Complètement déboussolé, M. de Villepin donne la IVe République comme modèle d’efficacité !

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Les responsables politiques européistes sont tellement aux abois, et tellement démunis face aux événements, qu’ils sombrent tous, les uns après les autres, dans l’insignifiance, le fait divers ou les déclarations délirantes. La campagne présidentielle de l’année prochaine a donc toutes chances de nous fournir des moments historiques.

Une nouvelle preuve de ce « n’importe quoi » ambiant vient ainsi de nous être administré, aujourd’hui même, par les toutes dernières déclarations, ahurissantes, de Dominique de Villepin (cf. http://www.lepoint.fr/politique/villepin-nous-sommes-un-pays-ou-la-politique-est-impuissante-22-06-2011-1344844_20.php).

Il est vrai que notre Bonaparte au brushing a de quoi faire grise mine. Ses troupes fondent à vue d’oeil ! Il y a un an, le 19 juin 2010, il avait rassemblé quelque 6.000 personnes pour le lancement de son mouvement « République Solidaire » dans la Halle Freyssinet du 13e arrondissement de Paris. Voici quelques jours, le 20 juin, les 6.000 s’étaient volatilisés, puisqu’il n’a pas réussi à rassembler plus de 300 personnes à la Maison de l’Amérique Latine….

[Pour les amateurs de culture classique, cela nous fait penser au « Cid » de Corneille, mais à l’envers :

« Nous partîmes cinq cents ; mais par un prompt renfort »
« Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port, »
« Tant, à nous voir marcher avec un tel visage, »
« Les plus épouvantés reprenaient de courage ! »

Acte 4 , Scène 3   Rodrigue dans le Cid.]

Cette spectaculaire désaffection dont souffre M. de Villepin a une raison simple : elle découle du constat attristé qu’il n’a – comme tous les autres dirigeants politiques français – aucun courage politique face à la dictature euro-atlantiste qui a jeté ses griffes sur le continent. Une dictature qu’il a d’ailleurs, comme ministre des affaires étrangères puis comme Premier ministre, contribué à installer, en soutenant le projet de Constitution européenne puis le traité de Lisbonne.

Ceux qui croyaient que M. de Villepin, du fait de son brillant discours au Conseil de Sécurité de l’ONU en 2003 contre la guerre en Irak, était l’homme qui pouvait s’opposer à cette dictature en sont pour leurs frais. Leur déception est immense.

Du coup, tout l’édifice villepiniste est en train de s’écrouler, en virant à la pantalonnade. Voici quelques jours, l’ancien Premier ministre se déclarait en faveur de la dépénalisation du cannabis, pour faire « jeune ». Las, un sondage a semblé indiquer que 2/3 des Français étaient contre. Comme nous l’avions aussitôt diagnostiqué, M. de Villepin a remisé sa proposition aux oubliettes, comme un marchand de vêtements qui remballe sans piper mot la veste en coton qu’il essayait de vous vendre lorsque vous lui dites que vous avez besoin d’un pantalon.

Ses propos d’aujourd’hui laissent tout simplement pantois. M. de Villepin a convoqué la presse pour leur faire part de son sentiment : « Nous sommes un pays où la politique est impuissante ». (Tiens donc ! M. de Villepin aurait-il visionné le début de ma conférence sur « QUI GOUVERNE LA FRANCE ? »…?)

Puis l’ancien Premier ministre continue par une déclaration fracassante : « L’homme ou la femme politique qui arrivera à l’Élysée (en 2012) n’a pas les outils pour gouverner. Pas plus que celui qui est arrivé en 2007, 1995, 1981 ».

Mes lecteurs savent que je ne cesse de parcourir la France depuis 4 ans pour dresser ce constat. Sauf qu’y inclure la date de 1981 – comme ose le faire M. de Villepin – est un mensonge qui dénature le raisonnement. Car qui peut oser dire que François Mitterrand, arrivant à l’Élysée en 1981, était dépourvu d’outils pour gouverner !? Il suffit de se remémorer la longue liste des réformes spectaculaires qu’il put parfaitement mettre en oeuvre (en bien ou en mal, là n’est pas la question) pendant les premières années de son septennat, pour être convaincu du contraire. Il y a une raison à cela : en 1981, les dirigeants français avaient encore l’essentiel des outils de la souveraineté puisque nous étions avant le traité de Maastricht de 1992, et avant même l’Acte Unique de 1986.

Partant de prémisses pour partie exactes et pour partie erronées, M. de Villepin en arrive à la conclusion que voici : « Nous sommes un pays où la politique est impuissante. Il n’y a pas de fatalité à cela. [Il faut] une « concentration de l’activité ministérielle » autour de dix ministres et la création de huit grandes régions métropolitaines. Avant de conclure : « Je suis beaucoup moins dur que ne le sont certains avec la IVe République. Elle a inventé le système des gouvernements par projet. Je préfère un gouvernement qui dure huit mois et qui prend trois réformes qu’un gouvernement qui dure cinq ans et qui ne nous offre guère de perspectives ».

On croit rêver ! Le prétendu « gaulliste qu’est M. de Villepin a-t-il oublié que la IVe République avait fini par sombrer dans l’immobilisme ?

Ne sait-il pas que l’instabilité ministérielle chronique (de type « italien ») et le règne des partis avaient fait perdre à l’Etat toute son autorité et toute direction collective, laissant ainsi la voie libre aux intérêts euro-atlantistes ?

M. de Villepin n’a sans doute pas réalisé que c’est justement la IVe République qui a livré la France aux Américains, ne leur permettant  de piloter notre pays en sous-main pendant 12 ans, et notamment en nous imposant :

  • => l’entrée dans l’OTAN le 4 avril 1949
  • => la pseudo « Déclaration Schuman » donnant le coup d’envoi de la prétendue « construction européenne » le 9 mai 1950 (cf. http://www.upr.fr/wp-content/uploads/2011/02/UPR-DOSSIER-DE-FOND-LA-FACE-CACHEE-DE-ROBERT-SCHUMAN-f%C3%A9vrier-2011.pdf)
  • => le traité de Rome de 1957, où la France a accepté d’entrer dans l’engrenage fatal de la perte de sa liberté et de son indépendance nationale, engrenage dont nous mesurons désormais les conséquences avec de plus en plus d’effroi.

CONCLUSION

Ces nouvelles déclarations de M. de Villepin sont pathétiques. Cet ancien Premier ministre fait semblant soudain de découvrir devant les journalistes ce que je ne cesse d’expliquer à mes concitoyens depuis plus de 4 ans en parcourant la France : à savoir qu’en effet les prétendu « dirigeants » français ne dirigent plus rien.

Mais ce soudain aveu de l’ancien Premier ministre se perd aussitôt dans la langue de bois et le mensonge.

NON, M. de Villepin, si les dirigeants français et si la politique française sont devenus « impuissants », ce n’est évidemment pas parce qu’il y aurait trop de ministres et trop de régions ! C’est infiniment plus grave que cela et vous le savez parfaitement.

POURQUOI MENTEZ-VOUS AUX FRANÇAIS ? Pourquoi ne leur dîtes-vous pas que la politique française est devenue impuissantes parce que l’essentiel des pouvoirs ont été volés aux Français et à leurs dirigeants, et qu’ils ont été donnés à la Commission européenne et à la BCE ? Si vous avez un doute, je vous invite à venir assister à ma conférences sur les 10 RAISONS POUR SORTIR AU PLUS VITE DE L’UE !

M. de Villepin, ce n’est jamais bien de prendre ses compatriotes pour des imbéciles. Et c’est pour cela que vos troupes sont parties, passant de 6.000 supporteurs à 300 en un an.

Fort heureusement, je constate quant à moi le phénomène inverse : je vois, avec plaisir et émotion, un public de plus en plus conséquent venir à mes conférences. Je constate que le nombre de consultations de nos vidéos et de nos interviews en ligne ne cesse de voler de records en records. Pourquoi ? Parce que j’explique à mes concitoyens le fond des choses et que je ne les prends pas pour des billes !

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