Ted Malloch, possible nouvel ambassadeur des États-Unis auprès de l’UE, prédit le « Frexit » et la fin de l’Union européenne.

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Dans un entretien à l’hebdomadaire allemand « Der Spiegel » à paraître demain samedi 4 février, Ted Malloch, proche de Donald Trump et pressenti pour le poste d’ambassadeur des États-Unis auprès de l’UE, vient de mettre les pieds dans le plat d’une façon saisissante.
 
Prenant le contrepied de 70 ans de diplomatie américaine, il a prédit la désagrégation de l’Union européenne, en assurant que la sortie du Royaume-Uni n’est qu’une première étape.
 
« Si vous regardez en Europe, vous pouvez presque déjà placer deux lettres au choix devant le mot ‘exit’ » , a-t-il estimé, en faisant ouvertement allusion au mot généralement employé pour désigner la sortie de la Grande-Bretagne, le « Brexit », qui peut se décliner en « Grexit » (sortie de la Grèce) ou « Frexit » (sortie de la France), par exemple.
 
Il a également réaffirmé dans cet entretien que l’euro était, à son avis, « une expérience erronée » et que s’il travaillait dans une banque d’investissement, il « miserait contre l’euro » .

COMMENTAIRES : UN NOUVEAU MONDE ARRIVE

Cette série de déclarations – totalement inimaginables venant d’un officiel américain il y a encore trois mois – a semé la consternation au Parlement européen : affolés, les chefs des groupes parlementaires du PPE (droite), des socialistes et des libéraux ont appelé à refuser l’accréditation de Ted Malloch comme futur ambassadeur des États-Unis à Bruxelles.
 
Cette politique enfantine du déni trouvera vite ses limites. Car, à supposer que les pressions de Bruxelles soient suffisamment fortes pour que Donald Trump renonce à nommer Ted Malloch comme ambassadeur auprès de l’UE, il y a fort à parier, compte-tenu de la personnalité du nouveau président américain, qu’il proposera alors un nouvel ambassadeur au moins aussi hostile à l’UE. Un ambassadeur que les « Européens » devront alors bien accepter, sauf à créer une brouille diplomatique sans précédent…
 
Interrogé à Malte, en marge d’un énième sommet européen qui n’intéresse personne, François Hollande a cru bon de donner son sentiment sur ce nouveau rebondissement. Il l’a fait en ces termes : « Quand un ambassadeur est nommé, mieux vaut qu’il croie en l’institution avec laquelle il est censé travailler ».
 
Sans s’en rendre compte, le locataire de l’Élysée a ainsi vendu la mèche : l’Union européenne n’est au fond qu’une affaire de « croyance ». Comme ses pairs, François Hollande est effaré de constater que de moins en moins de gens « croient » encore en cette institution tyrannique, qui plonge tout un continent dans l’appauvrissement, le chômage, la dictature politique, la destruction de l’agriculture et de l’industrie, la soumission à la seule loi de l’argent, et le choc des civilisations.
 
François Hollande aura ainsi passé tout son quinquennat à regarder passivement des événements historiques se dérouler sans comprendre qu’un nouveau monde est en train d’apparaître.
 
François Asselineau
3 février 2017