L’UPR est un parti anti-allemand, germanophobe !

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L’UPR n’est pas germanophobe. Elle s’oppose avec fermeté aux discours visant à faire de l’Allemagne le bouc émissaire des dysfonctionnements de l’UE ou de l’euro. L’UPR considère l’Allemagne comme un pays partenaire, ceci au même titre que tous ses autres pays.

Néanmoins, nous soulignons l’asymétrie des bénéfices apportés par l’euro aux différents pays de la zone euro. Certains sont perdants : principalement les pays du Sud de l’Europe, et à moindre degré la France. D’autres pays sont gagnants, au premier rang desquels l’Allemagne. C’est une vérité désagréable mais factuelle. La conséquence en est que le gouvernement allemand est celui qui dirige la politique économique communautaire. Cela contredit le mythe d’une gouvernance économique qui serait partagée à égalité entre les États membres de la zone euro. Ce sont, à l’inverse, des fractures qui se forment entre les économies nationales.

Source : http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2019/02/27/20002-20190227ARTFIG00101-selon-une-etude-allemande-l-euro-aurait-particulierement-nui-aux-francais.php

De plus, du fait de la crise financière de 2008, les pays du Sud de l’Europe sont entrés dans un cercle vicieux qui fait croître leur dette. L’Allemagne, de par son appartenance à l’euro et des créances qu’elle accumule vis-à-vis des pays comme la Grèce, le Portugal, l’Italie ou encore l’Espagne, se retrouve à devoir se porter garante de la dette de ces pays. Les bienfaits de l’euro pour l’Allemagne conduisent paradoxalement celle-ci à une situation insupportable de créditeur continental dont elle prévoit qu’elle ne recevra jamais le remboursement des dettes dont elle dispose, puisqu’elles sont tellement importantes.

Cela fait autant de raisons pour lesquelles il n’est pas dans l’intérêt de la France, ni même de l’Allemagne, de reste dans l’euro. L’UPR reconnaît ainsi que le gouvernement allemand, tout à fait légitimement, défend ses intérêts nationaux. Nous estimons que la France n’a plus à subir cela et que, en sortant de l’UE et de l’euro, nous retrouverons les moyens de dialoguer, de commercer et de nouer des partenariats d’égal à égal avec l’Allemagne comme avec le reste des pays qui resteraient membres de l’UE.

Le traité d’Aix-la-Chapelle, signé le 22 janvier 2019 par le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel, est pour l’UPR une preuve que l’UE, à 28 États, ne fonctionne pas, puisque l’Allemagne et la France se retrouvent pour s’accorder bilatéralement sur des problèmes pour lesquels l’UE est en incapacité de prendre des décisions. Sans compter que l’entretien de décisions bilatérales franco-allemandes sur des sujets aussi importants revient à considérer les autres États membres de l’Union comme des États de seconde zone. Ces accords sont donc pour la France un déshonneur sur la forme, puisqu’ils se font sans l’avis des partenaires européens qui se retrouvent surpris d’apprendre dans la presse le lendemain la signature de ce traité entre les seules France et Allemagne. Ils sont aussi une forfaiture sur le fond, puisque les Français sont très peu au courant des détails de ce traité, qui est présenté sous l’euphémisme de « Traité de coopération ». Ce traité s’inscrit dans la lignée de l’hypocrisie dangereuse du dogme euroatlantiste de la « construction européenne ».

Nous soulignons, dans ce contexte, que les intentions de l’Allemagne restent ambivalentes, voire contradictoires. En effet, le président américain George W. Bush et le Chancelier d’Allemagne Gerhard Schröder ont signé « l’Alliance germano-américaine pour le xxiᵉ siècle » en 2006. Il s’agit d’un traité bilatéral de coopération, dans lequel l’Allemagne réaffirme, notamment, sa volonté de coopération — certains diront de vassalisation, envers l’OTAN.

Pourquoi, dans ces conditions, la France devrait-elle signer un traité bilatéral de coopération avec une Allemagne déjà très engagée envers la politique internationale des États-Unis ?

Tout ceci, alors même que la France possède tous les atouts et les leviers d’action d’une grande puissance mondiale : arme nucléaire, armée conséquente, siège au Conseil de sécurité de l’ONU, diplomatie étendue et respectée, rayonnement culturel international, bonne réputation internationale, etc.

Pour en savoir plus sur l’analyse que fait l’UPR du traité d’Aix-la-Chapelle signé par la France en janvier 2019 :