QUI assassine nos chevaux ? – Des atrocités qui sont aussi le symptôme d’une société malade.

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Depuis quelques semaines, il ne se passe presque pas un jour en cette rentrée 2020, sans qu’on retrouve un cheval mort, atrocement mutilé, voire vidé de son sang, quelque part en France

Ces actes de cruauté se sont déroulés dans une vingtaine de départements en France.

Des chevaux dans des prés isolés sont, soit attrapés et attachés, soit poussés à l’épuisement pour ceux qui ne se laissent pas attraper, soit drogués. Ils sont alors atrocement mutilés (oreille, œil, parties génitales). Parfois, leur sang est récupéré.

Le ministre de l’agriculture, Julien Denormandie, s’est borné à remarquer : « Il y a manifestement un professionnalisme, des personnes qui agissent avec une certaine technicité ».

Certes, mais les éleveurs et tous ceux qui sont attentifs au bien-être animal le savaient déjà. Ils attendent bien davantage de la part de l’État que de voir un ministre commenter des faits divers.

Ceux qui commettent ces atrocités sont donc des personnes qui connaissent les chevaux.

Dans quel but font-ils ça ?

On pourrait imaginer qu’il s’agit d’un malade mental. Mais autant d’attaques, et tant de départements d’un seul coup, cela paraît bizarre et donne à penser qu’il peut y avoir plusieurs personnes en cause.

Pourquoi des actes aussi cruels, nombreux, réguliers ? Pour de l’argent ? Un pari ou un jeu répugnant entre des désoeuvrés ? Une croyance ?

Certains observateurs rappellent qu’il existe un usage satanique qui veut que l’on sacrifie un être humain ou un cheval pour célébrer certaines fêtes.

 Ainsi, Jacky Cordonnier, historien des religions et membre de la Miviludes – Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires – qui épaule les enquêteurs en leur apportant toute son expertise sur les différentes sectes et leurs méthodes , estime que le sang pourrait être utilisé pour de la “magie rouge”.

Selon lui, il pourrait s’agir de commandes, les adeptes de sorcellerie n’étant pas ceux qui tuent forcément les chevaux, n’en ayant probablement pas les capacités.

Des précédents aux États-Unis et en Europe

Selon  Jacky Cordonnier, des mutilations ont eu lieu au milieu des années 1970 chez des éleveurs bovins et des propriétaires de chevaux aux États-Unis. Mais les enquêtes ont conclu à des blessures causées par des animaux sauvages.

Dans les années 1980, 500 chevaux ont été mutilés en Grande-Bretagne et en Allemagne. Depuis cette période, environ 2 000 cas ont été recensés dans toute l’Europe.

Certains propriétaires français réalisent maintenant que leur cheval, découvert il y a deux ou trois ans avec l’oreille coupée, pourrait bien faire partie de ces cas.

Les propriétaires et éleveurs de chevaux se mobilisent

Du fait de la multiplication de ces actes affreux, l’émotion est devenue considérable chez les éleveurs de chevaux comme chez tous les amoureux des animaux et de la nature.

La Fédération Française d’Équitation (FFE) s’est fort à propos portée partie civile et a heureusement réaffirmé sa détermination à lutter contre la maltraitance envers les équidés.

« On ne peut être qu’horrifié devant ces actes de cruauté qui se multiplient », a réagi le président de la FFE, Serge Lecomte. « Notre détermination à lutter contre toute forme de maltraitance envers les équidés est totale et nous souhaitons, en lien avec la Ligue française de protection du cheval, mobiliser l’ensemble des acteurs de la Filière cheval en France. J’en appelle à la vigilance de tous pour mettre fin au plus vite à ces atrocités ».

Par cette action, la FFE entend combattre ces actes de barbarie et compléter l’aide qu’elle apporte déjà au service spécialisé de la Gendarmerie nationale, l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique.

Les services de l’État se mobilisent aussi

Les pouvoirs publics semblent avoir pris maintenant vraiment la mesure de l’événement.

Très active sur le terrain, la Gendarmerie nationale mène des enquêtes serrées de voisinage et a publié des “Recommandations” pour lutter contre les “Actes de cruauté sur les équidés” :

En déplacement dans l’Oise pour rencontrer des éleveurs de chevaux en alerte, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a indiqué, lundi 7 septembre, que 153 enquêtes sont désormais ouvertes en France. Ces investigations ont lieu “partout en France, dans plus de la moitié des départements”.

Le ministre a précisé qu’environ 30 enquêtes concernent “des faits particulièrement graves”, qui ont entraîné la mort des chevaux ou qui ont occasionné des “blessures extrêmement violentes”.

Il a appelé les propriétaires de chevaux “à ne pas se faire justice eux-mêmes”. “Le drame dans le drame serait qu’un (…) propriétaire, pris par la peur, par la vengeance, ait envie de sortir son fusil, un arme, ou d’aller se battre avec une personne qu’il soupçonnerait d’être quelqu’un qui viendrait s’en prendre à ses chevaux”.

Un premier suspect, qui avait été interpellé hier lundi 7 septembre dans le Haut-Rhin et placé en garde à vue, a rapidement pu produire un alibi qui l’a mis hors de cause. Il a été libéré ce mardi.

Conclusion : des atrocités qui sont aussi le symptôme d’une société malade

Dans ses Fondements de la métaphysique des mœurs, publiés en 1785, le célèbre philosophe allemand Emmanuel Kant a porté ce jugement : “La cruauté envers les animaux est la violation d’un devoir de l’homme envers lui-même.”

Le devoir d’un être humain et civilisé est en effet de respecter les animaux, de les aimer, de comprendre leur sensibilité et de leur permettre, dans toute la mesure du possible, de vivre une vie épanouissante.

La violence purement gratuite et sadique contre les animaux témoigne d’un psychisme déréglé, bien à l’image – hélas ! – de la société de plus en plus inhumaine dans laquelle nous vivons.

Car lorsque l’on ne respecte pas les hommes, lorsque l’on ne les conçoit avec cynisme que comme de simples “agents économiques” n’ayant pour seule fonction que de “consommer”, lorsque l’on ne pense de plus en plus qu’à soi, lorsque les valeurs ancestrales de don et d’amour du prochain sont ridiculisées, on en vient à mépriser son prochain et à porter le même regard cynique, marchand, inhumain, sur les animaux. Et réciproquement.

Le combat que mène l’UPR pour faire cesser la dictature de l’Argent-roi, la démolition du droit du travail, le cynisme permanent, qui gangrènent le monde occidental contemporain, passe donc aussi par le respect et l’amour des animaux.

Le romancier français du XIXe siècle Léon Bloy nous a justement mis en garde en écrivant que “les animaux sont entre nos mains le gage du paradis perdu”.

Commission Bien-être animal de l’UPR
Pascale Henry
08 septembre 2020


Pascale HENRY, 59 ans, est responsable d’un poney club. Adhérente à l’UPR depuis 2016, elle s’est présentée aux élections législatives en 2017 et a été nommée Déléguée départementale de l’UPR dans la Vienne en 2019. Élue le 11 juillet 2020 au nouveau Bureau national du mouvement comme membre titulaire, elle est désormais en charge de la Commission “Bien-être animal” de l’UPR.

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Les lecteurs trouveront ci dessous quelques articles de presse relayant ces informations.

https://fr.euronews.com/2020/09/04/rite-satanique-secte-de-plus-en-plus-de-chevaux-sont-sauvagement-mutiles-et-tues-en-france

https://www.lepoint.fr/societe/chevaux-mutiles-les-gendarmes-identifient-des-elements-de-rite-satanique-28-08-2020-2389371_23.php

https://www.laprovence.com/actu/en-direct/6095405/mutilations-de-chevaux-des-rites-sataniques-au-mimetisme-les-gendarmes-emettent-plusieurs-hypotheses.html

https://www.laprovence.com/article/edition-arles/6090801/mutilation-de-chevaux-rite-satanique-ou-defi-macabre.html

https://www.centre-presse.fr/article-755950-premier-cas-de-cheval-mutile-a-mort-en-limousin.html

L’article de presse suivant recense tous les cas en France.

https://www.liberation.fr/checknews/2020/09/03/trente-six-cas-de-chevaux-mutiles-enquete-sur-une-macabre-serie_1798254

https://www.ffe.com/Actualites-Federales/La-FFE-determinee-a-lutter-contre-la-maltraitance-envers-les-equides

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