Post-Brexit : les mensonges de la propagande euro-atlantiste éclatent au grand jour

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Mes lecteurs réguliers connaissent le conseil que je prodigue constamment : si l’on ne veut pas se faire avoir par des politiciens véreux et des « experts » bidons, il est sain d’avoir le réflexe de comparer toujours les prévisions aux réalisations.

C’est ce qu’il convient de faire aussi pour l’affaire du Brexit. Les prévisions apocalyptiques des ténors de l’oligarchie euro-atlantiste sont-elles en train de se vérifier ? Ou bien sont-elles en train d’apparaître au grand jour comme une escroquerie intellectuelle pré-électorale de première grandeur ?

Retour sur épisode antérieur.

post-brexit les mensonges de la propagande euro-atlantiste eclatent au grand jour

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13 mai 2016 : Christine Lagarde se rend à Londres pour affoler les Britanniques avec des « expertises » angoissantes du FMI en cas de vote du Brexit
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Le vendredi 13 mai 2016, ayant fait exprès le voyage, la directrice générale du FMI, Christine Lagarde était venue affoler le public britannique.

Lors d’une conférence de presse à Londres, jouant à Madame Soleil, elle avait affirmé que « le PIB britannique pourrait subir un manque à gagner compris entre 1,5% et 9,5% en cas de Brexit » et qu’il y avait un « risque d’une réaction adverse du marché à court terme ».

Dame Christine avait assuré à la planète entière qu’une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne représenterait même « un risque important pour l’économie mondiale » et que « ce n’est pas une question intérieure, c’est une question internationale ».

Répondant à des journalistes qui s’étonnaient de la voir venir prendre position dans la campagne référendaire en cours, en invoquant la prétendue « expertise » du FMI, la directrice générale de cette institution totalement dans la main des Américains avait réfuté toute accusation de s’immiscer dans les affaires intérieures britanniques, en soulignant que « les experts du FMI ont fait leur travail » en décortiquant les conséquences attendues d’un Brexit. Et que « nous n’y avons rien vu de positif ».

[ Source : http://www.latribune.fr/…/le-brexit-un-risque-important-pou… ]

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18 jours après le vote du Brexit, où en est-on des prévisions de Mme Lagarde et des « experts » du FMI ?
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S’agissant du « risque d’une réaction adverse du marché à court terme », c’est pile-poil le contraire qui se produit : toutes les bourses du monde volent de records en records, à commencer par la bourse de Londres et celle de New York.

[cf; mon article par ailleurs
et cf. aussi http://lexpansion.lexpress.fr/…/wall-street-ouvre-en-hausse… ]

S’agissant du « risque important pour l’économie mondiale » ayant pour effet que le référendum britannique n’était « pas une question intérieure, [mais] une question internationale », l’oracle du FMI avait également tout faux.

Comme le précise en effet la dépêche AFP du 11 juillet à la clôture de Wall street, « les inquiétudes pour la croissance mondiale continuent à s’apaiser après les chiffres de vendredi meilleurs que prévu sur l’emploi aux Etats-Unis, et des développements politiques, surtout au Japon, qui contribuent à apporter de la bonne humeur ».

[ Source : http://www.romandie.com/…/Wall-Street-reste-sur-…/719577.rom ]

Enfin, s’agissant de l’effondrement du « PIB britannique [ qui ] pourrait subir un manque à gagner compris entre 1,5 % et 9,5 % en cas de Brexit », il est évidemment encore bien trop tôt pour formuler un jugement. On commencera à en avoir des indices vers la fin de l’année.

Cependant, on peut en avoir une première idée en regardant l’évolution du cours de la livre sterling.

La monnaie britannique a subi une dépréciation significative avec le vote du Brexit puisqu’elle cote 1,30685 dollar à la clôture ce 11 juillet. Comme elle avait fait l’objet d’achats spéculatifs, la livre cotait 1,49 dollar juste avant le référendum. La baisse actuelle est donc de -12,3% par rapport au dollar par rapport au 22 juin. Cependant, la livre sterling cotait 1,38628 dollar le 28 février dernier : le cours actuel n’est donc en baisse que de -6,3 % par rapport à la fin février.

Si la livre se stabilisait au niveau actuel, cela signifie qu’elle aurait perdu entre 6 et 10% par rapport au dollar. Une telle dépréciation, qui reste dans une fourchette modérée, aura à coup sûr des effets macro-économiques positifs sur l’économie britannique qui dépasseront les effets négatifs.

On peut en attendre une baisse des importations et une poussée des exportations britanniques, rendues soudain 6 à 10 % plus compétitives. Il devrait en découler une baisse du chômage et une accélération de la croissance, c’est-à-dire tout le contraire, encore une fois, des prophéties bidons des « experts » du FMI.

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CONCLUSION
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Le cours des événements se charge de montrer que Christine Lagarde et les employés du FMI ne sont que des menteurs ou des incompétents, et dans tous les cas des larbins de l’oligarchie.

Comme je l’ai déjà souligné quelques jours après le référendum, il se confirme donc que ce qui se déroule sous nos yeux est un scénario très comparable à ce qui s’était passé en Suède au lendemain du référendum du 14 septembre 2003 sur l’adoption de l’euro.

Tous les « experts » européistes autoproclamés avaient assuré au peuple suédois que, si jamais il commettait la folie « populiste » de refuser l’adoption de l’euro, le sort de la Suède serait scellé : la couronne suédoise s’effondrerait, la bourse de Stockholm s’écroulerait et toutes les entreprises quitteraient le pays, révulsées par tant d’horreurs.

Les Suédois avaient néanmoins voté à 57 % contre l’adoption de l’euro. Or, les jours, les mois et les années qui suivirent apportèrent le plus cinglant démenti à toutes ces histoires de Barbe-Bleue. Je renvoie ici à ma conférence « Faut-il avoir peur de sortir de l’euro ? ».

La situation économique et financière du Royaume-Uni et du monde, telle qu’elle apparaît dix-huit jours après la victoire du Brexit, révèle une nouvelle fois que les « experts » euro-atlantistes autoproclamés qui monopolisent les grands médias ont une nouvelle fois trompé les peuples, et notamment le peuple français.

S’il y a bien du souci à se faire en ce moment, ce n’est pas vers le Royaume-Uni qu’il faut regarder, mais :

vers l’Italie, où la situation des banques est plus préoccupante que jamais et où la zone euro est de nouveau au bord de l’explosion.

– vers Varsovie, où le dernier sommet de l’OTAN-UE ne laisse pas d’inquiéter quant à la dérive de plus en plus belliciste et démente des oligarques euro-atlantistes vis-à-vis de la Russie.

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Tant que les Français accorderont encore le moindre crédit à des Attali, Macron, Juppé, BHL, Lagarde, Minc, Delors, Sarkozy, Bayrou, et autres escrocs de la fausse « expertise » sans cesse promus par les propriétaires de nos grands médias, la France continuera à sombrer dans le désastre économique et social, et à se laisser entraîner vers une guerre mondiale.

Libérer la France, c’est d’abord raisonner par soi-même, comparer TOUJOURS les prédictions aux résultats, et ne plus JAMAIS croire à la terreur et à l’intimidation des euro-dictateurs.

François Asselineau