SYRIE : François Asselineau appelle à la destitution d’Emmanuel Macron par l’article 68 de la Constitution.

Syrie : Asselineau appelle à la destitution de Macron par l’article 68 de la constitution (version intégrale)

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Mes chers compatriotes, je m’adresse à vous.

Nous sommes actuellement le samedi 14 avril 2018, il est 13 heures, heure de Paris, 1 heure du matin, heure de Papeete, à Tahiti, où je me trouve en déplacement pour le soutien à notre liste pour les élections territoriales.

Je m’adresse à vous au sujet de la décision d’une exceptionnelle gravité qu’a prise Emmanuel Macron d’associer la France aux frappes militaires décidées unilatéralement par les États-Unis d’Amérique et le Royaume-Uni à l’encontre de la Syrie.

Cette décision est inacceptable.

Elle est inacceptable d’abord parce qu’elle est fondée sur une affirmation sans aucune preuve. Il n’y a aucune preuve de l’existence même d’un gazage de la population de la Ghouta en Syrie. Du reste, le président russe, Vladimir Poutine, vient de faire une déclaration il y a quelques instants en affirmant que cette attaque chimique n’avait jamais eu lieu et qu’il fallait au minimum attendre l’intervention des experts de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques, ce qui n’a pas été fait. Il y a donc un doute sur l’existence même de l’attaque.

À supposer que cette attaque chimique ait eu lieu, il y a un doute également – encore plus – sur l’origine de cette attaque. Il y a donc une suspicion légitime, que peut avoir toute personne de bonne foi, selon laquelle on pourrait se retrouver de nouveau face à une « fausse nouvelle », comme celle qui a provoqué l’attaque coordonnée des États-Unis d’Amérique et de la coalition internationale contre l’Irak de Saddam Hussein au motif que Saddam Hussein aurait disposé d’armes de destruction massive.

Rappelez-vous, c’était en 2003. Le secrétaire d’Etat américain, Colin Powell, avait agité une fiole devant le Conseil de sécurité des Nations unies pour expliquer qu’il y avait à l’intérieur le bacille de l’anthrax produit par l’Irak. À l’époque, la France du président Jacques Chirac et de Dominique de Villepin avait refusé d’accepter les affirmations des États-Unis d’Amérique sans preuve matérielle présentée au public.

Nous en sommes loin puisque M. Macron a décidé d’associer la France à ces frappes militaires sans aucune preuve matérielle irréfutable présentée au public. Et ce n’est pas parce que M. Trump, le président des États-Unis, ou M. Macron expliquent qu’ils ont des preuves que cela justifie qu’on doive s’arrêter là. L’affaire est beaucoup trop grave bien entendu pour qu’on se limite à ce simple type d’affirmations. J’ajouterai d’ailleurs que le président Poutine et les autorités russes ont dit de leur côté qu’ils avaient eux-mêmes des preuves comme quoi cette attaque n’avait jamais eu lieu.

M. Macron, nonobstant cette absence de preuve sur l’existence même d’une attaque chimique et a fortiori sur son origine, a décidé d’associer la France à ces frappes militaires, en violation de la Charte de l’Organisation des Nations unies, dont je rappelle qu’elle interdit de faire quelque action militaire que ce soit à l’encontre d’un État étranger sauf sous deux conditions :

– La première, c’est que l’État étranger – en l’occurrence la Syrie – ait demandé une aide étrangère. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la Russie est présente en Syrie puisque c’est à la demande du gouvernement de Damas.

– La deuxième possibilité, c’est une intervention militaire dans le cadre du chapitre VII de la Charte des Nations unies, qui prévoit que le Conseil de sécurité peut décider d’une action militaire à l’encontre d’un État. Or il n’y a eu aucune action positive du Conseil de sécurité. Il y a eu trois textes qui ont été déposés au Conseil de sécurité. Aucun d’entre eux n’a pu être accepté, les textes américain et russes ayant été refusés par l’autre partie.

Dans la situation actuelle, le Conseil de sécurité et l’Organisation des Nations unies n’ont donc absolument pas donné leur accord à une intervention militaire telle qu’elle vient d’être décidée. C’est d’ailleurs António Guterres, le secrétaire général de l’ONU, qui l’a confirmé il y a quelques instants en déplorant ce qui venait de se passer et en appelant les États-Unis d’Amérique, le Royaume-Uni et la France à respecter le droit international. Cette position est également celle de la Russie. Elle est également celle de la Chine. Le ministère des Affaires étrangères chinois a publié un communiqué pour déplorer les attaques qui viennent d’être commises par Washington, Londres et Paris et pour appeler ces trois pays à respecter le droit international, sans lequel il n’y a plus de vie possible entre les nations.

C’est évidemment également la position développée par le gouvernement syrien, le gouvernement de Damas. Je rappelle que la très grande majorité des États du monde le reconnaissent comme légitime. Que cela plaise ou ne plaise pas à Washington, à Londres ou à Berlin, que cela plaise ou ne plaise pas à Bernard-Henri Lévy, il se trouve que la grande majorité des États du monde considèrent que le régime de Bachar al-Assad est le seul régime légitime, et c’est la raison pour laquelle c’est un ambassadeur nommé par Bachar al-Assad qui siège à l’Organisation des Nations unies.

Il faut bien souligner à cet égard à quel point la prétendue « communauté internationale », dont on nous rebat les oreilles dans les médias occidentaux, est en fait un mensonge en elle-même : cette formulation en elle-même est un mensonge puisque la « communauté internationale » en question ne regroupe en effet, en définitive, que les États-Unis d’Amérique et les pays de l’OCDE, c’est-à-dire le Canada, l’Union européenne, le Japon et la Corée du Sud ; en gros, c’est à peu près cela. Cela veut donc dire que plus de 80 % de la population mondiale et des États du monde, selon ce mensonge, n’appartiendraient pas à la « communauté internationale ».

M. Macron a donc commis un acte contraire au droit international.

Il a également violé l’esprit de notre Constitution et également l’esprit de la démocratie puisque nous avons un article dans notre Constitution, l’article 35, qui prévoit que la déclaration de guerre est votée par le Parlement. C’était l’article 35 tel qu’il avait été adopté par 82,6 % des électeurs français lors du référendum du 28 septembre 1958, au moment de la décision proposée par référendum d’adopter la Constitution de la Cinquième République. Cet article 35 ne comportait qu’une seule phrase : « Toute déclaration de guerre doit être approuvée par le Parlement. »

Sauf que, en 2008, par une loi du 23 février 2008, une loi constitutionnelle adoptée par le Congrès – c’est-à-dire par les parlementaires réunis à Versailles, à l’insu des Français, sans qu’on ait prévenu les Français de ce qui se tramait réellement (ou du moins la grande majorité des Français ont été tenus dans l’ignorance) –, Nicolas Sarkozy a fait adopter une modification de cet article 35 en y ajoutant trois autres alinéas, dont l’alinéa 2, qui prévoit que, en cas d’intervention militaire à l’étranger, le président de la République en informe le Parlement trois jours au plus tard après cette intervention militaire, et que cela peut être suivi d’un débat mais que ce débat ne doit pas donner lieu à un vote.

Cette disposition est tout à fait choquante ; elle ruine d’une certaine façon la teneur de l’alinéa 1 de l’article 35. Elle dénature la Constitution française, mais on peut comprendre que, derrière ce terme d’« intervention militaire à l’étranger », il s’agissait, dans l’esprit des parlementaires qui ont voté cette réforme, de rendre possible une intervention rapide, par exemple pour sauver des citoyens français qui seraient en grande difficulté, ou par exemple pour répondre à l’invitation d’un pays étranger qui demanderait l’aide militaire de la France : donc des interventions qui seraient d’un impact très limité et non contestables au regard du droit international.

Or M. Macron prend appui sur cet alinéa 2 pour justifier l’action qu’il a commise. C’est un véritable détournement de procédure puisque l’action qu’il a commise risque précisément de nous mener à une guerre frontale contre la Syrie d’une part, et à une guerre non moins frontale contre la Russie, qui est la deuxième sinon la première puissance nucléaire mondiale.

Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de déclaration de guerre au sens strict que l’action commise par M. Macron ne s’apparente pas à une déclaration de guerre de facto. En d’autres termes et autrement dit, si on acceptait la proposition de M. Macron qui consiste à lancer des interventions militaires à l’étranger sans l’aval de personne, simplement parce qu’il a eu au bout du fil Mme May ou qu’il a reçu un message Twitter du président des États-Unis, si on acceptait cette dérive-là, si on acceptait que les députés et les sénateurs ne soient pas informés préalablement, consultés préalablement, et ne donnent pas leur accord préalablement à une intervention militaire de la nature [de celle] qui vient d’être décidée, cela revient tout simplement à dire qu’on donnerait au chef de l’État français, en l’occurrence M. Macron, la possibilité d’entraîner le peuple français dans un conflit planétaire avec la Russie qui pourrait déboucher sur une Troisième Guerre mondiale et, pourquoi pas, sur une apocalypse nucléaire.

La lecture que fait M. Macron est donc absolument inacceptable [par] les parlementaires, sauf à ce qu’ils avouent qu’ils ne sont que des pantins, des larbins, sauf à ce qu’ils avouent publiquement que leur rôle ne sert à rien. Je rappelle que les parlementaires sont les représentants de la souveraineté nationale et qu’en vertu de l’alinéa 1 de cet article 35 c’est eux, et eux seuls, qui peuvent déclarer la guerre à un État étranger.

J’en appelle donc à tous les parlementaires français, et en particulier à tous les parlementaires qui n’appartiennent pas à ce mouvement politique qui se baptise « En marche » et qui est en fait en marche vers le chaos, c’est-à-dire à tous les parlementaires qui n’ont pas été élus pour soutenir l’action de M. Macron. J’en appelle ainsi aux parlementaires de la France insoumise, et à M. Mélenchon au premier chef, j’en appelle aux parlementaires du Parti communiste, aux parlementaires de l’extrême gauche, aux parlementaires d’EELV, aux parlementaires du Parti socialiste, j’en appelle aux parlementaires du Front national, à commencer par Mme Le Pen, j’en appelle à M. Dupont-Aignan, j’en appelle à tous les parlementaires de bonne foi, y compris ceux qui sont aux Républicains ou au Parti socialiste, pour qu’ils s’allient tous à titre conjoncturel pour la mise en œuvre de l’article 68 de la Constitution, qui prévoit la destitution du président de la République en cas de manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de sa fonction.

M. Macron a décidé seul d’une action qui risque de nous entraîner vers une guerre mondiale sur l’affirmation d’une action criminelle sans aucune preuve, sur une affirmation qui potentiellement a pu être inventée de toutes pièces par Washington, en violant la Charte de l’Organisation des Nations unies, en bafouant le droit international, en piétinant l’esprit de la démocratie, et notamment l’esprit de la Cinquième République et de toute démocratie qui prévoit que les déclarations de guerre sont votées par la représentation nationale.

Si, avec une telle accumulation de forfaits, les députés restent silencieux et considèrent qu’il ne s’agit pas d’un manquement à des devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de la fonction de président de la République, alors cela veut dire que cet article 68 ne sera jamais mis en œuvre.

Je rappelle d’ailleurs que cet article 68 ne faisait pas partie de la Constitution d’origine, qui prévoyait le crime de haute trahison du président de la République, et je rappelle à mes auditeurs que, dans mon programme présidentiel, j’avais prévu le rétablissement justement du crime de haute trahison du président de la République, et de l’étendre à l’ensemble des ministres du gouvernement.

Je rappelle que cet article 68 prévoit qu’une des deux assemblées, l’Assemblée nationale ou le Sénat, peut voter la décision de se constituer en Haute Cour pour juger de la destitution du président de la République et, dans ce cas, l’autre assemblée – c’est-à-dire le Sénat si c’est l’Assemblée nationale qui l’a votée, ou l’Assemblée nationale si c’est le Sénat qui l’a votée – a quinze jours pour se prononcer. Si les deux assemblées votent la constitution en Haute Cour, la Haute Cour est alors créée. Elle est présidée par le président de l’Assemblée nationale et elle a un mois pour statuer sur la destitution du président de la République.

Cela signifie donc que la formulation que je demande, le lancement de la procédure de l’article 68, ne signifie pas nécessairement que le président de la République sera destitué. Je n’ignore pas qu’il y aura bien entendu des blocages probables de la part d’un certain nombre de députés qui soutiennent son action. Mais, au moins, la procédure aura-t-elle lieu et pourra-t-elle d’un seul coup montrer aux Français la véritable nature de M. Macron et du régime qu’il a institué à Paris, qui est un régime qui est de plus en plus celui d’une dictature qui ne dit pas son nom.

Avant de conclure, je voudrais me projeter dans l’avenir immédiat : que va-t-il se passer ? Il y a deux écoles. La première école consiste à essayer de minimiser ce qui vient de se passer. De fait, il y a eu des concertations, quelques heures encore avant les frappes décidées par Washington, Londres et Paris, entre ces trois capitales et Moscou. De fait, les frappes qui ont eu lieu semblent avoir épargné la vie des civils en Syrie et semblent avoir été focalisées sur des objectifs dont on ne sait pas très bien ce que c’était. On nous affirme dans les dépêches de presse que c’étaient des centres de recherche. Cela peut tout aussi bien être des hangars où il n’y avait rien du tout puisque, finalement, là-dedans, c’est la guerre des communiqués et c’est la guerre du bourrage de crâne. En attendant, ce qui est sûr, et Moscou l’a reconnu tout de suite, c’est que ces attaques ont soigneusement évité de toucher aux armées russes présentes sur le sol syrien.

Donc cette lecture est une lecture qui tend à minimiser les risques pour l’avenir proche, à considérer que ce serait une espèce de baroud d’honneur que les Occidentaux voudraient faire pour montrer qu’ils n’ont pas complètement baissé pavillon, et que les Russes accepteraient de laisser faire dans la mesure où cela resterait relativement limité. Au passage, on notera que l’on ne parle plus de cette affaire rocambolesque de l’agent double Skripal retourné, et qui, semble-t-il, maintenant va très bien, sa fille aussi. Tout cela est une comédie. Si ce n’était pas si grave, on dirait : une comédie de boulevard.

Donc, cela, c’est la version optimiste, si j’ose dire, qui n’est pas forcément fausse : rappelons-nous ce qui s’était passé après l’affaire de Khan Cheikhoun en 2017, où l’on nous avait annoncé que le régime de Bachar al-Assad avait gazé une population. Aussitôt, Donald Trump avait envoyé quelques missiles, aussitôt approuvé par M. Macron. Nous étions en pleine campagne électorale. Pour ma part, j’avais refusé sur les plateaux de télévision de cautionner cette affaire, en disant, ce qui était le pur bon sens, que nous n’y connaissions rien et que la moindre des choses quand un crime est commis, c’est d’abord de vérifier s’il y a bien eu un crime, ensuite de rechercher le coupable, et qu’on ne désigne pas le coupable en l’espace de vingt-quatre heures.

Si cette vision des choses est la bonne, c’est assez grave quand même parce que cela signifie qu’en fait Donald Trump, Theresa May ou Emmanuel Macron joueraient un jeu extraordinairement trouble, où ils feraient des actions militaires en prévenant au préalable la Russie qu’il ne faut pas s’en faire, que ces actions seront simplement du window dressing, comme on dit en américain, c’est-à-dire simplement une espèce d’agitation de façade à montrer au peuple, mais qu’en réalité ils ne veulent surtout pas s’attaquer à la Russie.

Cela voudrait dire quoi ? Cela voudrait dire que, d’une certaine façon, Donald Trump, Theresa May et Emmanuel Macron se sentiraient otages de certaines forces euro-atlantistes qui exigeraient d’eux qu’ils fassent les va-t-en-guerre, mais, comme ce sont des gens – peut-être – plus intelligents et plus raisonnables qu’on ne peut le penser, à ce moment-là, ils feraient cela pour diminuer la pression qui pèse sur eux tout en assurant à la Russie que cela n’ira pas plus loin.

Cela serait donc déjà assez grave parce que cela montrerait que nos dirigeants ne sont pas libres et qu’ils sont contraints de mener une politique dont ils savent qu’elle est contraire à la paix mondiale et contraire à l’intérêt national de chacun des trois États.

Et puis il y a une autre vision des choses qui est beaucoup plus grave. C’est la vision des choses qui consiste à dire : ce n’est qu’un coup de semonce, mais nous sommes dans une escalade et une rhétorique qui n’est plus seulement verbale mais maintenant qui passe au domaine militaire ; et cette escalade, à force de tester la patience de la Russie, va essayer de la tester jusqu’au moment où la Russie pourrait déraper, et tout cela pourrait déboucher sur un conflit planétaire.

C’est évidemment une solution que nulle personne sensée ne peut envisager sans avoir la chair de poule puisque, si conflit généralisé il pouvait y avoir entre l’Otan et la Russie – la Russie secondée par la Chine, l’Iran et d’autres peut-être encore –, il y aurait un risque de destruction tout simplement de la planète et d’une grande partie des êtres humains vivant sur Terre.

En conclusion, je voudrais aussi souligner l’incroyable cynisme dont font preuve les dirigeants américains, britanniques et français, et notamment le « deux poids, deux mesures » écœurant dont ils font preuve. Ils sont en train d’entraîner, M. Macron est en train d’entraîner la France dans un jeu extrêmement dangereux de surenchère contre la Russie au motif qu’il y aurait eu une quarantaine de personnes gazées en Syrie. À supposer même que ce soit vrai, et à supposer même que les quarante personnes tuées l’aient été par le régime de Damas, il s’agirait bien entendu d’un crime odieux, d’un crime que la conscience universelle devrait réprouver.

Mais en vertu de quoi le gouvernement français ne se scandalise-t-il pas de ce qui se passe en ce moment au royaume de Bahreïn, où, selon Amnesty international et plusieurs ONG, entre 62 et 82 personnes ont été tuées lors de manifestations pacifiques contre le régime totalitaire du roi de Bahreïn ? Pourquoi n’en parle-t-on pas ? Parce que ce petit émirat est le siège de la cinquième flotte américaine dans le golfe arabo-persique. Les 62 à 82 morts de Bahreïn sont de la gnognote tandis que les quarante – éventuels – morts syriens justifieraient une Troisième Guerre mondiale ?

Il n’y a pas que Bahreïn. Au cours des derniers jours écoulés, l’armée israélienne a tué 18 manifestants palestiniens à Gaza, qui participaient à une manifestation à Gaza, et a blessé des centaines d’autres manifestants. Comment se fait-il que la France n’ait pas agi de la même façon qu’avec la Syrie ? Qu’il n’y ait même pas eu une protestation ? Même pas eu un rappel d’ambassadeur en consultation ?

Il n’y a pas que Bahreïn et Israël. Il y a bien d’autres États, à commencer par l’Arabie saoudite, à continuer par ce qui se passe au Yémen, où l’on estime que, depuis trois ans qu’il y a une guerre civile où l’une des parties est soutenue par l’Arabie saoudite avec des armements français, il y a plus de dix mille morts et énormément de morts civils. Ils ne comptent pour rien pour M. Macron ? Les armes françaises que nous vendons à l’Arabie saoudite pour écraser les Houthis, ce n’est rien, cela, pour M. Macron ?

Je voudrais aussi souligner les conflits à travers le monde, où des morts se chiffrent en centaines – les Rohingyas par exemple, chassés de Birmanie – ou se chiffrent en milliers, dizaines de milliers, centaines de milliers peut-être parfois, comme c’est le cas dans l’est du Congo, où Paul Kagame, le président du Rwanda, a les mains libres, et où l’Occident ferme les yeux d’une façon absolument scandaleuse.

Ce qui indigne le plus peut-être non seulement les Français de bonne foi et de bonne volonté, et qui connaissent les dossiers internationaux, mais ce qui indigne peut-être encore plus la communauté internationale – la vraie, c’est-à-dire les 80 % de peuples du monde qui sont en Afrique, dans le monde arabo-musulman, dans le monde orthodoxe, dans le sous-continent indien, en Asie du Sud-Est, en Amérique latine –, ce qui indigne le plus les peuples du monde, c’est ce « deux poids, deux mesures » honteux que pratique constamment l’Occident et qui permet de se donner bonne conscience à Washington, à Londres ou à Paris alors que l’on commet les pires forfaits et que l’on bafoue le droit international.

C’est la raison pour laquelle j’appelle non seulement les députés et les sénateurs à engager la procédure de destitution du président de la République en vertu de l’article 68 de la Constitution, mais c’est aussi la raison pour laquelle j’appelle les Français de toutes les conditions et de tous les âges à manifester leur réprobation devant cette dérive scandaleuse de ce qui était autrefois la République française.

Je vous demande de vous mobiliser au maximum pour nous rejoindre lors de la manifestation du 1er mai, qui se tiendra à Paris en début d’après-midi dans le quartier de la République. Des informations plus précises vous seront données dès que nous aurons des indications précises de la part de la préfecture de police de Paris. Rejoignez-nous pour cette grande manifestation qui consiste d’abord à célébrer la fête du travail, pour ce qui nous concerne à exiger que l’on fasse un référendum sur le Frexit et que l’on mette en œuvre la sortie de l’Union européenne. Mais, au-delà de cela, l’affaire est tellement grave que j’appelle tous les démocrates et tous les républicains à se joindre à notre cortège pour demander la destitution du président de la République et le respect du droit international public afin de faire régner la paix dans le monde pour nos enfants et nos petits-enfants.

Vive la République et vive la France.

Union populaire républicaine. La France doit sortir de l’Union européenne, de l’euro et de l’Otan.

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