9 ans après la création de l’UPR, le « Prix Nobel » d’économie J. Stiglitz confirme que l’euro n’est pas viable et finira par exploser

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Dans mes conférences, j’ai déjà plusieurs fois cité l’économiste américain Joseph Stiglitz, lauréat du « prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel », généralement qualifié de « Prix Nobel d’économie » par la grande presse.

Ce professeur à l’université Columbia de New York aujourd’hui âgé de 73 ans, s’est fait connaître du grand public avec plusieurs livres fort intéressants, comme « La grande désillusion » paru à Paris, chez Plon en 2002. Le titre original en anglais est plus explicite : « Globalization and Its Discontents », ce qui signifie « La mondialisation et ses mécontentements ».

Dans cet ouvrage d’une lecture aisée, Stiglitz démonte les politiques extrêmement nocives imposées par le FMI et la Banque Mondiale aux pays sous-développés ou en difficulté.

Il y affirme, preuves à l’appui, que le FMI fait passer l’intérêt de son « principal actionnaire », c’est-à-dire les États-Unis, avant ceux des nations les moins favorisées qu’il a pourtant théoriquement pour objectif de servir. En prenant comme exemples la crise asiatique et la transition russe, Stiglitz montre que les politiques préconisées par le FMI ont souvent aggravé les problèmes dont il avait à s’occuper, entraînant des conséquences sociales dévastatrices et un accroissement de la pauvreté.

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Il y a une dizaine de jours, Stiglitz a publié en Grande-Bretagne un nouvel ouvrage, qui se veut tout aussi iconoclaste, et dont le titre en anglais est « The Euro. How a Common Currency Threatens the Future of Europe » (édité par W. W. Norton & Company).

Il est intéressant de noter que ce titre original – qui signifie « Comment UNE monnaie COMMUNE menace l’avenir de l’Europe » – a été traduit en français par « L’euro: Comment LA monnaie UNIQUE menace l’avenir de l’Europe ». (la traduction française vient de sortir en France chez l’éditeur « Les liens qui libèrent »). Preuve que les traducteurs français, victimes de l’ignorance et de la désinformation ambiantes au bord de la Seine, ignorent probablement que l’euro n’est pas une monnaie unique…

Quoi qu’il en soit, cet ouvrage qui paraît en France ce mercredi 14 septembre, explique que l’euro a été « mal conçu », qu’il a « fait plus de mal que de bien », que « bien loin d’apporter la prospérité promise par ses pères fondateurs, la zone euro s’est révélée être un carcan pour ses pays membres ». Et pour tout dire que « l’euro, au moins dans sa forme actuelle, est condamné. »

En bref, ce très médiatique « Prix Nobel d’économie » semble découvrir – et en fait confidence à la planète entière -, ce que bien d’autres ont dit avant lui, et ce que je n’ai cessé, pour ma part de dire depuis tant d’années, en prêchant dans le désert au point d’être contraint de créer l’UPR voici bientôt dix ans.

Quoi que je n’aie pas lu ce livre qui vient de sortir, je note cependant que Joseph Stiglitz lance son pavé dans la mare avec, semble-t-il, l’arrière-pensée de bâtir une… autre Europe.
C’est en tout cas ce qui semble ressortir de son entretien au Figaro, dans lequel il dit qu’il « peut être nécessaire de quitter l’euro pour sauver l’Europe. » Comme quoi l’on peut être un économiste reconnu, et avoir encore des progrès à faire en matière de compréhension géopolitique, historique, anthropologique et sociale des phénomènes en cours…
Sources :

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Joseph Stiglitz : « L’euro, au moins dans sa forme actuelle, est condamné »

et  http://www.lefigaro.fr/vox/economie/2016/09/13/31007-20160913ARTFIG00289-joseph-stiglitz-il-peut-etre-necessaire-de-quitter-l-euro-pour-sauver-l-europe.php

et http://www.lepoint.fr/economie/joseph-stiglitz-l-euro-n-est-pas-une-fin-en-soi-13-09-2016-2068122_28.php

Conclusion
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Même s’il est teinté d’alter-européisme, et même s’il semble militer pour un fumeux « plan B » qui sera rejeté immanquablement par plusieurs États, ce renfort intellectuel et médiatique d’un « ouvrier de la onzième heure » quant à la non-viabilité de l’euro ne doit pas être négligé pour autant car Joseph Stiglitz apporte aux analyses de l’UPR une éclatante confirmation.

Je rappelle à ce propos que l’UPR, loin d’envisager un nébuleux plan de rechange comme Joseph Stiglitz, est :
– le seul parti politique français à s’être créé pour faire sortir la France de l’euro,
– le seul à l’avoir mentionné dans sa Charte fondatrice et dans ses statuts déposés à la préfecture de police de Paris en mars 2007,
– le seul à l’avoir toujours dit et redit, sans jamais cultiver la moindre ambiguïté programmatique,
– le seul où tous les adhérents, sans exception, militent en faveur de cette sortie de l’euro,
– le seul qui a produit constamment des analyses écrites et des conférences pour expliquer aux Français pourquoi il est nécessaire de sortir de l’euro.

Je renvoie ici, non seulement à mes conférences et écrits, mais aussi à ceux de Vincent Brousseau (responsable national en charge de la sortie de l’euro et des questions monétaires ) et de Charles-Henri Gallois (responsable national en charge des questions économiques).

Par exemple les conférences suivantes, produites depuis plusieurs années par l’UPR et visionnées par des dizaines et des dizaines de milliers d’internautes :

François Asselineau : « Faut-il avoir peur de sortir de l’euro ? »
https://www.upr.fr/co…/faut-il-avoir-peur-de-sortir-de-leuro

François Asselineau : « La Tragédie de l’euro »
https://www.upr.fr/conferences/la-tragedie-de-leuro

Vincent Brousseau : « Sortir de l’euro : Pourquoi et comment ? »
https://www.upr.fr/confere…/sortir-de-leuro-pourquoi-comment

Vincent Brousseau : L’Euro, avant, pendant et après
https://www.upr.fr/…/vincent-brousseau-leuro-avant-pendant-…

Vincent Brousseau : « L’euro est-il irrévocable ? »
https://www.upr.fr/conferences/leuro-est-il-irrevocable

Charles-Henri Gallois : « Les illusions économiques de l’Union européenne »
https://www.upr.fr/…/les-illusions-economiques-de-l-union-e…

Aucun parti politique, non seulement n’en a fait autant, mais n’en dit autant.
Les partis européistes (LR, UDI, MoDem, EELV, PS, Nous citoyens, Nouvelle donne, etc.) refusent d’aborder la question de l’euro sur le fond. Ils se contentent d’affirmer bec et ongles qu’il faut rester dans l’euro et évoquent vaguement des réformettes (bien entendu non validées par les 27 autres États de l’UE) pour remédier au désastre.

Les partis alter-européistes (Parti de gauche, PCF, LO, NPA, DLF) font de même :
– Mélenchon avait traité de « maréchalistes » (= « pétainistes ») ceux qui veulent sortir de l’euro (le 26 juin 2011, sur la radio Europe 1, il a déclaré textuellement que « prôner la sortie de l’euro relève du maréchalisme ».)

– Dupont-Aignan n’avait même pas parlé de l’euro dans sa profession de foi de 2012 (https://www.upr.fr/…/les-masques-tombent-les-professions-de…), etc.

Enfin, le FN, fidèle à sa tactique d’enfumage permanent, dit tout et n’importe quoi sur le sujet.
Certains de ses responsables affirment qu’il faut sortir de l’euro tandis que d’autres disent exactement le contraire (Marion Maréchal Le Pen par exemple : http://www.lepoint.fr/…/marion-marechal-le-pen-sur-l-euro-o… )

Quant à Mme Le Pen, dont l’incompétence en matière économique et monétaire est aussi crasse que celle de sa nièce :
– non seulement elle n’a absolument pas proposé de sortir ni de l’UE ni de l’euro dans sa profession de foi 2012 (https://www.upr.fr/…/les-masques-tombent-les-professions-de… )
– non seulement elle est à la tête d’un parti qui cumule plusieurs dizaines de versions différentes sur sa position vis-à-vis de l’UE et de l’euro (https://www.upr.fr/…/les-21-versions-contradictoires-du-fn-…)
– mais elle a confirmé, au journal de TF1 20h00 du 8 février 2016, qu’elle n’avait « jamais » proposé de sortir de l’UE ni de l’euro ( https://www.youtube.com/watch?v=1YfvmmIyNVI )

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Au moment de voter en 2017, les électeurs devront se demander s’ils doivent accorder leur suffrage à des dirigeants de partis qui se sont trompés sur tout et qui les enfument sur tout, ou bien à un dirigeant et à un mouvement qui disent toujours la même chose depuis 10 ans, et qui ne se sont trompés sur rien.

François Asselineau
14 septembre 2016

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