Parisot dénonce un complot organisé par les USA contre l’Union Européenne

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LE MEDEF CONSPIRATIONNISTE : La situation devient de plus en plus embrouillée. En tout cas, c’est une révolution au MEDEF puisque Mme Parisot vient de dénoncer un complot organisé par les USA contre l’UE : « si l’Europe a été attaquée, ce n’est pas parce qu’elle est faible mais parce qu’elle est forte ».
http://fr.reuters.com/article/frEuroRpt/idFRLDE77R06220110828

Que, de façon conjoncturelle, certains médias américains aient tenté de détourner l’attention des problèmes de la dette américaine vers la dette des pays européens, c’est possible.

Mais Mme Parisot se moque du monde quand elle feint de transformer ces attaques conjoncturelles en attaques structurelles :

– elle oublie de préciser que l’euro a obéi à une volonté de Washington manifestée dès le milieu des années 60 (cf. la note secrète du Département d’Etat à Robert Marjolin de 1965 révélé par l’article d’Evans-Pritchard du 19 septembre 2000).

– elle omet de souligner que l’euro est une pièce décisive dans l’échiquier mondial américain, qui vise à vassaliser l’Europe et à préparer le Grand Marché Transatlantique.

– elle oublie de signaler que les dirigeants américains (et leur bras armé, le FMI, via M. Strauss-Kahn) ont fait feu de tout bois depuis plus d’un an pour sauver l’euro, que le FMI est partie prenante au sauvetage de la Grèce notamment, et que ceci serait impossible sans l’aval de Washington.

– elle omet de faire remarquer que ce sont les dirigeants allemands qui ne veulent plus de l’euro et que c’est le gouvernement américain qui exerce des pressions constantes sur Berlin pour qu’ils acceptent de poursuivre encore l’aventure de l’euro contre l’intérêt national des Allemands.

– elle oublie de rappeler que ce sont les Finlandais, les Slovaques, les Néerlandais, les Autrichiens, qui ont exigé, au cours des tout derniers jours, des garanties réelles de la part de la Grèce.

– enfin, elle ose affirmer que la zone euro est « forte », alors que la planète financière, les couloirs de la BCE, de la Bundesbank et des Banques Centrales ne bruissent que des rumeurs d’une explosion inéluctable.

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Pauvre Mme Parisot ! Comme elle n’est sans doute pas sotte, il faut croire qu’elle est en service commandé.

Sa déclaration, très, très, très inhabituellement anti-américaine dans la bouche d’un responsable du monde économique français, prouve qu’il y a le feu au lac. Elle donne à penser que le sauve-qui-peut individuel n’est peut-être plus très loin.

Cela me fait penser à un beau proverbe chinois que je laisse nos lecteurs méditer pour ce soir :

« Quand les cuisiniers se battent, tout se refroidit ou se brûle. »

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