Le « stratagème des chaînes » toujours à l’œuvre : Washington exige que l’UE intègre tous les pays des Balkans.

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Information dédiée à tous ceux qui croient encore naïvement que l’Union européenne servirait à faire contrepoids aux États-Unis.

Le sous-secrétaire d’État américain adjoint, Matthew Palmer, émissaire spécial des États-Unis pour les Balkans, est actuellement en tournée dans cette région. Après s’être rendu au Kosovo puis en Macédoine du Nord, Matthew Palmer était hier 4 novembre à Belgrade, où il a notamment rencontré le président serbe, Aleksandar Vucic.

Après avoir qualifié « d’erreur historique » la décision de l’Union européenne de ne pas ouvrir les négociations d’adhésion avec la Macédoine du Nord et l’Albanie, le sous-secrétaire d’État adjoint a déclaré que les États-Unis feraient tout ce qui était en leur pouvoir pour persuader l’UE de revenir sur sa décision avant la réunion des dirigeants prévue en mai en Croatie.

Rappelons que ce sont le président français Macron (qui s’est opposé à cette ouverture des négociations d’adhésion pour le moment) et le Premier ministre néerlandais (qui a mis son veto à l’entrée de l’Albanie) qui sont les responsables du refus de l’UE d’ouvrir les négociations.

À l’issue d’un entretien à Belgrade avec le président serbe, Aleksandar Vucic, Matthew Palmer a déclaré : « L’Amérique veut que les Balkans occidentaux aient une perspective européenne ».

Source : https://www.washingtonpost.com/national/us-envoy-calls-eu-decision-on-balkans-a-historic-mistake/2019/11/04/b31ba2ba-fef8-11e9-8341-cc3dce52e7de_story.html

Commentaires : le stratagème des chaînes

La tournée et les déclarations de Matthew Palmer, émissaire spécial des États-Unis pour les Balkans, constituent une énième illustration de ce que les États-Unis, loin d’être hostile à la prétendue « construction européenne », en sont tout au contraire les concepteurs et les ardents promoteurs, et cela depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Les déclarations de Donald Trump favorables au Brexit ne doivent pas induire en erreur : sur ce sujet, comme sur bien d’autres, le président des États-Unis est en conflit plus ou moins ouvert avec sa propre administration, les groupes de réflexion les plus puissants, le complexe militaro-industriel et plus généralement ce que l’on appelle « l’État profond » aux États-Unis.

Cet État profond – dont Matthew Palmer n’est en fait qu’un porte-parole – poursuit la prétendue « construction européenne » afin de vassaliser le continent au profit des intérêts euro-atlantistes en vertu du « stratagème des chaînes » que j’ai explicité dans plusieurs vidéos (et notamment ici à partir de 2 h 30 mn 50 s : https://www.youtube.com/watch?v=Bb8dB7d3BdE).

Conclusion

En exigeant que la Macédoine du nord et l’Albanie entrent dans l’Union européenne, le représentant de l’État profond américain sait parfaitement que ces admissions contribueront à affaiblir davantage encore les grands États d’Europe occidentale et à neutraliser toute possibilité de politique indépendante de l’Europe vis-à-vis des États-Unis.

Décidément, plus le temps passe et plus les analyses de l’UPR se révèlent toujours plus exactes et explicatives des événements.

François ASSELINEAU

5 novembre 2019

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