distances et de l’éloignement.

 

———— publié le 7 octobre 2018 ————–

 

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François Asselineau, Président de l’Union populaire républicaine. La France doit sortir de l’Union européenne, de l’euro et de l’Otan.

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