Décryptage d’une nouvelle escroquerie politique : « La VIe République » de Jean-Luc Mélenchon

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    Comme M. Montebourg avant d'entrer au gouvernement, M. Mélenchon appelle à une "VIe République" où il est question de tout... sauf de l'essentiel : son projet ne dit pas un mot du fait que la Ve République est constamment bafouée par la construction européenne. Il ne dit pas un mot non plus du fait que sa VIe République serait tout autant impuissante que l'actuelle pour régler les problèmes de la France puisqu'il refuse de sortir de l'UE !

Comme M. Montebourg avant d’entrer au gouvernement, M. Mélenchon appelle à une « VIe République » où il est question de tout… sauf de l’essentiel : son projet ne dit pas un mot du fait que la Ve République est constamment bafouée par la construction européenne. Il ne dit pas un mot non plus du fait que sa VIe République serait tout autant impuissante que l’actuelle pour régler les problèmes de la France puisqu’il refuse de sortir de l’UE !

Pour bien comprendre à quel point M.Mélenchon se moque des Français avec son projet de « VIe République », j’invite les lecteurs à visionner :

  • soit un extrait de 9 minutes tirées de ma conférence « Mais où est passée la République française ? », spécialement sélectionné par notre militant Cyril Carbonnel

LES PROBLÈMES DE LA FRANCE NE VIENNENT PAS DE LA CONSTITUTION DE LA Ve RÉPUBLIQUE. ILS VIENNENT AU CONTRAIRE DU FAIT QUE CETTE CONSTITUTION EST VIOLÉE DANS SES PRINCIPES LES PLUS FONDAMENTAUX.

Contrairement à ce qu’affirme M. Mélenchon, les problèmes de la France ne viennent pas de la Constitution de la Ve République, mais du fait que cette Constitution est violée dans ses principes les plus fondamentaux.

Reprenons en effet quelques-uns des principaux articles de notre actuelle Constitution :

ARTICLE PREMIER.

La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale.

Cet article est violé par tous ceux qui, sous influence euro-atlantiste, ne cessent de promouvoir le communautarisme et l’Europe des Régions.

M. Mélenchon en sait d’ailleurs quelque chose puisque, bien que partisan de la prétendue « construction européenne », il s’est vu contraint d’appeler à voter Non au récent référendum alsacien sur la première des Euro-régions destinées à démanteler la République française.

Ce qui désintègre la République française, ce n’est donc pas la Constitution de la Ve République, c’est au contraire l’Union européenne qui bafoue cette Constitution.

ARTICLE 2.

La langue de la République est le français.

Cet article est violé par le non respect de la loi Toubon et par l’approbation tacite des dirigeants politiques et économiques pour imposer l’anglo-américain.

A ce propos, on ne peut que regretter le silence de M. Mélenchon sur l’article 2 de la loi Fioraso, qui prévoit d’autoriser les établissements d’enseignement supérieur à prodiguer leurs cours entièrement, obligatoirement, exclusivement en langue anglaise.

Pourquoi n’a-t-il pas appelé à signer notre pétition en ligne ?

L’emblème national est le drapeau tricolore,bleu, blanc, rouge.

Cet article est violé par toutes les institutions publiques qui arborent le drapeau européen bleu aux étoiles d’or, symbole de pouvoir céleste échappant au pouvoir du peuple souverain.

Ce qui désintègre la République française, ce n’est donc pas la Constitution de la Ve République, c’est au contraire l’Union européenne qui bafoue cette Constitution.

ARTICLE 3.

La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum. Aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice.

Cet article a été ouvertement violé par les suites données au référendum du 29 mai 2005. Car les députés qui ont voté en 2008 en faveur du traité de Lisbonne se sont permis de contredire ce qu’avait décidé le peuple français par référendum dans son entier. Comment les députés – qui ne représentent qu’une « section du peuple » – ont-ils pu changer ce qu’avait décidé souverainement 55% des Français ?

Il est à noter que François Hollande a fait partie des députés qui ont ainsi violé l’esprit de cet article 3. Il est à noter que cela n’a pas empêché M. Mélenchon d’appeler à voter pour François Hollande au 2e tour de l’élection présidentielle.

Quoi qu’il en soit, et encore une fois, ce qui désintègre la République française, ce n’est donc pas la Constitution de la Ve République, c’est au contraire l’Union européenne qui bafoue cette Constitution.

ARTICLE 4.

Les partis et groupements politiques concourent à l’expression du suffrage. Ils se forment et exercent leur activité librement. Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie

Cet article est violé par tous les partis politiques qui ont approuvé les traités européens, et par tous les partis qui font pression sur les maires au moment des 500 parrainages à l’élection présidentielle. En d’autres termes, et sauf à ce que l’on précise que les mots utilisés dans notre Constitution n’ont pas de sens, l’UMP, le MODEM, EELV et le PS sont – à juridiquement parler – des partis inconstitutionnels.

Ce qui désintègre la République française, ce n’est donc pas la Constitution de la Ve République, c’est au contraire l’Union européenne qui bafoue cette Constitution.

La loi garantit les expressions pluralistes des opinions et la participation équitable des partis et groupements politiques à la vie démocratique de la Nation.

Cet article est violé effrontément par le système électoral et médiatique.

ARTICLE 5.

Le Président de la République veille au respect de la Constitution. Il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l’État. 

Cet article est violé dans son esprit par le démantèlement et la privatisation des services publics. Lequel découle directement des décisions européennes, en particulier les « Grandes Orientations des Politiques Économiques » fixées en vertu de l’article 121 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE).  

Il est le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire et du respect des traités.

Cet article est violé par tous les présidents de la République à partir de Valéry Giscard d’Estaing, puisque le principe même de l’Union européenne contrevient à celui de l’indépendance nationale.

Encore une fois, ce qui désintègre la République française, ce n’est donc pas la Constitution de la Ve République, c’est au contraire l’Union européenne qui bafoue cette Constitution.

ARTICLE 15.

Le Président de la République est le chef des armées.

Cet article est dénaturé par l’article 42 du TUE qui subordonnant la défense de l’UE à l’Alliance atlantique, et qui a justifié la réintégration de la France dans l’OTAN. Désormais, le vrai chef des armées françaises se situe quelque part entre Bruxelles (siège de l’OTAN) et Washington, et de moins en moins à l’Élysée.

Encore une fois, ce qui désintègre la République française, ce n’est donc pas la Constitution de la Ve République, c’est au contraire l’Union européenne qui bafoue cette Constitution.

ARTICLE 20.

Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la nation.

Cet article est vidé de substance par toutes les directives européennes, les « Grandes Orientations des Politiques Économiques » prévues par l’article 121 du TFUE, les dispositions budgétaires de plus en plus coercitives fixées par la Commission européenne et la BCE en application du TSCG, etc.

Encore une fois, ce qui désintègre la République française, ce n’est donc pas la Constitution de la Ve République, c’est au contraire l’Union européenne qui bafoue cette Constitution.

[pour une description exhaustive de tous ces articles violés de notre Constitution, et d’autres, le lecteur est invité à visionner ma conférence « Mais où est passée la République française ?«  ]

LE PROGRAMME DE M. MÉLENCHON ÉLUDE LA QUESTION EUROPÉENNE EN PROMETTANT LE BOBARD ÉCULÉ D’UNE « AUTRE EUROPE »

Pour ceux qui auraient des doutes quant à cette affirmation, je renvoie au programme officiel de M. Mélenchon.

  • Le chapitre 6 (page 24 du document en PDF) est appelé « Convoquer l’Assemblée Constituante de la VIe République ». Comme pourront le constater les lecteurs de leurs propres yeux, ce programme élude purement et simplement la question du vol de souveraineté par la prétendue « construction européenne » ! Incroyable, mais vrai.
  • La question européenne est reléguée au chapitre 7 suivant (page 27), comme si elle n’avait pas d’impact sur nos institutions. Et, comme pourront également le constater les lecteurs de leurs propres yeux,  M. Mélenchon passe son temps à lancer des propositions dont la mise en œuvre dépend de 26 autres États et de 26 autres peuples et pas seulement des Français.Le programme de M.Mélenchon fait ainsi exactement comme si l’avis de ces autres peuples et de ces autres pays n’existait pas. Il ne précise jamais comment il va faire pour convaincre l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays Bas, la Finlande, le Luxembourg, l’Autriche, les trois pays baltes, etc., de se rallier soudain à ses propres propositions, alors que cela fait des décennies que l’on a eu la preuve du contraire.

CONCLUSION : LA « VIe RÉPUBLIQUE », NOUVELLE MANŒUVRE DE DIVERSION POUR PROTÉGER LA PRÉTENDUE CONSTRUCTION EUROPÉENNE

À la différence absolue de l’UPR, M. Mélenchon refuse d’expliquer aux Français que le problème fondamental de la France est d’abord et avant tout que nous ne sommes plus les maîtres de notre destin collectif.

À la différence absolue de l’UPR, M. Mélenchon refuse d’expliquer aux Français que la prétendue « construction européenne » est :

  • une machine de guerre de type ethno-racialiste,
  • conçue aux États-Unis depuis 1950,
  • qui engendre un système auto-bloquant très ingénieux et insurmontable, du fait de l’irréductible divergence des 27 intérêts nationaux,
  • qui nous place donc sous la domination d’une oligarchie euro-atlantiste,
  • laquelle nous entraîne vers des guerres néo-coloniales et le « Choc des Civilisations ».

Bien au contraire, M. Mélenchon entretient cette fiction selon laquelle la prétendue « construction européenne » serait une invention européenne, et qu’il suffirait d’un peu de bonne volonté pour « changer d’Europe ». Jamais, au grand jamais, M. Mélenchon n’explique que les 26 autres États de l’UE ne veulent pas de l’Europe à la française qu’il propose.

L’opération « VIe République » n’est ainsi qu’une manœuvre de diversion, qui sert à dévier la colère populaire vers un faux objet. Le fin mot de l’opération est de protéger la prétendue « construction européenne » que M. Mélenchon soutient mordicus, envers et contre tout.

Au fond, M. Mélenchon est totalement inoffensif pour le Système euro-atlantiste qu’il prétend combattre. C’est pour cela qu’il bénéficie d’une couverture médiatique spectaculaire.