Un leader européen du biscuit est racheté par un fonds américain

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L’américain Platinum Equity fait main basse sur le groupe français Biscuit international, leader européen du biscuit de marques de distributeurs. Un nouvel exemple que l’Union ne fait pas la force, ni nous protège des États-Unis…

Un énième épisode de la mauvaise série « des entreprises françaises cédées à l’étranger » et du mauvais scénario « l’UE permet de faire contrepoids aux États-Unis » est en train de se jouer actuellement dans le sud-ouest de la France. Et mon département, le Tarn-et-Garonne, est directement concerné par ce mauvais film !

Le fonds d’investissement californien Platinum Equity est en train de faire main basse sur le leader européen des biscuits, le groupe français Biscuit international.

Ce groupe, né de la fusion en 2016 de l’entreprise locale du Sud-Ouest Poult et du hollandais Baketgroep, était détenu depuis 2014 par le fonds d’investissement français Qualium Fund, filiale de la Caisse des dépôts.

Il emploie actuellement 1 900 personnes et a réalisé un chiffre d’affaires de 500 millions d’euros en 2019. De nombreuses grandes enseignes de l’agro-alimentaire bénéficient de la distribution en biscuits du groupe.

Filiale de ce groupe, l’entreprise Poult est un fleuron montalbanais et fait depuis bien longtemps la fierté des Tarn-et-Garonnais. Des plus anciens aux plus récemment installés, chacun a déjà eu écho de cette biscuiterie, deuxième fabricant de biscuits sucrés en France et l’un des plus gros employeurs privés de Montauban. Sans prétention aucune, on peut dire que cette illustre entreprise fait partie du patrimoine industriel de la ville et du département.

Un peu d’histoire

Jean-Émile Poult, le fondateur du célèbre biscuit qui porte son nom, arrive à Montauban en 1883 pour faire son apprentissage de pâtissier chez son oncle Jean Poult.

En 1905, volant de ses propres ailes, il décide de créer un biscuit sec et installe sa fabrique en ville, en face du théâtre. Le biscuit Poult connaît très rapidement un vif succès, si bien que le lieu de production se révèle assez vite trop étroit.

Le patron prend alors la décision de s’installer sur la rive gauche du Tarn, dans le quartier Villebourbon, dans la rue qui fait face à la gare du même nom. Le voyageur arrivant par le train percevait alors le délicat parfum de l’usine de production dès qu’il quittait le hall de la gare et pénétrait sur le parvis !

En 1979, l’usine connut un nouveau transfert à destination de Albasud, une zone située dans le sud de Montauban où elle se trouve toujours implantée aujourd’hui. Entre-temps, profitant du succès du produit, de nouveaux sites de production furent installés dans les Landes, le Loiret et le Finistère.

Et maintenant ?

Bien entendu, l’investisseur californien qui se porte acquéreur du groupe Biscuit international promet monts et merveilles, notamment au sujet des emplois.

Il n’y a cependant pas de quoi rassurer les salariés et les syndicats car le fonds d’investissement Platinum Equity, basé à Los Angeles, semble un habitué d’acquisitions suivies de reventes avec une forte plus-value dans les années suivantes, après de nombreux licenciements.

Quoi qu’il en soit, la preuve est une fois de plus apportée que cette Union européenne que l’on nous vend comme un rempart face aux États-Unis, à la Chine ou autre, n’est même pas capable de conserver en son sein un groupe leader dans son domaine ! La nouvelle est loin de laisser indifférents les Tarn-et-Garonnais !

Conclusion : plus que jamais nous libérer de l’UE !

Plus que jamais, les analyses de l’UPR apparaissent aux citoyens comme les seules qui leur permettent à la fois de comprendre les raisons du désastre dans lequel sombre la France et les mesures urgentes qu’il faut impérativement prendre : la survie de notre industrie agro-alimentaire, comme la survie de notre industrie et de notre agriculture tout court, passe par le retour au contrôle des mouvements de capitaux, donc à notre libération du joug de l’UE et de l’article 63 du TFUE.

Bernard Zanusso,
délégué régional de l’UPR en Midi-Pyrénées
et
délégué départemental de l’UPR en Tarn-et-Garonne

Nota :

Je vous invite à prendre connaissance de l’article paru dans les Échos du 29-11-2019, ainsi que de celui publié par la Dépêche du Midi le 08-01-2020 en cliquant sur les liens ci-dessous :
https://www.lesechos.fr/…/un-fonds-californien-met-la-main-…
https://www.ladepeche.fr/…/a-montauban-le-passage-des-biscu…

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