L’appel solennel de Nigel Lawson, ancien ministre de l’économie et des finances de Margaret Thatcher, pour que les britanniques votent en faveur de la sortie de l’UE

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Spécial Brexit : L’appel solennel de Nigel Lawson, ancien ministre de l’économie et des finances de Margaret Thatcher, pour que les britanniques votent en faveur de la sortie de l’UE.

brexit doorNous commençons aujourd’hui une nouvelle série d’articles sur le prochain référendum britannique pour ou contre la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (qualifié par la presse de « Brexit »).

Dans ce cadre, nous allons publier très régulièrement des articles tirés de la presse d’Outre-Manche. Ces articles auront été sélectionnés par nos militants (en particulier Romain, Esteban et Denis), puis traduits en français avec l’aide de notre service de traduction (en particulier Nicolas et Elisabeth).

Ceci va nous permettre :

a)- de donner, au plus grand nombre possible de lecteurs français, des arguments comparables ou complémentaires à ceux de l’UPR, mais émanant de responsables politiques, économiques, syndicaux britanniques, ainsi que d’intellectuels.

b)- de montrer que ce qui se passe à l’étranger – et en particulier au Royaume-Uni – prouve que de très nombreuses forces, dans le reste du monde, pensent, parlent et agissent comme le fait l’UPR en France. L’UPR n’est ni une « secte », ni « complotiste », ni une bande d’illuminés, l’UPR n’est pas seule, bien au contraire !

c)- de confirmer au passage que la volonté de sortir la France de l’UE et de l’euro résulte d’une analyse politique très mûre et très réfléchie, qui vise à rendre aux peuples leur démocratie volée et à détruire le funeste projet européiste, qui n’est rien d’autre qu’une utopie totalitaire, liberticide et destructrice.

d)- enfin, de faire ressortir à quel point les grands médias nationaux ont été totalement verrouillés en France, et à quel point notre pays subit une véritable dictature de la pensée.
Pour preuve, le premier article que je mets en ligne ci-dessous a été rédigé par Nigel Lawson, Ancien Chancelier de l’Échiquier, et publié dans l’un des plus grands journaux britanniques, le Daily Telegraph. Or publier un tel article dans la grande presse nationale française ou laisser s’exprimer de telles analyses dans les grandes télévisions ou radios françaises est quasiment impossible au pays de la Déclaration des Droits de l’Homme, l’UPR en sait quelque chose !

Cet article et l’évolution générale des esprits nous montrent cependant que la censure qui sévit en France, contre toute opposition réelle à l’européisme, est la marque irréfutable d’une idéologie en phase terminale.

Comme l’avait dit de façon magistrale John Morley, homme politique britannique libéral du XIXe siècle, «You have not converted a man because you have silenced him. » : « Vous n’avez pas convaincu un homme parce que vous l’avez réduit au silence. »

François Asselineau

ARTICLE DE NIGEL LAWSON DU 17 FÉVRIER 2016

UNE FOIS SORTI DE L’UNION EUROPÉENNE, LE ROYAUME-UNI SE TIENDRA DEBOUT COMME UNE NATION LIBRE ET PROSPÈRE.

Le Premier ministre a clairement échoué à accomplir ses objectifs, et le moment est venu pour nous de quitter l’UE.

Par Nigel Lawson
Daily Telegraph du 17 février 2016

Dans 4 mois, les Britanniques seront vraisemblablement appelés à prendre la décision la plus importante de leur vie pour l’avenir de notre pays.

Ce n’est pas une décision par rapport à l’Europe en elle-même. C’est une décision pour savoir si nous voulons rester dans une institution profondément troublée et dévoyée connue sous le nom d’Union Européenne. Et personne n’aurait pu être plus clair sur la définition de ce problème que David Cameron, dans son discours à Bloomberg il y a trois ans, quand il s’était engagé à garantir une « réforme fondamentale et de grande portée » de l’UE. Il y a visiblement échoué.

Il s’était personnellement engagé à mettre fin à l’effet cliquet tristement célèbre, en assurant que «le pouvoir refluerait vers les États membres, et ne resterait pas éloigné d’eux ». Il a visiblement échoué sur ce front aussi : pas un seul pouvoir n’a été rendu au Royaume-Uni ; et la doctrine du prétendu « acquis communautaire » [ NdT : en français dans le texte ], qui pose que les pouvoirs une fois transférés à l’Union Européenne ne peuvent plus lui être retirés, reste encore fermement en place.

Il avait également promis que tout ce qu’il voulait obtenir dans ses négociations impliquerait « un changement complet et approprié des traités », sans lequel ces décisions ne pourraient pas être juridiquement contraignantes. Aucun changement de traité n’a été obtenu.

Le Premier ministre ne peut pas être tenu pour responsable de son échec lamentable à atteindre ses objectifs. L’Union Européenne s’oppose de façon inflexible à tout autre changement qu’une intégration toujours accrue. Ce qui est en revanche inacceptable, c’est qu’il présente comme des succès les prétendues concessions qu’il a obtenues, alors que celles-ci vont du totalement inapproprié au complètement absurde.

Jetons-y un œil. Il affirme qu’il a obtenu un système de « carton rouge pour empêcher toute nouvelle législation européenne nocive pour le Royaume-Uni. Sacré « carton rouge » ! Le projet d’accord prévoit que ce dispositif ne pourra intervenir que si – et seulement si – plus de 55 pour cent de l’UE le veut – ce qui est déjà une condition hautement improbable – ; mais, même si cette condition est réunie, la seule conséquence en sera que la présidence mettra à l’ordre du jour « une discussion approfondie ».

Il prétend avoir résolu les graves problèmes des niveaux incontrôlés et incontrôlables d’immigration, en obtenant ce qu’il aime appeler « un frein de secours ». Sacré « frein de secours » ! Tout ce qui a été convenu à titre provisoire, c’est une offre faite par l’UE de nous permettre de mettre en place une réduction temporaire du niveau de certains avantages pour les immigrés ( il n’y a de toute façon personne, parmi ceux qui ont étudié l’immigration au Royaume-Uni, qui pense que ce type de mesure puisse produire une différence significative).

De plus, c’est une offre que l’UE serait libre de retirer n’importe quand- comme par exemple, juste après un référendum au Royaume-Uni pour rester dans l’UE.

S’agissant de la City de Londres, et de notre capacité à prospérer en dehors de la zone euro à problèmes, on nous a rappelé vertement que nous devons « éviter toute mesure qui [ selon eux ] pourrait mettre en péril la réalisation des objectifs de l’ Union économique et monétaire » et que « la capacité actuelle des institutions de l’Union à prendre des mesures nécessaires [ selon eux ] pour répondre aux menaces sur la stabilité financière » demeure absolue. Nous sommes prévenus.

Donc, ce qui nous a été présenté comme le début d’une réforme fondamentale s’est transformé en un exercice de limitation des dégâts: comment limiter les dégâts que l’adhésion à l’UE nous inflige. Et même cela n’a guère été atteint. La seule façon de mettre fin à tout cela, c’est de sortir de l’UE.

Lorsque j’étais Chancelier [ NdT : ministre de l’économie et des finances, dans le gouvernement de Margaret Thatcher ], j’étais devenu de plus en plus conscient du fait qu’en termes économiques, l’appartenance à l’UE nous faisait plus de mal que de bien. Et encore était-ce avant l’arrivée de l’union monétaire européenne, qui est arrivée après que je quitte mes fonctions, et qui a eu un effet tellement désastreux sur l’économie de l’UE.

Mais il n’est pas surprenant que cela n’apporte aucun avantage économique puisque l’Union Européenne n’a jamais été un projet économique. Ça a toujours été un projet politique, avec un objectif politique que nous, au Royaume-Uni, ne partageons pas. Telle est la raison fondamentale, qui prime sur toutes les autres, pour laquelle nous devons voter en faveur de la sortie.

Cet objectif est la création d’une union politique en bonne et due forme, les États-Unis d’Europe.

Voilà le but de cette « union toujours plus étroite ». Comme la Déclaration solennelle de 1983 sur l’Union Européenne l’a explicité, il ne s’agit pas simplement d’une union des peuples d’Europe. Il s’agit carrément d’une union politique des États membres.

Voilà aussi le but de l’union monétaire. Le père de l’Union monétaire européenne fut Jacques Delors, un ancien président de la Commission européenne. Je l’ai très bien connu, car avant qu’il ne devienne président de la Commission, il était le ministre des finances français et donc mon homologue.

Il avait très bien compris que l’on ne peut pas avoir d’union monétaire viable sans union fiscale, et pas d’union fiscale sans union politique. C’était tout le but de la manœuvre.

D’où la proposition, formulée dans le rapport de la Commission européenne de juin 2015, surnommé « Rapport des cinq présidents », de mettre en place un seul ministre et un seul ministère des finances pour l’ensemble de la zone euro d’ici à 2025.

Ce n’est clairement pas bon pour nous, et nous devons sortir. Sinon, même si nous avons une clause de retrait théorique de l’union politique, nous serons tout de même obligés d’accepter les lois de l’Union Européenne conçues avec cet objectif à l’esprit.

On me demande : « Quelle est donc pour vous l’alternative à être dans l’Union européenne ? » Une question plus insensée est difficile à imaginer. L’alternative à être dans l’Union européenne est de ne pas être dans l’Union européenne. La plupart des pays du monde ne sont pas dans l’Union européenne – et la plupart des pays du monde se portent mieux que l’Union européenne.

S’agissant des détails, nous abrogerions la loi de 1972 sur les Communautés européennes, qui établit la primauté du droit communautaire sur le droit britannique. Le marais de la réglementation européenne, – dont la plus grande partie est coûteuse, inutile et indésirable -, deviendrait la réglementation britannique, que nous serions alors libre d’accepter, d’abroger ou de modifier en fonction de notre intérêt national.

Et nous continuerions à commercer avec les pays de l’UE, comme le reste du monde le fait aujourd’hui, et selon toute probabilité dans le cadre d’un accord de libre-échange bilatéral, dont ils ont beaucoup plus besoin que nous.

Par-dessus tout, nous redeviendrions une démocratie indépendante, avec une perspective véritablement mondiale plutôt qu’étroitement européenne. Nous prospérerions, nous serions libres, et nous nous tiendrions debout. C’est tout ce sur quoi porte ce referendum.

Nigel Lawson
 Ancien Chancelier de l’Échiquier

source : texte original en anglais : http://www.telegraph.co.uk/news/newstopics/eureferendum/12162009/Britain-outside-the-EU-would-stand-tall-as-a-free-and-prosperous-nation.html