== BAISSE VERTIGINEUSE DU QI MOYEN EN OCCIDENT ? == Des études tirent la sonnette d’alarme mais n’indiquent pas d’où viendrait cette chute.

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Le film « Idiocracy » – diffusé en France sous le titre « Planet Stupid » – est une comédie satirique de science-fiction réalisée par Mike Judge et sorti en 2006. Ce film américain, qui met en vedette les acteurs Luke Wilson, Maya Rudolph, Dax Shepard et Terry Crews, raconte l’histoire de deux personnes qui, après une hibernation de cinq siècles, se réveillent dans une société dystopique rongée par l’anti-intellectualisme, le mercantilisme et la dégradation de l’environnement. Le film constitue une parodie grinçante d’une société américaine livrée à une baisse généralisée du niveau intellectuel.

Chute du QI moyen de la population dans les pays occidentaux

Un article du 24 juillet 2017 de RT souligne que plusieurs études, parues conjointement dans la revue scientifique « Intelligence », tirent une conclusion pour le moins préoccupante : le quotient intellectuel (QI) moyen de la population des pays occidentaux connaîtrait une chute spectaculaire depuis une quinzaine d’années.

Ainsi, entre 1999 et 2009, les Britanniques auraient perdu en moyenne 14 points de QI, et les Français près de 4 points.

Ce recul intervient après un siècle d’augmentation constante et pousse les scientifiques à s’interroger sur son origine.

Mais ces études n’indiquent pas quelles sont les origines de cette évolution très inquiétante.

  • Certains incriminent l’envahissement de notre environnement par des substances chimiques nocives comme les perturbateurs endocriniens.
  • D’autres mettent en avant le développement du « tout numérique » et des jeux vidéo qui rendraient le cerveau fainéant.
  • D’autres encore avancent des questions de nature démographique.

 

Donnant au film « Idiocracy » de 2006 un caractère prémonitoire, le niveau moyen des dirigeants politiques français s’oriente incontestablement vers la baisse depuis plusieurs années. Parmi les récents et nombreux exemples de l’incompétence crasse des députés de LREM, celui de la nouvelle présidente LREM de la puissante Commission des Lois de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a récemment défrayé la chronique. Elle s’était déjà fait remarquer en annonçant bille-en-tête, dès sa prise de fonctions, qu’elle comptait prendre son mercredi pour s’occuper de ses enfants au lieu de s’atteler à ses nouvelles fonctions de députée de la 5e circonscription des Yvelines. Mais elle a fait pire depuis. Comme l’a rapporté Le Canard Enchaîné, repris par Valeurs Actuelles du 12 juillet 2017, elle a demandé ingénument à des fonctionnaires de la Commission des lois : “Je ne suis pas constitutionnaliste. Pouvez-vous me dire comment il faut présenter le texte sur l’état d’urgence ? Et, surtout, quand vote-t-on les décrets ?” Ses interlocuteurs ont dû expliquer à cette avocate de formation que les décrets ne sont pas votés mais pris par le gouvernement. Si l’on ne peut pas reprocher à des citoyens lambda de ne pas forcément connaître la différence entre une loi et un décret, l’ignorance de cette différence de base est incroyable de la part de la présidente de la Commission des lois de l’Assemblée nationale. C’est aussi ahurissant que si un garagiste ignorait la différence entre le liquide lave-glace et le liquide de frein….

 

Les pays d’Extrême Orient se classent aux premiers rangs mondiaux en termes de QI moyen

Cependant, aucune de ces explications ne paraît très convaincante dans la mesure où les pays où le QI moyen de la population sont les plus élevés sont désormais situés en Extrême-Orient et connaissent les mêmes problèmes que les pays occidentaux (produits chimiques dans l’environnement, numérique envahissant, rétraction démographique, …)

Cet article de RT reprend en partie un article du journal Les Echos de janvier dernier qui dressait le même constat à partir d’un travail mené entre 2002 et 2006 par les professeurs britanniques Richard Lynn et Finlandais Tatu Vanhanen dans plus de 80 pays.

Les résultats de ce travail, qui sont en ligne sur le site IS Reseach – La référence des tests de QI sont les suivants, pour les premiers de la liste, en termes de comparaison mondiale :


 

On notera au passage, bien entendu sous réserve de la méthodologie adoptée – :

  • que les deux pays où le QI moyen de la population est le plus élevé du monde (Hong Kong et Singapour) sont des entités politiques comptant moins de 10 millions d’habitants et ayant une superficie équivalant à la moitié de celle de l’Ile-de-France.
  • que, sur les 6 premiers du classement, seule la Chine est un très grand pays du point de vue de la population et de la superficie. Les 5 autres sont plus petits que la France.
  • que les 3 États d’Europe occidentale qui sont restés en dehors de l’UE et de l’euro (Islande – QI 101, Suisse – QI 101 et Norvège-QI 100) ont des QI moyens de leur population qui se classent en tête de tous les pays d’Europe, à la seule exception de l’Italie.

Nous trouvons ici de nouveaux indices qui donnent à penser que la taille de la population et la superficie n’ont aucun rapport avec les résultats économiques, sociaux et culturels, n’en déplaise aux idéologues forcenés de la prétendue « construction européenne » qui nous expliquent à longueur de temps que la France serait « trop-petite-pour… » On pourrait même avancer qu’il y a plutôt une corrélation inverse !

 

CONCLUSION : et le rôle de l’école ?

Les auteurs de cette étude internationale – Richard Lynn et Tatu Vanhanen – défendent quant à eux l’opinion selon laquelle il existerait une corrélation entre le revenu national brut par habitant et le quotient intellectuel (QI) moyen de la population. Ils interprètent cette corrélation comme une mise en évidence du fait que le quotient intellectuel serait un facteur important des différences en matière de richesse nationale et de taux de croissance économique, c’est-à-dire que l’intelligence des populations serait le moteur du développement.

Cependant, leurs résultats sont controversés et ont fait couler beaucoup d’encre. Il faut donc les interpréter avec une extrême prudence.

Quant à l’article des Echos de janvier dernier et celui de RT de ce 24 juillet, ils évoquent des pistes qui sont peu convaincantes, on l’a vu.

Reste alors une hypothèse que ni les auteurs de l’étude – Richard et Tatu -, ni l’article des Echos , ni celui de RT n’envisage et qui, pourtant, paraît de bon sens : et si la baisse du QI moyen des pays occidentaux résultait de la dégradation constante du système scolaire qui y sévit depuis une trentaine d’années ?

Comment ne pas noter, à cet égard, que les pays qui se hissent en tête du classement mondial sont tous des pays de tradition confucéenne (Chine, Taïwan, Hong Kong, Singapour, Corées, Japon) ?

Une classe d’école primaire en Chine

 

Une classe de collège à Singapour

 

Une classe de lycée au Japon.

Je rappelle que, respectant la tradition confucéenne, l’enseignement à l’école y a conservé toute sa vitalité et toutes ses exigences.

Les professeurs sont toujours très respectés et l’apprentissage du savoir y est à la fois très valorisé et très performant. L’accent y est toujours mis sur la nécessité de l’effort et de l’assiduité.

Dans tous ces pays, l’éducation s’ouvre bien entendu aux innovations technologiques du monde contemporain, mais se défie des expériences pédagogiques hasardeuses : elle préfère les méthodes exigeantes qui ont fait les preuves de leur efficacité sur long terme.

À cet égard, l’UPR publiera prochainement un dossier détaillé sur son analyse des problèmes de l’école en France et des solutions que nous préconisons pour renouer avec l’enseignement républicain et l’ascenseur social au mérite.

François ASSELINEAU
25 juillet 2017