Le gouvernement aux abois fait, de nouveau, la promotion du FN

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Communiqué

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Rencontre entre MM. Valls et Renzi, respectivement chefs des gouvernements français et italien, à Bologne le 7 septembre. C’est à cette occasion que le Premier ministre français, prenant un air soucieux mais riant sous cape, a de nouveau fait la promotion du FN, en annonçant qu’il serait « aux portes du pouvoir en France ».

Un sondage IFOP, réalisé pour le « ‘Figaro » les 3 et 4 septembre auprès d’un échantillon de 994 personnes, a placé Mme Le Pen en tête du premier tour de l’élection présidentielle, prévue dans 2 ans et demi, avec 32 % des suffrages, et annoncé qu’elle serait ensuite élue face à François Hollande.

L’UPR tient d’abord à rappeler que des sondages aussi mirobolants, fondés sur des échantillons aussi peu étoffés et contrôlés, avaient été publiés les 5 et 7 mars 2011 pour annoncer que Mme Le Pen serait en tête du premier tour de l’élection présidentielle un an après, en 2012, avec 24% des suffrages. Malgré cette promotion effrénée des médias, l’intéressée obtint 17,8% des suffrages et ne fut pas présente au second tour.

L’UPR rappelle également qu’un autre sondage, TNS SOFRES, publié le 4 septembre 2014, a indiqué que tous les partis politiques français répertoriés voient leur cote de confiance baisser et que plus aucun ne dépasse 30%. Avec 21%, le FN est à la 5e place, et est lui aussi en baisse sensible depuis plusieurs mois.

Alors que ces comparaisons invitent à n’accorder aucun crédit à l’annonce d’un score de 32% pour Mme Le Pen dans 2 ans et demi, le Premier ministre français a fait au contraire semblant de le considérer comme une vérité scientifique. Lors d’un voyage à Bologne dimanche 7 septembre, M. Valls s’est ainsi plu à faire frissonner l’assistance réunie par son homologue italien, en assurant que l’extrême droite serait « aux portes du pouvoir en France ».

L’UPR exprime sa stupéfaction devant l’inconvenance de cette déclaration et rappelle qu’il est d’usage républicain constant que le chef de l’État et les ministres français doivent s’abstenir de tout commentaire public sur la situation politique intérieure de la France lorsqu’ils sont en déplacement à l’étranger.

Cette déclaration de M. Valls est d’autant plus indigne que le chef du gouvernement français a ainsi cru bon de dénigrer notre propre pays à l’étranger, en le présentant sous les traits de Barbe-Bleue devant un public italien ! Imagine-t-on M. Cameron venir en France pour gémir publiquement que l’extrême-droite serait « aux portes du pouvoir au Royaume-Uni » ?

Par ailleurs, tous les observateurs sérieux de la vie politique française savent pertinemment que la prétendue « poussée du FN » que les médias proclament sur tous les tons en faisant mine de s’en effrayer, n’est qu’un effet d’optique. Elle résulte d’une abstention croissante dans les électorats traditionnels de l’UMP et du PS, et elle ne concerne que les % de votants.  En % des inscrits, les scores du FN ne progressent pratiquement pas.

L’UPR rappelle, en effet, que le FN n’a remporté qu’une douzaine de communes sur 36.000 aux municipales, et a rassemblé sensiblement moins d’électeurs inscrits aux européennes de juin 2014 qu’à la dernière présidentielle de mai 2012. En réalité, les dernières élections ont une nouvelle fois confirmé que le FN reste irrémédiablement en-dessous de son « plafond de verre », que les experts évaluent autour de 13 à 14% des électeurs inscrits. En dépit d’une médiatisation massive et constante, qui confine au lavage de cerveau, le FN ne réalise à peu près aucune « percée » en % des électeurs inscrits.

L’UPR souligne que les choses se passeraient d’ailleurs de façon fort différente si le FN faisait réellement peur aux dirigeants de notre pays :

  • D’une part le Premier ministre n’en parlerait pas, pour ne pas le gonfler d’importance, alors que le seul effet à attendre de sa déclaration est de conforter le sentiment des électeurs que le FN serait le seul vrai opposant du système.
  • D’autre part, Mme Le Pen et ses lieutenants verraient leurs passages dans les médias de grande diffusion se réduire comme peau de chagrin et retrouver leur niveau d’avant 1983, lorsque François Mitterrand donna l’ordre de donner le maximum de publicité au FN.

L’UPR, qui est le parti politique en plus forte croissance de France en dépit du silence médiatique impitoyable dont il est l’objet, est seul à dénoncer le FN pour ce qu’il est vraiment : la roue de secours des européistes.   Cela fait 42 ans que le FN sert à canaliser les opposants de droite à l’Union européenne et à l’euro dans une impasse stérile, sans d’ailleurs jamais proposer de façon claire et univoque d’en sortir unilatéralement, pas plus que de l’OTAN.

La déclaration de Manuel Valls prouve, une fois encore, que le gouvernement et ses donneurs d’ordre ne redoutent nullement le FN. Ils font tout, bien au contraire, pour gonfler cette baudruche – qui se dégonflera comme d’habitude avant les élections – afin d’éviter que les Français ne découvrent la vraie solution défendue par l’UPR.

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