L’UMP en décomposition accélérée : la nécrose d’une association de type mafieux

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L'UMP EN DÉCOMPOSITION ACCÉLÉRÉE

Pendant que les esprits étaient tournés vers les élections européennes, un phénomène politique d’importance s’est déroulé dans les coulisses au cours des dernières semaines : la nécrose accélérée de l’UMP.

Chaque semaine, pour ne pas dire chaque jour, apporte désormais à l’opinion publique son lot de révélations sur l’atmosphère infecte qui règne dans ce qui était le parti au pouvoir il y a encore à peine plus de 2 ans. Non seulement l’UMP est une structure faite de haines cuites et recuites, où tout le monde déteste tout le monde, mais elle recèle une quantité effrayante de délinquants et d’escrocs derrière presque chaque porte capitonnée.

En réalité, l’UMP connaît le destin de toute association de type mafieux :

  • elle fonctionne sur la loi du silence (« l’omerta ») lorsque le succès est au rendez-vous.
  • mais lorsque la chance tourne, – ou que l’accumulation des haines accumulées fait se délier les langues -, les associations maffieuses se nécrosent à toute allure. Tous les clans, et tous les responsables, « passent à table » et les règlements de compte font s’écrouler l’édifice.C’est à ce stade de nécrose avancée qu’est arrivée l’UMP.

Voici un rappel de quelques-uns des derniers épisodes de cette décomposition accélérée :

  • 19 mars 2014 : Le journal Le Monde fait le point sur les 6 « affaires » qui menacent Nicolas Sarkozy

Les 6 « affaires » en question sont :  

– l’affaire Tapie
– l’affaire de Karachi
– l’affaire du financement libyen
– l’affaire des écoutes téléphoniques
– l’affaire Bettencourt
– l’affaire des sondages de Élysée

  •  16 mai 2014 : Pour le député UMP Lionel Tardy, «l’UMP n’existera plus en juin»

Ce parlementaire « filloniste » de Haute-Savoie estime que sa famille politique ne survivra pas aux élections européennes et à l’affaire Bygmalion.

Les policiers de la « Brigade de répression de la délinquance astucieuse » (BRDA) ont été chargés d’enquêter après un signalement de la cellule « antiblanchiment » Tracfin. Au cœur de cette affaire apparaissent deux associations de loi 1901, l’Union républicaine du Sénat (URS) et le Cercle de réflexion et d’études sur les problèmes internationaux (Crespi). 

  • 21 mai 2014 : Isabelle Balkany est placée en garde à vue dans les locaux de la direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) à Nanterre

Isabelle Balkany, ancienne Conseillère générale des Hauts-de-Seine, épouse du maire UMP de Levallois-Perret Patrick Balkany et par ailleurs première adjointe de la ville, est interrogée dans le cadre d’une enquête visant le patrimoine du couple, suspecté d’avoir dissimulé des avoirs au fisc.

  • 22 mai 2014 : François Fillon laisse entendre que l’UMP pourrait ne pas survivre à l’affaire Bygmalion

C’est la poursuite du règlement de compte entre gangs rivaux : le gang de Fillon contre le gang de Copé.

  • 23 mai 2014 : le candidat du FN à l’élection législative partielle du Lot-et-Garonne, – celui-là même qui taxait l’UPR d’être un « sous-marin de l’UMP » ! -, reconnaît avoir été financé par l’un des dirigeants de la société Bygmalion, proche de Jean-François Copé.

La société Bygmalion, dont le rôle a été dévoilé par le magazine Le Point, a été créée par des proches du président de l’UMP et fait l’objet d’une enquête préliminaire du Parquet de Paris pour faux, abus de biens sociaux et abus de confiance.

  • 26 mai 2014 : l’ancien secrétaire général de l’Élysée, Claude Guéant est placé en garde à vue dans le cadre de l’affaire Tapie.

Les enquêteurs de la brigade financière de la PJ parisienne doivent interroger leur ancien patron à l’Intérieur sur son rôle dans la décision de recourir à l’arbitrage controversé dont a bénéficié Bernard Tapie dans son litige avec le Crédit Lyonnais, dans celle de ne pas contester la sentence, et dans la fiscalité jugée avantageuse appliquée à l’indemnité de plus de 400 millions d’euros octroyée en 2008 à Bernard Tapie.

Cette démission intervient après la révélation spectaculaire, lundi 26 mai, d’un dépassement des dépenses de campagne présidentielle de 2012 d’environ dix millions d’euros, camouflé par de fausses factures au nom de l’UMP. Ces dix millions ont bénéficié à la société de communication Bygmalion, lancée par deux proches du patron démissionnaire de l’UMP.

Attendons la suite…

CONCLUSION : L’UPR SOUHAITE LA DISSOLUTION DE L’ASSOCIATION DE MALFAITEURS DÉNOMMÉE UMP

L’UMP n’a plus de parti politique que le nom, le statut juridique et l’image qu’en ont encore des millions de Français naïfs.

Car la politique – au sens noble du terme – est la dernière des préoccupations des dirigeants de l’UMP. Ceux-ci se moquent comme d’une guigne du sort de la France et des Français. Ils ont fait de l’UMP un syndicat de placement, affairiste et cynique, sans aucune réflexion politique autre que celle de la soumission totale à l’hégémonie euro-atlantiste.

  • Dans le meilleur des cas, leur objectif est de s’assurer des mandats électifs grassement payés et, si possible, un poste de ministre à n’importe quel prix.
  • Dans le pire des cas, leur objectif est d’utiliser cette structure opaque pour camoufler des détournements de fonds.

Le summum est que ces gens sans vergogne osent encore prendre la pose du professeur de vertu devant les caméras.

Mais maintenant c’en est trop. L’accumulation des scandales a désormais atteint son comble et l’UMP contribue de façon insupportable au climat délétère qui empoisonne ce qui reste de démocratie française.

L’UPR souhaite donc que la décomposition en cours se poursuive jusqu’à son terme et que l’UMP disparaisse de la scène politique au plus vite.

Nous espérons également que la justice suivra son cours sans entrave et que les auteurs des malversations et des innombrables « affaires » ne resteront pas impunis.

Nous avons en revanche une pensée triste et compatissante pour tous les Français, adhérents ou sympathisants sincères de l’UMP – car il y en a -, qui ont été trompés par la caste dirigeante de leur mouvement. Beaucoup d’entre eux croyaient encore que l’UMP était le lointain successeur du parti gaulliste, ou du moins un parti défendant encore certaines valeurs patriotiques. Leur déception, ces jours-ci, doit être terrible.

Il est temps, pour eux, de rejeter en bloc tous les dirigeants de l’UMP et de refuser de s’engager dans un énième rafistolage avec les mêmes.Il est temps pour eux de quitter ce Titanic et de réfléchir en conscience à ce que doit être un engagement politique sincère pour sauver la France.

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