Macron affaiblit nos armées au moment où Corée du Nord et Chine se réarment

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En France, le mois de juillet 2017 a été marqué, du point de vue militaire, et outre le traditionnel défilé du 14 juillet,  par deux événements importants : d’une part, la décision de Macron – contraire à toutes ses promesses électorales – de tailler encore de façon massive dans le budget de nos armées, pourtant appauvries et sous-équipées depuis des décennies ; d’autre part, la démission du chef d’état-major des armées qui a fait suite à cet arbitrage budgétaire scandaleux.

Sur la scène mondiale, et comme en écho ironique à cet aveuglement stratégique des dirigeants français, les derniers jours de juillet 2017 ont été marqués par deux événements militaires majeurs :

  • le 28 juillet 2017, la Corée du Nord a testé avec succès un missile nucléaire capable de « frapper New York » et, plus généralement, tous les États-Unis continentaux ;
  • le 30 juillet 2017, la Chine a fait une spectaculaire démonstration de force avec un défilé militaire présentant 40 % de matériels nouveaux devant le monde entier.

Pendant que la France, année après année, poursuit la déchéance de ses armées au nom d’impératifs budgétaires et d’un alignement sur Washington découlant directement, l’un et l’autre, du dogme euro-atlantiste, l’Allemagne essaie de faire main basse sur notre force nucléaire stratégique avec les projet des « euro-nukes » et tous les grands États du monde, États-Unis compris, se réarment à toute allure.

La situation rappelle celle de la France insouciante des années 1930.
Et comme en 1940, le réveil risque d’être très dur.

28 juillet 2017 : La Corée du Nord teste avec succès un missile nucléaire capable de frapper New York.

Le vendredi 28 juillet 2017, la Corée du Nord a réussi un véritable exploit militaire et technologique, en testant avec succès son premier missile nucléaire intercontinental ICBM capable de frapper tout le territoire des États-Unis continentaux. C’est un exploit d’autant plus impressionnant que la Corée du Nord est un petit pays de seulement 22 millions d’habitants, de surcroît placé sous un régime d’embargo depuis des années.

À l’issue de cet essai réussi, le deuxième en un mois, le dirigeant communiste nord-coréen Kim Jong-Un s’est félicité publiquement que l’ensemble du territoire des États-Unis soit désormais « à portée de tir (…) n’importe où, n’importe quand ».

https://www.youtube.com/watch?v=Hi5zEuHjtrg

De leur côté, les experts militaires occidentaux ont confirmé que les missiles nucléaires de la Corée du Nord sont en effet capables d’atteindre maintenant la côte est américaine et quasiment tous les États des États-Unis .

Face à cela, la réaction du président Donald Trump a été particulièrement piteuse : « Je suis très déçu par la Chine (…) ils ne font rien pour nous avec la Corée du Nord, hormis parler. Nous ne permettrons plus que cela continue. La Chine pourrait facilement résoudre ce problème ! »

On se frotte les yeux. Qui eût pensé, voici vingt ans, que le président des États-Unis d’Amérique en serait réduit à geindre comme un enfant contre l’attitude des dirigeants de la « Chine de Mao », en se plaignant qu’« ils ne font rien pour nous ».

On ne saurait mieux avouer que les États-Unis sont en réalité assez désemparés et démunis, non seulement face à la stratégie nord-coréenne, mais aussi face à Pékin, qui ne fait que condamner mollement Pyongyang mais qui ne veut à aucun prix de la disparition de la Corée du Nord.

Pour comprendre l’attitude des dirigeants chinois – qui raisonnent toujours avec prudence et sur la longue durée – il faut en effet intégrer deux éléments décisifs :

  • les Nord-Coréens sont leurs alliés de longue date – tandis que les Américains sont leurs ennemis depuis le XIXe siècle – ; même si les dirigeants et les médias occidentaux semblent ignorer le poids de l’Histoire en toutes circonstances, ce n’est pas le cas des Chinois qui ont une mémoire d’éléphant. Ils n’ont pas oublié, et n’oublieront jamais, les exactions commises contre l’Empire du Milieu aux XIXe et XXe siècles par les États-Unis, le Japon et plusieurs pays d’Europe. Et ils gardent tous à l’esprit ce dicton chinois qui enseigne une loi de la vie : « Après une grande haine, il reste toujours une petite haine. »
  • la Corée du Nord constitue un État-tampon très utile entre les frontières chinoises et celles de la Corée du Sud, pays où stationnent quelque 25 000 militaires américains.

La réaction des États-Unis, frappée au sceau de l’impuissance, résulte quant à elle de deux constats principaux :

  • la petite Corée du Nord possède l’Armée populaire de Corée (APC), qui est rien moins que la 4e plus importante armée du monde en effectifs avec 1 125 000 militaires actifs ( sans compter 9 500 000 réservistes fanatisés) et la 1re du monde en nombre de militaires pour 1 000 habitants (49,03).
  • la Chine, protectrice de la Corée du Nord, possède l’Armée populaire de Libération (APL), qui comptait 2,11 millions de soldats en 2014, composant ainsi la première armée mondiale (sans compter les 3,25 millions de réservistes) et qui est doté d’un arsenal militaire impressionnant, qui fait désormais réellement peur aux militaires états-uniens.

Pékin vient précisément de le démontrer.

30 juillet 2017 : La Chine fait une spectaculaire démonstration de force

Le dimanche 30 juillet 2017 au matin, sous un ciel sans nuage et un soleil de plomb, le président de la République populaire de Chine a présidé un défilé militaire spectaculaire sur la base d’entraînement de Zhurihe, à 500 km au nord-ouest de Pékin, dans la région autonome de Mongolie intérieure.

Annoncé à la dernière minute, ce défilé a été retransmis par la seule télévision nationale chinoise – et diffusé ensuite dans le monde -, les médias étrangers n’ayant pas été conviés à couvrir l’événement. Il a commencé à 09h00 heure locale (3h00 heure de Paris) et s’est achevé 85 minutes après..

Ce défilé militaire a été officiellement organisé pour célébrer le 90e anniversaire de l’Armée populaire de libération de la Chine. Fondée sous le nom d’« Armée rouge chinoise » par le Parti communiste chinois le 1er août 1927 – au tout début de la guerre civile qui l’opposa au Guomindang – cette armée fut rebaptisée de son nom actuel après la seconde guerre sino-japonaise (1937-1945).

40 % des armements présentés au public mondial pour la première fois

Le Président chinois, Xi Jinping, – qui est également président de la Commission militaire centrale – est monté sur la tribune avec casquette et treillis militaire. À la différence de Macron sur la base d’Istres, ce treillis ne portait pas de mention d’appartenance factice à un corps d’armée.

Ce défilé a été conçu comme une véritable démonstration de force, à la fois pour glorifier le régime aux yeux du peuple chinois, mais aussi pour impressionner les experts militaires du monde entier qui étudient à la loupe les nouveaux matériels présentés.

On a en effet dénombré la présence de :

  • 12.000 soldats ; ( à titre de comparaison, le défilé des armées françaises le 14 juillet 2017 sur les Champs-Élysées a mobilisé 3 720 militaires )
  • 129 avions militaires ; ( par comparaison, notre défilé du 14 juillet 2017 a présenté 55 avions des armées françaises, 8 avions de l’US Air Force, et 29 hélicoptères, dont des hélicoptères de la gendarmerie et de la sécurité civile qui ne sont pas à proprement parler du matériel militaire )
  • 571 unités d’équipement au sol. ( par comparaison, notre défilé du 14 juillet 2017 a présenté 149 véhicules – de bien moindre technologie que les matériels chinois présentés – et… 62 motos)

Des groupes de chars, de véhicules de combat d’infanterie, de canons d’artillerie automoteurs et de missiles anti-char ont défilé, tandis qu’ils étaient survolés par des troupes aériennes d’élite.

Il est à noter que plus de 40% des armements chinois présentés au public lors de ce défilé militaire l’ont été pour la première fois.

Chars, missiles anti-char et chasseurs de dernière génération

Parmi les matériels les plus impressionnants, on a relevé notamment :

  • une colonne de chars de combat 99-A ; les versions les plus récentes de ce char sont dotés d’équipements électroniques très performants et le rendent notamment capable de frapper des cibles avec précision en se déplaçant.
Char de combat chinois ZTZ-99A

Le canon principal du char 99-A, de 125 mm :

  • est pointé grâce à un système de visée Hunter-killer, comme sur les derniers blindés occidentaux, permettant ainsi le tir en mouvement et sur cible mobile, de jour comme de nuit ;
  • est alimenté automatiquement, comme sur les blindés russes ;
  • tire des obus à fragmentation ou à haute pénétration de blindage (HEAT).

Le char 99-A est doté de systèmes de visées à senseurs infrarouges et d’une centrale de tir entièrement automatisée. Il emporte également des missiles antichars à guidage laser 9M119M Reflek d’origine russe.

L’armement secondaire comprend une mitrailleuse anti-aérienne de calibre 12,7 mm et une mitrailleuse de 7,62 mm.

Ce char est aussi équipé d’un « brouilleur optique » JD-3 ( ou « détecteur d’optique pointé »), capable de localiser par effet « œil de chat » tout dispositif optique menaçant pointé sur le char. En retour, ce dernier peut émettre un puissant rayonnement laser capable d’aveugler les optroniques adverses.

  • le nouveau missile antichar de dernière génération HJ-10 « Flèche rouge », qui peut détruire chars, hélicoptères et véhicules blindés et présenté dans cette vidéo :

  • les chasseurs de la cinquième génération, l’avion furtif Chengdu J-20, rival du F-35 américain,  capable de voler à basse altitude, d’échapper à la détection des radars et d’effectuer des attaques surprises. Ce nouvel appareil est présenté ici :

https://www.youtube.com/watch?v=FWNTchCzLvk

Un impressionnant défilé de missiles parmi les plus puissants au monde

Le défilé du 30 juillet s’est clôturé par une impressionnante présentation des missiles chinois de dernière génération, qui comptent parmi les plus puissants du monde et qui couvrent toutes les distances.

Portée des différents missiles balistiques chinois, dont les DF-21A et DF-21B, en rouge.
  • le missile « tueur de porte-avions » – missile balistique anti-navire à la portée intermédiaire – Dong Feng – DF-21-D, à vitesse de rentrée hypersonique
Le missile DF-21D suscite beaucoup d’inquiétude chez les militaires américains.

Le DF-21 est un missile balistique à portée intermédiaire, appartenant à la grande famille des missiles Dong Feng et conçu par la China Changfeng Mechanics and Electronics Technology Academy. Propulsé par des moteurs-fusée à carburant solide, il est doté de deux étages et d’une charge militaire unique.

Bien que le lanceur soit mobile, son lancement nécessite tout de même plusieurs véhicules de soutien et une aire de lancement spécialement préparée, afin de prévenir les dommages causés par le souffle produit par le moteur du missile.

Conçu à l’origine comme une arme stratégique, les dernières versions du DF-21 ont été étudiées pour pouvoir accomplir à la fois des missions nucléaires et conventionnelles. En parallèle à sa tête nucléaire de 300 kT, il est supposé que le missile est également parfois doté de charges militaires classiques hautement explosives (HE) ou à sous-munitions.

Le DF-21D, dernière version en date du missile, est présenté comme étant le premier missile anti-navire balistique. Il existe également une variante du missile destinée à détruire les satellites ou les missiles en vol. 

Il combinerait des capacités de « mirvage » (plusieurs ogives nucléaires séparées) et un système de guidage terminal. Ce missile aurait été testé entre 2005 et 2006, et le lancement des satellites Jianbing-5/YaoGan-1 et Jianbing-6/YaoGan-2 permettrait aux Chinois d’obtenir des informations sur les cibles, grâce à l’emploi de radars à synthèse d’ouverture et de systèmes d’imagerie classiques. Des mises à jour amélioreraient de manière importante la capacité des Chinois à endiguer une potentielle opération militaire maritime américaine dans le détroit de Taïwan.

En 2009, l’Institut Naval des États-Unis (United States Naval Institute) a déterminé que sa charge militaire serait suffisante pour détruire un porte-avions en un seul coup, et qu’il n’y avait « à l’heure actuelle… aucun moyen de défense contre lui ».

L’emploi d’un tel missile a été décrit par certains experts militaires comme pouvant potentiellement mener à un échange nucléaire, des courses à l’armement avec l’Inde et le Japon, ainsi que la disparition pure et simple du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire, conclu entre les États-Unis et la Russie, mais dont la Chine ne fait pas partie.

Un rapport d’analyse russe sur le DF-21D a conclu que la seule façon efficace de contrer ce missile viendrait de l’emploi de contre-mesures électroniques. L’armée américaine estime également qu’en cas d’attaque imprévue de la part d’un missile chinois DF-21D, la seule chance de survie de la flotte américaine serait l’emploi de contre-mesures performantes.

Certains observateurs estiment que le missile DF-21D serait le missile le plus rapide au monde, sa rentrée hypersonique dans l’atmosphère pouvant atteindre dix fois la vitesse du son (Mach 10), ce qui le rend d’autant plus dangereux et invulnérable. D’autres sources avancent une vitesse moitié moindre, de « seulement » Mach 5.

La vidéo ci-dessous présente le DF-21D :

  • le missile DF-26, capable de frapper les cibles marines et terrestres,
Le DF-26 est une évolution du DF-21, avec une portée augmentée, estimée à 3 500 km ou 4 000 km. Ce missile a été montré au public pour la première fois lors de la parade militaire de Pékin du 3 septembre 2015 (notre photo), qui célébrait les 70 ans de la fin de la seconde Guerre mondiale. Il fut alors précisé que le DF-26 était aussi un missile balistique antinavire, et qu’il était capable d’engager des cibles navales de moyen ou fort tonnage, utilisant probablement des véhicules de rentrée hypersoniques. Le premier tir opérationnel a officiellement lieu mi-2016.

La portée du DF-26 lui permet d’atteindre les îles de Guam (située à mi-chemin entre le Japon et la Papouasie Nouvelle Guinée) et de Diego Garcia (au milieu de l’océan Indien) et de menacer ainsi les installations militaires américaines qui s’y trouvent.

Le missile chinois DF-26 menace en particulier la base aérienne d’Andersen (qui est l’une des rares à pouvoir accueillir les bombardiers américains furtifs B-2), ce qui lui a valu le surnom de « Guam killer » (« le tueur de Guam »).

La Base ANDERSEN de l’US AIR FORCE BASE installée dans l’île de Guam. Sur cette photo, deux chasseurs F-15E Strike Eagles et un bombardier B-2 Spirit (entre les deux) volent en formation sur la base. Toutes ces installations sont sous la menace directe des missiles DF-21 chinois.

Les missiles chinois précédents étaient également capables d’atteindre cette base, mais le DF-26 est le premier à pouvoir le faire avec une charge conventionnelle, au lieu d’une charge nucléaire. Il est doté de trois étages et il est lancé depuis un véhicule tracteur-érecteur-lanceur (TEL) à douze roues motrices, qui lui procure de la mobilité et la possibilité de se cacher dans des hangars souterrains rapidement après avoir fait feu, afin de rester à l’abri d’une riposte.

Son nez allongé intègre probablement un système de guidage terminal, afin de coller idéalement à son rôle de missile antinavire, démontrant au passage la capacité des Chinois à menacer les navires américains à une portée deux fois supérieure à celle du DF-21D.

  • le DF-31AG, dont la très longue portée dépasse 10.000 km.

Clou du spectacle du 30 juillet, la Chine a présenté pour la première fois au public son missile nucléaire DF-31AG, summum des moyens militaires stratégiques chinois d’une portée intercontinentale. Comme le montre le planisphère ci-dessus, la possession d’un tel missile ICBM permet à la Chine d’envoyer, depuis son territoire national, une frappe nucléaire sur toutes les parties du monde, à la seule exception de l’Amérique du sud.

 

La radio russe Sputnik en a par exemple fait le titre de l’une de ses dépêches :

Commentaires : une planète de plus en plus dangereuse

Ce qui se passe en Extrême-Orient est très important et très préoccupant pour la paix du monde.

En 2000, le budget militaire de la République populaire de Chine équivalait à 1 % du budget militaire états-unien. En 2017, il est aux alentours de 20 %.

Et encore cette comparaison est-elle fallacieuse. Pour avoir une comparaison plus juste du rapport des forces, il faudrait tenir compte des distorsions des taux de change et des coûts très inférieurs en Chine des salaires des militaires, ainsi que des coûts de production et de maintenance des matériels militaires, par rapport à ce qu’ils sont aux États-Unis.

En outre, et chaque année, la Chine augmente son budget militaire de façon très importante : de + 7 % encore en 2017 par rapport à 2016.

Avec une telle stratégie, la Chine est en passe de devenir l’un des 3 pays les plus puissants militairement du monde, et sans doute, à horizon de 20 ans, le pays le plus puissant du monde.

C’est en substance le message que les autorités chinoises ont envoyé tous azimuts et au monde avec le spectaculaire défilé militaire du 30 juillet.

Ce message comporte un volet de politique intérieure. Il a voulu dire aux factions qui s’opposent au sein du PCC qu’elles doivent garder profil bas et que le clan de Xi Jingping tient fermement les manettes du pouvoir.

Mais il comporte surtout un volet de politique extérieure.

Lorsque le président Xi Jingping déclare, lors du spectaculaire défilé militaire chinois du 30 juillet, que la Chine repoussera tout envahisseur, il s’adresse d’abord à Washington et à ses incursions en Mer de Chine du sud, autour des ilots sur lesquels Pékin affirme sa souveraineté. C’est en somme la réponse du berger à la bergère suite au nouvel incident, survenu dimanche 2 juillet 2017, lorsque le navire de guerre américain USS Stethem est passé à proximité d’une île occupée par Pékin en mer de Chine méridionale.

La mise en garde vis-à-vis de Washington est d’ailleurs plus large que le seul contentieux en Mer de Chine  du sud. Ce que Pékin veut, tout comme Moscou, c’est en finir avec l’arrogance occidentale en général, et de Washington en particulier. Comme la Russie, la Chine refuse que le monde devienne « unipolaire » et que tous les peuples soient dirigés par Washington, l’Otan, et l’oligarchie financière et industrielle qui se tient derrière.

D’ores et déjà, les États-Unis ont d’ailleurs dû rabattre de leur superbe, comme le montre l’immobilisme de Washington face à la Corée du Nord, désavouée officiellement mais protégée néanmoins par Pékin.

La Chine s’adresse aussi à l’Inde, avec laquelle un contentieux territorial au sujet du plateau du Doklam, aux confins de la Chine, du Bhoutan et de l’Inde, s’est récemment rallumé avec la construction d’une route militaire chinoise sur ce plateau montagneux stratégique, dans la vallée tibétaine de Chumbi.

La Chine s’adresse encore au Japon, dont les provocations récurrentes sur le passé de la guerre sino-japonaise – avec les visites à scandale de ministres japonais au Temple de Yasukuni à Tokyo  – constituent une pomme de discorde permanente.

Enfin , le message du défilé militaire du 30 juillet en Mongolie intérieure s’adresse à tous les pays du monde, y compris à son allié russe, pour faire comprendre que la Chine est bel et bien en passe de « redevenir […] ce qu’elle fut pendant tant de siècles, la plus grande puissance de l’univers », comme le prophétisait Charles de Gaulle, seul contre tous, le 22 janvier 1964 (propos tenu à Alain Peyrefitte  et rapporté dans « C’était de Gaulle », tome 2, page 493, Fayard 1997)

 

En 1964, au Palais de l’Élysée, Charles de Gaulle, président de la République, en présence de Maurice Couve de Murville, ministre des Affaires étrangères, reçoit les lettres de créance du premier ambassadeur de la République Populaire de Chine en France.

De Gaulle commente cette reconnaissance diplomatique dans un entretien en tête-à-tête avec Alain Peyrefitte : « Le rétablissement des relations [diplomatiques] avec la Chine, ça veut dire que nous allons tourner la page coloniale, celle de nos Concessions en Chine, celle de l’Indochine française. Ça veut dire que la France revient en tant qu’amie, respectueuse de l’indépendance des nations. […] Les moyens de la Chine sont virtuellement immenses. Il n’est pas exclu qu’elle redevienne au siècle prochain ce qu’elle fut pendant tant de siècles, la plus grande puissance de l’univers. Et les moyens de la France sont eux aussi immenses, parce qu’ils sont moraux. […] Et le seul pays qui peut aider la Chine et les États-Unis à surmonter leur antagonisme, c’est la France. » (propos tenu à Alain Peyrefitte le 22 janvier 1964 et rapporté dans « C’était de Gaulle », tome 2, page 493, Fayard 1997)

En ce 1er août 2017, le président chinois a d’ailleurs mis les points sur les i lors d’un nouveau grand rassemblement marquant le 90e anniversaire de la fondation de l’APL.