RENAULT PRÉVOIT DE FERMER DES USINES EN FRANCE, NISSAN INVESTIT AU ROYAUME-UNI….. Les faits se chargent de révéler les terribles mensonges de la propagande anti-Brexit.

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Les restructurations annoncées depuis quelques jours dans le secteur automobile en Europe – et notamment de Renault – ont été l’occasion de jeter une nouvelle fois une lumière crue sur l’ampleur de la propagande mensongère des médias – et notamment des médias français – contre le Brexit.

Il est d’autant plus utile d’y revenir que nos médias ont été particulièrement discrets sur l’un des aspects des restructurations annoncées : à savoir que l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi a décidé de fermer des usines en Espagne et en France… et de développer son usine au Royaume-Uni pour y concentrer sa production !

Tout cela serait très drôle si les conséquences pour notre pays n’en étaient pas si dramatiques.

Procédons à un petit retour en arrière.

Automne 2019 : les médias français affirment que le Brexit va détruire l’industrie automobile britannique

Il y a 8 mois, le magazine Le Point du 24 septembre 2019 consacrait un article au secteur automobile, sous un titre terrifiant : “Brexit : l’effondrement qui guette l’industrie automobile”, et un sous-titre non moins angoissant : “Dépendant à 80 % des exportations, le Royaume-Uni, qui assemble plus de voitures que la France, expose l’Europe à un séisme en cas de Brexit dur.”

Le magazine expliquait doctement à ses lecteurs, non seulement que « le Royaume-Uni risquerait de faire face à des pénuries de nourriture en cas de Brexit dur » mais qu’« avec une réduction de 70 % des investissements depuis le début de l’année et des menaces répétées de fermetures d’usine, le Royaume-Uni s’expose à une catastrophe industrielle sur [le] seul secteur [automobile]. »

Le magazine expliquait aussi que le Royaume-Uni entraînerait le reste des pays d’Europe dans le désastre, « l’Allemagne ayant déjà calculé qu’une telle éventualité impactera 15 000 emplois chez elle.»

Et Le Point soulignait l’irresponsabilité des acteurs du Brexit en affirmant : « Dans ce contexte dramatique dont les acteurs du Brexit ne mesurent pas les conséquences, l’industrie automobile européenne a mis, lundi, en garde contre les effets catastrophiques d’un Brexit sans accord. Elle estime qu’un « no deal » ferait l’effet d’un « séisme » sur la fabrication de voitures en Europe.»

Une dizaine de jours après, le magazine Capital du 2 novembre 2019 renchérissait sur le magazine Le Point en se faisant plus précis et plus menaçant : “Brexit : Nissan menace de fermer son usine de Sunderland au Royaume-Uni”.

Le magazine Capital assurait à ses lecteurs que « Nissan pourrait fermer le site de Sunderland (qui emploie près de 7.000 personnes, pour plus de 400.000 véhicules fabriqués par an) en cas de Brexit sans accord (No Deal). La filiale de Renault risquerait ainsi de porter un nouveau coup à l’industrie automobile du Royaume-Uni. »

Et de préciser que « le constructeur japonais Nissan pourrait renoncer à produire le crossover Qashqai au Royaume-Uni en cas de Brexit sans accord, ce qui menacerait l’usine de Sunderland. »

Cette prose était délibérément angoissante car, interrogé par l’AFP, le constructeur Nissan s’était fait beaucoup moins alarmiste. Il s’était contenté de répondre qu’il souhaitait « ne pas commenter les scénarios spéculatifs. Nos plans pour la production du Qashqai à Sunderland n’ont pas changé. Nous faisons partie de ces entreprises avec des investissements majeurs au Royaume-Uni qui attendent de la clarté concernant la future relation commerciale entre le Royaume-Uni et l’UE. » Une prudence qui démentait donc le titre même de l’article de Capital

Les événements survenus depuis lors expliquent ô combien pourquoi Nissan avait fait cette réponse prudente.

Les Britanniques anti-Brexit sont eux aussi formatés par leurs médias et leur “project fear”. Le 18 février 2019, des manifestants anti-Brexit devant le parlement de Londres brandissent des pancartes qui affirment que le Brexit se traduira par le départ massif des usines de fabrication automobile étrangère.

Juin 2020 : où en sommes-nous ?

Un peu plus d’un semestre après ces prévisions terrifiantes, où en sommes-nous ?

D’une part le Brexit a juridiquement eu lieu, le 31 janvier 2020, sans que le ciel ne tombe sur la tête de quiconque. Certes, nous sommes encore dans une période transitoire et il faudra attendre la fin de l’année pour savoir s’il y aura ou non un Brexit sans accord. Mais cela n’empêche pas, comme on va le voir, les industriels de l’automobile de prendre des décisions stratégiques pour leurs investissements, décisions dont les conséquences se feront sentir pendant de nombreuses années.

D’autre part, la situation automobile mondiale connaît un véritable séisme, certes, mais ce séisme n’a strictement rien à voir avec le Brexit. La pandémie de Covid-19 et le grand confinement des populations décidé au niveau mondial ont provoqué un effondrement sans précédent, à la fois de la demande et de la production d’automobiles.

Parmi les premiers producteurs d’automobiles impactés figurent le groupe français Renault et le constructeur japonais Nissan, lié à Renault depuis 1999 à travers l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi.

Face à la situation catastrophique de l’industrie automobile, qu’ont donc décidé les deux groupes ?

28 mai 2020 : Nissan annonce la fermeture d’usines en Espagne et… le renforcement de son usine au Royaume-Uni où elle investit 1,12 milliard d’euros !

Comme on l’a appris à la lecture du magazine britannique spécialisé Autocar du 28 mai 2020, Nissan vient d’annoncer :

a) – des réductions majeures de ses capacités de production en Espagne,

b) – et de renforcer son usine britannique de Sunderland.


Cette usine est précisément celle dont le magazine français Capital nous annonçait la fermeture en novembre dernier pour cause de Brexit !

Pour entrer dans le détail :

  • Nissan conservera son usine de Sunderland comme centre de production européen malgré la fermeture d’autres de ses usines dans le monde ; l’accent y sera mis sur les modèles plus grands et les voitures de sport.
  • Nissan s’est engagé dans l’avenir de son usine britannique de Sunderland dans le cadre de son plan de réorganisation – baptisé “Nissan Next”visant à réduire sensiblement ses coûts fixes et sa capacité de production de 20% à l’échelle mondiale.
  • Dans le cadre de ce plan, Nissan a décidé de fermer son usine de Barcelone, en Espagne, entraînant la perte d’environ 2800 emplois.
  • Nissan va également fermer une usine en Indonésie. Cependant, il entend maintenir Sunderland comme base de production pour l’Europe et pour “tirer parti de l’Alliance” avec Renault.
  • Ce plan fait partie d’un nouvel accord plus large de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi pour les trois entreprises afin d’augmenter le partage de technologies en se concentrant sur les marchés et les gammes de produits clés.
  • Bien que cela ne soit pas confirmé, des rapports récents suggèrent que l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi prévoit de produire au Royaume-Uni la production de modèles Renault – à savoir les SUV Kadjar et Captur.

    NOTA :

    Le Renault Kadjar est un SUV Compact présenté en février 2015 et commercialisé depuis juin 2015. Il utilise la plate-forme modulaire CMF-C/D, développée par Renault-Nissan et utilisée notamment par le Nissan Qashqai. En Europe, il est actuellement fabriqué dans l’usine de Palencia en Espagne ; sa fabrication devrait donc être transférée de l’Espagne au Royaume-Uni.

    – La Renault Captur est un crossover produit de 2013 à 2019, qui a été remplacé par une deuxième génération en octobre 2019. Ce modèle est actuellement fabriqué, en Europe, dans l’usine de Valladolid en Espagne et sa fabrication devrait donc être transférée de l’Espagne au Royaume-Uni.

Comme on peut le lire, ce 1er juin 2020, sur le site Internet de l’entreprise, Nissan vient d’investir dans une ligne de presse de grande taille sur son site de Sunderland afin de fortifier la production britannique des crossovers et véhicules électriques.

Pour agrandir son site industriel, le constructeur japonais a investi 37 millions de livres sterling (soit 41,4 millions d’euros) dans le but d’installer cette nouvelle presse de 5,2 tonnes. Comme sept lignes de presse sont déjà en place, une fois cette nouvelle et huitième presse installée (qui sera la plus importante du site) et une fois que la zone de stockage des panneaux de carrosserie sera achevée, le site industriel de Sunderland aura une surface totale de 362 000m², soit l’équivalent de plus de 50 terrains de football.

En ce début d’année 2020, Nissan a annoncé un investissement global de plus d’un milliard de livres sterling (soit 1,12 milliard d’euros) dans la production de véhicules au Royaume-Uni. Avec cette nouvelle installation, le constructeur aide la Grande-Bretagne à renaître en matière d’industrie automobile grâce à la construction de véhicules à faible consommation, dans laquelle, le pays a déjà une réputation grandissante.

Comme le conclut fièrement le site Internet de Nissan, c’est bien à une véritable « renaissance britannique de l’industrie automobile » à laquelle l’entreprise participe.

Saisie d’écran du site de Nissan au 1er juin 2020

29 mai 2020 : Renault annonce un plan de suppression d’usines et de 4 600 emplois en France et de 15 000 emplois dans le monde.

Le constructeur automobile français Renault a annoncé officiellement, vendredi 29 mai, un plan d’économies de 2 milliards d’euros qui prévoit la suppression d’environ 15 000 emplois dans le monde, dont 4 600 en France. 

Le constructeur automobile a aussi dévoilé un projet de restructuration pour six de ses usines en France. Ces « hypothèses de travail » vont faire l’objet d’une « concertation approfondie avec l’ensemble des parties prenantes et en particulier les partenaires sociaux et les collectivités locales ».

Bien entendu, ce langage convenu laisse craindre le pire, d’autant que Renault connaît une situation de plus en plus problématique depuis un an. Après avoir enregistré en 2019 sa première perte nette en dix ans, Renault est de nouveau fragilisé par la crise sanitaire. En avril, ses livraisons vers les pays de l’Union européenne ont chuté de 79%.

La vérité oblige à dire que l’avenir des 6 usines en question – sur les 14 sites industriels de Renault en France – va de très incertain à condamné à court ou moyen terme.

Passons les en revue (source de ces informations ici)

  • 1°) L’usine de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne) va fermer en 2022

Ouverte en 1949, cette usine est spécialisée dans la rénovation des pièces mécaniques des voitures. Elle possède des ateliers de démontage et d’assemblage qui produisent des moteurs et des boîtes de vitesses mécaniques. Quelque 260 salariés y travaillent.

Le plan prévoit sa fermeture en 2022.  Son, activité doit être transférée vers celle de Flins (Yvelines), à une soixantaine de kilomètres de là.

  • 2°) L’usine de Flins (Yvelines) va fermer sa production automobile en 2024

Créée en 1952, le site industriel de Flins emploie 2 640 personnes. Spécialisé dans la production de citadines, c’est le site français qui a fabriqué le plus de véhicules en 2019, avec plus de 60 000 Clio, Zoe et Micra produites.

Le plan présenté par Renault prévoit que la production automobile cessera à la fin de la Zoe, après 2024. L’usine « n’a pas une rentabilité suffisante ». Elle souffrirait aussi de sa grande taille et d’un bassin d’emplois trop proche de Paris.

Elle sera reconvertie et récupèrera l’activité de réparation de pièces du site de Choisy-le-Roi. Le site pourrait devenir un « pôle d’économie circulaire ». Durant le confinement, l’usine a déjà changé d’activité en produisant… des masques chirurgicaux pour l’ensemble des sites et des concessions d’Europe. 

  • 3°) Le site de Dieppe (Seine-Maritime) a un avenir très incertain

Créée en 1969, l’usine de Dieppe est principalement connue pour l’assemblage de l’Alpine A110, un coupé sportif lancé il y a deux ans. L’usine produit également des véhicules de petite série et compte environ 400 salariés. En début d’année, la cadence de production de l’Alpine A110 a été réduite de 15 à 7 véhicules par jour, ce qui est de mauvais augure.

Le plan dévoilé par Renault laisse présager un avenir très incertain pour cette usine. À l’heure actuelle, les emplois du site de Dieppe ne sont pas directement menacés, mais cette situation est conditionnée par l’avenir de l’Alpine. Or Renault veut conduire une « réflexion sur la reconversion de l’usine, à la fin de la production de l’Alpine A110 ». 

L’usine n’est pas équipée pour fabriquer le futur SUV Alpine, censé développer la marque. Certains peuvent légitimement se demander si ce nouveau SUV ne verra pas sa production transférée dans l’usine britannique de Sunderland, où va être transféré, depuis l’Espagne, le SUV Kadjar comme nous l’avons vu précédemment.

  • 4°) La Fonderie de Bretagne à Caudan (Morbihan) a un avenir très compromis

La Fonderie de Bretagne (FDB) anciennement Société bretonne de fonderie et mécanique (SBFM), est une société créée en 1966 par la régie Renault à Caudan, près de Lorient. L’entreprise a changé plusieurs fois de mains. Elle a été cédée en 1998 par Renault au groupe italien Teksid, lequel l’a revendue en 2006 au groupe italien Zen. L’entreprise a déposé son bilan en novembre 2008 et a été reprise par Renault en septembre 2009, suite aux interventions politiques de Jean-Yves Le Drian, élu du Morbihan. Cette usine produit des pièces de fonderie brutes et des pièces pour les moteurs et les boîtes de vitesses. Au total, 385 personnes y travaillent.

Si la fermeture du site n’est officiellement pas à l’ordre du jour immédiatement, son devenir reste tout de même plus que compromis. Même si Jean-Yves Le Drian, aujourd’hui ministre des affaires étrangères, est de nouveau très actif sur ce dossier, le plan d’économies présenté par Renault prévoit une « revue stratégique » de l’usine, ce qui ne présage rien de bon.

Du reste, le PDG de Renault Jean-Dominique Sénard vient tout juste d’annoncer, dimanche 31 mai 2020, que « la Fonderie de Bretagne n’a pas vocation à rester au sein du groupe Renault » et qu’elle « pourrait être vendue. »

  • 5°) et 6°) L’usine de Maubeuge et l’usine de Douai, dans le Nord, menacées d’être fusionnées

Spécialisée dans la production des véhicules Kangoo et de ses dérivés utilitaires, qui comptait 1 639 employés fin 2018, l’usine de Maubeuge pourrait être fusionnée avec l’usine de Douai pour créer “un centre d’excellence des véhicules électriques et utilitaires légers dans le nord de la France”.

La production des utilitaires électriques Kangoo située à Maubeuge pourrait être transférée à Douai, à 70 km de là. Cette usine qui produit les modèles Espace, Scenic et Talisman utilise actuellement moins d’un quart de ses capacités. 

Ces derniers jours, le président de la région Xavier Bertrand et des élus du Nord, dont deux députés LREM, se sont mobilisés avec des salariés contre toute éventualité de transfert. Selon le député macroniste Christophe Di Pompeo, ce plan “mettrait en péril des milliers d’emplois et bouleverserait la vie des 1 800 salariés et 600 intérimaires du site”, alors qu’il s’agit de “l’usine la plus performante du groupe”.

Enfin, dans le reste du monde, Renault a annoncé :

  • la « suspension des projets d’augmentation de capacités prévus au Maroc et en Roumanie ».
  • « l’adaptation des capacités de production en Russie et la rationalisation de la fabrication de boîtes de vitesse dans le monde ».

Conclusion : Le coupable silence sur l’euro

Résumons la situation.

Prise dans son ensemble, l’Alliance Renault-Nissan a décidé de :

  • fermer des usines en France et en Espagne,
  • ne pas développer les capacités prévues au Maroc et en Roumanie,
  • renforcer l’usine de Sunderland au Royaume-Uni.

Que cela plaise ou non aux européistes, il se trouve que ces informations montrent que les événements se déroulent de façon exactement inverse à ce qui avait été prophétisé par les médias depuis le référendum britannique sur le Brexit il y a 4 ans.

Si nous étions dans une démocratie normale, adulte et responsable, et si nos médias respectaient la Charte de Munich de 1971 qui fixe la déontologie et l’éthique du journalisme, ces informations devraient faire l’objet de nombreux débats publics. Journalistes et responsables politiques européistes devraient expliquer devant les Français pour quelles raisons leurs prophéties sont à ce point contredites par les faits.

Bien entendu, nul ne doute qu’ils sortiraient de leur chapeau des raisonnements spécieux et des pirouettes rhétoriques pour expliquer que, même si toutes leurs prophéties d’Apocalypse sur le Brexit sont contredites par les événements, ils ont raison quand même.

On les entend déjà nous exposer avec aplomb que ces tristes événements ne prouvent qu’une seule chose, c’est “qu’il faut plus d’Europe”, ou bien que “les effets négatifs du Brexit ne vont se voir que progressivement”, ou encore que “l’on ne peut pas reprocher à l’UE les fautes de gestion des dirigeants d’entreprise”, etc., etc.

Tout le monde connaît la musique. C’est la façon, usée jusqu’à la corde, qu’ont les européistes de botter en touche et de fuir leurs responsabilités dès que l’on en vient à leur demander des comptes sur les résultats réels, tangibles, et systématiquement calamiteux, qu’obtient, année après année, l’application concrète de leur idéologie.

Pourtant, si les débats publics avaient lieu, et si on laissait à de vrais opposants à l’idéologie européiste le temps nécessaire pour exposer précisément devant les Français d’autres analyses, il est probable que le pays pourrait progressivement sortir de la prison mentale dans laquelle les médias et les partis dominants ont enfermé la population.

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Sur l’avenir de la construction automobile en Europe, et sur les choix stratégiques de Renault-Nissan, il faudrait ainsi faire remarquer que les constructeurs automobiles ont décidé :
de fermer des usines en zone euro (France et Espagne) pour cause de « manque de compétitivité » ;
et de renforcer une usine britannique en zone sterling, donc hors zone euro.

Or l’on sait que, depuis le référendum sur le Brexit, la Banque d’Angleterre a laissé la livre sterling se déprécier d’environ 10 % par rapport à l’euro, ce qui a rendu mécaniquement sa compétitivité 10 % meilleure que la compétitivité française ou espagnole, toutes choses étant égales par ailleurs.

Il serait donc intéressant de demander aux dirigeants de Renault et de Nissan ce qu’auraient été leurs choix stratégiques si l’euro avait disparu et que le franc, redevenu notre monnaie nationale, avait perdu 10 à 15 % par rapport à l’actuel cours pivot de l’euro vis-à-vis du dollar (ce sont les prévisions généralement admises).

Même question pour la peseta espagnole si elle avait perdu 20 à 25 %.

Il y a cher à parier que les dirigeants de Renault, s’ils sont honnêtes intellectuellement, reconnaîtraient alors volontiers qu’avec une compétitivité externe améliorée soudain de 10 à 15 %, la quasi-totalité des sites industriels aujourd’hui menacés de fermeture en France, redeviendraient parfaitement rentables et pourraient même développer leurs activités.

En d’autres termes, il est hautement vraisemblable que la cause n°1 du “plan de restructuration” de Renault – c’est-à-dire, pour parler clair, de la poursuite de sa disparition en France – résulte de notre appartenance à la zone euro, monnaie surévaluée de 15 % par rapport à la compétitivité de notre économie.

Il est affreux de constater que les médias, les responsables politiques et les dirigeants syndicaux européistes préfèrent se taire, tuer l’industrie automobile française, et jeter des milliers de familles dans les affres du chômage, plutôt que de reconnaître qu’ils ont eu tort, et que l’euro est la cause n°1 de ces maux.

François Asselineau
1er juin 2020

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