L’UPR accueille avec joie ses premiers adhérents de Wallis-et-Futuna

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Crédit photo : Thierry Beauvilain Ouvrard

 L’UPR vient de recevoir l’adhésion de ses deux premiers adhérents de Wallis-et-Futuna, la plus lointaine des collectivités d’outre-mer française, située en plein Océan Pacifique sud, à 16 300 km de Paris (distance orthodromique) et 22 000 km par les voies aériennes.

Avec ces deux adhésions, et mis à part le cas particulier des Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF), de Clipperton et des îles éparses de l’Océan Indien (toutes terres inhabitées où ne séjournent à titre temporaire que des militaires et des équipes de scientifiques qui se relaient), l’UPR est désormais présente dans tous les départements et territoires français, de métropole et d’outre-mer, à la seule exception de Saint-Pierre et Miquelon.

En mon nom personnel comme en notre nom collectif, je souhaite la plus cordiale des bienvenues à nos deux premiers adhérents de Wallis et Futuna.
Ils habitent dans l’île de Wallis (« Uvea » en polynésien), la plus peuplée de ce petit archipel qui compte également Futuna et Alofi, cette dernière étant inhabitée.

François Asselineau

QUELQUES DONNÉES ESSENTIELLES SUR WALLIS ET FUTUNA

Aperçu historique

Les îles de Futuna et d’Alofi furent « découvertes » par des navigateurs européens en 1616. Il s’agissait de navigateurs hollandais, qui baptisèrent ces deux îles « îles de Horn ».

L’île d’Uvea – son nom polynésien -, distante de 230 km de Futuna vers le nord-ouest, ne fut quant à elle reconnue que 171 ans après, en 1767, par le navigateur britannique Samuel Wallis. Lequel éprouva le besoin de donner son propre nom nom à cette île. L’année suivante, en 1768, le Français Bougainville fit escale à Futuna.

1975087_10152379604152612_1838357409769051156_nL’île Wallis (Uvea) – en haut à droite de cette vue satellitaire -, et l’île Futuna (avec Alofi) – en bas à gauche – sont très distantes l’une de l’autre, séparées par 230 km dans l’immensité du Pacifique Sud.

Les contacts suivants avec les Européens furent très espacés jusqu’à l’arrivée des navires baleiniers en 1828 puis des missionnaires catholiques une décennie après.

Les premiers résidents occidentaux à s’établir durablement dans ces deux îles furent précisément des missionnaires catholiques de la Société de Marie en 1837. L’action des pères maristes à Wallis et celle du père Chanel à Futuna, où il fut martyrisé (le père Pierre Chanel fut canonisé en 1954 et proclamé Saint Patron de l’Océanie), aboutirent dès 1840 à l’évangélisation de la population.

1932796_10152379322402612_3860069531604868402_oLa cathédrale Saint-Pierre Chanel à Poi, sur la côte nord de Futuna

1396766_10152379482607612_6160965317979831935_oLa pointe Utua dans le « royaume » d’Alo, sur l’île de Futuna

1921080_10152379488212612_6412091937588903390_oL’île d’Alofi au fond, vue depuis Futuna

En 1842, les îles de Wallis et de Futuna, séparément, se déclarèrent « libres et indépendantes sous la protection de la France » par la signature de traités de paix et d’amitié. En 1888, le Protectorat (unifié) des îles Wallis et Futuna fut institué par décision du ministre des colonies de la IIIe République. Il n’y eut pas, à proprement parler, de réelle colonisation à Wallis-et-Futuna, le pouvoir du résident français se limitant alors aux affaires extérieures.

Lors du référendum du 27 décembre 1959, 94,37% des électeurs votèrent pour que les îles Wallis et Futuna intègrent la République française sous la forme d’un Territoire d’outre-mer, ce qui fut acté par la loi n°61-814 du 29 juillet 1961.

Après la révision constitutionnelle du 28 mars 2003, les îles Wallis et Futuna sont devenues une Collectivité d’outre-mer (COM) à statut particulier, sans que le régime de 1961 ne change.

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Présentation géographique

Le Territoire des îles Wallis et Futuna est situé dans le Pacifique Sud. Les pays les plus proches sont les îles Fidji au Sud-Ouest (à 280 km de Futuna) et les îles Samoa à l’Est (à 370 km de Wallis).

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L’archipel est composé de trois îles principales, Wallis d’une part, et Futuna – Alofi d’autre part, séparées de 230 km. D’une superficie de 142 km², le Territoire se caractérise par son exiguïté et son isolement : 22 000 km de la métropole, 2 000 km de la Nouvelle-Calédonie, 3 000 km de la Polynésie française.

1601017_10152379606837612_5872847996252179851_nWallis vue par satellite depuis l’espace

D’une superficie de 77,9 km², Wallis est une île volcanique basse au relief peu marqué (point culminant 151 m), entourée d’un lagon barré d’un récif continu dont la principale passe au Sud mène par un chenal balisé au quai de Mata’Utu, chef lieu du Territoire. Seule Wallis est dotée d’un aéroport international.

10005859_10152379608332612_320692443597915168_oFutuna et Alofi vues par satellite depuis l’espace

Futuna et Alofi (cette dernière est inhabitée), distantes de 1,7 km, sont des îles volcaniques hautes dépourvues de lagon (point culminant 524 m). Leur superficie totale est de 64,3 km². En raison de la proximité de la zone de fracture Nord fidjienne et de l’existence d’une faille passant par Futuna et Alofi, ces îles sont régulièrement touchées par des séismes superficiels de forte magnitude (le dernier, d’une intensité de 6,3 sur l’échelle de Richter, date de 1993), à l’origine de tsunamis et de glissements de terrains. Hormis quelques petites plaines littorales, les côtes sont abruptes.

Le climat des îles est tropical maritime, chaud et humide, pluvieux, de forte nébulosité sans saison sèche. Les variations diurnes et saisonnières sont très faibles. Les minima et maxima de températures sont compris entre 22°C et 32°C. La pluviométrie annuelle est supérieure à 3 000 mm. Le risque cyclonique est, selon Météo France, « faible à modéré ».

Données démographiques

La population du Territoire est de 13 445  habitants (recensement juillet 2008) ,   qui vivent pour les deux tiers à Wallis et un tiers à Futuna.

En 1996, on dénombrait en Nouvelle-Calédonie environ 18 000 habitants originaires de Wallis et Futuna. On estime leur nombre à environ 25 000 aujourd’hui. Il y a donc deux fois plus de Wallisiens vivant en dehors de Wallis-et-Futuna que sur le territoire.

906116_10152379393432612_6226004931480213297_oFront de Mer à Wallis

1292285_10152379512917612_5972547210413556844_oVue en hauteur du littoral à Wallis : les églises, chapelles et oratoires catholiques sont très présents.

894863_10152379513727612_8763353053884253586_oLittoral à Futuna.

Un système juridique unique en France

Le territoire de Wallis et Futuna présente un système juridique unique en France. Pour s’adapter aux traditions locales, trois pouvoirs y coexistent, et ne s’accordent que rarement.

10009729_10152379433382612_7564316969989419050_nFront de mer de Mata Utu, capitale de Wallis. À droite la façade de la cathédrale. À gauche, avec un toit pentu de couleur brique, le « palais royal » du Lavelua d’Uvea.

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– le pouvoir coutumier
, représenté avant tout par trois chefs coutumiers, portant le titre de « rois », à la tête de trois « royaumes » : le royaume d’Uvea à Wallis, et les royaumes d’Alo et de Sigave à Futuna.

Les « rois » ne sont pas désignés suivant des règles dynastiques analogues à celles qui ont eu cours et continuent d’avoir cours au sein des monarchies occidentales. Ils sont choisis ou élus à vie parmi les membres d’un nombre restreint de familles (les Haliki).

Tomasi Kulimoetoke II, le précédent « Lavelua » (roi de Wallis), avait été nommé en 1959 et a régné jusqu’à sa mort, le 7 mai 2007. Un règne de 48 ans.

L’actuel roi, Kapeliele Faupala lui a succédé le 25 juillet 2008, après la période de deuil coutumier de six mois. Nommé « Kivalu » (sorte de Premier ministre) par le précédent roi en 2004, il a joué un rôle important dans la crise politique qui a menacé de plonger le royaume insulaire dans le chaos en 2005.

Cette crise au sein des autorités traditionnelles opposait les proches du roi, emmené par Kapeliele Faupala, au camp dit des « rénovateurs », partisans d’une évolution de la coutume. Fin septembre 2005, le conflit dégénéra brutalement lorsque plusieurs centaines de partisans du Lavelua, dont d’anciens militaires armés de fusils, de machettes et de bâtons de dynamite, organisèrent le blocus de l’île. Ils voulurent empêcher l’arrivée de renforts de gendarmerie, en vue de l’intronisation d’un roi dissident, envisagée par les rénovateurs. Le conflit nécessita l’arbitrage de Paris, qui dépêcha un médiateur sur place. « Pour éviter les effusions de sang », ce médiateur a « confirmé la reconnaissance par l’État du Lavelua ».

10014682_10152379434002612_1473229890710349562_nLe « Lavelua » (roi de Wallis) Kapeliele Faupala (au centre habillé de blanc et pieds nus , à l’occasion des fêtes organisées pour le 50ème anniversaire de la loi du 29 juillet 1961 conférant à Wallis-et-Futuna le statut de Territoire d’Outre-mer.

L’organisation juridique coutumière est très hiérarchisée : chaque district (à Wallis : Hihifo, Hahake, Mua ; à Futuna : Alo et Sigave) comporte des villages dirigés par des chefs de villages. Il s’agit d’un pouvoir essentiellement masculin.

Les chefs de village ainsi que le roi forment une assemblée territoriale coutumière qui a la charge de l’organisation d’un certain nombre de tâches définies. Traditionnellement, les hommes se réunissaient tous les soirs (c’est encore le cas à Futuna, mais la tradition a tendance à se perdre à Wallis) sous le « falefono », pour discuter entre eux des problèmes courants. C’est lors de ces réunions qu’ont lieu les procès coutumiers, régis par des règles propres au territoire.

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10153986_10152379438572612_8618505548589756323_nReprésentants des chefferies devant la cathédrale de Mata-Utu le 28 juillet 2011, à l’occasion des fêtes organisées pour le 50ème anniversaire de la loi du 29 juillet 1961 conférant à Wallis-et-Futuna le statut de Territoire d’Outre-mer.

– l’administration républicaine (représentée par l’administrateur supérieur qui a le titre de préfet). Wallis et Futuna étant aussi un territoire français, il est donc administré par des instances françaises, chargées d’appliquer le droit français.

Les trois pouvoirs de la République y sont donc présents : le pouvoir exécutif, représenté par l’administrateur supérieur, nommé par le Président de la République ; le pouvoir législatif, représenté par le député et le sénateur de Wallis et Futuna ; le pouvoir juridique, représenté par le président du tribunal d’instance de Mata-Utu, la capitale du territoire.

1978606_10152379433742612_2384329514619375595_nScène peu banale : devant le palais royal de Mata Utu, présentation du drapeau tricolore à Marie-Luce Penchard, à l’époque ministre chargée de l’Outre-Mer, le 28 juillet 2011, à l’occasion des fêtes organisées à Mata-utu, capitale de Wallis, pour le 50ème anniversaire de la loi du 29 juillet 1961 conférant à Wallis-et-Futuna le statut de Territoire d’Outre-mer.

10245444_10152379436052612_3011707993917585165_nScène semblable à l’occasion du 14 juillet 2012 : le lever des couleurs de la République française et des couleurs du territoire de Wallis-et-Futuna, devant le palais royal de Mata Utu.

– l’Église (représenté par l’évêque de Wallis et Futuna). Enfin, du fait de l’histoire de la colonisation, qui découla de la conversion des populations wallisiennes par des missionnaires catholiques, l’Église catholique joue un rôle considérable dans l’organisation du territoire.

C’est elle qui, conjointement avec l’éducation nationale, est chargée de l’éducation des jeunes enfants jusqu’à la fin du primaire. C’est elle aussi qui tient l’état civil de l’île, conjointement avec l’administration supérieure. Les Wallisiens et les Futuniens sont très croyants. Le magistère moral de l’Eglise est donc bien réel dans l’archipel.

10009818_10152379436382612_7627421852761939901_nIntérieur de la cathédrale de Mata-Utu. Toutes les autorités du territoire, à commencer par le préfet, sont tenues d’assister à la messe afin de satisfaire la population, très attachée à l’Église catholique.

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Pour avoir des vues complémentaires de Wallis-et-Futuna, on pourra consulter notamment la page Facebook qui leur est consacrée par des Wallisiens, et notamment cette sympathique vidéo :

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Union populaire républicaine. La France doit sortir de l’Union européenne, de l’euro et de l’Otan.

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