Interrogations sur l’étude Discovery, par Louis Lagarde
Je m’appelle Louis Lagarde et je suis praticien hospitalier, Gynécologue-Obstétricien dans un hôpital du Calvados. Je suis également adhérent fidèle à l’UPR depuis le mois de novembre 2011, il y a plus de 8 ans.
Il m’a paru utile de publier mon point de vue de praticien hospitalier sur cette affaire de chloroquine qui a enflammé les esprits en France, pour des raisons que je trouve quand même bien étranges.
Car enfin, soyons sérieux : quelle est la situation ?
Une situation d’urgence absolue et un choix binaire
La situation est celle d’un pays – la France – qui connaît avec la covid-19 sa pire épidémie depuis plus d’un siècle, et où le nombre de morts, qui a atteint 12 210 en ce 9 avril au soir, s’accroît de quelque 600 de plus par jour. C’est donc peu dire qu’il y a urgence absolue.
La situation est aussi celle d’un choix thérapeutique qui reste pour le moment binaire :
- d’un côté : rien. Aucun médicament particulier, dans l’attente du résultat d’une étude européenne à horizon de 6 semaines, donc dans l’attente de quelque 30 000 morts supplémentaires en France. Une étude d’ailleurs très contestable dans certaines de ses modalités, comme j’y reviendrai ci-dessous.
- de l’autre côté : le recours à un médicament : l’hydroxychloroquine. Un médicament bon marché, archi-archi-connu depuis 70 ans, qui est aujourd’hui l’un des plus administrés au monde, avec des millions de personnes qui en prennent quotidiennement pour traiter des lupus, de l’arthrite, de la polyarthrite rhumatoïde, mais d’abord pour lutter à titre prophylactique contre le paludisme. Un médicament dont les effets secondaires sont parfaitement connus et maîtrisés.
Il se trouve qu’à en croire un certain nombre de sommités du monde médical, en France et à l’étranger – et pas seulement le désormais célèbre Dr Raoult – ce médicament semble montrer une certaine efficacité dans le traitement de la covid-19. En tout cas, le nombre de témoignages de patients reconnaissants, qui se disent guéris par la chloroquine, ne cesse de s’accumuler. C’est un fait.

Ici l’Agence d’information d’Afrique centrale signale, le 30 mars 2020, que ce médicament semble donner de bons résultats au Maroc, qui a décidé d’y avoir recours massivement, comme l’Algérie, la Tunisie, la Jordanie et le Cameroun.
Source : http://www.adiac-congo.com/content/covid-19afrique-de-bons-resultats-du-traitement-par-la-chloroquine-au-maroc-114866

Ici Le journal belge La Capitale du 30 mars 2020 donne la parole à Kevin Martens, qui explique que son père a été guéri du covid-9 grâce à la chloroquine.
Source : https://www.lacapitale.be/540245/article/2020-03-30/tournai-mon-papa-est-gueri-du-virus-grace-la-chloroquine

Les témoignages se multiplient en faveur du recours à la chloroquine.
Ici France Bleue Haute-Saône du 6 avril 2020 relate la guérison spectaculaire d’un des patients de l’hôpital nord Franche Comté de Trévenans traités avec ce médicament.
Source : https://www.lepoint.fr/sante/veni-covidi-vici-comment-j-ai-gueri-du-covid-19–01-04-2020-2369695_40.php

Ici France Bleue Haute-Saône du 6 avril 2020 relate la guérison spectaculaire d’un des patients de l’hôpital nord Franche Comté de Trévenans traités avec ce médicament.
Source : https://www.francebleu.fr/infos/sante-sciences/coronavirus-un-patient-de-haute-saone-gueri-apres-avoir-pris-de-la-chloroquine-1586184272

Ici L’Est Républicain du 6 avril 2020 donne la parole à un praticien hospitalier lorrain qui met en œuvre depuis une semaine le protocole du Dr Raoult et qui en tire un « bilan très positif », en ne constatant aucun effet négatif, en soulignant déjà deux cas de guérison et en rappelant que « c’est ça ou rien ».
Source : https://www.estrepublicain.fr/sante/2020/04/06/chloroquine-le-bilan-tres-positif-d-un-praticien-lorrain
Pourquoi tant de difficultés à se procurer en France l’un des médicaments les plus consommés dans le monde ?
À tous les témoignages qui précèdent, j’en ai un, personnel, à ajouter.
Il se trouve que l’une de mes patientes, que je connais bien, a été infectée par le SRAS-CoV2 et que, souffrant d’une forte fièvre et de quintes de toux continuelles, elle est allée consulter à l’hôpital de Lisieux. Où on lui a prescrit précisément du Plaquenil (médicament composé d’hydroxychloroquine). Et comme elle a souhaité rentrer chez elle, elle a pensé pouvoir trouver ce médicament en pharmacie.
N’y parvenant pas – toutes les pharmacies lui répondant qu’elles n’en avaient plus, ma patiente s’est tournée vers moi alors que j’étais de garde, le 4 avril dernier. J’ai eu à mon tour les pires difficultés à trouver une pharmacie pouvant honorer cette prescription et je me suis demandé comment il pouvait y avoir une pénurie de Plaquenil dans les pharmacies de ville, tout comme dans les pharmacies hospitalières. Il n’y a seulement de quoi traiter qu’une vingtaine de patients dans l’hôpital de Lisieux.
Je me le suis demandé d’autant plus qu’il y a quelques jours, le 23 mars, une juriste travaillant à l’ANSM (Agence Nationale de sécurité du Médicament) m’avait assuré qu’il en existait un stock considérable permettant de traiter dès les premiers symptômes.
Pour la petite histoire – mais elle est importante pour comprendre ce qui me motive – j’ai fini par procurer à ma patiente une demi-boîte de Plaquenil. Et il se trouve que ma patiente, après en avoir pris conformément à l’ordonnance, s’est retrouvée guérie en une demi-journée ! En quelques heures seulement, sa toux s’est arrêtée et sa fièvre est retombée, évidemment au plus grand soulagement d’elle-même et de ses proches.
Cet heureux dénouement, si conforme au fond à ce que l’on entend dire ici ou là, m’a déterminé à comprendre pourquoi donc il y avait un tel freinage dans la délivrance du Plaquenil dans nos pharmacies, alors que la France compte 600 nouveaux décès par jour ! Ma curiosité m’a conduit à voir s’il n’y avait pas des obstacles politiques ou scientifiques à leur approvisionnement.
La composition controversée du « Conseil scientifique Covid-19 »
J’ai donc regardé les noms des membres du « Conseil scientifique Covid-19 » institué le 11 mars 2020 par Olivier Véran, et sur lequel Emmanuel Macron nous dit s’appuyer.
1°) Le Président de ce « Conseil scientifique Covid-19 » est l’immunologiste Jean-François Delfraissy, suspecté de conflit d’intérêts car proche de GILEAD SCIENCES
Jean-François Delfraissy, qui a été directeur de l’Agence nationale de recherches sur le SIDA et les hépatites virales (ANRS), a travaillé à ce titre dans le cadre du « Rapport Dhumeaux » sur le Soforbuvir, un antiviral proposé dans le traitement de l’hépatite C.
Or un pharmacien et expert conseil indépendant, François Pesty, travaillant pour « Form Indep » – une « association pour une information médicale indépendante » -, a révélé en juin 2015 qu’il existait des liens étroits entre le professeur Delfraissy et le laboratoire américain GILEAD SCIENCES. Il participait au conseil d’administration de ce laboratoire, et cela durant les études portant sur le SOVALDI, dont le nom médical est le Sofosbuvir, produit par… GILEAD SCIENCES. Le conflit d’intérêts semble patent.
Finalement, le rapport Dhumeaux proposa à la ministre de la santé de l’époque (Mme Marie-Sol Touraine) non seulement un prix d’achat exorbitant mais surtout une extension des indications du SOVALDI à des stades de l’hépatite C où rien n’avait été prouvé.
Agissant comme un lanceur d’alerte sur « Form Indep », François Pesty fait remarquer : « L’absence de contrôle par les pouvoirs publics de ces conflits d’intérêts aboutit à un désastre financier (1 milliard d’euros en 2014), sans que l’on sache vraiment quel en aura été le bénéfice pour les patients. Les sanctions devraient être immédiates : Invalidation des recommandations « DHUMEAUX », réévaluation par la commission de la transparence de la place de ces médicaments dans la thérapeutique et surtout de la cible de patients à traiter ». Quant aux sanctions ou aux mises en garde à l’encontre du Pr Delfraissy, je ne sais pas s’il y en a eu.
Cette affaire de conflit d’intérêts du Pr Delfraissy rend difficile à comprendre la décision du Président Hollande de désigner, par décret en date du 14 décembre 2016, le même Pr Delfraissy à la tête du « Comité Consultatif National d’Éthique« . La crédibilité de ce CCNE en a été évidemment dégradée, ce qui n’a pas empêché que le Pr Defraissy soit renouvelé dans cette fonction de président du CCNE Il a été et reconduit dans ses fonctions le 21 janvier 2019 par décret d’Emmanuel Macron .
On a également du mal à comprendre pourquoi le Pr Delfraissy a – aussi – été désigné à la tête du « Conseil scientifique Covid-19 », institué le 11 mars 2020 par Olivier Véran, le ministre des Solidarités et de la Santé, « pour éclairer la décision publique dans la gestion de la situation sanitaire liée au coronavirus ».
Cette nomination est contraire à l’éthique et au bons sens puisque le Pr Defraissy a toujours des liens connus avec le laboratoire GILEAD Sciences, qui se trouve être aussi le fabricant du Remdesivir, que ledit « Conseil scientifique Covid-19 » a justement pour mission de… conseiller ou déconseiller pour traiter du Coronavirus !
On constate d’ailleurs que le Conseil scientifique agit nettement en faveur du Remdesivir. Il ne cesse de se prononcer contre l’utilisation de l’hydroxychloroquine dès les premiers symptômes, arguant pour cela d’un danger potentiel de ce traitement, dont l’innocuité dans le cas général est pourtant prouvée par plus d’un demi-siècle de prescription sur toute la planète, comme celle du doliprane par exemple.
2°) Un 2e membre du « Conseil scientifique Covid-19 » – le Dr Yasdan Yasdanpanah, est proche de GILEAD SCIENCES et ABBVIE
Outre le président Delfraissy, un 2e membre du « Conseil scientifique Covid-19 » a aussi des intérêts connus avec les laboratoires américains : GILEAD SCIENCES et ABBVIE (ex-ABBOTT). Or ce sont précisément deux laboratoires qui développent des produits concurrents de la chloroquine. Il s’agit du Dr Yasdan Yasdanpanah, infectiologue, Chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital Bichat à l’hôpital Bichat.
Il a en effet travaillé lui aussi au rapport DHUMEAUX en participant à 7 réunions au « board » de GILEAD les 08/07/2013, 11/07/2013, 18/12/2013, 02/03/2014, 19/03/2014, 03/09/2014, 12/12/2014).
Le Dr Yasdanpanah a également fait l’objet de publications qui estiment que ses liens de sujétion financière à ABBVIE et GILEAD créent d’évidents conflits d’intérêts.
La nomination du Dr Yasdanpanah au « Conseil scientifique Covid-19 » a également fait l’objet de sarcasmes et d’interrogations parce que cet expert de l’OMS a publiquement assuré en janvier, sur France5, puis sur RTL, puis sur LCI, que l’épidémie du COVID ne toucherait pas la France….
L’étude Discovery est pilotée par une professeure qui a aussi des liens financiers avec des laboratoires pharmaceutiques, dont GILEAD SCIENCES
Constat fâcheux et qui renforce le sentiment de malaise sur l’impartialité des experts en charge, il se trouve que la Pr Florence Ader, auquel a été confiée la conduite de l’étude Discovery, a elle aussi des liens avec GILEAD SCIENCES.
François Pesty, le pharmacien et expert indépendant travaillant pour « Form Indep », que j’ai mentionné précédemment, m’a adressé le tableau qui suit. Il dresse la liste des avantages financiers dont a bénéficié la Pr Ader, tels qu’ils apparaissent dans les déclarations – obligatoires – faites par les laboratoires sur le site Transparence.sante.gouv.fr.
Notons que c’est l’État qui impose aux « entreprises produisant ou commercialisant des produits à finalité sanitaire ou cosmétique » de rendre publics les avantages accordés aux différents acteurs intervenant dans le champ de la santé, notamment aux professionnels de santé, ainsi que l’existence des conventions conclues avec ces acteurs et les rémunérations versées.
Cette obligation découle de l’article L. 1453-1 du Code de la santé publique et de ses textes d’application (articles D. 1453-1 à R. 1453-9 du Code de la santé publique, arrêté du 22 mars 2017 et note d’information du 29 mai 2017).
Si une loi et des textes réglementaires ont imposé ce type de déclaration, c’est bien parce que le soupçon de conflits d’intérêts, voire de concussion, existe dans certains postes très exposés dans les professions de santé.

On y découvre que la Pr Ader a perçu pour 9 192 € d’avantages en provenance de 4 laboratoires pharmaceutiques sur la période allant du 2e semestre 2014 au 2e semestre 2019. Dont 3 141 € en provenance de GILEAD SCIENCES.
Certains remarqueront que ce ne sont pas des sommes considérables pour une période de cinq années.
Cependant, mon interlocuteur, qui mène ses recherches de près, me précise : «Vous pourrez comparer avec les informations qu’elle a déclarées dans sa DPI et constater pas mal d’omissions de sa part. Ce sont les firmes pharmaceutiques (et autres industriels commercialisant des produits de santé) qui déclarent sur le site Transparence Santé. Ce qui est frappant, c’est que sur les 23 conventions signées par Mme ADER, avec les firmes pharmaceutiques, seules 2 conventions en précisent le montant. Il y a à l’évidence une sous-déclaration de la part des firmes… »
Comment ne pas avoir de soupçons sur l’enquête Discovery ?
N’étant pas un expert de ces questions comme François Pesty, je ne saurais trancher si les déclarations d’avantages versés, telles qu’elles sont faites par les laboratoires sont ou non sous-déclarés. Malgré cela, il me semble en conscience que l’existence de conflits d’intérêts est incontestable.
Ce n’est pas tout : ces deux médecins, la Pr Ader et le Dr Yazdanpanah s’autorisent à se porter juges de l’étude Discovery, tout en la conduisant aussi au sein même de leurs services respectifs.
En effet, parmi les 5 services hospitalo-universitaires français choisis parmi des centaines possibles, on retrouve le Service d’infectiologie de l’hôpital Bichat à Paris, dirigé par le Dr Yasdan Yasdanpanah, et le Service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital de la Croix-Rousse à Lyon, dirigé par la Pr Ader ! Et ces deux médecins vont ainsi évaluer l’efficacité du Remdesivir, fabriqué par GILEAD SCIENCES, laboratoire américain qui les finance en partie.
Dans le contexte actuel, où des dizaines de milliers de malades sont concernés, où les marchés pharmaceutiques en jeu sont considérables et où les conséquences financières des résultats de l’étude Discovery peuvent se chiffrer en centaines de millions d’euros, n’est-il pas choquant que les garanties d’indépendance ne soient pas mieux contrôlées ?
Il est vrai que d’autres personnes du Conseil Scientifique sont liées à d’autres laboratoires. Par exemple, le Pr Bruno Lina est particulièrement lié au laboratoire SANOFI puisque son association – le Groupe d’Expertise et d’Information sur la Grippe – est financée à 100% par les laboratoires, dont 50% par SANOFI-Pasteur.
Cela pourrait rassurer sur l’indépendance du Conseil scientifique vis-à-vis du laboratoire GILEAD Sciences.
Néanmoins, l’influence prépondérante des experts les plus liés à GILEAD SCIENCES est manifeste puisqu’on retrouve leur relais d’influence :
- d’une part à la tête du Conseil scientifique chargé de proposer la stratégie face à l’épidémie ;
- et d’autre part à la tête de l’étude Discovery, chargé de définir les modalités de l’étude (choix des centres et éligibilité des patients) et chargé d’en élaborer les conclusions qui serviront de base de réflexion et de décision au Conseil scientifique.
Dans un tel contexte, l’information divulguée par le journal Les Échos du 6 avril 2020 renforce encore le sentiment de malaise qui entoure toute cette affaire. On y apprend en effet que GILEAD SCIENCES fait actuellement monter en puissance son outil de production du Remdesivir, et cela alors que les résultats sur l’efficacité clinique de ce nouveau médicament ne sont attendus qu’à la fin du mois.
Un doute affreux s’installe dans l’esprit : comment un laboratoire pourrait-il prendre une décision si onéreuse s’il n’avait pas la certitude que l’étude en cours – dont on ignore les résultats – va conclure à l’efficacité de son médicament ? Comme si les résultats étaient connus d’avance…

https://www.lesechos.fr/industrie-services/pharmacie-sante/coronavirus-comment-gilead-prepare-la-production-de-son-remede-1192567
Pourquoi l’essai Discovery semble-t-il avoir été conçu pour écarter d’emblée l’hydroxychloroquine ?
Pour en rajouter encore dans la suspicion, on a appris :
- que l’essai Discovery (en accord avec l’OMS où travaille le Dr Yasdanpanach, décidément partout) n’avait initialement pas prévu l’étude de l’hydroxychloroquine. Pourquoi ?
- que cette molécule n’a été rajoutée à l’essai qu’à la demande expresse du gouvernement français, suite à la pression de médecins récalcitrants (le Dr Douste-Blazy entre autres), de personnalités politiques (notamment, mais pas seulement, Christian Estrosi qui affirme avoir été guéri lui-même du covid-19 par ce médicament), de journalistes indépendants et de l’opinion publique qui n’auraient pas compris l’exclusion du Plaquenil. Pourquoi cette hostilité de principe des concepteurs de l’essai Discovery ?
- et que la méthodologie choisie disqualifie d’emblée le Plaquenil. En effet, l’éligibilité des patients se fonde sur des critères de gravité (présence d’une pneumonie liée au virus, besoin d’un support en oxygène, etc..) où l’on connaît précisément l’inefficacité du Plaquenil. Le Pr Raoult et les médecins de plus en plus nombreux qui proposent le Plaquenil savent que ce traitement est sans intérêt au stade lésionnel pulmonaire. Pourquoi donc le Plaquenil ne fait-il pas l’objet d’une étude européenne selon les recommandations d’utilisation prévue par ses promoteurs ?
Conclusion : pourquoi la pénurie de Plaquenil ?
Hier matin, une personne de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) m’a appris que le Directeur général de la Santé aurait dessaisi les Agences régionales de santé (ARS) et demander à l’ANSM d’approvisionner les pharmacies hospitalières. J’ai donc adressé un mail à M. Dominique Martin, directeur général de l’ANSM, et à Mme Christelle Ratignier, directrice–adjointe, afin de leur demander l’explication de cette pénurie de Plaquenil que j’ai constatée. J’attends la réponse.
Je ne sais pas si nous nous trouvons en face d’un énorme scandale d’État qui priverait les Français du traitement qu’ils sollicitent. Mais je ne peux que craindre le pire pour mes patientes et, évidemment, de nombreux Français.
Il est évidemment nécessaire de poursuivre les investigations.
Dr Louis LAGARDE
PH Gynécologue-Obstétricien
Calvados
Les points importants à retenir :
1.- Nomination à la tête du Conseil Consultatif National d’Éthique du Pr DELFRAISSY, alors que celui-ci a pourtant participé 1 an plus tôt au rapport DHUMEAUX portant sur l’intérêt du SOVALDI dans le traitement de l’hépatite C. Cette participation posait un conflit d’intérêt majeur puisque le Pr DELFRAISSY était en lien étroit avec l’entreprise GILEAD SCIENCES, producteur de la molécule, et que les conclusions du rapport, partiales et favorables pour le laboratoire américain, ont été dénoncées par FORM-INDEP.
2.- Nouvelle nomination – à la tête du Conseil Scientifique cette fois-ci – du même Pr DELFRAISSY, pourtant toujours lié au laboratoire américain GILEAD SCIENCES.
3.- Nomination au Conseil scientifique d’un 2e médecin lié au laboratoire américain GILEAD SCIENCES, le Dr YASDANPANAH
4.- Nomination à la tête de « l’essai européen » Discovery d’un 3e médecin lié au laboratoire américain GILEAD SCIENCES, le Pr ADER.
5.- Sélection de leurs deux services, parmi des dizaines d’autres possibles, pour mener l’essai Discovery.
6. – Mise à l’écart d’emblée de l’hydrochloroquine dans l’étude Discovery.
7.- Réintégration de l’hydrochloroquine dans l’étude Discovery, mais en traînant ouvertement les pieds et en retenant des critères d’appréciation défavorables empêchant la mise en évidence du bénéfice déclaré par plusieurs sommités du monde médical, dont le Pr RAOULT .
