L’éclatement de Syriza : 25 députés – qui refusent d’être les collabos des euro-atlantistes – créent un nouveau parti

Télécharger en PDF
Lecture : 4 min

Grèce : L’éclatement de Syriza : 25 députés de Syriza – qui refusent d’être les collabos des euro-atlantistes – créent un nouveau parti et l’appellent … “Unité populaire”.

11889498_10153607448462612_1362583972353175814_nEn photo : Panayótis Lafazánis, mathématicien et homme politique grec, député démissionnaire de Syriza et président du nouveau parti “Unité populaire”.

25 députés de Syriza, qui estiment non sans raison avoir été bernés par Tsipras et qui refusent le nouveau plan d’austérité imposé par la BCE, le FMI et la Commission européenne, ont décidé de claquer la porte de ce mouvement leurre et de créer un nouveau parti politique, favorable semble-t-il à une sortie de l’euro.

Il est intéressant de noter que ce nouveau parti grec – qui semble vouloir lever enfin les ambiguïtés et les leurres alter-européistes de Syriza – s’appelle… “Unité populaire” (en grec: Λαϊκή Ενότητα, “Laiki Enótita”).

Le nom du parti est inspiré, paraît-il, de “Unidad Popular”, l’alliance chilienne mené par Salvador Allende en 1970. Mais on ne peut pas s’empêcher de rapprocher ce nom de “Unité Populaire Républicaine”… UPR en somme.

Je suis enclin à y voir un peu plus qu’une coïncidence amusante.

Je pense que, les mêmes causes produisant les mêmes effets dans tous les pays de la prétendue « construction européenne », les personnes honnêtes et désintéressées – cherchant vraiment à sauver leur pays du désastre en cours – sont inéluctablement contraints, par les faits, à parvenir petit à petit aux mêmes types d’analyses et de programmes, et au même besoin de rassemblement national, que celui que propose l’UPR depuis 8 ans.

Je ne dis pas que les 25 députés dissidents de Syriza qui ont créé cette “Unité Populaire” connaissent nécessairement l’UPR. Il est possible que certains aient entendu parler de nous, mais ce n’est pas sûr du tout.

J’espère qu’ils pourront se rapprocher de l’EPAM – que l’UPR connaît bien – mais je crains qu’ils ne sachent pas dépasser le clivage droite-gauche et que leur nouveau parti se bâtisse uniquement à “la gauche de la gauche”.

Ce serait alors très fâcheux. Car la situation de la Grèce – comme de la France – est tellement grave que seule une grande union populaire transpartisane, apte à rassembler des millions de citoyens de toutes les opinions – de droite, du centre et de gauche -, pourra parvenir à la libération nationale, et à faire lâcher prise à l’oligarchie euro-atlantiste.

Ce que je dis simplement, c’est que les analyses, le programme et la constitution d’un large rassemblement de libération nationale – toutes ces idées qui sont les idées centrales de l’UPR depuis 2007 – sont désormais, et de plus en plus, dans l’air du temps.

De même qu’est dans l’air du temps la fin inéluctable de tous les hypocrites et de tous les leurres alter-européistes, ultra-médiatisés par le système qu’ils font semblant de combattre.

Tout se passe comme si, de Paris à Athènes, de Vienne à Londres, et d’Helsinki à Berlin, les peuples d’Europe commençaient enfin à se réveiller d’une longue torpeur et à chercher, à tâtons, la porte de sortie de ce cauchemar. Et que ce cheminement à tâtons conduisait inéluctablement à la rupture avec les leurres alter-européistes et aux mêmes solutions que celles proposées et mises en œuvre par l’UPR.

Comme le dit ce dicton (attribué sans preuve à Victor Hugo),  « rien n’est plus fort qu’une idée dont l’heure est venue. »

François Asselineau

Dépêche à lire ici : http://www.romandie.com/news/Grece-Syriza-et-ses-frondeurs-secharpent-avant-le-scrutin/623223.rom