Sans complexe le leurre Mélenchon sert comme prévu de dent du râteau PS

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Illico presto : le leurre Mélenchon sert comme prévu de dent du râteau ps, moins de 38 minutes après la fermeture des bureaux de vote !

Le chef du parti de gauche passe ainsi à la phase 2 de son travail de rabatteur : il appelle à voter Hollande, sans même faire semblant de négocier quoi que ce soit sur l’euro, l’UE ou l’Otan


Donné en 4ème place par les sondages « sortie des urnes » avec environ 11 % des suffrages, M. Mélenchon a vivement déçu, ce soir, tous ceux qui s’attendaient à une percée spectaculaire.

Il faut avouer que les moyens ne lui avaient pas manqué, aussi bien des moyens financiers (cf. l’omniprésence de ses affiches sur les murs des grandes villes) que des moyens médiatiques. Le score n’en est donc que plus décevant.

Pourquoi cela ?

LES RAISONS DE LA CONTRE-PERFORMANCE

Sans doute de nombreux électeurs logiques et légalistes ont-ils fini par douter de la cohérence et du sérieux de cet homme qui leur proposait d’être élu président de la République pour « désobéir aux traités européens » – ce qui est expressément contraire à l’article 5 de notre Constitution.

Sans doute de nombreux électeurs de bon sens ont-ils compris qu’il était tout simplement mensonger d’affirmer que la France pourrait obliger nos 26 partenaires européens à se plier à ses desiderata, tout en se refusant bec et ongles à envisager de sortir de l’UE.

Sans doute de nombreux électeurs hostiles au MES et à l’euro n’ont-ils eu aucune envie de voter pour ce responsable socialiste qui avait appelé à voter Oui à Maastricht en 1992, et qui traite en 2012 de pétainistes (« maréchalistes ») ceux qui veulent sortir du désastre de la monnaie commune européenne.

Sans doute de nombreux électeurs de gauche ont-ils flairé à l’avance que son opposition au Système n’était que pour rire, comme je l’avais analysé moi-même malgré la pluie d’injures que cela me valut de la part de certains militants du PG ?

J’avais analysé, et tous les responsables de l’UPR avec moi, que M. Mélenchon était un leurre, chargé de rassembler la colère populaire sur son nom, pour l’apporter ensuite, très aimablement, au service de l’élection de François Hollande, c’est-à-dire d’un Nicolas Sarkozy-bis.

Je renvoie à cet égard à mes écrits :
http://www.upr.fr/actualite/france/strategie-de-melenchon-comprendre-comment-les-dirigeants-du-mpep-vous-enfument
— ou http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/apres-le-casse-toi-pauvre-con-de-m-101416

Dans ce dernier article, daté du 27 septembre 2011, ma conclusion était d’ailleurs la suivante :
« En tout cas, nul lecteur de l’UPR ne pourra se plaindre de ne pas avoir été prévenu lorsqu’il découvrira, en juin [lapsus pour « mai »] 2012, que M. Mélenchon et le FG appelleront à voter pour le « candidat de gauche » au 2ème tour de la présidentielle. »

UN RABATTEUR SANS COMPLEXE

Eh bien, cet insoutenable suspense n’aura pas duré aussi longtemps. Comme le révèle la dépêche de ce 22 avril – 20 H 37 – ci-jointe, M. Mélenchon n’a même pas attendu 3/4 heure pour passer à la phase 2 de son travail de rabatteur en appelant à voter sans condition pour François Hollande.

Comme le duel du second tour s’annonce peut-être plus serré que prévu, il va de soi que M. Mélenchon aurait pu négocier son désistement plus chèrement, ou du moins aurait pu faire semblant.

M. Mélenchon aurait pu, par exemple, demander à François Hollande :

– qu’il s’engage publiquement à soumettre tout nouveau traité européen au référendum ; c’était bien le moins !

– qu’il prenne au minimum un engagement sur la date définitive du retrait de nos troupes d’Afghanistan ;

– qu’il s’engage à ne jamais remettre en cause le principe des Contrats de travail à Durée Indéterminée (CDI) ;

– qu’il s’engage à arrêter la nouvelle hausse de l’âge de départ à la retraite concoctée par la Commission européenne ;

– qu’il s’engage à adopter une politique de paix au Proche Orient, à la place de l’alignement systématique sur les positions guerrières de l’OTAN ;

– etc.

Eh bien non. M. Mélenchon n ‘a rien demandé. RIEN.
L’opposition à Sarkozy a bon dos. En réalité, M. Mélenchon apporte sur un plateau d’argent à M. Hollande les 11% d’électeurs de gauche qu’il a rassemblés. Il va donc les appeler à voter pour la politique exactement inverse à ce qu’ils attendent.

CONCLUSION

Si François Hollande est élu le 6 mai prochain, les déceptions des électeurs ainsi bernés, depuis des mois, par le leurre Mélenchon seront énormes. Elles seront à la hauteur des espoirs qu’il avait suscités, puis déçus, par son programme constamment ambigu et invraisemblable sur la question européenne.

Je lance en tout cas dès ce soir un appel à tous les adhérents et sympathisants du MPEP pour leur suggérer de rompre avec cette stratégie de l’échec volontaire du Front de Gauche et à se rapprocher de l’UPR. Car à situation exceptionnelle, solution exceptionnelle.

En se focalisant sur le clivage droite-gauche et en refusant d’envisager une union nationale temporaire pour récupérer tous ensemble notre souveraineté nationale en sortant clairement de l’Union européenne et de l’OTAN, le Front de Gauche n’a pour effet objectif, comme le Front National à l’extrême droite, que de servir les intérêts de l’UMPS et le blocage de la situation politique française.