30 octobre 2020 – IL Y A 80 ANS, PÉTAIN LANÇAIT LA POLITIQUE DE “COLLABORATION” AVEC L’ALLEMAGNE

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Le 11 juillet 1940, le Maréchal Pétain avait été porté au pouvoir à Vichy par les deux chambres, dont la Chambre des députés à majorité de gauche issue du Front Populaire de 1936. Il avait alors pris le titre de “chef de l’État français” et cet événement scellait la fin de la IIIe République.

Le 24 octobre 1940, soit environ trois mois et demi après, Pétain rencontra Adolf Hitler dans la gare de Montoire-sur-le-Loir (Loir-et-Cher, France).

Cette entrevue fit les gros titres de la presse française et fut le sujet d’un discours radiodiffusé du chef de l’État français le 30 octobre 1940
– il y a 80 ans jour pour jour.

Dans ce discours – dont on peut trouver les principaux extraits sur le site de l’INA en pièce jointe – Pétain s’efforça de montrer qu’une nouvelle ère s’ouvrait pour la France : de nation vaincue, elle devait selon lui accéder à un statut respectable en devenant le partenaire du vainqueur, dans le cadre du “NOUVEL ORDRE EUROPÉEN” dicté par l’Allemagne.

Cet aspect de la question est systématiquement caché dans les médias et les livres d’enseignement de notre époque.

Il faut pourtant y insister : la politique de “collaboration” de Pétain visait expressément à bâtir la “Nouvelle Europe”, dans le cadre de ce qui fut rapidement appelée la “communauté européenne”, ou la “communauté économique européenne”, par certains théoriciens allemands ou français.

Ce passage du discours de Pétain en fait foi :
(à 1min 28s sur l’extrait joint)

« C’est dans l’honneur et POUR MAINTENIR L’UNITÉ FRANÇAISE – une unité de dix siècles – DANS LE CADRE D’UNE ACTIVITÉ CONSTRUCTIVE DU NOUVEL ORDRE EUROPÉEN QUE J’ENTRE AUJOURD’HUI DANS LA VOIE DE LA COLLABORATION. »

Un “nouvel ordre européen” que De Gaulle refusa en 1940, tout comme il le refusa en 1954 avec le rejet de la Communauté européenne de Défense (CED) par les députés se réclamant de lui, tout comme il le refusa pendant la “politique de la chaise vide” contre la Commission européenne en 1965.

La comparaison avec notre époque est évidemment fort instructive

Conclusion

Par ce discours radiodiffusé, Pétain engagea personnellement et officiellement le régime de Vichy dans la collaboration.

Cette “entrevue de Montoire” a pris par la suite une dimension symbolique comparable à l’appel du 18 Juin du général de Gaulle. Dans la mémoire collective française, la photographie de De Gaulle lisant son injonction à poursuivre le combat au micro de la BBC s’oppose à celle de la poignée de main entre Pétain et Hitler.

Ces deux documents ont atteint le statut de symboles en fixant des moments-clés de l’Occupation, soulignant la dimension fondatrice des événements en cause : respectivement, la poursuite de la lutte aux côtés du Royaume-Uni et l’organisation de la collaboration avec l’Allemagne.

Il est fascinant de constater que le choix entre suivre l’exemple de Londres ou celui de Berlin est toujours d’actualité en 2020. Il a évidemment changé d’apparence depuis 1940, mais il n’a pas changé de finalité géostratégique :
– Brexit et liberté des nations du côté anglais,
– Europe fédérale et soumission de la France aux intérêts allemands de l’autre côté.

Comme le dit le dicton, “L’histoire ne se répète jamais, mais elle bégaie tout le temps”.

FA
30/10/2020