Le Mont Macron fait une fausse couche

Alors que les Gilets jaunes manifestent en France depuis deux mois, que la mobilisation s’amplifie depuis le début janvier et que 60 à 75% des Français soutiennent ce mouvement (d’après les sondages), le locataire de l’Élysée vient enfin de publier la « Lettre aux Français » qu’il avait annoncée.
Première surprise : l’expression même de «Gilets jaunes» reste totalement absente de cette lettre de Macron.
En psychologie, c’est ce que l’on appelle le « déni ». Un déni doublé d’un orgueil sans limite et d’une pulsion fondamentale à inverser systématiquement le sens des mots et des situations.
Feignant de ne voir dans la colère « de certains Français » qu’un problème concernant seulement les taxes et le niveau de vie, éludant complètement la plupart des questions essentielles, refusant d’admettre que c’est une part très largement majoritaire de la société française qui rejette à la fois sa personnalité et tout ce qu’il incarne, Macron croit qu’il est encore suffisamment puissant et légitime pour décider autoritairement de limiter son prétendu « grand débat national » à 4 sujets.
4 sujets seulement, qui ne sont pas les plus importants, et qu’il présente d’ailleurs de façon vicieusement biaisée.
Non seulement il refuse de voir que les Gilets Jaunes – et les 70% de Français qui les soutiennent – n’accepteront pas d’être limités à 4 sujets par un despote aux abois. On comprend au passage pourquoi Chantal Jouanno et
Mais il prend encore une fois ses compatriotes pour des quiches, qui ne verront pas le tour de passe-passe auquel il se livre.
Décortiquons cela de près.
1er sujet : les impôts, les dépenses et l’action publique.
Attention ! Aussitôt a-t-il énoncé ce sujet que Macron biaise aussitôt les questions qu’il y rattache autoritairement.
Il demande ainsi, de façon faussement ingénue, « quels impôts il faut baisser en priorité ». Il écarte donc implicitement l’idée qu’il faudrait au contraire augmenter certains impôts, comme l’Impôt sur les sociétés (IS) par exemple, ou en recréer d’autres, comme l’ISF.
Il affirme ensuite que « nous ne pouvons, quoi qu’il en soit, poursuivre les baisses d’impôt sans baisser le niveau global de notre dépense publique ». Et il en tire les questions hypocrites : « quelles sont les économies qui vous semblent prioritaires à faire ? Faut-il supprimer certains services publics qui seraient dépassés ou trop chers par rapport à leur utilité ? »
A l’inverse, voyez-vous des besoins nouveaux de services publics et comment les financer ?
