Le lien entre l’euro et le taux de chômage par Charles-Henri Gallois

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Pour compléter l’explication de M. Asselineau sur le lien entre le taux de chômage et l’euro, ainsi que les éléments apportés par Frédéric Gay, je vais ici calculer les taux de chômage des trois périmètres que M. Asselineau avait mis en avant dans cet article. Je n’ai pas établi de périmètre hors UE/hors ZE avec l’Islande, la Suisse et la Norvège car Eurostat ne publie pas de statistiques de population active pour la Suisse, par conséquent je ne pouvais pas pondérer les taux de chômage, et le biais serait trop important. Je vais faire cette analyse sur 15 ans, soit la période 1999-2012.
Je commence en 1999, date de début de l’utilisation de l’euro pour les transactions financières. Il ne sera introduit sous forme fiduciaire qu’en 2002. Je m’appuie sur les statistiques d’Eurostat, que ce soit pour la population active, qui me sert à calculer le taux de chômage HZE10, ou pour les taux de chômage UE27 et ZE17.

Le seul biais que je vais avoir ici demeure dans la comparaison la plus récente (mars 2013) avec le taux de chômage HZE10 dans la mesure où je vais utiliser les chiffres de population active de décembre 2012 afin d’avoir ce taux de chômage. Vous conviendrez que cette population active n’a pas dû beaucoup évoluer en 3 mois et que ce biais est par conséquent mineur. Reste le même biais que j’avais eu lors de mon article sur l’euro et la croissance, à savoir le changement de périmètre de la zone euro: c’est-à-dire les pays qui sont entrés dans la zone euro après 2003 comme la Slovénie (2007), Chypre et Malte (2008), la Slovaquie (2009) et l’Estonie (2011).

Après cette recherche de données et les calculs, j’en suis arrivé au tableau ci-dessous, découpé ici en deux tableaux pour que ça soit plus lisible :

chomage_euro_upr chomage_euro_upr_asselineau

Il est intéressant de comparer depuis 2009 l’évolution du taux de chômage entre HZE10 et ZE17 puis qu’eurostat le cache de manière scandaleuse comme le souligne l’excellent communiqué de presse de l’UPR.

tauxc_chomage

Comme l’avait souligné M. Asselineau, on peut souligner 3 grandes périodes :

– On voit un taux de chômage plus élevé dans les pays hors zone euro de 1999 à 2003. L’euro jouissait alors d’une parité relativement faible par rapport au dollar, ce qui améliorait sa compétitivité. On voit d’ailleurs dans le graphique ci-dessous que hormis en 1999, la parité euro/dollar était toujours sous les 1, avec un minimum à 0.8252, le 26 octobre 2000.

tauxc_chomage_upr

– On observe un différentiel de taux de chômage qui s’accroît légèrement entre 2003 et 2007 en faveur des pays hors zone euro. On voit que comme par hasard au même moment le taux de change externe euro/dollar augmente petit  à petit.

– Enfin, de 2007 à nos jours, pendant la période de crise, on voit très clairement l’accroissement inexorable du taux de chômage entre ZE17 et HZE10. En mars 2013, ZE17 est à un taux de chômage de 12,1 % alors que HZE10 est à un taux de chômage de 8,6 %, soit un différentiel de 3,5 points, ce qui est considérable ! On voit que le taux de chômage entre 2011 et mars 2013 pour HZE10 diminue de 9 % à 8,6 % alors que celui de ZE17 augmente de 10,7 % à 12,1 %.

En conclusion, le mythe (mensonge) de l’euro qui nous protégerait ne peut plus durer si l’on se base sur une analyse rationnelle, scientifique et non pas sur un dogme, comme le font les européistes. Tous les indicateurs macroéconomiques de la zone euro montrent que c’est une catastrophe et on nous rabâche en permanence les mêmes discours apocalyptiques sur une éventuelle sortie de l’euro. Les faits sont pourtant têtus et ils montrent que les pays qui n’ont pas l’euro s’en sortent bien mieux et que la zone euro est la plus faible zone de croissance du monde. A l’heure où la France perd 800 emplois industriels et une usine par jour ouvrable, il serait temps de prendre ses responsabilités, regarder la réalité et en sortir, ce que propose l’UPR depuis sa création en 2007.

Charles-Henri GALLOIS
Responsable national de l’UPR en charge des questions économiques