Feu vert de la Cour de Justice de la République pour les faux CV

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La Cour de justice de la République vient de déclarer irrecevable la plainte du Syndicat national des agents publics de l’éducation nationale (Snapen) contre Sébastien Lecornu. Le Premier ministre avait pourtant bien indiqué sur le site officiel de Matignon être titulaire d’un master de droit public un diplôme qu’il ne possède pas, n’ayant validé que la première année de ce cursus en deux ans. Une inexactitude reconnue, corrigée discrètement, et finalement blanchie. Affaire classée, donc. Mais pas pour tout le monde.

Car ce que la justice française a jugé irrecevable, d’autres pays l’auraient traité comme une faute impardonnable. François Asselineau rappelle dans cette vidéo une série de cas documentés : en Allemagne, trois ministres ont démissionné pour plagiat de thèse entre 2011 et 2021.

En Norvège, deux ministres ont quitté leurs fonctions le même jour en janvier 2024 dont la ministre de la Recherche, prise en flagrant délit de plagiat alors qu’elle menait une politique stricte contre cette pratique dans les universités. En Espagne, une députée a dû abandonner tous ses mandats après la découverte de diplômes fictifs. Au Japon, en Hongrie, au Pakistan, au Kenya : le constat est identique. Un faux CV révélé, c’est une démission qui suit.

La France fait donc figure d’exception et pas dans le bon sens. La Cour de justice de la République a estimé que le Snapen n’avait pas d’intérêt à agir, esquivant ainsi la question de fond : un chef de gouvernement peut-il se prévaloir de diplômes qu’il n’a pas sans en rendre compte ?

L’UPR rappelle sa position : si elle accède aux responsabilités, tous les candidats aux fonctions ministérielles devront soumettre leur curriculum vitæ à une vérification préalable auprès des établissements dont ils se réclament. La dignité des fonctions publiques l’exige.