Souveraineté nationale et résistance vues par les Norvégiens

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Cette photographie a été prise il a quelques jours par Jean-Baptiste Baron (29 ans), dynamique et fidèle adhérent UPR depuis mai 2014 et par ailleurs délégué de l’UPR pour les Hauts-de-Seine-Sud.
Profitant de quelques jours de congés, Jean-Baptiste a visité un pays magnifique, la Norvège.
Je le laisse décrire lui-même sa photo, en publiant le message qu’il m’a adressé en même temps que le cliché :
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« Je viens de rentrer d’une semaine de visite en Norvège, pays fascinant, où j’ai eu l’occasion de visiter un petit musée qui comportait des sections à propos de la Seconde Guerre mondiale.

Il s’agit du musée de la forteresse du Bergenhus (Bergenhus Fortress Museum – Bergenhus Festningsmuseum), à Bergen.

On y trouve plusieurs ailes, consacrées notamment aux opérations militaires de la Norvège à l’ONU, aux souvenirs de la Résistance aux nazis pendant la Seconde Guerre mondiale, mais aussi à l’histoire militaire générale du pays.

Le cliché ci-joint m’a tout particulièrement frappé : c’est un cartel explicatif en plusieurs langues – dont le français – qui rappelle en quelques mots aux visiteurs ce que sont la souveraineté nationale et la Résistance.

Ce petit texte tout simple m’a ému, tant il ressemble au travail mené par l’UPR. Je souhaitais donc le partager avec vous – surtout venant d’un pays hors-UE !

Jean-Baptiste BARON
2 août 2016 »

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Je remercie beaucoup Jean-Baptiste pour ce cliché, en effet tout simple mais tellement émouvant par sa simplicité même et par le fait qu’il nous vient de Norvège.

Avec la Suisse et l’Islande, la Norvège est en effet l’un des 3 États de l’Europe de l’ouest à avoir continuellement refusé d’adhérer à la prétendue « construction européenne », que ce soit à la Communauté Économique Européenne (CEE) entre le traité de Rome de 1957 et 1992, puis à l’Union européenne (UE) à partir du traité de Maastricht de 1992.

La Norvège constitue l’une des plus éclatantes illustrations de la stratégie dictatoriale appliquée par l’oligarchie euro-atlantiste vis-à-vis de la prétendue « construction européenne ».

La stratégie dictatoriale des oligarques euro-atlantistes

Les oligarques qui ont mis la main sur l’Europe occidentale considèrent en effet systématiquement :

a) qu’il faut tout faire pour éviter de consulter les peuples par référendum sur la prétendue « construction européenne » (ce fut par exemple le cas en France avec le traité d’Amsterdam de 1998, le traité de Nice de 2000 et le traité de Lisbonne de 2008 )

b) que si néanmoins un référendum a lieu sur la prétendue « construction européenne », il ne peut avoir que deux issues :

b.1.) soit le peuple accepte le traité européen soumis au référendum (toujours à l’issue d’une propagande médiatique colossale et totalement déséquilibrée en faveur du Oui), et le vote est alors présenté comme un choix historique et définitif qui ne saurait en aucun cas être jamais remis en question ultérieurement, même si les promesses faites aux électeurs se révèlent peu à peu n’avoir été qu’une gigantesque escroquerie (c’est le cas en France avec le référendum de 1992 sur le traité de Maastricht).

b.2.) soit le peuple refuse le traité européen soumis au référendum, et le vote est alors présenté comme un scandaleux « réflexe populiste » ou une lamentable étourderie, et dans tous les cas comme une erreur regrettable qui doit être corrigée au plus vite par un autre référendum. (ce fut le cas en France avec le rejet de la Constitution européenne par le référendum de 2005).

L’esprit de résistance du peuple norvégien

Ce détournement des principes démocratiques de base se mesure très bien en Norvège, où l’oligarchie euro-atlantiste s’efforce, depuis bientôt 45 ans, de forcer la main des Norvégiens, par des référendums à répétition.

Or le peuple norvégien, déjà consulté deux fois par référendum, a refusé les deux fois :

– le référendum du 25 septembre 1972 portait sur l’adhésion à la CEE, en même temps que le Danemark, l’Irlande et le Royaume-Uni : les Norvégiens ont rejeté cette adhésion par 53,5% de Non et un taux très élevé de participation (79%). Suite à cet échec, le Premier ministre norvégien de l’époque, Trygve Bratteli, présenta sa démission.

Il est intéressant de rappeler ici qu’au même moment, les Britanniques n’avaient pas eu droit – eux – à une consultation référendaire pour l’entrée du Royaume-Uni dans la CEE. Le gouvernement conservateur d’Edward Heath fit tout bonnement adhérer le Royaume-Uni à la CEE sans référendum ! En revanche, ce fut le gouvernement travailliste d’Harold Wilson issu des élections générales d’octobre 1974 qui organisa un référendum sur le maintien du Royaume-Uni dans la CEE le 5 juin 1975. Avec une assez faible participation de 64 %, les Britanniques avaient alors approuvé le maintien à 67,2 %

– le référendum des 27 et 28 novembre 1994 portait sur l’adhésion de la Norvège à l’UE : les Norvégiens ont de nouveau rejeté cette adhésion par 52,2% de Non et un pourcentage record de participation (89% !). Suite à cet échec, le Premier ministre norvégien de l’époque, Mme Gro Harlem Brundtland, qui avait reçu le fameux « Prix Charlemagne » quelques mois auparavant, refusa de présenter sa démission.

Au tournant du XXIe siècle, l’oligarchie euro-atlantiste n’avait toujours pas abandonné la partie puisque le Parti Travailliste au pouvoir à Olso annonça, le 13 novembre 2000, qu’il comptait soumettre à un troisième référendum, avant 2005, l’entrée de la Norvège dans l’Union européenne…

Mais, devant la levée de bouclier du peuple norvégien devant ce mépris du suffrage universel, le gouvernement norvégien jugea plus prudent de temporiser.

Conclusion : un beau texte qui convient bien à l’UPR

De nos jours, il n’est évidemment plus du tout question de faire encore revoter les Norvégiens. Non seulement la Norvège se porte comme un charme mais le désastre tous azimuts de la prétendue « construction européenne » est tellement flagrant que plus aucun européiste n’ose proposer actuellement au peuple norvégien de voter une 3e fois.

Ils osent d’autant moins le reproposer que le vote historique des Britanniques en faveur du Brexit le 23 juin 2016 – qui annule donc leur référendum du 5 juin 1975 -, donne a posteriori formidablement raison aux Norvégiens qui n’avaient pas commis la même erreur puisqu’ils avaient rejeté cette même adhésion par le référendum du 25 septembre 1972.

A la lumière de tous ces récents événements, la photographie de Jean-Baptiste nous apporte une vraie leçon d’Histoire, en même temps qu’un formidable message d’encouragement et d’espoir.

Comme le dit le touchant texte du musée norvégien, « le travail de la résistance commence lorsqu’on se pose une question fondamentale [celle de la souveraineté nationale], que l’on pose ensuite à quelqu’un d’autre. »

N’est-ce pas en effet un beau résumé de tout le travail de l’UPR depuis sa création ?

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