GRÈCE : Yanis Varoufakis dit aux Grecs de se préparer à abandonner l’euro et à revenir à la drachme (article du TIMES de Londres)

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Le dernier plan d’aide international à la Grèce a pris officiellement fin lundi 20 août 2018. À cette occasion, le grand quotidien britannique The Times a interrogé Yanis Varoufakis, le premier ministre des Finances du gouvernement Tsipras qui fut limogé au bout de quelques mois, sur ce qu’il pensait de cet événement.

Ce que pense Varoufakis peut se résumer par une seule de ses remarques : « Il est absolument nécessaire que la Grèce soit prête à retourner à sa monnaie nationale »

Yanis Varoufakis fut accusé d’exacerber la crise économique pendant la période où il fut ministre des Finances. TIMES PHOTOGRAPHER RICHARD POHLE

20 août 2018
Traduction : François Asselineau
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Un ancien ministre des Finances controversé a appelé la Grèce à être prête à abandonner l’euro au moment où elle sort de huit années d’austérité dictées par les créanciers bruxellois et internationaux.

Yanis Varoufakis, l’économiste radical qui a décrit les restrictions imposées par trois programmes de prêts imposés à la Grèce comme étant une « simulation de noyade fiscale », a déclaré hier que le gouvernement devrait établir des plans d’urgence pour revenir à la drachme.

Depuis la crise de la dette à la fin de 2009, les gouvernements grecs successifs se sont battus pour éviter un effondrement économique et l’expulsion de la zone euro. La Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international ont engagé plus de 320 milliards d’euros de prêts de sauvetage en échange des mesures d’austérité les plus éprouvantes des temps modernes.

Ces prêts n’ont pas été remboursés mais, à minuit la nuit dernière, la Grèce a finalement rempli ses obligations envers ses créanciers et est devenue libre de tracer ses propres politiques économiques sans ingérence de la part de Bruxelles.

Saisissant cette occasion dans une interview avec Skai TV, M. Varoufakis a appelé à une rupture de la Grèce avec les partenaires européens. « Pendant la plus grande partie de la dernière décennie, la Grèce a vécu la plus grande catastrophe économique en temps de paix depuis la Grande Dépression », a-t-il déclaré. « Il est donc absolument nécessaire que le pays soit prêt à retourner à sa monnaie nationale ».

De nombreux Grecs ont accusé cet économiste hors normes d’exacerber les difficultés économiques du pays pendant son mandat tumultueux en tant que ministre des Finances au premier semestre de 2015. Il semblait apprécier les créanciers désagréables, tout en essayant de renégocier les dettes écrasantes de la Grèce.

M. Varoufakis a été limogé après qu’Alexis Tsipras, le Premier ministre, fut intervenu dans les négociations, acceptant finalement un troisième et plus sévère ensemble de coupes budgétaires. Ils ont réduit l’économie de 26 %, conduit une entreprise sur trois dans le mur et fait plus d’un million de Grecs sans emploi. Le chômage des jeunes a conduit à la plus grande fuite des cerveaux dans un pays industrialisé de l’histoire récente.

Depuis son limogeage, M. Varoufakis a vivement critiqué l’austérité européenne et a révélé qu’il avait mis en place un groupe de travail secret pour créer un système de paiement parallèle en cas de faillite des négociations avec les créanciers du pays. Ce plan secret, baptisé « Plan X » et approuvé par M. Tsipras malgré les promesses publiques de conserver la Grèce dans l’euro, aurait facilité le retour du pays à la drachme.

Hier, M. Varoufakis a insisté pour que la Grèce conserve un tel plan. « Le ministère de la Défense n’a-t-il pas un plan de guerre prêt en cas de conflit avec la Turquie? » « La même chose devrait s’appliquer à l’économie grecque. Cela ne signifie pas qu’il sera utilisé; mais il est nécessaire de l’avoir.  »

Yannis Stournaras, le gouverneur de la banque centrale [grecque], a prévenu que tout retour en arrière de la politique fiscale grecque et des engagements de réforme pourraient provoquer une nouvelle crise. « Si nous revenons en arrière sur ce dont nous sommes convenus, maintenant ou dans le futur, les marchés nous abandonneront et nous ne serons pas en mesure de refinancer les prêts arrivant à échéance », a-t-il déclaré au journal Athens Kathimerini.

Les inquiétudes concernant le plan de sauvetage de la Grèce se sont intensifiées ces dernières semaines alors que les turbulences financières dans les pays voisins, la Turquie et l’Italie, dominent les marchés. Après le sauvetage, la Grèce s’est engagée à dégager des excédents budgétaires primaires de 3,5 % du PIB jusqu’en 2022, et de 2,2 % jusqu’en 2060 – un exploit financier réalisé par quelques pays seulement depuis les années 70.

 

Source : The Times du 20 août 2018

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François Asselineau, Président de l’Union populaire républicaine. La France doit sortir de l’Union européenne, de l’euro et de l’Otan.

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