Être contre l’Europe, c’est être xénophobe et raciste.

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Chercher à créer une entité supranationale continentale restreint le périmètre des coopérations, et fait pencher la politique des pays du continent européen vers une vision raciale et religieuse (Europe blanche et chrétienne). La théorie du « choc des civilisations » de Samuel Huntington est le fer de la lance de cette propagande pseudo-scientifique.

Cette vision caricaturale occulte des enjeux géostratégiques bien plus déterminants, comme les relations tendues entre Washington et Moscou, y compris sur le plan militaire. Elle occulte également l’amitié, parfois pluriséculaire, de la France avec les peuples du Moyen-Orient (alliance de la France avec l’Empire ottoman) ou des autres continents.

Contrairement à ce qui est relayé complaisamment par certains médias, la montée de gouvernements néonazis dans les pays frontaliers de la Russie converge avec la stratégie de l’OTAN visant à exacerber la tension avec la Russie, alors que l’OTAN est une organisation d’un autre âge, dont l’obsession est l’anéantissement des moyens militaires de la Russie. Aujourd’hui, en étant membre de l’Union européenne et étant ainsi soumise à l’article 42 du TUE, la France ne peut pas s’opposer à cette situation, car la plupart des pays de l’Est en Europe, frontaliers de la Russie, réclament cet appui de l’OTAN. Pire, la France est même obligée de contribuer à cette escalade dangereuse en stationnant ses propres troupes à proximité de la frontière russe, dans les pays baltes, du fait de son appartenance à l’OTAN. L’UPR réclame une position diplomatique plus prudente et une non-ingérence militaire. Cette position n’est possible au regard du droit international qu’en dehors de l’OTAN.

« Construire l’Europe » revient en définitive à faire fusionner des peuples qui n’ont pas les mêmes intérêts nationaux que la France ni la même vision du monde. Cette marche forcée, à la résonance militaire, risque de découler sur des conflits, des blocages et une montée des tensions identitaires, tout cela au plus grand profit des élites atlantistes.

Pour l’UPR, le dogme de la « construction européenne » se fait au détriment du maintien et du renforcement de l’amitié entre les peuples. La France aurait plutôt intérêt à renforcer ses partenariats avec des pays émergents comme la Chine, le Brésil, ou encore la Russie. Notamment, l’argument selon lequel la France serait « inexistante » au niveau mondial et menacée par des pays comme la Chine, constitue en réalité le véritable discours racialiste et xénophobe.

En se renfermant au sein du périmètre de l’UE, restreint à des États du continent européen, la France est en train de couper les liens qu’elle pourrait davantage développer avec des pays du monde entier, à commencer par ceux de la francophonie. En effet, entre l’Union européenne et la francophonie, il faut choisir ! Les deux sont fondamentalement incompatibles, car la moitié des locuteurs francophones sont répartis sur les autres continents, notamment en Afrique.