Les conséquences financières catastrophiques pour la France du plan européen de 750 Mds d’€

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L’annonce tonitruante, le mardi 26 mai 2020, d’un « plan » de relance européen de 750 Mds d’euros, qualifié rien moins que de « révolution » par Le Monde, est la troisième du genre en trois mois.

Elle fait suite en effet :

– à un premier « plan » de la Banque centrale européenne dévoilé le 19 mars par Christine Lagarde pour racheter 750 Mds d’euros d’actifs, plan aussitôt qualifié de véritable « bazooka » par BFM TV et tous les médias en chœur.

– à un deuxième « plan » de 500 Mds d’euros, présenté bruyamment le 9 avril par les ministres des finances de la zone euro,

Si l’on calcule bien, et même si ces chiffres additionnent des choux et des carottes, les « plans européens » lancés en pâture à l’opinion publique avec des cris d’émerveillement médiatiques atteignent ainsi un total de 2 000 Mds d’euros en 45 jours (entre le 9 avril et le 26 mai). Soit un rythme torrentiel de quelque 310 milliards d’euros par semaine….

Malgré ces annonces qui donnent le tournis et les qualificatifs grandiloquents qui les accompagnent, le grand public ne voit pas bien où tout cela conduit et reste très dubitatif et circonspect.

Loin de rassurer, cette succession de plans mirobolants, et sans aucun effet immédiat, laisse poindre une sourde inquiétude chez les européistes.

Il est déjà difficile de comprendre pourquoi un nouveau plan serait nécessaire. Les deux précédents, cumulant quelques 1 250 Mds d’euros d’achats d’actifs, de prêts et de dépenses budgétaires ne sont-ils pas suffisants ? On voit mal pourquoi une nouvelle couche de 750 Mds d’euros changerait la donne.

Ensuite, rien n’est précis, ni sur les montants, ni sur le financement, ni sur la destination des 750 Mds d’euros, ni sur les chances du projet d’aboutir compte tenu de l’opposition résolue de plusieurs États, notamment les quatre « frugaux » – Autriche, Pays-Bas, Suède, Danemark. Ce plan ne sera pas validé avant des semaines voire des mois, et ne sera pas mis en œuvre avant des années puisque les fonds seraient levés sur une période de 7 ans, allant de 2021 à 2028.

La seule chose qui est certaine, c’est que la France sera l’un des principaux, sinon le principal pays, à se faire plumer.

  • Déjà, il n’est pas sûr que la Commission européenne se financera à un coût beaucoup plus avantageux que celui de la dette de la France.
  • Ensuite, nous risquons de devoir rembourser environ 20% des emprunts contractés par la Commission européenne, alors que nous ne bénéficierons que d’un niveau minime des dépenses budgétaires engagées dans le cadre de ce nouveau plan.
  • Enfin, les quatre « frugaux » veulent que le nouveau plan de la Commission européenne se fasse à budget constant : certaines dépenses devront donc être annulées ou diminuées. Les subventions agricoles de la PAC, que perçoivent nos agriculteurs, vont donc être certainement visées.

S’il y a un pays qui doit s’opposer à ce nouveau plan de la Commission européenne, c’est bien la France. L’ironie tragique veut que, au lieu de s’y opposer, la France en ait pris l’initiative.

Les Français comprennent-ils d’ailleurs vraiment ce qui se passe ?

Ce qui se passe est que Macron est prêt, pour satisfaire son ego et l’oligarchie qui l’a fait élire, à exposer la France à des risques financiers colossaux. Les autres pays de l’Union européenne semblent avoir parfaitement compris que la France est à qui veut la prendre, et qu’elle est dirigée par une élite indolente dont l’objectif principal est, non pas de servir le peuple, mais de plaire à des médias corrompus. La France est comme un coffre-fort ouvert dans lequel il n’y a qu’à se servir.

Que le gouvernement français s’enorgueillisse de ces annonces est obscène et offensant pour la population, lorsque l’on sait qu’il n’a pas été capable d’accorder, immédiatement après le déconfinement et sans discussion, une augmentation significative des salaires des personnels soignants.

À défaut que les médias fassent leur métier d’analyse critique, les députés doivent demander au gouvernement une simulation précise sur ce que la nouvelle marotte européiste va coûter et rapporter aux Français. Ce dernier doit expliquer notamment qui remboursera, entre 2028 et 2058, les sommes faramineuses empruntées par la Commission européenne. Le gouvernement doit aussi s’expliquer sur ce qui se passerait au niveau du remboursement si un nouveau pays devait, entre-temps, quitter l’Union européenne.

Décidément, Joseph Stiglitz ne s’était pas trompé lorsqu’il avait estimé à propos de la zone euro que « ce sont ceux qui en sortiront en premier qui s’en sortiront le mieux ».