Nicolas Dupont-Aignan et la sortie de l’Union européenne

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Suite à l’article du Monde: Nicolas Dupont-Aignan : « Je propose de quitter l’Union européenne dans sa forme actuelle »

Le programme de M. Dupont-Aignan a déjà été modifié de fond en comble au moins une dizaine de fois depuis la création de DLR en 1999.

Pour ne remonter qu’aux 5 dernières années :

En avril 2007, M. Dupont-Aignan a fait campagne à l’élection présidentielle en proposant de calquer les institutions de l’UE sur celles des USA :

– 1) par la création d’une Cour Suprême européenne sur le modèle de la Cour Suprême américaine (M. Dupont-Aignan ignorait probablement l’existence de la CJUE) ;
– 2) par la création d’un Sénat des États européens, avec 2 Sénateurs par État, selon un copié-collé du Sénat de Washington.

En juin 2007, M. Dupont-Aignan a fait campagne à l’élection législative de la 8e circonscription de l’Essonne en ayant pour programme un « soutien à Nicolas Sarkozy » et à « la majorité présidentielle » (cf. ses affiches locales et sa profession de foi).

En 2009, M. Dupont-Aignan a fait campagne aux élections européennes sur deux slogans différents :

– d’abord : « Osez une Europe différente »
– puis : « Assez de l’Europe de l’UMP et du PS [sic]; nous, nous voulons une Europe utile ».

Il ne disait pas un mot contre l’euro, proposait de refuser l’entrée de la Turquie dans l’UE, et voulait « un nouveau traité européen qui clarifie les compétences entre l’Union européenne et les nations ».

NOTA : C’était il y a moins de 3 ans.A titre de comparaison, rappelons que l’UPR existait depuis 2 ans et proposait déjà ce pour quoi elle s’est constituée, à savoir : la sortie de l’UE, la sortie de l’euro et la sortie de l’OTAN.

En 2010, M. Dupont-Aignan a fait campagne aux élections régionales en faisant alliance avec le parti ultra-antigaulliste et ultra-droitier CNI, l’ancien parti de Jean-Marie Le Pen.

Il ne disait pas un mot sur l’Europe et développait un programme typiquement poujadiste : exigeant plus de caméras de surveillance dans les lieux publics (!!), tapant contre les Verts et le « matraquage fiscal », etc.

Depuis le 3 février 1999, jour de création de DLR, cela fait plus de 13 ans que M. Dupont-Aignan explique, partout et tout le temps, qu’il est « hors de question pour lui de proposer de sortir de l’Union européenne ».
Il l’a dit et répété un nombre incalculable de fois.
Il a demandé à ses lieutenant et à ses militants de dénoncer le prétendu « extrémisme » de l’UPR, de brocarder notre volonté de rester toujours dans le cadre de la loi et du droit, de ridiculiser notre référence à l’article 50 du TUE, de s’indigner de notre volonté de sortir de l’UE.

Il y a encore quelques jours, M. Dupont-Aignan poursuivait cette campagne. Il a indiqué devant les caméras que « l’article 50 n’avait pas de sens ». Il a trouvé malin de croire nous tourner en ridicule, en affirmant qu’il était impossible géographiquement que la France quitte l’Europe…

Désormais aux abois devant le score qui se profile, M. Dupont-Aignan a soudain décidé, 10 jours avant le scrutin, de parler pour la première fois de l’article 50 et de la sortie de l’UE.

Mais il précise aussitôt qu’il faut sortir de l’UE pour mieux la refonder.

1)- il refuse toujours d’expliquer ce qu’est la « construction européenne » et le rôle des États-Unis derrière, il n’explique jamais pour qui travaillaient Jean Monnet et Robert Schuman,

2)- il approuve toujours le principe même de cette « construction européenne », sans jamais démasquer les mensonges de la propagande qui affirment que la France serait « isolée » si elle en sortait par exemple,

3)- il refuse toujours de voir que la « construction européenne » est la face politique de la même médaille d’asservissement à l’empire atlantiste dont la face militaire est l’OTAN,

4)- il refuse toujours d’expliquer que la « construction européenne » nous conduit tout droit à des guerres néo-coloniales et au « Choc des Civilisations »,

5)- il refuse toujours de sortir de l’OTAN,

6)- il refuse toujours de voir que le principe même de la « construction européenne » repose sur une idée racialiste, puisqu’il s’agit de procéder à une sorte d’apartheid planétaire, en distinguant le monde blanc du reste du monde.

7)- M. Dupont-Aignan milite toujours pour une « Autre Europe », en refusant d’expliquer pourquoi la « construction européenne » est est un processus autobloquant par nature (peut-être ne l’a-t-il toujours pas compris ?)

8)- il ne dit toujours pas un mot de l’existence de l’ONU et du Conseil de l’Europe, qui rendent totalement absurde et superfétatoire l’idée d’une « Autre Europe limitée à de la coopération entre les nations d’Europe ».

9)- il est toujours dans la totale incapacité d’attirer à lui massivement des électeurs de tous les bords, et notamment des électeurs de gauche, (à la différence complète de l’UPR, dont une majorité d’adhérents sont désormais de sensibilité de gauche),

10)- il a déjà négocié, comme il l’avait fait en 2007, le soutien discret de l’UMP à sa réélection dans la 8e circonscription de l’Essonne,

11)- il a annoncé qu’il pourrait proposer à Mme Le Pen ou à M. Montebourg (Young Leader de la FAF) d’être son Premier ministre (ce qui prouve au passage qu’il n’a pas le sens du ridicule), mais il n’a pas parlé de François Asselineau. Ce qui prouve qu’il sait parfaitement qu’il y a une connivence entre tous les alter-européistes, mais pas avec l’UPR.

Tout cela, les militants les plus acharnés de M. Dupont-Aignan refusent de le voir. Mais on le sait en haut lieu et dans toutes les salles de rédaction de tous les journaux.

C’est ce qui permet à Bernard Guetta, dans l’éditorial du journal Libération d’aujourd’hui, d’en conclure, en gros, que M. Dupont-Aignan est une sorte d’européiste qui s’ignore.

La déclaration au journal Le Monde d’hier 10 avril n’est donc qu’une énième palinodie de M. Dupont-Aignan. C’est un petit coup politicien qui vise à dire tout et son contraire pour tenter de rameuter tous les auditoires.

Du reste, en ce 11 avril 2012, le programme de M. Dupont-Aignan en ligne sur son site, n’a pas changé d’un iota. Il ne mentionne ni la sortie de l’UE ni l’article 50. Preuve que la déclaration au journal Le Monde n’est qu’une manœuvre de plus, ô combien scandaleuse compte tenu de l’extrême gravité des sujets évoqués.

Toute cette vaine agitation n’est donc que de la tambouille politicarde, exactement comparable à ce que font MM. Sarkozy, Hollande ou Mme Le Pen.

Ce simple rappel des faits suffit.

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