4 ans après l’UPR, l’économiste en chef de la grande banque Natixis vient d’informer ses lecteurs de l’existence de « Target 2 » comme mesure de la fragilité de l’euro

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Mieux vaut tard que jamais : 4 ans après l’UPR, l’économiste en chef de la grande banque Natixis vient d’informer ses lecteurs de l’existence de « Target 2 » comme mesure de la fragilité de l’euro.

Patrick Artus, économiste en chef de la grande banque d’affaires française Natixis, vient de faire une grande révélation à ses lecteurs. Dans sa publication « Flash Économie » n°415 diffusée ce 19 avril 2016, il les informe de l’existence du système Target 2, qui synthétise les soldes de la balance des paiements courants entre États de la zone euro.

Il précise même, graphiques à l’appui, que les évolutions de ces soldes Target 2 sont révélatrices de la confiance ou non dans la monnaie européenne. (publication disponible en ligne sous format PDF ici : http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=90808 )

Ce que vient d’écrire Patrick Artus est juste. Mais l’on est quand même confondu que cela arrive si tard, et que l’analyse reste encore très, très prudente, comme si l’auteur avait peur de faire tomber ce tabou dans l’univers feutré des grandes banques françaises.

4 ans après l’UPR…

Je rappelle que cela fait au moins 4 ans ( ! ) que l’UPR a averti ses lecteurs et auditeurs :
– que la connaissance des soldes de la balance des paiements courants intra-zone euro est disponible via le système de transfert des fonds entre pays de la zone euro connu sous le nom de « Target 2 » ;
– et que l’étude de ces soldes est d’une importance capitale pour juger de la viabilité de l’euro à moyen et long terme.

Il en est par exemple question :

a)- de façon implicite dans mon intervention sur BFM-TV, à l’invitation de Nicolas Doze, le 16 septembre 2011 ( je ne prononce pas expressément le mot de Target mais je résume le problème à partir de 27’38 ».

b)- de façon explicite dans ce texte que j’ai mis en ligne sur notre site le 20 décembre 2012.

c)- de façon très pédagogique dans la conférence de Vincent Brousseau mise en ligne le 19 juin 2015 et intitulée « L’euro avant, pendant, après », en particulier à partir de 1 h 36 min 05 secondes.

d)- de façon technique et détaillée dans l’article de Vincent Brousseau mis en ligne sur notre site le 19 août 2015 et intitulé « Ce que doit à ses consœurs une banque centrale qui quitte l’euro : La prime de sortie ».

e)- dans l’article de Vincent Brousseau mis en ligne sur notre site le 14 février 2016 et intitulé « le graphique qui affole les européistes : « Target 2 », le retour ! ».

CONCLUSION

Certes, mieux vaut tard que jamais. Et l’on ne peut que reconnaître à Patrick Artus le mérite d’avoir – ce 19 avril 2016 – commencé à briser un tabou, parmi les économistes français ayant pignon sur rue, en parlant pour la première fois de l’existence de Target 2.

Il n’en demeure pas moins que cette information survient alors que l’UPR tire la sonnette d’alarme depuis plus de 4 ans, et alors que la totalité des banquiers, des « experts » invités sur les plateaux TV et radio, et des dirigeants des autres partis politiques, ignorent tout – ou font semblant d’ignorer – ce talon d’Achille essentiel de l’euro.

Ce refus de la classe dirigeante française à reconnaître qu’elle s’est trompée sur tout depuis plusieurs décennies, en faisant le choix déraisonnable de l’euro et de la prétendue « construction européenne », me fait penser à une triste leçon de vie, formulée par Mikhaïl Gorbatchev le 7 octobre 1989 à Berlin-est, lors de la célébration des 40 ans de la RDA.

Alors que le rideau de fer s’effondrait et que le Mur de Berlin lui-même allait s’abattre un mois et deux jours après, le fossoyeur de l’URSS lança devant la foule cette phrase restée célèbre : « La vie punit celui qui arrive trop tard. »

François Asselineau

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