Nouvelle pantalonnade gouvernementale : Le tout nouveau ministre du commerce extérieur est viré au bout de 9 jours, probablement pour fraude fiscale

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Il s’appelait Thomas Thévenoud. Paraît-il que c’était, avec Emmanuel Macron, le nouveau jeune talent prometteur du PS.

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Né en 1974, ce député « socialiste » de Saône-et-Loire était porte-parole du groupe PS et proche de Montebourg. Il avait été nommé, le 26 août dernier, Secrétaire d’État chargé du commerce extérieur, de la promotion du tourisme et des Français de l’étranger, dans le nouveau gouvernement Valls-2.

Le journal Le Monde lui avait aussitôt consacré un portrait flatteur. Il l’avait qualifié « d’affable avec les journalistes et fin politique » et avait fait part à ses lecteurs de ce jugement :

« Pour Manuel Valls et François Hollande, qui ne veulent pas couper les ponts avec la gauche du parti, Thomas Thévenoud est une bonne prise. Entré à 26 ans au cabinet de Laurent Fabius, à Bercy (2000-2002), Thomas Thévenoud n’a jamais été un proche de François Hollande – il avait soutenu Martine Aubry à la primaire socialiste pour l’élection présidentielle de 2012 –, à la différence du président de groupe, Bruno Le Roux. En revanche, il est bien vu par Claude Bartolone, le président de l’Assemblée, qui apprécie son énergie et son travail sur les dossiers. »
( http://www.lemonde.fr/politique/article/2014/08/26/thomas-thevenoud-nomme-au-commerce-exterieur_4477194_823448.html)

Eh bien, 9 jours après, patatras ! La nouvelle star s’est éteinte.
Le « fin politique » a été prié de déguerpir du gouvernement, sans tambours ni trompettes.

Et son éviction a donné lieu à un nouveau cafouillage au sommet.

Dans un premier temps, un communiqué publié cet après-midi par l’Élysée a indiqué que le départ de Thomas Thévenoud intervenait « à sa demande et pour des raisons personnelles ».

Mais dans un deuxième temps, Matignon a indiqué à l’AFP qu’il s’agissait d’un problème de « conformité avec les impôts ». Et de préciser : « Le premier ministre a considéré que, suite à une situation découverte après sa nomination, M. Thévenoud ne pouvait poursuivre sa fonction. Le premier ministre et M. Thévenoud ont convenu que ce dernier devait remettre sa démission. » Matignon a indiqué encore que « M. Thévenoud aura l’occasion de préciser les motifs de sa démission ».

On n’en sait pas plus pour l’instant. Mais pour que l’affaire ait été expédiée aussi promptement, c’est que le « problème de conformité avec les impôts » doit être assez croquignolet…

En bon français, d’ailleurs, un « problème de conformité avec les impôts » s’appelle normalement un soupçon de fraude fiscale, avéré ou pas.

S’il ne s’agissait pas de l’avenir angoissant de notre pays, il y aurait matière à éclater de rire devant le duo aussi grotesque qui siège aujourd’hui à l’Élysée et à Matignon.

Que dire de plus ? Si ce n’est que chaque jour – et presque chaque heure – qui passe révèle de nouveaux abîmes de bêtise, d’imprévoyance, d’incompétence, d’escroquerie et de tartufferie chez ceux qui ont théoriquement en charge notre avenir collectif.

Dernière précision : le nouveau ministre du commerce extérieur s’appelle Matthias Fekl. Il a 37 ans, est né outre-Rhin d’un père allemand et d’une mère française et a passé une partie de son enfance à Berlin.

La presse aux ordres va-t-elle en profiter pour nous refaire un coup de trémolo sur l’Europe et le « couple franco-allemand » ? Ou bien, même les journalistes les mieux disposés finissant par se lasser, va-t-elle pudiquement ne traiter qu’en 15 secondes ce énième remaniement ministériel ?

François Asselineau