Les masques tombent ! les professions de foi de Le Pen et Dupont-Aignan ne parlent ni de sortir de l’UE, ni même de l’euro !

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« Verba volant scripta manent ! »

« Les paroles s’envolent, les écrits restent ! »

Depuis que Caïus Titus avait lancé, dit-on, cette formule devant le Sénat de Rome voici deux millénaires, elle est devenue proverbiale.

Elle signifie deux choses :

  • – les promesses orales des politiciens ne valent à peu près rien du tout ; et elles ne leur sont même pas opposables puisque tout le monde a tôt fait de les oublier,
  • – en revanche, les engagements écrits – surtout s’ils sont officiels et très largement diffusés – demeurent des pièces tangibles, que l’on peut lire et relire, en particulier plusieurs années après.

Cette maxime latine est particulièrement appropriée pour permettre aux Français de démasquer les escroqueries politiques à répétition dont ils sont les victimes depuis des années. Car, comme ne cesse de le dire l’UPR à tous ceux, de plus en plus nombreux, qui lui font confiance, ce que disent les responsables politiques est vraiment très peu important : ce sont des champions des promesses non tenues.

Ce qui est beaucoup plus important pour deviner les pensées secrètes des politicards, c’est ce qu’ils écrivent, notamment sur des engagements électoraux officiels, et – plus encore – CE QU’ILS SE REFUSENT A ÉCRIRE SUR CES DOCUMENTS ÉLECTORAUX OFFICIELS.

Or tout un chacun dispose, à son domicile, de ces documents électoraux officiels : il s’agit du document électoral dénommé « profession de foi », qui est tellement officiel qu’il est envoyé par les services municipaux – et aux frais de la puissance publique – à chacun des quelque 44 500 000 électeurs français inscrits sur les listes électorales.

Si ces documents réalisés par les candidats sont appelés « profession de foi », c’est parce qu’ils « détaillent leurs programmes politiques », et qu’ils sont au préalable validées par une Commission qui vérifie leurs conformités avec la loi. [source: Wikipedia].

Ils ont donc une valeur probante bien supérieure aux simples déclarations orales lancées devant une radio ou à un texte écrit mis en ligne sur un site Internet.

Comme leur appellation l’indique, ces documents FONT FOI. Et comme les candidats en connaissent l’importance, ils portent tous un soin extrêmement méticuleux à chaque mot choisi, chaque formule retenue, à chaque idée écartée, à chaque ambiguïté préméditée.

AUCUNE PLACE N’EST LAISSÉE AU HASARD DANS LA CONCEPTION DE CES DOCUMENTS ÉLECTORAUX OFFICIELS : PAS LE MOINDRE DÉTAIL.

LES PROFESSIONS DE FOI ÉLECTORALES : UN MOYEN OBJECTIF ET IRRÉFUTABLE POUR MESURER L’HONNÊTETÉ POLITIQUE ET MORALE D’UN CANDIDAT 

Nous détenons donc ici un critère décisif – et parfaitement objectif – pour mesurer le degré d’honnêteté politique et moral d’un candidat.

Puisque, comme le dit l’adage, « Les paroles s’envolent, les écrits restent ! », il est du plus haut intérêt de lire de façon très attentive ces « professions de foi » – qui constituent le document programmatique ÉCRIT qui FAIT FOI pour les 44 millions d’électeurs auxquels elle est adressée – et de les comparer notamment à ce que les mêmes candidats ont pu « dire» pendant la campagne électorale.

Trois questions doivent guider notre lecture attentive :

=> QU’A-T-IL ÉCRIT DANS SA « PROFESSION DE FOI » AUX 44 MILLIONS D’ÉLECTEURS ?

=> EST-CE CONFORME À CE QU’IL A DIT AU COURS DE LA CAMPAGNE ?

=> ET QU’A-T-IL REFUSÉ D’ÉCRIRE DANS CETTE « PROFESSION DE FOI » ?

Pour ne pas rebuter le lecteur par un examen fastidieux des 10 « professions de foi » qu’il a reçues dans son courrier, nous nous limiterons à l’examen des « professions de foi » des 2 seuls candidats dont tous les médias – et une partie significative de leurs sympathisants – nous ont assurés, depuis au moins un an, qu’ils voulaient faire sortir la France de l’euro, voire même de l’Union européenne.

Ces deux candidats sont, de notoriété publique, Mme Le Pen et M. Dupont-Aignan. Aucun des 8 autres candidats n’a jamais prétendu faire sortir la France de l’euro.

Examinons donc les « professions de foi » de Mme Le Pen et M. Dupont-Aignan.

la « profession de foi » de mme le pen : pas un mot sur l’euro, ni sur la sortie de l’UE, ni sur l’OTAN, mais haro…. contre « les délinquants étrangers » et « l’islam radical ».

L’examen de ce document électoral permet de confirmer ce que l’UPR et moi-même ne cessons de dire et d’écrire depuis des années : il est totalement faux que Mme Le Pen et le Front National proposent de sortir de l’euro, et a fortiori de l’Union européenne.

Nous l’avions analysé et écrit le 23 décembre dernier (il y a 4 mois), dans un long article paru sur notre site, et aussi sur plusieurs sites extérieurs comme Agoravox.

Chose notable, il s’était trouvé 30 % des votants sur Agoravox pour se déclarer en désaccord avec notre texte ! Eh bien, la profession de foi officielle de Mme Le Pen nous donne raison et révèle que ces 30 % de votants ont été roulés dans la farine.

En effet, nous invitons tous les lecteurs à le vérifier par eux-mêmes dans la « profession de foi » de Mme Le Pen qu’ils ont reçue par la Poste :

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profession de foi de Mme Le Pen 1

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profession de foi de Mme Le Pen 2

En particulier, il est utile de lire très attentivement la PAGE 3 :

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Analyse

1°) Mme LE PEN NE DIT PAS UN MOT DE L’ARTICLE 50 DU TUE

Lisons son texte :

Profession de foi de Mme Le Pen : « Je vais rétablir les Français dans leurs droits légitimes en recouvrant notre souveraineté nationale par la remise à plat des traités européens. À nouveau, les lois seront votées à Paris et non à Bruxelles ; et les Français seront consultés par référendum sur tous les sujets importants qui engagent l’avenir de notre peuple. Ainsi les technocrates et les banques cesseront de gouverner. »

Notre commentaire : Ce texte a été conçu de façon très minutieuse pour être suggestif, mais il est vicieusement ambigu et trompeur. En effet, les formules donnent à penser, à quelqu’un qui les lit rapidement, que Mme Le Pen va sortir de l’Union européenne, etc. En réalité, il n’en est rien :

  • Que signifie l’engagement : « Je vais rétablir les Français dans leurs droits légitimes en recouvrant notre souveraineté nationale par la remise à plat des traités européens. » ? Concrètement, cela ne signifie rien du tout car la formule « remise à plat des traités européens » ne veut rien dire. Même en supposant que cette formule signifie que Mme Le Pen compte renégocier les traités européens si elle est élue ( ce qu’elle n’écrit justement pas ! ), elle ne précise nulle part :

– ni ce qu’elle veut modifier : quels articles ? quelles dispositions ? quelles politiques ??

– ni comment elle va s’y prendre pour obtenir l’accord unanime, indispensable, des 26 autres États de l’UE,

– ni ce qu’elle compte faire dans l’hypothèse – qui est une certitude à 100 % – où elle n’obtiendrait pas l’accord unanime de ces 26 partenaires pour modifier les traités comme elle le souhaite.

En bref, Mme Le Pen est encore plus floue que M. Mélenchon sur ces questions décisives.

  • Que signifie l’engagement : « À nouveau, les lois seront votées à Paris et non à Bruxelles. » ? Concrètement, cela ne signifie rien du tout car cette formule repose sur une description fausse de la réalité. Contrairement à ce qu’affirme Mme Le Pen, les lois de la République sont actuellement toujours « votées à Paris et non à Bruxelles » , par l’Assemblée nationale et le Sénat. De façon schématique, les décisions qui sont prises par la Commission européenne à Bruxelles sont de deux natures :

– d’une part les « directives » : proposées par la Commission, elles doivent être approuvées par le Conseil (qui réunit les ministres concernés de tous les États membres) et elles doivent aussi, selon les cas, recueillir l’avis, l’avis conforme ou la « codécision » du Parlement européen. Une fois avalisées par ces différentes instances, elles doivent être transcrites en droit national, avec des facultés d’interprétation nationales selon les cas, et cela se fait précisément par le vote des lois par les députés et sénateurs ;

– d’autre part les règlements, qui sont d’application directe mais qui ne sont justement pas des « lois ».

En d’autres termes, l’erreur grossière ( dont on espère qu’elle est volontaire ! ) de Mme Le Pen ne signifie rien de concret.

  • Que signifie l’engagement : « les Français seront consultés par référendum sur tous les sujets importants qui engagent l’avenir de notre peuple. » ? Concrètement, cela ne signifie rien du tout car la formule « sujets importants » est d’une telle imprécision qu’elle n’implique aucun engagement réel.

On notera au passage, à titre de curiosité, que Mme Le Pen ne dit pas un mot de l’idée d’instaurer les référendums d’initiative populaire.

2°) Mme LE PEN NE DIT PAS UN MOT DE LA SORTIE DE L’UE

Reconnaissons que cette absence est en parfaite cohérence avec toute la campagne électorale de Mme Le Pen, qui n’a jamais indiqué vouloir faire sortir la France de la construction européenne. Notons que, contrairement à une légende tenace, la « SARL LE PEN » ne l’a jamais proposée :

  • – le « président d’honneur » du FN, le père Jean-Marie Le Pen, ne l’avait pas proposée aux élections présidentielles antérieures ;
  • – M. Louis Aliot, concubin de Mme Le Pen et vice-président du FN, a au contraire déclaré, le 18 avril 2012 sur France Info, que le Front National a un programme de « refondation de l’Europe », reprenant ainsi les mêmes termes, exactement, que M. Bayrou et M. Dupont-Aignan.

3°) Mme LE PEN NE DIT PAS UN SEUL MOT NON PLUS DE L’EURO

Le lecteur devra se pincer pour le croire. Et pourtant c’est vrai. Après avoir fait croire pendant des mois et des mois, – avec la parfaite connivence de tous les grands médias – qu’elle était la championne de la sortie de l’euro, Mme Le Pen a tout bonnement décidé de ne même pas parler de l’euro dans le document électoral qui fait foi auprès de 44 millions d’électeurs….

Les mots mêmes de « monnaie »et « euro », ainsi que les problèmes monétaires, les sommes extraordinaires versées au MES, etc., etc, bref tout ce qui qui est au cœur de l’actualité et de la situation explosive de l’UE et de notre économie, ne sont même pas mentionnés.

4°) Mme LE PEN FUSTIGE LES « LES DÉLINQUANTS ÉTRANGERS » ET « L’ISLAM RADICAL »

Dans sa profession de foi, Mme Le Pen n’a pas jugé utile de mentionner l’euro, ni les problèmes monétaires, ni le MES, ni les articles des traités européens qu’elle souhaiterait voir changer, ni la façon dont elle pourrait s’y prendre pour convaincre nos 26 partenaires européens de mettre en œuvre les slogans qu’elle lance et qui sont incompatibles avec les traités.

En revanche, Mme Le Pen n’a pas oublié de mentionner – noir sur blanc et de façon répétitive – les thèmes habituels de l’extrême droite, en les pimentant de la vision guerrière du Choc des Civilisations qui n’était pas aussi visible dans les professions de foi de son père, en 1981, 1988, 2002 et 2007. Elle dénonce ainsi, à la fois dans le corps du texte de la page 3 et dans la marge de la même page :

  • les « immigrés clandestins »,
  • les « délinquants étrangers »,
  • « l’immigration légale », qu’elle compte « réduire drastiquement »,
  • « l’immigration massive et incontrôlée », à laquelle elle compte « mettre fin »,
  • les « incitations à l’immigration »,
  • le « fondamentalisme »,
  • « l’islam radical ».

Sur ces sujets, on notera au passage :

  • que Mme Le Pen ne dit pas un mot des Accords de Schengen, encore un « détail » oublié,
  • et que, si elle affirme vouloir « fournir aux forces de l’ordre les moyens nécessaires pour mener à bien leur mission et faire appliquer réellement la tolérance zéro », elle semble n’avoir pas lu les bilans publiés par Europol et la Police Nationale française, que j’ai présentés à mes auditeurs le 3 décembre 2011 et qui révélaient que, sur les 5 années 2006 – 2010, le pourcentage d’actes terroristes d’origine islamique représentaient 0,4% des actes terroristes commis en Europe et 0,0 % en France.

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5°) Mme LE PEN NE DIT PAS UN MOT DE L’OTAN NI DU RETRAIT DES TROUPES D’AFGHANISTAN

Cette page permet de découvrir que la vision diplomatique et militaire de Mme Le Pen est expédiée en 3 phrases très brèves, alors qu’elle devrait pourtant être l’un des sujets majeurs de l’élection présidentielle.

On relèvera que ces trois phrases sont d’ailleurs rédigées de façon aussi vicieusement floue et ambiguë que tout ce qui concerne l’euro et les questions européennes :

« Je vais assurer l’indépendance diplomatique et restaurer la puissance militaire de la France. Je n’engagerai nos forces armées que lorsque les intérêts vitaux de notre peuple seront menacés. La France retrouvera son indépendance et sortira de la tutelle des États-Unis. »

Ces déclarations sont tellement générales qu’elles pourraient être à peu près contresignées par tous les autres candidats, y compris François Hollande et François Bayrou, et même Nicolas Sarkozy. Elles ne comportent aucun engagement concret car elles laissent une marge totale à l’appréciation de chacun :

  • Veulent-elles dire que la France restera dans l’OTAN ? Ou qu’elle en sortira ? Ou qu’elle ne sortira que de son « commandement militaire intégré » ? Mystère.
  • La formule « Je n’engagerai nos forces armées que lorsque les intérêts vitaux de notre peuple seront menacés » signifie-t-elle que la France doit quitter l’Afghanistan, ou au contraire y rester ? Mystère !

Au total, on notera que Mme Le Pen n’écrit délibérément pas un mot ni sur la sortie de l’OTAN, ni même du commandement militaire intégré de l’OTAN, ni de l’Afghanistan.

C’est ce qui s’appelle se moquer du monde.


La « profession de foi » de M. Dupont-Aignan : pas un mot sur l’euro, ni sur l’Article 50, ni sur la sortie de l’UE, ni sur celle de l’Otan, mais…. haro contre « la loi des voyous » et les emplacements des radars routiers.

L’examen de ce document électoral permet de confirmer ce que l’UPR et moi-même ne cessons de dire et d’écrire depuis des années : il est totalement faux que M. Dupont-Aignan et DLR proposent de sortir de l’euro, et a fortiori de l’Union européenne.

Car sinon, POURQUOI NE MENTIONNERAIENT-ILS PAS CES DEUX QUESTIONS CAPITALES dans la profession de foi ?

Examinons cela.

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profession de foi de M. Dupont-Aignan 1

PAGE 2profession de foi de M. Dupont-Aignan 2C’est sur cette page 2 que M. Dupont-Aignan présente ses engagements sur l’Europe aux 44 millions d’électeurs français. Examinons ce texte.

1°) M. DUPONT-AIGNAN NE DIT PAS UN MOT DE L’ARTICLE 50 DU TUE, NI DE LA SORTIE DE L’UE

Voici ce qu’écrit M. Dupont-Aignan pour ce qui concerne spécifiquement ses propositions sur l’Europe :

« LIBÉRONS-NOUS DE L’EUROPE DES BANQUIERS ! »« En finir avec l’Europe bureaucratique pour passer à une Europe des Nations à la carte autour de projets concrets comme l’ont été Ariane ou Airbus.»

Voilà. C’est tout. Le lecteur devra se pincer pour le croire. Et pourtant c’est vrai.

La similitude avec la profession de foi de Mme Le Pen est saisisssante. Après avoir fait croire pendant des mois et des mois, – avec la parfaite connivence de tous les grands médias – qu’il était le champion de la sortie de l’euro, M. Dupont-Aignan, tout comme Mme Le Pen, a tout bonnement décidé de ne même pas parler de l’euro dans le document électoral qui fait foi auprès 44 millions d’électeurs….

Les mots mêmes de « monnaie »et « euro », ainsi que les sommes extraordinaires versées au MES, etc., etc, bref tout ce qui qui est au cœur de l’actualité et de la situation explosive de l’UE et de notre économie, ne sont même pas mentionnés.

N’en déplaise à nos sympathisants qui avaient lu sa récente interview dans le journal Le Monde, M. Dupont-Aignan ne dit pas un seul mot dans sa profession de foi, ni sur l’article 50 du TUE, ni sur la sortie de l’UE.

On notera aussi que M. Dupont-Aignan reprend à son compte le bobard éculé de la propagande européiste, qui veut faire croire à nos compatriotes qu’Airbus et Ariane ont un rapport avec la construction européenne. Comme je l’ai déjà dit maintes fois dans de nombreuses réunions publiques, c’est archi-faux : Airbus et Ariane sont des coopérations internationales, qui regroupent des pays d’Europe et d’autres qui ne le sont pas. Ces coopérations n’ont aucun lien, ni de près ni de loin avec la construction européenne. Je rappelle notamment que, dans la fabrication des Airbus A 380, 14 des 27 États membres de l’UE ne mettent pas un rivet alors que les États-Unis sont le premier pays en termes de part de fabrication, et que le Japon, la Corée, l’Australie, Singapour, y interviennent aussi de façon décisive.

En bref, cette « profession de foi » montre ainsi, mieux que de longs discours, à quel point les plagiats épars que M. Dupont-Aignan a pu faire de mon programme ne sont qu’un trompe-l’œil, une escroquerie politique et morale.

En éludant tous les vrais sujets au moment où il avait la possibilité de s’adresser à 44 millions de Français, M. Dupont-Aignan prouve qu’il ne veut pas du tout rompre avec le système euro-atlantiste qui détruit la France.

2°) M. DUPONT-AIGNAN PROPOSE DE SORTIR DU COMMANDEMENT INTÉGRÉ DE L’OTAN, ET DONC PAS DE L’OTAN

On notera, dans l’encadré qui s’étale sur le bas des pages 2 et 3, que M. Dupont-Aignan propose de sortir du commandement militaire intégré de l’OTAN. Saluons cette précision, que Mme Le Pen n’a, quant à elle, pas jugé bon de donner. Cependant, cette proposition est fort éloignée de celle de l’UPR puisque nous proposons quant à nous de sortir définitivement de l’OTAN (ce que M. Mélenchon, il faut le reconnaître, propose aussi dans sa profession de foi).

La proposition de M. Dupont-Aignan est donc une proposition mi-chèvre mi-chou qui est en fait inapplicable, car la situation de la France n’a plus de rapport avec celle de 1966. A cette époque, Charles de Gaulle avait fait sortir la France du seul commandement militaire intégré car nous étions dans le cadre de la guerre froide et la France était objectivement menacée par le Pacte de Varsovie.

Désormais, cette menace a disparu et il est faux d’affirmer, comme le font évidemment les Américains, qu’elle aurait été remplacée par la menace du « terrorisme ». Les rapports policiers évoqués précédemment prouvent que la dangerosité présumée du terrorisme est très largement exagérée et que la présentation hyperbolique de ce phénomène vise bien à maintenir la France et sa défense nationale sous sujétion étrangère.

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3°) M. DUPONT-AIGNAN FUSTIGE « LA LOI DES VOYOUS » ET L’EMPLACEMENT DES RADARS ROUTIERS

Tout comme Mme Le Pen, M. Dupont-Aignan n’a donc pas jugé nécessaire, dans sa profession de foi, de mentionner l’euro, ni le MES, ni les articles des traités européens qu’il souhaiterait voir changer, ni la façon dont il pourrait s’y prendre pour convaincre nos 26 partenaires européens de mettre en œuvre le slogan d’ « Europe des Nations à la carte » qu’il lance et qui est grossièrement incompatible avec les traités.

En revanche, et tout comme Mme Le Pen, M. Dupont-Aignan n’a pas oublié de mentionner – noir sur blanc – des thèmes très droitiers, poujadistes et dont la formulation flirte avec l’extrême droite. M. Dupont-Aignan a ainsi jugé bon de lancer le slogan : « LIBÉRONS-NOUS DE LA LOI DES VOYOUS ! » Et de faire suivre ce titre, populiste à l’extrême, par des considérations destinées à flatter la fraction la plus droitière de l’électorat : « Malgré les discours de fermeté, 10 000 emplois de policiers et gendarmes ont été supprimés en 5 ans. le laxisme judiciaire continue de plus belle : 80 000 peines de prison restent inappliquées. Pire, la loi Dati de 2009 supprime l’incarcération pour les condamnations allant jusqu’à 2 ans fermes » etc.

M. Dupont-Aignan a également estimé qu’il était du niveau d’un programme présidentiel de préciser qu’il entendait « placer les radars [routiers] sur les sites dangereux plutôt que sur les sites où ils rapportent »….. Il est franchement difficile de faire plus démagogique – et plus ridicule – dans une profession de foi pour l’Élysée.

Tout cela, qui se veut une reprise atténuée du discours du FN, n’a simplement rien à voir, ni avec un programme présidentiel, ni avec la gravité de la situation d’asservissement de la France par une puissance étrangère, et donc rien à voir avec un quelconque « gaullisme ».

C’est également avec ce type de profession de foi que M. Dupont-Aignan se décrédibilise totalement aux yeux des électeurs de gauche : c’est un choix politique comme un autre. Mais il ne faut pas ensuite prétendre que DLR rassemble des Français de droite et de gauche : c’est faux.

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profession de foi de M. Dupont-Aignan 4

 

On relèvera enfin une curiosité dans l’encadré concernant la biographie de M. Dupont-Aignan : c’est le passage où il précise qu’ « il a fondé en 2007 un mouvement politique indépendant : Debout la République. »

Il s’agit pour le moins d’une réécriture de l’histoire puisque DLR a été fondé huit ans avant : le 3 février 1999, comme le précise la fiche Wikipédia. La même fiche (que Wikipédia n’a bien entendu pas censurée, à la différence de celle de l’UPR) précise d’ailleurs que « DLR a été « relancée une première fois en mai 2000 » et « relancée une seconde fois le 7 septembre 2002, en tant que courant « gaulliste et républicain » de l’UMP. »

Mais il est vrai que, comme l’UPR a été fondée le 25 mars 2007 et commençait déjà à prendre de la place, M. Dupont-Aignan avait souhaité contrecarrer, déjà, notre ascension. Il avait eu pour cela l’idée saugrenue de faire un « Congrès fondateur de DLR » le 23 novembre 2008, 9 ans et demi après la création, que mentionne aussi la fiche Wikipédia.

Quoi qu’il en soit, on ne peut qu’être surpris que M. Dupont-Aignan ait éprouvé le besoin de mentir sur sa profession de foi officielle pour sa candidature à l’Élysée. Pour tout dire, cela ne fait pas bon genre.

DÉCRYPTAGE : Mme LE PEN et M. DUPONT-AIGNAN, CHAMPIONS DES 3 TECHNIQUES DE MANIPULATION DE MASSE : « L’AUBERGE ESPAGNOLE », LE « CAMÉLÉON », ET LA « CONFIDENCE POUR INITIÉS »

On ne peut pas comprendre la politique française si l’on ne sait pas que les politiciens professionnels appliquent tous les mêmes techniques de manipulation pour arracher le consentement de leurs sympathisants. Cette manipulation repose essentiellement sur trois techniques :

1°)- la technique de « l’auberge espagnole »

Comme on le sait, l’expression « auberge espagnole » qui remonte au XVIIIe siècle, désignait à l’origine un lieu où l’on ne trouve que ce qu’on y a apporté, puis, par extension, un endroit où l’on trouve de tout et où l’on rencontre n’importe qui. De nos jours, on désigne par« auberge espagnole » tout groupement ou toute situation où chacun trouve ce qui l’intéresse, ce qu’il comprend, en fonction de ses goûts, de ses convictions politiques, etc.

Au total, le seul qui y trouve intérêt, c’est… l’aubergiste.

Quant aux clients, ils finissent toujours par découvrir qu’ils se sont fait escroquer.

Appliquée à la politique par tous les politiciens professionnels, cette technique consiste à dire successivement les choses les plus contradictoires. Elle consiste également à organiser une répartition des rôles entre différents « lieutenants » du dirigeant, qui sont chargés de faire des propositions totalement divergentes et contradictoires (cette technique est très utilisée dans les grands partis, notamment à l’UMP et au PS). Il ne faut surtout pas avoir le moindre souci de constance ni de cohérence dans les propositions, bien au contraire !

L’objectif est que chaque électeur, à tour de rôle, entende ce qui lui fait plaisir. Car l’esprit humain est ainsi fait qu’il a tendance à se focaliser que les éléments qui confortent ses opinions plutôt que sur ceux qui la contredisent. Du coup, chaque électeur est convaincu qu’il possède, lui, la seule VRAIE VERSION DU PROGRAMME, et que cette vraie version est celle qu’il approuve !

2°)- la technique du caméléon

La technique du caméléon va de pair avec la technique de « l’auberge espagnole », dont elle est une déclinaison. Elle consiste, pour le politicard chevronné, à aller systématiquement dans le sens de son public ou de son interlocuteur, quel qu’il soit, en se moquant comme d’une guigne de toute cohérence :

  • – Rencontre-t-il un électeur qui se plaint du passage à l’euro ? Le politicard lui répond que c’est en effet un scandale et qu’il va revenir au franc.
  • – Trois pas plus loin, voici qu’une électrice lui confie qu’elle espère qu’il ne fera pas sortir la France de l’euro ? Le politicard lui répond qu’il n’en est en effet pas question, qu’il veut seulement améliorer la « gouvernance » de la zone euro.
  • – Juste à côté un troisième électeur s’indigne que la France ait des troupes en Afghanistan et que Sarkozy ait fait réintégrer la France dans le commandement militaire intégré de l’OTAN ? Notre politicard abonde avec énergie en s’indignant de cette situation et précise qu’une fois élu, il s’empressera de faire sortir la France de ce commandement militaire de l’OTAN.
  • – Cent mètres plus loin, c’est un autre électeur qui s’inquiète du nombre d’immigrés et qui veut que l’on manifeste une « solidarité occidentale » face à la « menace terroriste » ? Notre politicard acquiesce avec conviction, en jurant ses grands dieux qu’il est hors de question de sortir de l’OTAN et que nous devons garder une alliance privilégiée avec les États-Unis….

– etc.

Comme la technique de « l’auberge espagnole », celle du caméléon permet d’embobiner chaque électeur, en lui donnant à croire qu’il possède, lui, la seule VRAIE VERSION DU PROGRAMME, et que cette vraie version est celle qu’il approuve.

3°) – la technique des « confidences pour initiés »

La technique des « confidences pour initiés » est l’une des plus courantes des politicards et elle marche, hélas !, presque à tous les coups auprès des électeurs novices.

Elle consiste à leur glisser à l’oreille des militants déboussolés, bien entendu sous le sceau présumé du secret, qu’il est « beaucoup plus habile » d’avancer masqués. Et donc de ne pas analyser ni proposer ce que souhaitent ces militants… Il s’agit d’une manipulation de type suggestif, où les dirigeants des partis politiques font croire à leurs troupes qu’ils pensent comme elles, alors même qu’ils disent en public tout le contraire.

Par les nombreux témoignages qui nous parviennent, nous savons que M.Mélenchon, Mme Le Pen et M. Dupont-Aignan, ou leurs entourages, ont régulièrement recours à cette technique lorsqu’ils sont interrogés par leurs sympathisants sensibles aux analyses et aux propositions de l’UPR.

CONCLUSION : LES MASQUES SONT TOMBÉS, MAINTENANT VOUS SAVEZ QUI EST QUI

La publication et la diffusion par la puissance publique des professions de foi électorales officielles des candidats permettent de faire tomber les masques. Elles confirment de façon éclatante ce que l’UPR analyse et explique depuis sa création : aucun candidat ne propose de sortir ni de l’Union européenne, ni de l’euro. Aucun.

Cette confirmation est particulièrement nette – et utile – pour ce qui concerne Mme Le Pen et M. Dupont-Aignan, qu’une campagne médiatique aussi constante qu’insidieuse a présentés aux électeurs comme étant justement les deux seuls responsables politiques partisans de la sortie de l’euro, et même de l’UE.

La lecture minutieuse des professions de foi des deux intéressés prouve que c’est faux. Non, ni Mme Le Pen ni M. Dupont-Aignan, ni leurs partis respectifs, ne proposent ce que l’UPR est donc bel et bien toujours seule à analyser et à proposer aux Français.

Certains militants fanatiques de l’un et de l’autre ne manqueront pas, comme d’habitude, de se récrier en affirmant que si, ils veulent vraiment sortir de l’euro, voire de l’UE, mais qu’ils estiment « plus habile » de ne pas le dire ouvertement. Mais cela aussi est faux : car ce qui est la marque la plus irréfutable de ces deux responsables, c’est l’instabilité permanente de leurs discours, qui disent tout et son contraire à tout instant. Et c’est aussi leur positionnement, à l’extrême droite pour Mme Le Pen, et à la droite de la droite pour M. Dupont-Aignan, à chaque fois qu’arrive une échéance électorale.

La lecture attentive de ces deux professions de foi, de Mme Le Pen et de M. Dupont-Aignan, prouve à quel point l’UPR n’a décidément rien à voir ni avec l’une ni avec l’autre. C’est une évidence aveuglante pour quiconque se donne la peine de comparer ces deux professions de foi avec notre programme.

Je laisse les adhérents et les sympathisants de l’UPR imaginer ce qu’eût été cette élection si j’avais pu être candidat. J’aurais évidemment mis à profit l’extraordinaire tribune offerte par cette élection pour exposer la réalité de la situation aux 44 millions d’électeurs.

À la différence des « professions de foi » de Mme Le Pen et de M. Dupont-Aignan, je me serais adressé à mes concitoyens comme à des adultes et non pas comme à des demeurés. Je leur aurais notamment exposé la liste précise des pouvoirs qui nous ont été volés par la construction européenne, et les conséquences concrètes de ces vols. Ma profession de foi aurait été à des années-lumière des 10 documents électoraux officiels dont les Français doivent, hélas, se satisfaire.

Ce n’est que partie remise. Je compte sur les élections européennes de 2014 pour pouvoir enfin faire comprendre aux Français les informations vitales que Mme Le Pen et M. Dupont-Aignan – et les 8 autres – leur ont encore sciemment cachées au cours de cette pitoyable élection présidentielle de 2012.