L’UPR a-t-elle un programme et un discours révolutionnaire, réactionnaire ou réformiste ?
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Le programme de l’UPR est révolutionnaire sur le plan international et réformiste sur le plan national, mais jamais réactionnaire.
Il est révolutionnaire sur le plan international, car la sortie de l’euro, de l’OTAN et de l’Union européenne imposera une rupture historique de premier ordre avec les politiques atlantistes et néolibérales suivies par la France. Mais cette rupture sera aussi une occasion de renouveau de la politique internationale française depuis ces 40 dernières années.
L’UPR propose pour cela :
- de condamner publiquement la théorie du « choc des civilisations » de Samuel Huntington, en vogue dans nombre de think tanks américains, comme une théorie fantaisiste, fausse et délétère ;
- de renouer des amitiés et des coopérations entre la France et la Russie, la Chine, le monde arabe et le monde latino-américain ;
- de basculer d’une politique centrée sur l’Europe à une politique tournée vers les espaces de la francophonie. Il s’agit, notamment, de mettre fin à la Françafrique (notamment en abolissant le franc CFA) et de créer un parlement francophone des États de la francophonie, qui permettrait de s’accorder sur les plans politique et culturel avec nos partenaires francophones. Mais aussi, de mettre en place un programme financier de développement avec les pays de l’Afrique francophone qui le souhaitent, afin de tarir à la source la pression migratoire issue de ces pays ;
- de continuer et de renouveler une coopération au niveau européen, du Portugal jusqu’à la Russie, grâce au Conseil de l’Europe, ou d’autres partenariats internationaux industriels, qui n’ont rien à voir avec l’Union européenne, comme Airbus ou l’Agence spatiale européenne (ÉSA). L’UPR approuve le maintien de l’utilisation de la base spatiale de Kourou en Guyane française par l’ÉSA.
Le programme est par ailleurs réformiste sur le plan national, car l’UPR ambitionne d’appliquer des changements constitutionnels notables :
- Inscription dans la Constitution de la liste des services publics non privatisables par nature : Engie (ex-EDF-GDF), la SNCF, la Poste, les réseaux d’adduction d’eau, les réseaux routiers et autoroutiers, Orange (ex-France Télécom), la Sécurité sociale.
- Remplacement de l’actuel système de parrainages d’élus locaux pour l’élection présidentielle par un système de parrainage par les citoyens.
- Réforme de la composition du Conseil constitutionnel, afin d’en faire une instance dépolitisée et professionnalisée composée uniquement de magistrats, et ne jugeant qu’en droit.
- Réforme et démocratisation du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), qui sera remplacé par une Cour supérieure de l’audiovisuel, dotée du pouvoir d’imposer aux médias une pluralité d’opinions, recueillie par des sondages sur Internet auprès de dizaines de milliers de citoyens.
- Constitutionnalisation du statut des médias en tant que « quatrième pouvoir », indépendant des trois autres (exécutif, législatif et judiciaire) et des puissances d’argent.
- Inscription dans la Constitution de l’incessibilité du siège permanent de la France au Conseil de sécurité de l’ONU.
- Prééminence de la Constitution française sur toute autre source de droit : la Constitution sera au sommet de la hiérarchie des normes.
- Possibilité de saisine du Conseil constitutionnel par des groupements de particuliers et des particuliers eux-mêmes.
- Suppression de l’article 89 de la Constitution, qui autorise le recours au Parlement constitué en Congrès pour modifier et adopter la Constitution ou un traité international (et qui a notamment permis l’adoption du traité de Lisbonne malgré le NON au référendum de 2005).
- Rétablissement et extension du champ du crime de haute trahison du chef de l’État et des membres du gouvernement.
- Instauration du référendum d’initiative populaire/citoyenne (RIP ou RIC)
- Reconnaissance du vote blanc comme un vote à part entière.
- Instauration de l’équité dans le financement des partis politiques.
- Inéligibilité à vie de tout responsable politique condamné pour corruption, en exigeant qu’ils fournissent, pour être éligibles, une copie de leur bulletin nᵒ 3 qui doit être vierge de toute condamnation.
- Interdiction d’effectuer plus de 2 mandats consécutifs pour tous les parlementaires, conseillers généraux et conseillers régionaux.
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