Pourquoi vouloir sortir de l’UE, alors que l’UE nous permet de faire bloc et contrepoids face aux États-Unis et à la Chine ?

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Loin de s’opposer à la « construction européenne », les États-Unis d’Amérique ont au contraire poussé à son développement et sont intervenus à divers moments pour veiller à ce que cette « construction » reste sous leur contrôle.

Plusieurs faits nous le montrent, au fil du temps, notamment :

  1. Si l’Union européenne devait faire contrepoids à la Chine ou aux pays émergents à plus bas coûts de salaires, pourquoi existe-t-il un article 63 TFUE rédigé de telle manière qu’il prévoit la libre circulation des mouvements de capitaux entre les États membres de l’UE, mais surtout « entre les États membres et les pays tiers » ? Notamment, cela suppose que l’inverse (« des pays tiers vers les États membres de l’UE ») n’est pas vrai. Ainsi, la France se fait dépasser à petits feux par des investisseurs et acheteurs étrangers. Un récent exemple vient démontrer ce constat, preuve à l’appui : https://www.upr.fr/actualite/pendant-que-les-routes-nationales-francaises-tombent-en-ruines-faute-de-financement-la-france-verse-via-les-fonds-dits-europeens-60-millions-deuros-a-un-groupe-de-btp-chinois-pour-construir/.
  2. La création de la monnaie européenne, en vue de parvenir à une future union économique et monétaire sur le continent européen, fut exigée par Washington dès 1966 : https://www.upr.fr/wp-content/uploads/dossiers/DEPARTEMENT-D-ETAT-AMERICAIN-Note-du-11-juin-1965-V15.pdf/ (pages 16-18).
  3. Les fédéralistes européens (notamment les dirigeants du Mouvement européen : Retinger, Robert Schuman et l’ancien premier ministre belge Paul-Henri Spaak) étaient financés par les services américains : https://www.upr.fr/actualite/europe/des-federalistes-europeens-finances-par-des-chefs-de-lespionnage-americain/.
  4. Georges W. Bush, alors président des États-Unis, dans un discours qu’il a prononcé à l’Université de Varsovie, le 15 juin 2001, déclarait : « Toutes les nouvelles démocraties de l’Europe, de la Baltique à la mer Noire et toutes celles qui se trouvent situées entre les deux, doivent avoir la même chance pour la sécurité et la liberté, et la même chance de rejoindre les institutions européennes. Toutes les nations devraient comprendre qu’il n’y a aucun conflit entre l’appartenance à l’OTAN et l’appartenance à l’UE. […] Nous faisons bon accueil à une Europe vraiment unie ».
  5. En septembre 2011, le ministre des Finances américain, T. Geithner, a été convié exceptionnellement au sommet ÉCOFIN (qui est la réunion des ministres des Finances des États membres de la zone euro), et au cours duquel il a donné des instructions à l’Allemagne de Merkel consistant à faire davantage d’efforts pour éviter de laisser l’euro exploser.
    Sources :
    1. https://youtu.be/rSYuTiaia1s?t=2775
    2. https://www.lepoint.fr/monde/reunion-de-l-ecofin-a-wroclaw-severe-rappel-a-l-ordre-des-etats-unis-a-l-europe-17-09-2011-1374524_24.php
  6. Timothy Geithner et le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble se sont rencontrés une autre fois le 30 juillet 2012. Lors de cet entretien, ces deux responsables ont exhorté les responsables politiques à « adopter et mettre en œuvre les réformes nécessaires pour résorber la crise financière et la crise de confiance, tout en prenant note de la déclaration des décideurs européens qui se sont dits prêts la semaine dernière à prendre toutes les mesures indispensables à la préservation de la stabilité de la zone euro » (https://www.lemonde.fr/economie/article/2012/07/30/geithner-et-schauble-reaffirment-leur-confiance-dans-la-zone-euro_1740303_3234.html).
  7. Barack Obama, en juin 2012, a exigé que le Premier ministre Samaras obéisse à la « Troïka » afin que la Grèce « puisse se maintenir dans la zone euro » (c’était le fameux « plan de sauvetage de l’euro », destiné à renflouer les banques) : https://www.upr.fr/actualite/monde/obama-donne-ses-instructions-au-nouveau-premier-ministre-grec/.
  8. Barack Obama, lors d’une visite en Angleterre le 22 avril 2016, s’est prononcé contre le Brexit, allant jusqu’à dire : « L’Union européenne ne réduit pas le pouvoir du Royaume-Uni, elle le magnifie » (https://www.lemonde.fr/europe/article/2016/04/22/barack-obama-met-en-garde-les-britanniques-contre-un-brexit_4907377_3214.html).
  9. Barack Obama a appelé les Français, dans un clip de propagande, à voter pour Emmanuel Macron : https://www.youtube.com/watch?v=5wSSU0YWLEk. Une fois élu, il salua, logiquement, son élection, et son parti pris « profondément européen » : https://www.lejdd.fr/Politique/obama-je-soutiens-emmanuel-macron-pour-aller-de-lavant-3319907.
  10. Le coup d’État ukrainien du Maïdan, orchestré par Washington, suite à la décision du gouvernement ukrainien de ne pas signer un accord d’association avec l’Union européenne (https://www.bbc.com/news/world-europe-26079957) aura réussi non seulement à plonger l’Ukraine dans la guerre civile, mais aussi à créer un schisme majeur au sein de l’Église orthodoxe. Diviser pour régner, une devise encore et toujours appliquée par les États-Unis, et par ailleurs très bien expliquée dans Le Grand échiquier, écrit par feu le stratège auprès de la Maison-Blanche, Zbigniew Brzezinski.
  11. Le secrétaire d’État américain John Kerry s’est invité à Londres et à Bruxelles en juin 2017, pour mettre en garde ces pays contre une sortie de l’Union européenne : https://www.upr.fr/actualite/europe/secretaire-detat-americain-john-kerry-sinvite-a-londres-a-bruxelles-lundi/.