DOSSIER ÉNERGIE – ÉCOLOGIE n°1 : Le pic pétrolier et la sortie du pétrole

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Résumé

S’il reste encore de grandes quantités de pétrole dans le sous-sol, nous atteignons actuellement (2020-2025) le pic de production mondial, c’est-à-dire qu’il n’est plus possible d’accroître le débit de produits pétroliers sortant du sous-sol. À brève échéance, la production ne s’arrêtera pas brutalement, mais elle amorcera un déclin. Ce pic pétrolier posera (et pose déjà) de grandes difficultés, tant notre économie est structurellement fondée sur cet approvisionnement massif en énergie bon marché. C’est un enjeu majeur de notre siècle.

La question politique la plus fondamentale posée par ce problème est l’adaptation difficile à un contexte de contraction énergétique en période de crise économique prolongée, dans le but simple de préserver un certain niveau de bien-être et de stabilité sociale.

Il faut être conscient de l’envergure de ce problème en amont, réorganiser l’économie du pays pour qu’il puisse résister à une baisse de l’approvisionnement en produits pétroliers, et être en bonne relation avec les pays du monde, en particulier ceux qui auront encore une marge de manœuvre énergétique. Une approche dirigiste, temporellement inscrite dans un plan quinquennal au sens gaullien, et axée sur la sobriété semble la meilleure.

La doctrine actuelle de l’UPR possède déjà un certain nombre d’atouts pour porter ce projet porteur de sens.

 

Sommaire

A – Origine et usages du pétrole

B – Exploration et exploitation pétrolière

C – Le pic pétrolier

D – À quand le pic pétrolier ?

E – Comment peut-on « prédire » la fin du pétrole ?

F – Le pic pétrolier est-il un problème ?

G – Y a-t-il des solutions ?

H – Comment agir ? Mesures recommandées

I – Pour aller plus loin

 

 

 

 

 

A – Origine et usages du pétrole

 

 

 

Il y a des centaines de millions d’années, ont vécu et sont morts des algues, planctons, des petits animaux et des végétaux. Parfois, ils ont sédimenté, et parfois, ces résidus organiques ont été piégés dans le sous-sol. Puis, par une très lente transformation sur plusieurs centaines de millions d’années (300 et 500 millions d’années), sous certaines conditions de pression et de température, la substance organique s’est accumulée en certains endroits pour donner du kérogène [1], puis du pétrole.

 

 

 

Quoiqu’il existe une hypothèse selon laquelle le pétrole a pu apparaître de façon abiotique [2], il est généralement admis que le pétrole est issu de la lente décomposition de ces matières vivantes sédimentées.

 

Cette origine du pétrole explique deux choses :

 

 

 

1) d’abord qu’il vaudrait mieux parler « des pétroles » au pluriel car « les pétroles » sont d’origine et de qualité variable, en fonction de la matière organique de départ et des conditions géologiques de transformation. Il n’y a pas deux champs de pétrole qui fournissent exactement le même liquide.

 

2) ensuite qu’il n’y a pas de pétrole partout sur Terre. Seule la matière organique qui a sédimenté puis qui a été piégée dans des conditions spécifiques est devenue du pétrole. Les hasards des paysages ayant habité la Terre il y a des millions d’années et les hasards de la tectonique des plaques ont distribué « les pétroles » de manière inéquitable sur Terre : très peu en France, beaucoup au Venezuela, et plus encore en Arabie Saoudite.

 

 

 

 

Le pétrole est composé d’hydrocarbures, c’est-à-dire de chaînes de carbone avec de l’hydrogène, et d’impuretés diverses. Puisqu’il faut des millions et des millions d’années pour former du pétrole, on considère que le pétrole n’est pas renouvelable, et que le stock de pétrole nous est donné une fois pour toute. Autrement dit, lorsqu’on prélève du pétrole du sous-sol, il y a moins de pétrole disponible.

 

 

 

Réserves de pétrole dans le monde en 2005.

 

Source : la documentation française, 2007.

 

http://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/petrole/carte.shtml

 

 

 

Le pétrole est une matière dont les usages sont très nombreux : essence, diesel, fioul, kérosène, bitumes, plastiques, produits ménagers. Le pétrole est essentiel à la fabrication des textiles synthétiques, de l’ameublement, de l’électroménager bruns et blancs, des produits électroniques et informatiques, des produits de haute technologie, etc. Cette omniprésence du pétrole est liée à son prix très faible, en dépit du sentiment commun de payer trop cher le plein d’essence d’une voiture.

 

 

 

Le pétrole est quasi hégémonique dans le domaine du transport. 60 à 75 % des produits pétroliers en France servent à cet usage. Ceci est le fait de quelques grandes qualités : il contient beaucoup d’énergie par unité de volume, il s’emporte très facilement dans un réservoir basique qui se remplit en quelques minutes, et son prix est peu élevé : une unité d’énergie mécanique issue du pétrole vaut en ordre de grandeur 500 fois moins cher que la même unité issue du travail humain avec un salaire occidental [3].  Cette omniprésence du pétrole dans le transport explique que le pétrole est régulièrement qualifié de « sang de l’économie ».

 

Pour le quart restant, le pétrole sert aussi à la pétrochimie, notamment à la production de plastiques. Il sert à chauffer les bâtiments et alimente des chaudières industrielles. Il est assez peu utilisé pour produire de l’électricité (contrairement au charbon, dont c’est le principal usage au niveau mondial).

 

Malgré le recours à l’énergie nucléaire pour la production d’électricité, les énergies fossiles, principalement le pétrole et le gaz, représentent les deux tiers de la consommation d’énergie finale en France.

 

 

 

Enfin, l’accès prolongé pendant plusieurs décennies à un pétrole abondant et bon marché a significativement changé la manière dont les objets sont conçus, fabriqués et vendus. A titre d’exemple, on peut citer l’abondance des produits jetables, les produits fabriqués dans des dizaines de pays et multipliant les allers-retours, ou encore la forte progression des ventes de produits électroniques et informatiques, dont la fabrication est intense énergétiquement. L’économie est en grande partie structurée autour d’un pétrole abondant et bon marché.

 

 

 

 

 

B – L’exploration et l’exploitation pétrolière

 

 

 

Si le pétrole affleurant a été exploité depuis des millénaires pour des lampes à huile ou pour l’étanchéité des bateaux, l’industrie pétrolière est née à la fin du XIXe siècle en Amérique, en Pennsylvanie, en Alberta, en Californie et dans quelques régions européennes, en Roumanie notamment. C’est pendant la période des trente glorieuses (1945-1973) que la croissance de la production de pétrole a été la plus forte. En 1973 a eu lieu le premier choc pétrolier, conséquence directe du pic pétrolier américain (voir plus bas). Depuis 1980, la croissance de la production pétrolière est plus faible.

 

 

 

Production mondiale de pétrole depuis 1900.
Source : Wikipédia, chiffres British Petroleum à partir de 1965.

 

 

 

Un champ de pétrole est une poche souterraine qui contient du pétrole plus ou moins pur. Après étude préliminaire (observations de terrain, images aériennes et images satellites), il est souvent localisé grâce à des études sismiques : l’étude des ondes de choc qui suivent une petite explosion déclenchée renseigne sur la composition du sous-sol, un peu comme une échographie [4].

 

 

 

La technique classique d’exploitation, dite conventionnelle, consiste à planter un tuyau, et le pétrole sous pression jaillit spontanément. Lorsque le pétrole n’est pas sous pression, on plante un second tuyau dans lequel on injecte du liquide ou du gaz, ce qui fait sortir du pétrole de l’autre côté. Ces dernières décennies, des techniques nouvelles, plus complexes et gourmandes en capitaux, comme le forage horizontal ou la fracturation de la roche (pour laquelle l’industrie pétrolière a tenté d’imposer le vocabulaire de « stimulation hydraulique » ou encore « massage de roche »), ont été mises en œuvre.

 

 

 

L’industrie pétrolière est régulièrement attaquée par les écologistes en raison des pollutions engendrées pas ses activités : marées noires, pollution des eaux, des sols et de l’air… La fracturation hydraulique est spécialement visée pour sa forte consommation de ressources, notamment en métal, en eau et en sable, sa contamination chimique des nappes phréatiques, sa dégradation des paysages (puits multiples) et même pour provoquer des micro-séismes. De plus, l’extraction des huiles et gaz de schistes, venant s’ajouter au pétrole conventionnel et aux autres énergies fossiles, est incompatible avec les engagements climatiques internationaux. Pour rappel, la combustion des énergies fossiles produit du CO2 et constitue la principale source de gaz à effet de serre.

 

 

 

 

 

C – Le pic pétrolier

 

 

 

Le pic pétrolier est un concept sûr. En effet, l’exploitation de toute ressource finie ne peut durer indéfiniment : la ressource finit par se raréfier et les prélèvements passent inévitablement par un maximum ou plusieurs maximums. Cela peut se montrer en mathématiques.

 

Le pic pétrolier est donc certain. De même, il y aura aussi un pic de gaz, puis un pic de charbon. Il y aura aussi des pics pour chaque métal et pour les autres minerais.

 

 

 

Si le pic est certain, la forme de la courbe n’est pas forcément régulière. Le pic peut être pointu ou très arrondi, avec un plateau long, ou encore présenter des rebonds. En plus des facteurs géologiques, les facteurs politiques, économiques et conjoncturels influent naturellement sur la production. Par exemple, la production de pétrole russe a connu un « trou » pendant la crise russe des années 90. Il y a donc deux pics en Russie. De même, en France, le pic des champs d’Île-de-France a eu lieu en 1988, longtemps après celui du bassin aquitain.

 

 

 

La France a connu un pic double.

 

Source : Union Française des Industries Pétrolières, chiffres Comité Professionnel du Pétrole http://www.ufip.fr/activites/exploration/lexploration-production-en-france

 

Cette production française étant très faible, la quasi-totalité du pétrole consommé en France est importée, ce qui contribue au déficit commercial, réduit notre souveraineté énergétique et constitue une forte incitation à réduire notre consommation de pétrole.

 

 

 

Cependant, la courbe obtenue se rapproche souvent d’une cloche, et c’est bien le sommet de la cloche qu’on appelle pic.

 

 

 

Aspect général des pics d’extraction de ressources finies, en forme de cloche.

 

 

 

 

Exemple 1 avec la production de pétrole en Europe (Norvège et Royaume-Uni surtout).

 

Le pic est passé en l’an 2000. Cependant l’Europe a toujours été très importatrice.

La forme ressemble bien à une cloche.

 

Source : Jean-Marc Jancovici https://jancovici.com/transition-energetique/petrole/a-quand-le-pic-de-production-mondial-pour-le-petrole/

 

 

 

Exemple 2 avec la production de pétrole des États-Unis.

 

Un premier pic est passé en 1970, conformément aux prévisions de Hubbert [5]. Le pic secondaire actuellement en formation est dû au pétrole non conventionnel (huiles de schistes obtenues par fracturation hydraulique).

 

Source : administration américaine de l’énergie (EIA) https://www.eia.gov/dnav/pet/hist/LeafHandler.ashx?n=pet&s=mcrfpus2&f=m

 

L’Agence internationale pour l’Énergie (AIE) refuse depuis longtemps d’évoquer le pic pétrolier, ou alors se contente de formules très elliptiques. Dans ses prévisions, l’AIE a tendance à extrapoler les chiffres de la demande internationale en produits pétroliers, en hausse continue, et à laisser supposer que l’offre suivra. Ce faisant, elle considère de manière implicite que les ressources sont infinies, ce qui est évidemment faux. Il est évidemment stupide d’ignorer l’éléphant dans la pièce. Mais désormais, poussées par les réalités de l’actualité, les publications de l’AIE abordent le sujet de manière plus précise. [6]

 

 

 

D – À quand le pic pétrolier ?

 

 

 

La première question importante à se poser sur le pic pétrolier mondial, c’est-à-dire sur cette cloche attendue, est celle de la date du pic. Au moment où le pic se produit, à supposer qu’il s’agisse d’un pic simple, il devient impossible de produire davantage de pétrole que la veille. C’est le moment où la production plafonne.

 

Le pétrole liquide ordinaire, dit conventionnel, a déjà atteint son pic en 2006. Depuis 2006, l’industrie pétrolière ne parvient plus à produire davantage de pétrole liquide de manière standard. La décroissance est amorcée. Mais les pétroles non conventionnels (sables bitumineux, pétroles extra-lourd, huiles de schistes…) ont servi de relais de croissance, permettent de compenser la baisse d’extraction de pétrole conventionnel et les spécialistes parlent de plateau ou de plateau ondulant. En particulier, les États-Unis ont assoupli leurs normes environnementales en 2005, permettant l’essor du gaz de schiste et du pétrole de roche-mère obtenue par fracturation hydraulique. Ces pétroles spéciaux sont en train de décaler le pic pétrolier d’une dizaine d’années environ. Nous sommes en ce moment même sur le pic de production, dont le plateau pourrait se prolonger jusque 2020, selon les projections du géologue Colin J. Campbell. Nous avons choisi de présenter ces travaux parce qu’ils nous paraissent les plus fiables et les plus vraisemblables. D’autres chercheurs estiment que le pic aura lieu un peu plus tard. Nous retenons la fourchette 2020-2025. Dans tous les cas, le pic pétrolier n’est donc pas une question de futurologie, mais bien une question d’actualité et de futur très proche.

 

Source : Colin J. Campbell, géologue pétrolier, Modelling Oil and Gas Depletion, revue The Oil Age (2015).

 

https://energieetenvironnement.com/2018/06/11/anatomie-du-pic-petrolier-en-deux-tableaux/

 

 

 

La seconde question est celle de la pente. Le pic a-t-il la forme d’un plateau ? Lorsque le pic est passé, la descente est-elle douce, avec des rebonds ou des répits, ou est-ce une chute brutale ?

 

La pente est incertaine, en ceci qu’elle dépend de la capacité à limiter la baisse du taux d’extraction de pétrole conventionnel et à exploiter les pétroles spéciaux. Elle dépend du prix du pétrole (si le prix est élevé, des installations supplémentaires seront mises en service). Elle dépend de la conjoncture économique et de la survenue d’une éventuelle crise économique. Elle dépend aussi des investissements réalisés par l’industrie pétrolière, actuellement très bas. Toutefois il est admis que la production d’un champ pétrolier arrivant en fin de vie baisse de quelques pourcents par an. La courbe de Campbell montre une baisse de l’ordre de 3 % par an.

 

 

 

En 2011, le PDG de la grande entreprise pétrolière Shell déclarait : « La production des champs existants décline de 5 % par an à mesure que les réserves s’épuisent, si bien qu’il faudrait que le monde ajoute l’équivalent de quatre Arabie saoudite ou de dix mers du Nord dans les dix prochaines années rien que pour maintenir l’offre à son niveau actuel, avant même un quelconque accroissement de la demande. » [7]

 

 

 

Si l’industrie pétrolière ne parvient à trouver et exploiter de nouvelles Arabie Saoudite ou de nouvelles Mers du Nord, et il semble qu’elle ne sera pas en mesure de le faire, cela causera la baisse de la production mondiale de pétrole. D’ailleurs de nombreux pays ont déjà passé leur pic. Les pays européens, l’Algérie, l’Argentine, le Cameroun, l’Égypte, le Gabon, l’Indonésie, l’Iran, la Libye, la Malaisie, le Mexique, le Pérou, la Syrie, le Tchad, la Tunisie, le Venezuela, le Yémen, ont tous passé leur pic, même si pour certains d’entre eux, on ne peut exclure un pic secondaire. Finalement peu de pays sont en mesure d’accroître significativement leur production : peut-être les États-Unis, le Canada, l’Irak.

 

 

 

Ici, il est nécessaire ne nuancer l’imaginaire associé au pic pétrolier. Le fait que la production plafonne et baisse ne signifie pas qu’elle s’arrête. Il n’y aura probablement pas de pénurie rapide et généralisée. Selon les projections de Campbell, la production cumulée de pétrole et de gaz en 2040 sera du même ordre que celle de 1995. En fait, dans l’hypothèse où la cloche est symétrique, le pic est le moment où la moitié du pétrole a été extrait, en conséquence de quoi il reste encore l’autre moitié du pétrole à extraire.

 

 

 

Toutefois, selon Campbell, entre 2020 et 2050, la production mondiale de pétrole et de gaz pourrait baisser de 45 % en trente ans, ce qui constitue une baisse sévère qui devrait avoir des conséquences lourdes.

 

 

 

 

 

E – Comment peut-on « prédire » la fin du pétrole ?

 

 

 

La courbe de Colin J. Campbell n’est pas une prédiction. Il s’agit d’une projection, fondée sur un certain nombre d’hypothèses et d’approximations exprimées par l’auteur. La méthodologie est ouverte à la critique. Ce travail de compilation et d’analyse des données est colossal, et se heurte à des difficultés. En particulier, certains pays fournissent, pour des raisons politiques et stratégiques, des chiffres notoirement faux. Les pays et entreprises ont aussi des méthodes différentes de calcul, qu’il s’agit d’harmoniser au mieux. Enfin, certaines données sont confidentielles ou secret-défense. Ce travail est effectué par des techniciens spécialistes de l’industrie pétrolière ayant pris leur retraite. Par leur carrière, ils sont très bien informés, et leur parole est presque sûrement libre et dégagée des conflits d’intérêt. Cette source paraît donc particulièrement fiable. Malgré ses défauts, cette projection est vraisemblable et peut servir de base à un raisonnement politique.

 

 

 

Une approche classique pour évaluer approximativement la date du pic pétrolier, bien moins précise que le travail de compilation de Campbell, consiste à observer les découvertes. Entre le moment où un champ pétrolier est découvert et le moment où il est exploité au maximum, il s’écoule une quarantaine d’années. Malgré les paramètres hétérogènes qui influent sur l’exploitation opérationnelle du pétrole, le pic ou plateau de pétrole conventionnel (2006) a effectivement eu lieu environ 40 ans après le pic de découvertes (1965).

 

 

 

Source : Olivier Berruyer, chiffres EIA, IEA, Laherrère, Campbell

 

Le pic des découvertes (en vert) a eu lieu dans les années 60-70. Il est donc logique que le pic pétrolier conventionnel (en rouge) ait eu lieu vers 2005-2010 et que le pic général ait lieu dans les prochaines années.

 

 

 

Actuellement, le niveau des découvertes pétrolières est historiquement bas, malgré quelques emballement médiatiques et quelques effets d’annonce. Les découvertes de la dernière décennie concernent pour les deux tiers voire les trois quarts des champs offshore, sachant qu’un forage en mer est dix fois plus cher qu’un forage à terre [8]. La faiblesse des découvertes est évidemment liée au fait qu’il reste moins de champs à trouver, mais s’explique également par une faiblesse conjoncturelle des investissements d’exploration, les prix du pétrole s’étant maintenus à un niveau assez bas, donc peu incitatif, ces trois dernières années.

 

 

 

Les nouvelles découvertes, les pétroles spéciaux ou encore le pétrole polaire ne devraient pas empêcher le déclin à venir et, au mieux, le reporteront de quelques années et réduiront la pente.

 

 

 

Un indicateur supplémentaire atteste de la vraisemblance de l’imminence d’un pic pétrolier. C’est le taux de retour énergétique (EROI ou ERoEI). Logiquement, les champs de pétrole qui ont été mis prioritairement en activité par le passé sont les champs les plus grands et les plus accessibles, dont le pétrole avait la meilleure qualité. Ces champs de pétrole avaient (car ils ont largement été déjà exploités) un excellent taux de retour énergétique. Il suffisait d’investir peu d’énergie pour en retirer beaucoup. Par exemple, en mobilisant un baril de pétrole pour forer, on pouvait retirer cent barils (EROI de 100 pour 1).

 

Désormais, les champs pétroliers que l’on met en activité ont souvent des rendements plus faibles. Un baril de pétrole peut ne donner que dix barils en retour, voire moins (EROI à 10 pour 1). Or l’ingénieur Vincent Court a établi que « un EROI agrégé de moins de 11 est incompatible avec un taux de croissance économique positif dans une économie moderne, si bien qu’il faut sûrement compter sur un EROI agrégé de 12-15 pour observer une croissance économique positive et soutenue. » [9] De ce point de vue, la mise en service d’installations pétrolières aux EROI trop faibles (inférieur à 10) est davantage le signe de la réalité du pic pétrolier qu’un espoir de l’éviter.

 

Pour exploiter le pétrole non conventionnel, il faut creuser davantage, couler davantage de béton, utiliser davantage de sable [10] et d’eau, ou construire des installations métalliques plus imposantes. Ces investissements mobilisent des sommes d’argent plus élevées. « Dans le pétrole conventionnel, il faut investir environ 20.000 $ pour extraire un baril par jour, alors que pour les sables canadiens, par exemple, c’est plutôt 200.000 $ qu’il faut investir pour produire un baril par jour » [11]. Les conséquences environnementales sont également plus importantes lorsque l’EROI est faible.

 

Inéluctablement, lorsque le taux de retour énergétique est trop faible, l’exploitation cesse. En effet, il est évidemment absurde d’exploiter un champ pétrolier si investir un baril de pétrole ne permet pas de récupérer plus d’un baril de pétrole (EROI de 1 pour 1).

 

Il existe aussi un effet ciseaux : lorsque les pétroles exploités sont spéciaux, il faut mobiliser davantage d’acier et de métaux. Or, les métaux sont eux-mêmes une ressource fossile dont la qualité des mines exploitées tend à se dégrader, et plus on exploite les métaux, plus il faut de pétrole pour alimenter les machines minières. Ceci est une difficulté réelle et significative pour le prolongement indéfini de l’exploitation pétrolière.

 

 

 

Pour conclure, on peut raisonnablement être confiant dans le fait que la production totale de pétrole (conventionnel + non conventionnel) plafonne déjà, et que d’ici quelques années, dans l’espace d’un ou deux mandats présidentiels, le déclin de la production mondiale sera enclenché, et le pic pétrolier mondial sera passé.

 

 

 

 

 

F – Le pic pétrolier est-il un problème ?

 

 

 

La date du pic pétrolier fait l’objet de vifs débats depuis de nombreuses décennies. Quelle que soit la date réelle du pic pétrolier mondial, on peut envisager le déclin pétrolier et ses conséquences. L’impact sur nos sociétés industrielles reposant massivement sur les énergies fossiles, et en particulier le pétrole, sera nécessairement important. Il est à noter que ce sont les énergie fossiles qui ont permis la révolution industrielle, et que l’économie repose sur ces mêmes énergies depuis lors. Autrement dit, hors sursaut technologique, la baisse de production de pétrole dégradera significativement le mode de vie occidental, qui est fondé sur l’abondance de ressources fossiles telles que le pétrole, et ce en l’espace de quelques années. Notons aussi que les problèmes engendrés par le pic ne seront probablement pas imputés aux contraintes pétrolières par les experts et politiques. Les difficultés financières, économiques, sociales ou politiques seront considérées comme des objets autonomes, et l’explication énergétique sera le plus souvent escamotée.

 

 

 

Une des principales analyses, issue des milieux écologistes et scientifiques (physiciens, énergéticiens), mais plus rarement acceptée dans les milieux économiques, est que le pétrole est une ressource essentielle à la croissance économique, bien plus que ne le suggère son poids dans le PIB. Le pouvoir d’achat des citoyens aurait crû ces dernières décennies principalement grâce à l’énergie abondante et bon marché. Selon cette logique, le déclin de la production pétrolière entraînera une baisse grossièrement proportionnelle du PIB donc une crise économique prolongée et une baisse sensible et durable du pouvoir d’achat matériel. Ce raisonnement est cohérent avec les observations passées.

 

1945-1973 : forte augmentation de la production de pétrole, forte croissance, forte hausse du niveau de vie.

 

1973-2008 : augmentation moindre de la production de pétrole (surtout de la production par habitant, compte tenu de l’accroissement démographique), faible croissance, croissance faible du niveau de vie.

 

2008 – aujourd’hui : stagnation de la production, croissance presque nulle, stagnation voire légère baisse du niveau de vie.

 

 

 

Ce qui donnerait pour l’avenir :

 

aujourd’hui – 2020/2025 : stagnation de la production, absence de croissance (ou récession en cas de crise financière).

 

2020/2025 et années suivantes : baisse sensible de la production, succession en cascade de crises économiques, baisse correspondante du niveau de vie.

 

 

 

Cette analyse est pertinente, car la richesse produite ne peut être significativement augmentée sans une augmentation proportionnelle de la consommation d’énergie [12]. Les quelques exceptions à ce principe s’expliquent par des bulles immobilières ou financières, ou par des périodes transitoires de crise.

 

 

 

Selon cette logique, l’imminence du pic pétrolier est annonciatrice d’une crise économique plus profonde que les crises passées, car durable, ou d’une succession d’épisodes critiques, voire d’une déstabilisation majeure de l’économie. C’est donc un problème de première importance.

 

 

 

Des pans de l’économie pourraient voir leurs perspectives d’avenir disparaître, par exemple l’industrie du transport aérien, dont la massification est liée à un kérosène bon marché, le tourisme de masse, ou l’électronique grand public (informatique, industrie vidéoludique).

 

 

 

Le processus de crise pourrait être similaire à celui de 2008. Par le phénomène d’offre et de demande, le prix du pétrole monte. Lorsqu’il atteint un certain niveau, autour de 120 ou 150 $ le baril, il expose l’ensemble des économies importatrices à une forte tension (inflation, hausse des taux d’intérêt, déséquilibres des budgets), mettant en difficultés les entreprises et les ménages, et la crise se déclenche aux points fragiles de l’économie. En l’occurrence, en 2008, le point fragile était l’immobilier américain, de trop nombreux ménages modestes n’ayant pu faire face à un crédit immobilier trop facilement accordé, et le système bancaire, des opérateurs financiers ayant acheté des produits titrisés bien notés par les agences sans comprendre qu’ils contenaient en réalité des dettes irremboursables. La crise financière et économique ainsi déclenchée réduit la demande pétrolière et fait baisser les prix à nouveau, dans l’attente du prochain cycle (hausse du prix du baril – crise économique – baisse du baril – répit).

 

 

 

Par ailleurs, la mondialisation s’appuyant sur le transport très bon marché par bateau et camion, le déclin pétrolier pourrait donner lieu à une sorte de démondialisation forcée. Cette crise pétrolière attendue pourrait aussi limiter la crise climatique en empêchant la concrétisation des scénarios d’émissions les plus pessimistes.

 

 

 

En définitive, plutôt que de subir complètement cette crise, il serait souhaitable de s’adapter progressivement à une organisation sociale sans pétrole.

 

 

 

 

 

G – Y a-t-il des solutions ?

 

 

 

Bien sûr, il existe des objections à cette logique qui met en jeu un pic sûr et une crise tout aussi sûre. Certaines sont sans doute venues à l’esprit du lecteur.

 

 

 

Des sauts technologiques dans l’industrie pétrolière pourraient permettre d’exploiter des ressources pétrolières aujourd’hui laissées de côté. Cependant, il est imprudent de raisonner autrement qu’à technologie existante.

 

 

 

La hausse du prix du pétrole pourrait justifier l’exploitation de réserves non rentables à 50 $ le baril, mais rentables à 200 ou 300 $. On peut néanmoins douter de la capacité de l’économie à résister à un prix du pétrole si haut, qui n’a jamais été atteint par le passé. L’expérience montre donc que l’économie entre en crise vers 120 $ le baril, donc avant que le pétrole ne puisse atteindre ces hauts niveaux de prix. Par ailleurs, aucune corrélation entre prix du pétrole et sa disponibilité sur le marché n’est démontrée.

 

 

 

Des champs géants inattendus pourraient être découverts, sous les océans, sous les pôles ou ailleurs. L’historique baissier des découvertes montre que cela est plutôt improbable, même en cas de hausse des investissements d’exploration. De plus, comme les solutions précédemment citées, cela est peu souhaitable d’un point de vue pollution et changement climatique.

 

 

 

Le pétrole peut être synthétisé plutôt qu’extrait du sol. On peut augmenter la production d’agrocarburants, développer le pétrole à base d’algues, produire du pétrole à partir de charbon, etc. Cependant, le rendement énergétique n’est pas intéressant [13]. Par ailleurs, dans un contexte de tension sur les matières premières agricoles, la production d’agrocarburants sera en compétition avec l’usage alimentaire. Le pétrole peut faire l’objet de substitutions, par exemple en faisant rouler davantage de voitures à l’électricité, mais cela pose d’autres difficultés (approvisionnement en matériaux spécifiques aux batteries, recyclage des batteries, production électrique). Malgré leurs limites, certaines de ces solutions pourraient avoir un intérêt, mais elles ne sont pas à l’échelle du problème : en France, les agrocarburants, qui ne couvrent que 6 % de la consommation d’énergie dans les transports, sont déjà controversés et les voitures électriques, fortement aidées, ne représentent que 1,2 % des immatriculations.

 

 

 

Certains avancent l’idée d’un « pic de la demande » : grâce aux initiatives de substitutions et aux énergies renouvelables, la demande baisserait  avant que la production ne puisse plus suivre. Toutefois, comme dit précédemment, le pétrole a des qualités bien spécifiques qui le rendent difficilement substituable : densité énergétique, état liquide très commode, prix bas… Aucune saturation de la demande ne semble avoir lieu. Malgré la stagnation économique des pays de l’OCDE, la demande croît, particulièrement dans les pays émergents, en Chine et en Inde. [14] [15]

 

 

 

On peut faire d’énormes progrès en termes d’efficacité énergétique. Les machines peuvent être améliorées pour fournir des services équivalents avec moins d’énergie. Ce processus est bien sûr déjà en cours. Il peut être encouragé, mais par nature, hors rupture technologique, il est lent. Il est improbable que les ingénieurs, grâce au progrès technologique, parviennent à « découpler » l’économie et l’énergie, ce qui permettrait de maintenir le PIB et le pouvoir d’achat tout en diminuant l’énergie consommée. Aucun découplage significatif ne s’est jamais vu par le passé.

 

 

 

Enfin, même en cas de baisse de l’approvisionnement en pétrole, en dehors des effets d’une crise économique, un niveau de confort plus ou moins satisfaisant peut être maintenu en acceptant de réduire nos besoins « à la source ». C’est le principe de la sobriété énergétique. Par exemple en acceptant des voitures plus légères et moins puissantes, en acceptant de se faire prêter une perceuse plutôt que d’en acheter une, ou en chauffant un peu moins les bâtiments. Du reste, la survenue d’une crise énergétique profonde et durable devrait révéler des gisements d’économie d’énergie.

 

 

 

Nous précisons que la présente analyse n’aborde pas les effets d’éviction qui permettraient à des acteurs aux capacités stratégiques supérieures (supériorité économique, diplomatique ou militaire) de s’accaparer la ressource et d’amortir la baisse de leur approvisionnement pétrolier au détriment d’acteurs plus faibles.

 

 

 

Quoi qu’il en soit, si certaines des solutions ci-dessus peuvent atténuer ou reporter de quelques mois ou quelques années le problème pétrolier, le fonctionnement actuel de notre économie semble, de manière assez incontestable, incompatible avec l’approvisionnement énergétique qui est déjà sous contrainte, et qui le sera plus encore à partir de 2020-2025. C’est la raison pour laquelle des changements de grande magnitude sont attendus, qu’ils soient anticipés ou subis. Dans ce contexte, il est hautement souhaitable de devancer les événements et d’organiser une baisse substantielle de la consommation de pétrole, voire une sortie du pétrole.

 

 

 

 

 

H – Comment agir ? Mesures recommandées

 

 

 

Avant toute chose, le programme de l’UPR présente d’ores-et-déjà un certain nombre d’atouts pour faire face à ces enjeux. En particulier, notre programme permet de recouvrer notre souveraineté, de reprendre la main sur l’économie en déployant une véritable politique industrielle et commerciale et en nationalisant des services publics stratégiques. Il prévoit une inflexion dans l’ultra-machinisme agricole. Il diffuse des valeurs moins individualistes et refuse la marchandisation de tout. La vision des relations internationales de l’UPR pourrait permettre une bonne entente avec les pays qui resteront exportateurs de pétrole et pourrait tempérer les tensions internationales qui seront liées au contrôle des puits de pétrole. Ces éléments permettront d’assurer une grande continuité entre le programme actuel et les extensions que nous suggérons.

 

 

 

Nous pensons que la sortie du pétrole, inscrite plus largement un plan écologique complet, devrait être un des grands projets positifs et enthousiasmants que peut mener la France en dehors de l’UE. C’est un vrai projet de société, qui sera décrit dans une autre fiche.

 

 

 

La France ne disposant que de peu de pétrole, elle en importe presque la totalité, pour un montant annuel de l’ordre de 30 à 50 milliards d’euros. Le pétrole est importé d’Arabie Saoudite et du Kazakhstan (deux tiers du total), puis en troisième position du Nigeria, suivi de la Russie, de l’Angola et de la Norvège. La réduction de notre dépendance au pétrole est souhaitable car elle améliorera notre balance commerciale et notre souveraineté énergétique. Un certain nombre d’investissements peuvent se financer sur les achats de pétrole évités.

 

De plus le pétrole contribue au réchauffement climatique et génère un certain nombre de pollutions graves. La sortie du pétrole est donc profitable sur le plan du réchauffement climatique, qui fera l’objet de la fiche n°2, et de l’écologie en général.  La sortie du pétrole se justifie également par des raisons géopolitiques. La réalité de la guerre en Irak de 2003 pour le contrôle des ressources pétrolières nous le rappelle. [16] [17]

 

 

 

Pour réduire la consommation de pétrole en France, l’approche dirigiste par filière de consommation semble la plus pertinente, avec un plan quinquennal comportant une liste d’indicateurs nouveaux. Il faut que la politique générale de la France (en particulier les politiques industrielle, agricole et commerciale) intègre et s’approprie la contrainte d’un approvisionnement énergétique décroissant.

 

Les mesures présentées ici sont dans le prolongement du volet écologie/énergie du programme présidentiel et législatif présenté par François Asselineau et l’UPR en 2017. Dans ce document, elles n’engagent que les auteurs et non l’UPR.

 

 

 

Mobilité (60 à 75 % du pétrole consommé en France) : 

 

Rapprocher par des obligations réglementaires (court terme) et par des plans d’occupation des sols renforcés (long terme) les lieux d’habitation et les lieux de travail ;

 

Supprimer le phénomène d’étalement urbain et de mitage (en particulier, renoncer au Grand Paris, ou adapter le projet) ;

 

Revitaliser le commerce de centre-ville au détriment des grandes surfaces de périphérie, étudier la reconversion des zones commerciales abandonnées ;

 

Encourager la semaine de quatre jours et le télétravail ;

 

Relocaliser la production artisanale et industrielle ;

 

Imposer par la norme des voitures légères (vignette annuelle basée sur le poids) et moins gourmandes (malus au-dessus de 2L/100km) ;

 

Favoriser ou imposer la mobilité légère en ville (vélo, vélo électrique, scooter électrique, voiturette hybride électrique), de préférence en véhicules partagés plutôt qu’en véhicules propriétaires, favoriser l’autopartage et le covoiturage ;

 

Favoriser les transports en commun (bus express en site propre à haut niveau de service et métro, train urbain et interurbain) ;

 

Réduire les investissements dans les nouvelles infrastructures routières, autoroutières et aéroportuaires ;

 

Investir massivement dans un réseau de train à moyenne vitesse ;

 

Mettre les camions sur des trains ou remplacer les camions par des trains (fret ferroviaire) ;

 

Développer un réseau national de véloroutes (voies cyclables rapides) adapté aux vélos, vélos couchés, vélos électriques, vélos carénés et vélos-voitures quadricycles à pédales  ;

 

Distribuer des chèques-vélo et des chèques-train aux citoyens ;

 

Augmenter encore par la taxe le prix des carburants à la pompe, en prévoyant des aides au transfert modal et un accompagnement en milieu rural ;

 

Étudier la mise en place de filières d’agrocarburants écologiquement performantes pour l’aviation ;

 

Taxer le kérosène sur les vols intérieurs et sortir de la convention de Chicago de 1944 pour l’international [18].

 

 

 

Pétrole non énergétique (notamment la production de plastiques) : 

 

Progressivement interdire les produits jetables non biodégradables ;

 

Limiter la publicité, en particulier à destination des enfants ;

 

Lutter contre l’emballage et le suremballage (taxe au poids ou au volume, retour de la consigne) ;

 

Développer les filières de bio-plastiques (dérivés de matières végétales plutôt que du pétrole) ;

 

Favoriser les matériaux recyclables et non dérivés du pétrole de manière générale

 

 

 

Pétrole utilisé pour le chauffage (fioul notamment) :

 

Former un grand nombre d’artisans à l’isolation thermique des bâtiments et aux différentes technologies de l’habitat « passif » ;

 

Normes encore durcies et mieux contrôlées pour les bâtiments neufs ;

 

Financer et imposer par la norme un effort d’isolation thermique massif des bâtiments anciens (bien supérieur à ce qui est fait aujourd’hui et qui va déjà dans le bon sens) ;

 

Éliminer progressivement le système de chauffage à fioul et à gaz pour favoriser les pompes à chaleur Air/Air et Air/Eau, la géothermie, et le bois-chauffage ;

 

Subventionner fortement et imposer par la norme l’installation de panneaux solaires thermiques pour l’eau chaude.

 

 

 

Pétrole industriel (fours, vapeur) :

 

Favoriser la R&D pour l’amélioration des procédés et leur mise en application.

 

 

 

Agriculture et industrie agroalimentaire :

 

Favoriser les installation agricoles atypiques peu gourmandes en ressources (micro-fermes, fermes en permaculture, fermes en traction animale, etc.) ;

 

Réévaluer et privilégier des modes de production les moins énergivores ;

 

Favoriser les circuits courts ;

 

Encourager les potagers personnels et collectifs ;

 

Améliorer écologiquement les filières d’agrocarburants ou en limiter le déploiement ;

 

Réduire par la norme la taille des tracteurs et la profondeur des labours ;

 

Réduire le recours aux pesticides (dérivés de pétrole) par des interdictions ciblées et un renforcement des normes ;

 

Réduire le recours aux engrais de synthèse (fabriqués à partir de gaz et de pétrole) ;

 

Imposer des productions agricoles localement compatibles avec le climat et la région, par exemple en assignant à chaque département une liste d’espèces et de variétés spécifiques et adaptées.

 

 

 

Autres mesures :

 

Avertir le citoyen avec un discours honnête, qui doit comporter la notion de changement de mode de vie et de concession, en particulier à destination des couches aisées de la population ;

 

Protéger les couches vulnérables de la population ;

 

Douane verte pour éviter le dumping environnemental de produits ayant consommé beaucoup de pétrole ;

 

Taxe carbone ou équivalent ;

 

Supprimer le marché européen du carbone, complexe et inefficace ;

 

Diplomatie apaisée avec la Russie, fournisseur stratégique de pétrole et de gaz ;

 

Étudier le financement des mesures coûteuses par la création monétaire [19] ;

 

Réévaluer les systèmes de production d’énergie par la prise en compte du taux de retour énergétique (EROI) ;

 

Diffuser, informer la population sur les pratiques vertueuses de production et de consommation ;

 

Augmenter les stocks stratégiques de pétrole à 120 jours puis 180 jours.

 

 

 

I – Pour aller plus loin :

 

 

 

Quelques références :

 

Les travaux académiques de Colin J. Campbell et Jean Laherrère

 

Les travaux des ASPO (Association for the Study of Peak Oil) https://aspofrance.org/

 

Le site de l’ingénieur-conseil Jean-Marc Jancovici, très complet et pédagogique, avec une approche pragmatique et technique https://jancovici.com/

 

Les conférences de Jean-Marc Jancovici, facilement accessibles sur internet, sont également recommandées, par exemple : https://www.youtube.com/watch?v=2JH6TwaDYW4 ; https://www.youtube.com/results?search_query=jancovici+l%27adme

 

Or Noir, de Matthieu Auzanneau, éditions La Découverte, 2015

 

Pétrole, la Fête est Finie !, de Richard Heinberg, éditions Demi-Lune, 2008

 

Manuel de Transition, de Rob Hopkins, éditions Écosociété, 2010

 

La conférence de Nicolas Meilhan donnée à l’École de Guerre http://leseconoclastes.fr/2017/12/jour-dapres-replay/

 

Une interview du blogueur Olivier Berruyer, complétée par des graphiques https://www.les-crises.fr/video-va-t-on-manquer-de-petrole-dici-2-ans-par-olivier-berruyer/

 

Une vidéo de synthèse sur le pétrole et le pic pétrolier par le youtubeur « Le Réveilleur »  https://www.youtube.com/watch?v=TU3KZ7VUhwU&feature=youtu.be

 

 

 

 

 

Auteurs :

 

Jérôme YANEZ (adhérent de l’UPR depuis 2014, contributeur au programme énergie-environnement de 2017, candidat de l’UPR dans la 13e circonscription des Hauts-de-Seine en 2017)

 

Isabelle CORRADO (adhérente de l’UPR depuis 2015, candidate de l’UPR dans la 3e circonscription de l’Yonne en 2017, bénévole à l’association « Les Clés de l’Europe » depuis 2018)

 

Relecture :

 

David ACUNZO (adhérent de l’UPR depuis 2013, membre du Bureau National de l’UPR, coordinateur des délégations de l’étranger, responsable du programme énergie-environnement de 2017, candidat de l’UPR dans la 8e circonscription des Français de l’étranger en 2017)

 

 

 

 

 

(1) Article Wikipédia (https://fr.wikipedia.org/wiki/K%C3%A9rog%C3%A8ne )

 

(2) Source https://www.pourlascience.fr/sd/geosciences/le-manteau-terrestre-source-de-petrole-10332.php

 

(3) Source http://avenirsanspetrole.over-blog.com/article-il-parait-que-l-energie-coute-trop-cher-55154680.html

 

(4) Source Total (https://www.planete-energies.com/fr/medias/decryptages/la-localisation-d-un-possible-gisement-d-hydrocarbures )

 

(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Marion_King_Hubbert

 

(6) https://www.challenges.fr/entreprise/energie/pourquoi-l-aie-redoute-un-futur-choc-petrolier_459125

 

(7) Propos de Peter Voser rapportés par le Financial Times, via Matthieu Auzanneau, alors journaliste au Monde (http://petrole.blog.lemonde.fr/2011/09/24/shell-il-faut-arabies-saoudites-en-plus-dici-a-2020/)

 

(8) Source Institut Français du Pétrole (http://www.panorama-ifpen.fr/nouvelles-decouvertes-de-petrole-et-gaz/ )

 

(9) Tribune dans Reporterre (https://reporterre.net/La-dure-loi-de-l-Eroi-l-energie-va-devenir-plus-rare-et-plus-chere )

 

(10) Le manque de sable adéquat limitait début 2018 l’exploitation du pétrole de schiste aux USA (https://energieetenvironnement.com/2018/02/22/le-manque-de-sable-ralentit-lexploitation-des-schistes-americains/ )

 

(11) Source Jean-Marc Jancovici (https://jancovici.com/transition-energetique/petrole/quest-ce-que-le-petrole-non-conventionnel/ )

 

(12) Voir la première diapositive de cette présentation de Jean-Marc Jancovici (http://www.sfen.org/sites/default/files/public/atoms/files/jancovici-4sur4-sfen_paca_janvier_2017.compressed.pdf ) Voir aussi le graphique en page 3 de cette étude de Gaël Giraud (https://www.parisschoolofeconomics.eu/IMG/pdf/article-pse-medde-juin2014-giraud-kahraman.pdf )

 

(13) https://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/algocarburants-bilan-agrocarburants-53532/

 

(14) https://www.lesechos.fr/12/11/2014/lesechos.fr/0203931570471_energie—la-consommation-mondiale-devrait-grimper-de-37—d-ici-2040.htm

 

(15) http://www.bsi-economics.org/771-dependance-energetique-chine-id

 

(16) http://petrole.blog.lemonde.fr/2011/06/14/la-guerre-dirak-etait-bien-une-guerre-du-petrole-cette-fois-cest-sur/

 

(17) http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/fileadmin/user_upload/Datalab-13-CC-de_l-energie-edition-2016-fevrier2017.pdf

 

(18) « La Convention de Chicago adoptée en 1944 prévoit ainsi que le carburant d’un avion ne peut pas être taxé à l’arrivée. De nombreux pays ont alors signé des accords bilatéraux excluant la taxation au départ comme à l’arrivée ». https://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/data/17217/reader/reader.html#!preferred/1/package/17217/pub/24756/page/8

 

(19) Voir par exemple https://atterrissage.org/alain-grandjean-piloter-economie-apres-croissance-a3ffb11f033e